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René
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par René Lun 17 Jan 2011 - 18:09
"]Que ceux qui pensent que le système n'est pas pourri jusqu'à la moelle, que les petits chefs n'existent pas, qu'il faut positiver, qu'il faut se remettre en cause, s'adapter aux nouveaux publics, j'en passe, et des plus sinistres, que ceux-là passent leur chemin. Ils seraient gênés dans leur démarche de positivation de l'immonde, et leur carrière pourrait finir par en pâtir, ce qui serait infiniment regrettable. Les autres trouveront des faits dont la compréhension, puis la dénonciation, constitueront, à condition que leur réalité soit diffusée le plus largement possible, les premières étapes de la renaissance d'une profession complètement déglinguée. Ne pas hésiter à imprimer et à photocopier la dizaine de pages qui suit

Arguments et témoignages sur une éthique institutionnelle absente

Argument 1 : origine :
http://fr.groups.yahoo.com/group/etatgeneraux/message/2058

Sauver l’école ou les apparences ? Une lettre interne qui accuse l’administration de l’Éducation nationale

Pour l’administration de l’Éducation nationale, ce ne sont pas les résultats qui fournissent matière à statistiques, mais les statistiques préalablement établies qui déterminent les résultats.

On le soupçonnait déjà, dira-t-on ! C’est vrai ! On le déduisait de comportements divers, comme ceux observés en commission d’examen : pour obtenir un pourcentage voulu de reçus, on jouait entre examinateurs à ajouter, selon les coefficients des disciplines, des points supplémentaires aux candidats en dessous de 10 /20 pour leur faire atteindre artificiellement la moyenne de l’admission. Ou encore on baissait à volonté la moyenne jusqu’à l’obtention du pourcentage de reçus fixé d’avance.

La lettre d’un inspecteur d’académie à un principal au ton comminatoire

Mais, sauf erreur, on ne connaissait pas de document écrit qui fournît le mode d’emploi impératif de cette politique insensée. C’est désormais chose faite depuis la publication dans le numéro 2 de juin 2008 de la revue de l’ACOP (Association des Conseillers d’orientation psychologues de France) d’une lettre de l’inspecteur d’académie de la Haute-Saône, datée du 21 mars 2008, qui s’en prend avec une rare violence au principal du collège de Jussey. On la lira en note ci-dessous (1).

On ne peut qu’être frappé par son ton comminatoire, sa redondance volontairement blessante de formules autoritaires qui ne souffrent pas de réplique : « Je vous demande expressément, fulmine l’inspecteur … Il est hors de question … Je vous enjoins de … Le taux ne dépassera pas … Ce taux atteindra … Je précise, si besoin était, que ces minima constituent une injonction de l’inspecteur d’académie… ».

Mais quel est donc le crime commis par le malheureux principal ? Il ne s’est tout simplement pas conformé aux quotas préalablement fixés par l’inspecteur d’académie : ainsi le taux de redoublement des élèves de 6e en juin 2007 a-t-il été de 9,6 % dans son collège quand il était de 5,7 % dans le département, soit « près du double », tempête l’inspecteur qui lui fixe 7 % pour juin 2008. En 4e, c’est encore pis ! Le taux est « de quatre fois supérieur au taux départemental ». Il ne devra donc pas dépasser cette fois 10 %, tonne l’inspecteur. Quant au taux de passage des élèves de 3e en 2de générale et technologique, il n’est que de 48,1 % quand la moyenne du département est de 60,6 %. L’inspecteur en exige immédiatement 55 % !

Une administration seule au centre de l’École

On ne saurait mieux illustrer le mal dont souffre l’Éducation nationale. Elle est malade de son administration attachée à se mettre elle-même au centre de l’École, en lieu et place du savoir et de l’élève. Ce qui lui importe avant tout c’est de présenter l’image avantageuse d’une institution qui diffuse efficacement le savoir avec des taux de réussite honorables pour susciter approbation et même félicitations. Seulement, cette lettre montre l’envers du décor : sous des apparences flatteuses, la réalité est moins rose. Et puisqu’elle ne répond pas aux attentes administratives, qu’à cela ne tienne ! L’administration en livre une représentation falsifiée : les statistiques sont dopées, truquées, fixées d’avance quoi qu’il en coûte. Et qui peut douter qu’il en coûte la qualité du service public d’éducation ? Car que signifie diviser par deux les taux de redoublement ou de fixer des quotas obligatoires de passage en seconde sans se référer le moins du monde au niveau atteint par les élèves ? Cette lettre d’inspecteur d’académie révèle ainsi quatre moyens mis en œuvre pour la ruine de l’École publique.

