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corisandiane
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Indices de position sociale dans les collèges de France métropolitaine et DROM  - Page 4 Empty Re: Indices de position sociale dans les collèges de France métropolitaine et DROM

par corisandiane Dim 9 Juin 2024 - 16:58
epekeina.tes.ousias a écrit:Une chose que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison qui fait que les enfants qui n'auraient “pas les bases” ne puissent pas être mélangés avec d'autres : il faut d'abord qu'ils aient les bases pour être scolarisés avec des élèves d'origine sociale différente ? Mais alors qui leur donnera ces “bases” ? Les familles ? Mais je croyais que s'ils n'avaient pas ces “bases”, c'était que les familles ne les leur donnaient pas, ou alors elles les donnent ? Mais en ce cas, ils les ont donc ? Et si elles ne les donnent pas, où est-ce qu'ils vont les trouver ces “bases” ? Bizarrement, je croyais que ces “bases” devaient aussi être transmises par l'école… Ce serait peut-être mieux, justement, de les y faire venir, avec des élèves qui les ont, ces “bases”, histoire qu'ils voient de quoi on parle ?
ils voient oui, mais ne changent pas pour autant si derrière la famille n'y met pas du sien et n'est pas présente à nos côtés quand on punit ou sanctionne un comportement inadapté. Et au final, il ne reste que l'arsenal représsif pour essayer de changer les choses, voire le CD, c'est arrivé. En attendant, il y a des classes ou on a vraiment du mal à bosser et à faire avancer ceux qui voudraient. C'est ce genre de difficultés dont je parle, et oui, elles se multiplient.
Est-ce que, par hasard, on ne supposerait pas carrément autre chose, que les élèves devraient avoir ces “bases” et les appliquer par eux-mêmes, sans surveillance ni répression ni encadrement, ou en tout cas le moins possible, de façon à éviter que cela ne coûte trop cher ? En ce cas, évidemment, ceux qui n'ont pas attrapé ces “bases” doivent plutôt être mis à part — et sans que ça coûte plus cher pour autant. Mais curieusement, j'en viens à me demander si c'est recevable, ce genre de “principes”…

Ou alors, Eleïna a trouvé la réponse : c'est une collectivité territoriale déterminé — et qui n'a ni trains, ni bus.
epekeina.tes.ousias
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par epekeina.tes.ousias Dim 9 Juin 2024 - 17:01
Ajonc35 a écrit:Tu as raison. Le problème est que ces jeunes, qui ne les ont pas, ne veulent pas s'apprendre à les adopter. Quand bien même l'école ou le centre de loisirs ou autres structures font leur travail. La continuité est nécessaire.

Ben… Je croyais évident qu'ils ne le veuillent pas, en tout cas pas spontanément, pas immédiatement. Je ne suis ni rousseauiste ni fouriériste.
J'avais même cru comprendre qu'il fallait toujours, à un moment ou à un autre, contraindre les êtres humains à respecter un certain nombre de normes, et même que c'était une partie non négligeable de ce que l'on appelle l'éducation.
Et que donc, il faut du monde pour le faire. Alors évidemment, si on parle d'un collège de, mettons, 500 élèves, avec seulement un CPE, 2 ou 3 AED, un principal et son adjoint, sans infirmière, si ça ne suffit déjà pas à contrôler les absences et les retards, je me demande si ça peut permettre de faire le reste (même en supposant que les parents soient, disons, “coopératifs”)…

Est-ce que cela voudrait dire qu'on exige que ce soit déjà fait — ailleurs, par d'autres — parce qu'on ne veut pas mettre assez de personnes pour le faire dans les écoles et dans les établissements ? Et que si ce n'est pas “fait ailleurs”, hé bien tant pis — pour ceux sur qui ça tombe ?

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par mafalda16 Dim 9 Juin 2024 - 17:04
C’est quoi un gamin issu de la mixité sociale ? Y’a un degré de coloration limite ? Un pourcentage d'imposition du foyer fiscal des parents ? Un taux d’appartenance religieuse ? Un quota d’exotisme géographique ? Ou comme pendant l’inquisition espagnole il faut prouver que les 4 grands-parents étaient bien comme il fait selon les critères de Corisandiane ?

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par Mathador Dim 9 Juin 2024 - 17:11
Il me semble pourtant que notre collègue l'a expliqué: ce sont les élèves qui sont issues d'écoles primaires qui ne sont pas prévues par la carte scolaire et affectés dans le collège en raison de la politique de mixité plutôt que d'un des motifs de dérogation classiques.