1- Savoir, travail et intérêt de l’élève discrédités

Il est d’abord aisé d’en déduire que ce n’est pas le niveau de savoir de l’élève qui importe, puisque les quotas imposés ouvrent automatiquement les portes de la classe supérieure à certains élèves, même s’ils n’ont pas les connaissances minimales requises. La leçon n’échappe pas aux élèves : ils savent que, dans cette École-là, il n’est pas besoin de travailler pour « passer » ; les 12 % qui séparent le collège de Jussey de la moyenne du département de la Haute-Loire finissent par faire du monde. Le discrédit est donc jeté sur le travail et le savoir.

Il y a pis. Qu’un élève soit ainsi balancé dans la piscine sans savoir encore nager et soit donc promis à la noyade, l’administration s’en moque pourvu que le taux de passage, qu’elle brandit, lui vaille les applaudissements. L’intérêt de l’élève n’est donc pas davantage la préoccupation de cette administration. Seuls l’intéressent les quotas qu’elle fixe arbitrairement, et le narcissisme de ses membres soucieux de conserver leurs avantages.

2- Les professeurs discrédités

Il découle de ce désintérêt pour le niveau de l’élève que le conseil de classe peut n’avoir aucune importance : l’administration s’en tamponne le coquillard ! Il n’a qu’un pouvoir consultatif. Le discrédit est cette fois jeté sur le corps professoral. L’inspecteur rappelle justement au principal que le "pouvoir décisionnel" lui appartient et qu’il peut à volonté suivre ou non les avis des conseils de classe pour satisfaire aux quotas qui lui ont été fixés.

3- Une administration de valets sans conscience

Le ton autoritaire de cette lettre lève, d’autre part, le voile sur le type de relations qui s’instaure au sein de la hiérarchie, dès lors que l’échelon inférieur ne se conforme pas aux ordres. Ne peut-on pourtant comprendre l’attitude du principal de Jussey ? Soucieux de l’intérêt de ses élèves, il a cru pouvoir, avec les avis des conseils de classe, répartir le flux des élèves sans tenir compte de quotas ni de moyenne départementale. Tant pis si son collège est en dessus ou en dessous des moyennes départementales ! Ce qui compte pour lui, c’est l’intérêt des élèves. Il s’agit donc bien d’une objection de conscience qui mérite le respect. Mais sa hiérarchie n’en a cure ; elle entend qu’il obéisse au doigt et à l’œil sans état d’âme ! Il lui faut se soumettre ou se démettre.

On comprend dès lors que ne peuvent rester dans la fonction que des valets sans conscience pour faire les sales besognes qu’on exige d’eux. On l’avait déjà deviné à voir aussi le niveau culturel de recrutement de certains chefs d’établissement qui connaissent si mal leur langue maternelle. Dans un établissement d’éducation, c’est tout de même un comble ! Mais des individus incultes sont moins exposés aux problèmes de conscience et sont surtout reconnaissants à leur hiérarchie de les avoir élevés, malgré leur indignité.

4- Un univers d’aliénation

Enfin, quand un individu s’affranchit de la réalité pour lui substituer ses désirs et ses fantasmes, il ne manque pas d’inquiéter son entourage. Ne parle-t-on pas de folie ? Qu’en est-il quand une administration organise une représentation de la réalité à sa convenance, qui apparaît au seul bon sens très éloignée de la réalité ? Dans quel univers contraint-elle ses membres à vivre ? C’est elle qui détermine selon son caprice ce qui est bien et ce qui est mal, fût-ce en contradiction avec le sens commun ; elle peut inventer à sa guise des fautes de service pour sanctionner le récalcitrant et appeler folie ce qui est raison et inversement raison ce qui est folie. À quel désastre pareille aliénation collective ne prépare-t-elle pas ?

C’est bien le diagnostic qu’invite pourtant à formuler la lettre de cet inspecteur d’académie soumis lui-même sans doute aux mêmes oukases que lui intiment les échelons supérieurs. Or une institution est en péril, quand son administration délire, c’est-à-dire qu’elle prétend plier la réalité à ses désirs jusqu’à la falsification. Cette administration n’est au service ni du savoir ni de l’élève ni des professeurs, mais d’elle seule pour la plus grande satisfaction d’une oligarchie qui y voit sans doute une des méthodes capables de ruiner le service public de l’Éducation dans l’attente d’une privatisation. Un rapport de 1996 de l’OCDE, dont on a déjà parlé sur Agoravox, intitulé d’un euphémisme volontairement abscons « La Faisabilité politique de l’ajustement », (2) en indique le mode d’emploi pour éviter la révolte des citoyens que cette ruine ne manquera pas de frapper. Paul Villach


Argument 2 : origine :
http://www.forumdesforums.com/modules/news/article.php?storyid=27208

I- M. Philip, nouveau recteur de Montpellier

M. Christian Philip qui vient d’être nommé, le 1er avril 2009, recteur de l’académie de Montpellier, était déjà recteur de l’académie de Clermont-Ferrand en 1992 quand il a été mêlé à une cabale visant à priver un principal stagiaire d’une titularisation comme chef d’établissement. On a déjà évoqué cette affaire dans un article paru sur AGORAVOX, le 18 juin 2007 (1). On y renvoie donc le lecteur. Un bref rappel de cette affaire suffit ici pour replacer dans son contexte la violation de la loi dont le recteur Philip s’est alors rendu coupable, selon un jugement du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 8 avril 1997.