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Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
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par Ponocrates Dim 9 Juin 2024 - 17:19
Ajonc35 a écrit:
epekeina.tes.ousias a écrit:Une chose que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison qui fait que les enfants qui n'auraient “pas les bases” ne puissent pas être mélangés avec d'autres : il faut d'abord qu'ils aient les bases pour être scolarisés avec des élèves d'origine sociale différente ? Mais alors qui leur donnera ces “bases” ? Les familles ? Mais je croyais que s'ils n'avaient pas ces “bases”, c'était que les familles ne les leur donnaient pas, ou alors elles les donnent ? Mais en ce cas, ils les ont donc ? Et si elles ne les donnent pas, où est-ce qu'ils vont les trouver ces “bases” ? Bizarrement, je croyais que ces “bases” devaient aussi être transmises par l'école… Ce serait peut-être mieux, justement, de les y faire venir, avec des élèves qui les ont, ces “bases”, histoire qu'ils voient de quoi on parle ?

Est-ce que, par hasard, on ne supposerait pas carrément autre chose, que les élèves devraient avoir ces “bases” et les appliquer par eux-mêmes, sans surveillance ni répression ni encadrement, ou en tout cas le moins possible, de façon à éviter que cela ne coûte trop cher ? En ce cas, évidemment, ceux qui n'ont pas attrapé ces “bases” doivent plutôt être mis à part — et sans que ça coûte plus cher pour autant. Mais curieusement, j'en viens à me demander si c'est recevable, ce genre de “principes”…

Ou alors, Eleïna a trouvé la réponse : c'est une collectivité territoriale déterminé — et qui n'a ni trains, ni bus.
Tu as raison. Le problème est que ces jeunes, qui ne les ont pas, ne veulent pas s'apprendre à les adopter. Quand bien même l'école ou le centre de loisirs ou autres structures font leur travail. La continuité est nécessaire.
Les enfants ne sont pas stupides et les collègues qui les ont eus en tant qu'élèves ne peuvent pas tous avoir été incompétents. Les bases, les codes, les collègues de primaire ont tenté de les transmettre. Sauf que lorsque l'on a face à soi un nombre trop important d'élèves (quel que soit la CSP de leurs parents) à qui les parents n'ont pas inculqué le respect de la parole de l'adulte et en particulier celle de l'enseignant, cela ne marche pas.
Si je viens d'une famille violente, et que l'on m'a élevée à coups de triques, les "sanctions" de l'école me semblent ridicules. Si je viens d'une famille "éducation positive" et que j'en ai tiré la leçon que je suis la reine du monde, cela ne marche pas. Si je viens d'une famille où l'enseignant est méprisé parce que "petit fonctionnaire mal payé" ou parce que "femme" (et même pas mère de l'élève), je ne me conformerai pas à un code que rien ne m'oblige à respecter.
Les instituteurs de la 3e République avaient le respect dû à leur statut (même s'il ne faut pas l'idéaliser)et, ne l'oublions pas, recouraient à des châtiments corporels et/ou humiliants, et disposaient du soutien de leur Institution. Je ne prône évidemment pas un retour à la violence, mais il ne faut pas s'étonner que nos discours, nos valeurs, notre vision de ce qu'est le métier d'élève, soient du vent pour ceux qui, pour des raisons diverses, méprisent l'école et ses fonctionnaires. Quand le nombre d'enfants atteint un point critique et que, pour des raisons diverses, l'enseignant n'arrive pas à s'imposer, le pouvoir, dans la classe est du côté des pairs dominants (c'est-à-dire les fauteurs de trouble également susceptibles de s'en prendre à leurs camarades qui tenteraient de jouer le "jeu" de l'école), pas de l'enseignant. Ce que décrit notre collègue, c'est le fait que, dans son établissement, cette masse critique est atteinte, pourrissant les classes.
Et à votre question "on fait quoi de ces élèves qui refusent le jeu de l'école", je réponds le CNED à partir de la sixième. Gratuit. Et un atelier de deux heures à 10 élèves, où ils sont socialisés sous la supervision d'une psy et d'un enseignant (payé le double d'une heure normale) pour faire le point sur ce qu'ils ont travaillé de leur côté, tout seuls pendant la semaine. Soyons fou et ajoutons un suivi psy toutes les semaines en individuel. Et si, à la fin du semestre cela va mieux, ils retournent dans leur classe. Et sinon ils restent dans ce système. Cela fera des vacances à leurs camarades qui ne demandent qu'à bosser, cela cessera de renvoyer l'image de "trop cool" à ceux qui mettent le boxon (parce que, là encore enfants et pré-ados ne sont pas stupides, et verront bien la relégation que constitue ce système, même si certains l'utilisent pour jouer non stop à la console). Ce n'est pas le système idéal ? Sans doute, mais, privés de leur public, sous la pression de leurs parents qui ne voudront pas les savoir à la maison, certains (une fraction peut-être) feront ce qu'il faut pour réintégrer leur groupe. Et les autres ? Ben, les autres comment dire, actuellement cela ne marche pas plus. Alors tant qu'à faire sauvons ceux qui veulent bosser.

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par Aurevilly Dim 9 Juin 2024 - 17:20
Corisandiane, je te trouve d'une patience admirable.
Merci, Ponocrates, pour ces éléments positifs.


Dernière édition par Aurevilly le Dim 9 Juin 2024 - 17:25, édité 1 fois
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par zigmag17 Dim 9 Juin 2024 - 17:21
Ponocrates a écrit:
Ajonc35 a écrit:
epekeina.tes.ousias a écrit:Une chose que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison qui fait que les enfants qui n'auraient “pas les bases” ne puissent pas être mélangés avec d'autres : il faut d'abord qu'ils aient les bases pour être scolarisés avec des élèves d'origine sociale différente ? Mais alors qui leur donnera ces “bases” ? Les familles ? Mais je croyais que s'ils n'avaient pas ces “bases”, c'était que les familles ne les leur donnaient pas, ou alors elles les donnent ? Mais en ce cas, ils les ont donc ? Et si elles ne les donnent pas, où est-ce qu'ils vont les trouver ces “bases” ? Bizarrement, je croyais que ces “bases” devaient aussi être transmises par l'école… Ce serait peut-être mieux, justement, de les y faire venir, avec des élèves qui les ont, ces “bases”, histoire qu'ils voient de quoi on parle ?

Est-ce que, par hasard, on ne supposerait pas carrément autre chose, que les élèves devraient avoir ces “bases” et les appliquer par eux-mêmes, sans surveillance ni répression ni encadrement, ou en tout cas le moins possible, de façon à éviter que cela ne coûte trop cher ? En ce cas, évidemment, ceux qui n'ont pas attrapé ces “bases” doivent plutôt être mis à part — et sans que ça coûte plus cher pour autant. Mais curieusement, j'en viens à me demander si c'est recevable, ce genre de “principes”…

Ou alors, Eleïna a trouvé la réponse : c'est une collectivité territoriale déterminé — et qui n'a ni trains, ni bus.
Tu as raison. Le problème est que ces jeunes, qui ne les ont pas, ne veulent pas s'apprendre à les adopter. Quand bien même l'école ou le centre de loisirs ou autres structures font leur travail. La continuité est nécessaire.
Les enfants ne sont pas stupides et les collègues qui les ont eus en tant qu'élèves ne peuvent pas tous avoir été incompétents. Les bases, les codes, les collègues de primaire ont tenté de les transmettre. Sauf que lorsque l'on a face à soi un nombre trop important d'élèves (quel que soit la CSP de leurs parents) à qui les parents n'ont pas inculqué le respect de la parole de l'adulte et en particulier celle  de l'enseignant, cela ne marche pas.
Si je viens d'une famille violente, et que l'on m'a élevée à coups de triques, les "sanctions" de l'école me semblent ridicules. Si je viens d'une famille "éducation positive" et que j'en ai tiré la leçon que je suis la reine du monde, cela ne marche pas. Si je viens d'une famille où l'enseignant est méprisé parce que "petit fonctionnaire mal payé" ou  parce que "femme" (et même pas mère de l'élève), je ne me conformerai pas à un code que rien ne m'oblige à respecter.
Les instituteurs de la 3e République avaient le respect dû à leur statut (même s'il ne faut pas l'idéaliser)et, ne l'oublions pas, recouraient à des châtiments corporels et/ou humiliants, et disposaient du soutien de leur Institution. Je ne prône évidemment pas un retour à la violence, mais il ne faut pas s'étonner que nos discours, nos valeurs, notre vision de ce qu'est le métier d'élève, soient du vent pour ceux qui, pour des raisons diverses, méprisent l'école et ses fonctionnaires. Quand le nombre d'enfants atteint un point critique et que, pour des raisons diverses, l'enseignant n'arrive pas à s'imposer, le pouvoir, dans la classe est du côté des pairs dominants (c'est-à-dire les fauteurs de trouble également susceptibles de s'en prendre à leurs camarades qui tenteraient de jouer le "jeu" de l'école), pas de l'enseignant. Ce que décrit notre collègue, c'est le fait que, dans son établissement, cette masse critique est atteinte, pourrissant les classes.
Et à votre question "on fait quoi de ces élèves qui refusent  le jeu de l'école", je réponds le CNED à partir de la sixième. Gratuit. Et un atelier de deux heures à 10 élèves, où ils sont socialisés sous la supervision d'une psy et d'un enseignant (payé le double d'une heure normale) pour faire le point sur ce qu'ils ont travaillé de leur côté, tout seuls pendant la semaine. Soyons fou et ajoutons un suivi psy toutes les semaines en individuel. Et si, à la fin du semestre cela va mieux, ils retournent dans leur classe. Et sinon ils restent dans ce système. Cela fera des vacances à leurs camarades qui ne demandent qu'à bosser, cela cessera de renvoyer l'image de "trop cool" à ceux qui mettent le boxon (parce que, là encore enfants et pré-ados ne sont pas stupides, et verront bien la relégation que constitue ce système, même si certains l'utilisent pour jouer non stop à la console). Ce n'est pas le système idéal ? Sans doute, mais, privés de leur public, sous la pression de leurs parents qui ne voudront pas les savoir à la maison, certains (une fraction peut-être) feront ce qu'il faut pour réintégrer leur groupe. Et les autres ? Ben, les autres comment dire, actuellement cela ne marche pas plus. Alors tant qu'à faire sauvons ceux qui veulent bosser.