1- Des méthodes de gestion peu orthodoxes
L’arrivée de J. F. comme principal stagiaire en septembre 1990 suscite, en effet, l’émoi dans un collège du Puy-de-Dôme. Il découvre de graves anomalies de gestion : commission de sécurité en sommeil depuis cinq ans, stocks de nourriture trop importants et parfois périmés, vide sanitaire recueillant les effluents des WC garçons, contrats d’entretien de l’installation électrique ou du chauffage, dûment payés mais non honorés par certaines entreprises, poussière d’amiante tombant du plafond des cuisines et de la salle polyvalente servant de réfectoire ! S’ajoutent à cela de fâcheux usages : le principal, pourtant ordonnateur et donc responsable des finances, n’exerce aucun contrôle sur les mandatements effectués directement par l’agence comptable ; ou encore un agent OP, logé gratuitement, a accès à tous les locaux et donc aux dossiers confidentiels.

2- Une cabale et le recteur retourné en huit jours
J. F. s’emploie à y mettre bon ordre. Mais il faut croire qu’il dérange. Une cabale est lancée en sous-main. Des plaintes discrètes remontent aux autorités. Des inspecteurs sont dépêchés à plusieurs reprises, mais ne peuvent prendre J. F. en défaut. En décembre 1991, le recteur - que remplacera M. Philip en mars 1992 - l’estime même capable de diriger « tout établissement complexe et difficile, collège d’une certaine importance ou LP moyen ». Quand, le 10 mai J. F. le rencontre, le recteur Philip confirme les assurances de son prédécesseur sur sa prochaine titularisation, en souhaitant toutefois qu’il change d’affectation ! Mais le 18 mai, comme le montrera une lettre découverte au dossier de l’intéressé, le recteur suit l’avis du directeur des personnels d’inspection et de direction et se prononce contre cette titularisation. J. F. n’aura connaissance de ce revirement puis de sa non-titularisation que le 15 juin suivant.

Un singulier rapport de l’inspecteur régional - que J. F. ne découvrira qu’en juin 1994, à l’occasion d’une consultation de son dossier - a motivé, semble-t-il, ce revirement. Il présente deux versions : l’une des versions n’est pas datée, l’autre comporte la mention manuscrite « mai 1992 » à la suite de la formule « inspection effectuée le... ». Or, aucune nouvelle inspection n’a eu lieu à cette date. N’a-t-on pas voulu influencer la décision du recteur en le trompant par un faux document ?

3- Une campagne de calomnies orchestrée
Les parents et les élèves s’émeuvent : ils déclenchent une grève de soutien à leur principal et lancent des pétitions. C’est alors qu’une campagne de calomnies puisant aux sources du rectorat jette le doute : l’inspecteur d’académie déclare à FR 3 un célèbre « Les parents ne savent pas tout... ! », lourd de sous-entendus infâmants. Du coup, les parents cessent toute action, estimant « n’avoir pas assez d’éléments pour se prononcer », persuadés qu’ils sont que « la décision de l’administration n’a sûrement pas été prise à la légère. » Ben voyons ! Qui en douterait ? Par lettre, le 15 juin 1992, le recteur Philip s’est permis entre temps d’annoncer à J. F. qu’il ne sera pas titularisé dans le corps des personnels de direction le 1er septembre suivant, et obtient du ministre un arrêté qui met fin brutalement à son stage le 1er juillet 1992 : il est même sommé de décamper sous 24 heures !

4- Un recteur agissant sans scrupule en toute incompétence
J. F. a évidemment porté l’affaire devant le Tribunal administratif de Clermont Ferrand qui statuera en deux temps. Un premier jugement du 4 mai 1995 annule d’abord l’arrêté ministériel de fin de stage. Et un second jugement du 8 avril 1997 annule la lettre du recteur Philip du 15 juin qui annonçait à l’intéressé sa non-titularisation au 1er septembre 1992, pour la simple et bonne raison qu’il n’avait pas compétence pour prendre cette décision qui relevait des prérogatives du seul ministre.
De la part d’un agrégé de droit public, cette usurpation en toute incompétence n’en est que plus savoureuse. Mais cette violation du droit n’a nullement nuit à la carrière de son auteur puisque, un an plus tard, il était directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et qu’après un détour par la députation et son évincement à Lyon par M. Perben qui rêvait de prendre la mairie de Lyon, le revoici recteur de l’académie de Montpellier.