Je souscris entièrement à cette réponse, je n'aurais pas pu la formuler aussi clairement. Indices de position sociale dans les collèges de France métropolitaine et DROM  - Page 4 1482308650
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par mafalda16 Dim 9 Juin 2024 - 17:25
Aurevilly a écrit:Corisandiane, je te trouve d'une patience admirable.

Et d’autres se demandent bien ce qu’il fiche dans l’enseignement public.

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par epekeina.tes.ousias Dim 9 Juin 2024 - 17:28
Ou alors, ou alors… Ce serait pas ceux que, quand j'étais môme dans ma cité, on appelait des gosses d'ouvrier et des gosses de pauvres ? Mais c'est sûr que, comme il n'y avait qu'eux, on n'était pas conscient qu'ils n'avaient pas “les bases” vu qu'ils étaient tous pareils — on se contentait de les orienter vers un CET, un CAP, un truc basique, par mesure de prudence (je crois). Le vocabulaire aurait changé sans que personne ne soit prévenu ?

Mathador a écrit:Il me semble pourtant que notre collègue l'a expliqué: ce sont les élèves qui sont issues d'écoles primaires qui ne sont pas prévues par la carte scolaire et affectés dans le collège en raison de la politique de mixité plutôt que d'un des motifs de dérogation classiques.

Sinon, je comprends mieux, on les accepte en dehors des règles habituelles : ce ne serait pas pour voir si, par hasard, il n'y aurait pas plus de réussite ? Ou c'est uniquement une technique pour embêter tout le monde ? Ou alors d'habitude, ça réussit beaucoup mieux quand on laisse ceux qui n'ont pas les “bases” entre eux ? Et donc les motifs de dérogations classiques supposent habituellement d'avoir les “bases” ?


Ajonc35 a écrit:
Les enfants ne sont pas stupides et les collègues qui les ont eus en tant qu'élèves ne peuvent pas tous avoir été incompétents. Les bases, les codes, les collègues de primaire ont tenté de les transmettre. Sauf que lorsque l'on a face à soi un nombre trop important d'élèves (quel que soit la CSP de leurs parents) à qui les parents n'ont pas inculqué le respect de la parole de l'adulte et en particulier celle  de l'enseignant, cela ne marche pas.
Si je viens d'une famille violente, et que l'on m'a élevée à coups de triques, les "sanctions" de l'école me semblent ridicules. Si je viens d'une famille "éducation positive" et que j'en ai tiré la leçon que je suis la reine du monde, cela ne marche pas. Si je viens d'une famille où l'enseignant est méprisé parce que "petit fonctionnaire mal payé" ou  parce que "femme" (et même pas mère de l'élève), je ne me conformerai pas à un code que rien ne m'oblige à respecter.

Mouaih… les instits sous la IIIè République : des faignants incapables de travailler vraiment, qu'on case là pour pouvoir dire qu'on ne divisera pas l'héritage… Et quand les mioches sortaient du système à 13, puis à 14 ans, pour rejoindre les champs, ou l'usine, le petit commerce, leur éducation continuait à coup de torgnoles et de répression (ou à coup de viols pour les filles) : mais bon, comme on ne le voyait pas, ce n'était pas grave. Comme tu dis, il faudrait réellement ne pas idéaliser cette période, je crois (et même encore sous la IVè, et sous la Vè, si mes souvenirs sont exacts)…

Mais en fait, si je regarde la suite de ton propos, dont je vois fort bien la pertinence, ça ne voudrait pas dire qu'il faudrait à la fois plus de main d'œuvre, voire plus de personnel, voire plus de personnel spécialisé dans les écoles et les établissements ? Et plus de capacités à la fois d'aide et de contrainte (les deux) à assumer ses obligations — y compris, voire d'abord pour les parents ? Et qu'en fait, on ne le ferait pas, parce que ça coûterait cher, et que dépenser plus pour des gosses de pauvres, qui en plus sont mal élevés, ce n'est pas à la mode, voire ça la fiche mal par temps d'élection ?

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par corisandiane Dim 9 Juin 2024 - 17:33
mafalda16 a écrit:
Aurevilly a écrit:Corisandiane, je te trouve d'une patience admirable.

Et d’autres se demandent bien ce qu’il fiche dans l’enseignement public.
vous enseignez ou? quel type de population? Avez-vous vécu la mixité sociale dans votre établissement? J'aimerais savoir.
corisandiane
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par corisandiane Dim 9 Juin 2024 - 17:37
Ponocrates a écrit:
Ajonc35 a écrit:
epekeina.tes.ousias a écrit:Une chose que je ne parviens pas à comprendre, c'est la raison qui fait que les enfants qui n'auraient “pas les bases” ne puissent pas être mélangés avec d'autres : il faut d'abord qu'ils aient les bases pour être scolarisés avec des élèves d'origine sociale différente ? Mais alors qui leur donnera ces “bases” ? Les familles ? Mais je croyais que s'ils n'avaient pas ces “bases”, c'était que les familles ne les leur donnaient pas, ou alors elles les donnent ? Mais en ce cas, ils les ont donc ? Et si elles ne les donnent pas, où est-ce qu'ils vont les trouver ces “bases” ? Bizarrement, je croyais que ces “bases” devaient aussi être transmises par l'école… Ce serait peut-être mieux, justement, de les y faire venir, avec des élèves qui les ont, ces “bases”, histoire qu'ils voient de quoi on parle ?

Est-ce que, par hasard, on ne supposerait pas carrément autre chose, que les élèves devraient avoir ces “bases” et les appliquer par eux-mêmes, sans surveillance ni répression ni encadrement, ou en tout cas le moins possible, de façon à éviter que cela ne coûte trop cher ? En ce cas, évidemment, ceux qui n'ont pas attrapé ces “bases” doivent plutôt être mis à part — et sans que ça coûte plus cher pour autant. Mais curieusement, j'en viens à me demander si c'est recevable, ce genre de “principes”…

Ou alors, Eleïna a trouvé la réponse : c'est une collectivité territoriale déterminé — et qui n'a ni trains, ni bus.
Tu as raison. Le problème est que ces jeunes, qui ne les ont pas, ne veulent pas s'apprendre à les adopter. Quand bien même l'école ou le centre de loisirs ou autres structures font leur travail. La continuité est nécessaire.
Les enfants ne sont pas stupides et les collègues qui les ont eus en tant qu'élèves ne peuvent pas tous avoir été incompétents. Les bases, les codes, les collègues de primaire ont tenté de les transmettre. Sauf que lorsque l'on a face à soi un nombre trop important d'élèves (quel que soit la CSP de leurs parents) à qui les parents n'ont pas inculqué le respect de la parole de l'adulte et en particulier celle  de l'enseignant, cela ne marche pas.
Si je viens d'une famille violente, et que l'on m'a élevée à coups de triques, les "sanctions" de l'école me semblent ridicules. Si je viens d'une famille "éducation positive" et que j'en ai tiré la leçon que je suis la reine du monde, cela ne marche pas. Si je viens d'une famille où l'enseignant est méprisé parce que "petit fonctionnaire mal payé" ou  parce que "femme" (et même pas mère de l'élève), je ne me conformerai pas à un code que rien ne m'oblige à respecter.
Les instituteurs de la 3e République avaient le respect dû à leur statut (même s'il ne faut pas l'idéaliser)et, ne l'oublions pas, recouraient à des châtiments corporels et/ou humiliants, et disposaient du soutien de leur Institution. Je ne prône évidemment pas un retour à la violence, mais il ne faut pas s'étonner que nos discours, nos valeurs, notre vision de ce qu'est le métier d'élève, soient du vent pour ceux qui, pour des raisons diverses, méprisent l'école et ses fonctionnaires. Quand le nombre d'enfants atteint un point critique et que, pour des raisons diverses, l'enseignant n'arrive pas à s'imposer, le pouvoir, dans la classe est du côté des pairs dominants (c'est-à-dire les fauteurs de trouble également susceptibles de s'en prendre à leurs camarades qui tenteraient de jouer le "jeu" de l'école), pas de l'enseignant. Ce que décrit notre collègue, c'est le fait que, dans son établissement, cette masse critique est atteinte, pourrissant les classes.
Et à votre question "on fait quoi de ces élèves qui refusent  le jeu de l'école", je réponds le CNED à partir de la sixième. Gratuit. Et un atelier de deux heures à 10 élèves, où ils sont socialisés sous la supervision d'une psy et d'un enseignant (payé le double d'une heure normale) pour faire le point sur ce qu'ils ont travaillé de leur côté, tout seuls pendant la semaine. Soyons fou et ajoutons un suivi psy toutes les semaines en individuel. Et si, à la fin du semestre cela va mieux, ils retournent dans leur classe. Et sinon ils restent dans ce système. Cela fera des vacances à leurs camarades qui ne demandent qu'à bosser, cela cessera de renvoyer l'image de "trop cool" à ceux qui mettent le boxon (parce que, là encore enfants et pré-ados ne sont pas stupides, et verront bien la relégation que constitue ce système, même si certains l'utilisent pour jouer non stop à la console). Ce n'est pas le système idéal ? Sans doute, mais, privés de leur public, sous la pression de leurs parents qui ne voudront pas les savoir à la maison, certains (une fraction peut-être) feront ce qu'il faut pour réintégrer leur groupe. Et les autres ? Ben, les autres comment dire, actuellement cela ne marche pas plus. Alors tant qu'à faire sauvons ceux qui veulent bosser.
voila je n'aurais pas mieux dit. C'est exactement ce que je voulais dire, mais certains préfèrent y voir du racisme ou une volonté de rester avec des riches ou je ne sais quoi, ce qui est parfaitement faux. Merci pour ton post.
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par mafalda16 Dim 9 Juin 2024 - 17:39
Mes deux collèges sont champions en grand écart de mixité sociale des familles, donc oui, je connais, merci !

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par Jenny Dim 9 Juin 2024 - 17:40
corisandiane a écrit:
mafalda16 a écrit:
Aurevilly a écrit:Corisandiane, je te trouve d'une patience admirable.

Et d’autres se demandent bien ce qu’il fiche dans l’enseignement public.
vous enseignez ou? quel type de population? Avez-vous vécu la mixité sociale dans votre établissement? J'aimerais savoir.

Je peux te répondre aussi : REP/zone sensible/APV/SRE (je te laisse probablement chercher le dernier sigle) aussi bien que des établissements lambda ou favorisés.
Pour la mixité sociale, oui et même une année de plantage où on est montés par erreur à plus de 80 % de boursiers. Pour autant, je n'ai pas entendu mes collègues tenir de tels propos et on ne savait pas qui étaient les élèves concernés. On a eu des moyens supplémentaires, on a accompagné nos élèves, point.
epekeina.tes.ousias
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par epekeina.tes.ousias Dim 9 Juin 2024 - 17:40
Et puis, ça ne répond pas à la question : et ceux qui n'ont pas les “bases”, on en fait quoi ? On les regroupe entre eux ? Et ça ne risque pas d'être encore pire si on les concentre dans le même endroit ?

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par Jenny Dim 9 Juin 2024 - 17:42
corisandiane a écrit:
Jenny a écrit:
Elaïna a écrit:Mais au bout du compte ça veut dire quoi "venir de la mixité" ? Non parce que je dois avoir l'esprit un peu bêta mais concrètement ça ne veut rien dire me semble-t-il.

Ils sont notés comme ça dans les listes si j'ai bien compris, mais visiblement, je ne comprends pas grand chose.
Oui vous ne comprenez pas, et 'il n'y a rien de "marquant" la dedans. On parle tous de "gosses de la mixité" entre nous sans aucune connoation négative, je ne vois même pas ou est le souci en fait. On a les listes des écoles primaire concernées, logique que l'on sache d'ou viennent nos élèves et qui vient ou pas de la mixité.  

Je ne l'ai jamais vu dans aucun établissement où j'ai travaillé. Je ne regarde pas d'où viennent les élèves et il faudrait que je cherche l'information dans les anciens bulletins pour le savoir. Je le sais parfois parce que les élèves ou les parents m'en parlent ou parce qu'ils étaient élèves dans un établissement où j'ai fait des heures. Et même dans ce cas, je m'abstiens de dire aux collègues ce que j'en sais si ça n'apporte rien... L'idée que certains ont pu évoluer sans doute.
Ne pas voir où est le problème, c'est bien le souci. Ces enfants seront probablement catalogués une bonne partie de leur vie parce qu'ils viennent de tel quartier, autant ne pas faire de même à l'école.
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par zigmag17 Dim 9 Juin 2024 - 17:49
Jenny a écrit:
corisandiane a écrit:
Jenny a écrit:
Elaïna a écrit:Mais au bout du compte ça veut dire quoi "venir de la mixité" ? Non parce que je dois avoir l'esprit un peu bêta mais concrètement ça ne veut rien dire me semble-t-il.

Ils sont notés comme ça dans les listes si j'ai bien compris, mais visiblement, je ne comprends pas grand chose.
Oui vous ne comprenez pas, et 'il n'y a rien de "marquant" la dedans. On parle tous de "gosses de la mixité" entre nous sans aucune connoation négative, je ne vois même pas ou est le souci en fait. On a les listes des écoles primaire concernées, logique que l'on sache d'ou viennent nos élèves et qui vient ou pas de la mixité.  

Je ne l'ai jamais vu dans aucun établissement où j'ai travaillé. Je ne regarde pas d'où viennent les élèves et il faudrait que je cherche l'information dans les anciens bulletins pour le savoir. Je le sais parfois parce que les élèves ou les parents m'en parlent ou parce qu'ils étaient élèves dans un établissement où j'ai fait des heures. Et même dans ce cas, je m'abstiens de dire aux collègues ce que j'en sais si ça n'apporte rien... L'idée que certains ont pu évoluer sans doute.
Ne pas voir où est le problème, c'est bien le souci. Ces enfants seront probablement catalogués une bonne partie de leur vie parce qu'ils viennent de tel quartier, autant ne pas faire de même à l'école.

Mais si c'est fléché en amont tu fais comment? Il ne s'agit pas de stigmatiser mais de constater puis de faire au mieux. Voir les places réservées pour certains élèves à Sciences Po, pour des Bac pro en BTS etc. Il n'y a pas de parti pris là-dedans sinon celui de donner une chance à ceux qui d'ordinaire ne pourraient pas avoir accès à tel ou tel type de scolarité.  Ensuite, ce qu'ils en font est une affaire de comportement comme expliqué plus haut.
corisandiane
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par corisandiane Dim 9 Juin 2024 - 17:51
epekeina.tes.ousias a écrit:Et puis, ça ne répond pas à la question : et ceux qui n'ont pas les “bases”, on en fait quoi ? On les regroupe entre eux ? Et ça ne risque pas d'être encore pire si on les concentre dans le même endroit ?
Et ceux qui veulent bosser y compris dans ces quartiers, il y en a, et qui sont empêchés par leur comportement, on en parle ? Pourquoi ne pas penser à la majorité de ceux qui respectent les règles? Dans chaque classe c'est finalement une infime minorité qui pose des problèmes , je pense qu'on devrait d'abord penser à tous les autres.
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par Jenny Dim 9 Juin 2024 - 17:53
Zigmag : Je ne comprends pas ta réponse.
« Fléché en amont », comment ça ?

Pour les places à Sciences Po, ce n’est pas la CSP ni les revenus qui jouent sur la voie d’admission parallèle, mais l’établissement d’origine et la participation à la cordée.


Dernière édition par Jenny le Dim 9 Juin 2024 - 17:54, édité 1 fois
corisandiane
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par corisandiane Dim 9 Juin 2024 - 17:54
Jenny a écrit:
corisandiane a écrit:
Jenny a écrit:
Elaïna a écrit:Mais au bout du compte ça veut dire quoi "venir de la mixité" ? Non parce que je dois avoir l'esprit un peu bêta mais concrètement ça ne veut rien dire me semble-t-il.

Ils sont notés comme ça dans les listes si j'ai bien compris, mais visiblement, je ne comprends pas grand chose.
Oui vous ne comprenez pas, et 'il n'y a rien de "marquant" la dedans. On parle tous de "gosses de la mixité" entre nous sans aucune connoation négative, je ne vois même pas ou est le souci en fait. On a les listes des écoles primaire concernées, logique que l'on sache d'ou viennent nos élèves et qui vient ou pas de la mixité.  

Je ne l'ai jamais vu dans aucun établissement où j'ai travaillé. Je ne regarde pas d'où viennent les élèves et il faudrait que je cherche l'information dans les anciens bulletins pour le savoir. Je le sais parfois parce que les élèves ou les parents m'en parlent ou parce qu'ils étaient élèves dans un établissement où j'ai fait des heures. Et même dans ce cas, je m'abstiens de dire aux collègues ce que j'en sais si ça n'apporte rien... L'idée que certains ont pu évoluer sans doute.
Ne pas voir où est le problème, c'est bien le souci. Ces enfants seront probablement catalogués une bonne partie de leur vie parce qu'ils viennent de tel quartier, autant ne pas faire de même à l'école.
comment faire alors pour ne pas le savoir puisque un intervenant vient exprès pour eux les premiers mois ? On connaît immédiatement tous ceux qui relèvent de la mixité, et ne serait ce aussi pour demander du travail à la maison, sur ordinateur, on doit connaître les difficultés de nos élèves.
Jenny
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par Jenny Dim 9 Juin 2024 - 17:56
On a eu les moyens pour l’ensemble du groupe. Ce n’est pas parce qu’un élève vient de l’école cotée du quartier qu’il n’a aucune difficulté et à l’inverse, tel gamin peut venir de REP et être le premier de la classe avec un excellent niveau.
Pour l’ordinateur obligatoire à la maison, ça ne devrait pas être le cas, programme de mixité ou non. Ça pouvait très bien poser problème à certaines familles avant.


Dernière édition par Jenny le Dim 9 Juin 2024 - 17:57, édité 1 fois
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par epekeina.tes.ousias Dim 9 Juin 2024 - 17:56
corisandiane a écrit:
epekeina.tes.ousias a écrit:Et puis, ça ne répond pas à la question : et ceux qui n'ont pas les “bases”, on en fait quoi ? On les regroupe entre eux ? Et ça ne risque pas d'être encore pire si on les concentre dans le même endroit ?
Et ceux qui veulent bosser y compris dans ces quartiers, il y en a, et qui sont empêchés par leur comportement, on en parle ?  Pourquoi ne pas penser à la majorité de ceux qui respectent les règles? Dans chaque classe c'est finalement une infime minorité qui pose des problèmes , je pense qu'on devrait d'abord penser à tous les autres.

Ben justement on les met où ? Avec ceux qui ont les “bases” ? En leur faisant passer un examen de “base” ? Ou pas ?
Ou alors tu as déplacé la question : s'il n'y a qu'une “infime minorité qui pose des problèmes”, pourquoi ne pas traiter que cette infime minorité ? Parce qu'ils sont inaccessibles à tout ? Ou bien c'est parce qu'on n'a pas assez de monde pour le faire ? Et, ou parce qu'on ne veut pas y dépenser de l'argent ? À moins qu'il n'y ait une “infime minorité qui pose des problèmes” qu'à certains endroits et pas une “infime minorité qui pose des problèmes” à d'autres ? Mais en cas, si c'est un problème de concentration, mieux vaudrait diluer, non ?

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par zigmag17 Dim 9 Juin 2024 - 18:03
Jenny a écrit:Zigmag : Je ne comprends pas ta réponse.
« Fléché en amont », comment ça ?

Eh bien si on te dit que ton établissement accueille des classes avec un public dit " mixé ", ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un constat. En pratique ensuite, tu constates sur quels points ça fonctionne et sur quels points ça ne fonctionne pas. Et c'est valable pour tous les mixages. Par exemple dans ma classe de Bac pro j'ai 2 apprentis, dits appartenant à un public de mixité. Je peux te dire tout de suite qu'avec un ça fonctionne et l'autre pas, et je sais pourquoi. Cela tient à plusieurs facteurs. Ici il est question de problèmes de comportement, liés à une absence d'intégration des codes par exemple de politesse ou de rapport à l'adulte( un Neo plus haut l'a très bien expliqué) au départ. Et je ne vois pas pourquoi ce serait discriminant. C'est juste un fait.
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par Elaïna Dim 9 Juin 2024 - 18:04
Quand on prétend à un peu d'exactitude on n'emploie pas ce genre d'expression qui ne veut rien dire, et on se souvient que les impressions au doigt mouillé ne font pas une vérité générale.

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par zigmag17 Dim 9 Juin 2024 - 18:05
Elaïna a écrit:Quand on prétend à un peu d'exactitude on n'emploie pas ce genre d'expression qui ne veut rien dire, et on se souvient que les impressions au doigt mouillé ne font pas une vérité générale.

Je suppose que l'expression vient du ministère et est officielle. En tout cas pour nous c'est le cas.
corisandiane
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par corisandiane Dim 9 Juin 2024 - 18:07
epekeina.tes.ousias a écrit:
corisandiane a écrit:
epekeina.tes.ousias a écrit:Et puis, ça ne répond pas à la question : et ceux qui n'ont pas les “bases”, on en fait quoi ? On les regroupe entre eux ? Et ça ne risque pas d'être encore pire si on les concentre dans le même endroit ?
Et ceux qui veulent bosser y compris dans ces quartiers, il y en a, et qui sont empêchés par leur comportement, on en parle ?  Pourquoi ne pas penser à la majorité de ceux qui respectent les règles? Dans chaque classe c'est finalement une infime minorité qui pose des problèmes , je pense qu'on devrait d'abord penser à tous les autres.

Ben justement on les met où ? Avec ceux qui ont les “bases” ? En leur faisant passer un examen de “base” ? Ou pas ?
Ou alors tu as déplacé la question : s'il n'y a qu'une “infime minorité qui pose des problèmes”, pourquoi ne pas traiter que cette infime minorité ? Parce qu'ils sont inaccessibles à tout ? Ou bien c'est parce qu'on n'a pas assez de monde pour le faire ? Et, ou parce qu'on ne veut pas y dépenser de l'argent ? À moins qu'il n'y ait une “infime minorité qui pose des problèmes” qu'à certains endroits et pas une “infime minorité qui pose des problèmes” à d'autres ? Mais en cas, si c'est un problème de concentration, mieux vaudrait diluer, non ?
précisemement le but de la politique de mixité sociale mise en place dans notre région depuis 6 ans, et les problèmes commencent vraiment à s'accumuler, on le constate. Alors je veux bien qu'on se dise que c'est en continuant à diluer qu'on aura moins de souci, mais il faudrait aussi se rendre à l'évidence que ça ne fonctionne pas. Ou alors il faut vraiment une politique de fermeté autre, des structures, des adultes formés, et aussi des parents qui jouent le jeu, sinon on ne peut pas faire grand chose.
Jenny
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par Jenny Dim 9 Juin 2024 - 18:08
zigmag17 a écrit:
Jenny a écrit:Zigmag : Je ne comprends pas ta réponse.
« Fléché en amont », comment ça ?

Eh bien si on te dit que ton établissement accueille des classes avec un public dit " mixé ", ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un constat. En pratique ensuite, tu constates sur quels points ça fonctionne et sur quels points ça ne fonctionne pas. Et c'est valable pour tous les mixages. Par exemple dans ma classe de Bac pro j'ai 2 apprentis, dits appartenant à un public de mixité.  Je peux te dire tout de suite qu'avec un ça fonctionne et l'autre pas, et je sais pourquoi. Cela tient à plusieurs facteurs. Ici il est question de problèmes de comportement, liés à une absence d'intégration des codes par exemple de politesse ou de rapport à l'adulte( un Neo plus haut l'a très bien expliqué) au départ. Et je ne vois pas pourquoi ce serait discriminant. C'est juste un fait.

Je ne comprends toujours pas pourquoi il faudrait l'indiquer sur les listes.
Et l'exemple que tu citais ne fonctionne pas comme ça, je suis bien placée pour le savoir. (C'est d'ailleurs une stratégie de certaines familles CSP+).


Dernière édition par Jenny le Dim 9 Juin 2024 - 18:12, édité 1 fois
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