II- Le recteur W. Marois, actuel recteur de Bordeaux

Ancien recteur de Montpellier, M. W. Marois est encore plus brillant. Il vient d’ailleurs d’être promu, le 12 avril 2009, officier de la légion d’honneur. Et si l’on en croit une rumeur, il serait même sur les rangs pour devenir ministre de l’Éducation nationale. Or, qui est ce grand serviteur de l’État ?
1- Un recteur qui est l’auteur d’une circulaire inquisitoriale
Le recteur Marois s’est illustré, à Montpellier, avant le second tour de la fameuse élection présidentielle entre la droite et l’extrême-droite, en publiant, le 2 mai 2002, une circulaire intitulée, « Aide aux personnels en difficulté » qui est en fait le bréviaire du petit inquisiteur administratif (2). Ce titre humanitaire est un leurre qui ne sert qu’à cacher aux naïfs les méthodes d’un manuel de police plus ou moins basse ! Les mots « aide » et « difficulté » ne renvoient pas du tout aux significations usuelles. Comme tout langage illusionniste, celui de ce manuel demande à être traduit. Et ce n’est pas très difficile, tant les leurres sont grossiers. On est ainsi stupéfait de découvrir que le terme « difficulté » est un amalgame qui recouvre à la fois des fautes professionnelles, les congés de maladie, des délits ou des comportements variés non conformes aux volontés de la hiérarchie, comme l’expression de la liberté de conscience.

Outre cet amalgame effectué entre les délits (« pratiques frauduleuses / racisme / état d’imprégnation alcoolique / usage de drogue / problèmes de mœurs ») et des fautes professionnelles (« absences répétées injustifiées ») - lesquels, évidemment, ne souffrent pas la moindre discussion -, on relève des incriminations laissées à la libre interprétation du chef hiérarchique : qu’est-ce qu’une « difficulté d’adaptation », par exemple, « un isolement excessif », « une hyper-activité et dépendance au travail » ou bien encore « un refus d’obéissance » ? Faut-il croire à une autorité infaillible pour ne pas frémir devant les illustrations très personnelles qui peuvent être données de ces griefs ! Quant au « chahut dans la classe », qualifié de « difficulté de gestion de la classe », peut-on exclure la responsabilité d’élèves, de parents ou même d’un chef d’établissement qui décident de se payer « la tête d’un prof » ?

On a quelque raison, en tout cas, d’avoir peur à la lecture de la fiche n°23 sur « les procédures disciplinaires » qui précisent que l’établissement du dossier d’accusation peut comprendre des témoignages de parents et d’élèves, « intégrés sous la forme de copies anonymes de telle sorte que leurs auteurs ne puissent pas être identifiés. »
Les effets de la loi liberticide jospino-chiraquienne du 12 avril 2000 qui protège les auteurs de dénonciation au détriment de leur victime, sont, on le voit, activement recherchés : tout professeur jugé indocile peut être accusé désormais anonymement sans qu’il puisse se défendre ; et un dossier secret est officiellement reconnu ! Faut-il nommer les régimes politiques passés qui se sont illustrés par ces méthodes policières ?

Un dernier indice confirme la nature inquisitoriale de cet exercice du pouvoir décrit dans ce livret pour venir en « aide aux personnels en difficulté » ! C’est la dénaturation du texte fondateur en matière de protection du fonctionnaire contre les attaques de toutes sortes à l’occasion de ses fonctions, l’article 11 de la loi 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Celui-ci stipule que « la collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires ». Or la circulaire du recteur Marois fait de ce devoir une simple possibilité « Tout agent, est-il écrit, peut bénéficier (…) de la protection juridique. »

L’ « aide » prodiguée en question présente dès lors deux volets :
1- l’un est médical avec une possibilité donnée au chef hiérarchique de choisir une réponse psychiatrique à une « difficulté », avec l’obligation pour le subordonné de comparaître devant un comité médical départemental qui distribue et contrôle les divers congés médicaux. La porte, on le voit, est ouverte à la psychiatrisation de l’opposant.
2- L’autre volet purement policier est une procédure strictement balisée afin que le chef hiérarchique ne commette pas d’erreur qui empêche la sanction de tomber ou la retarde : l’étape de « l’instruction » est particulièrement détaillée avec la technique d ’élaboration du rapport d’accusation. Les fiches n° 1 et n° 2 indiquent « comment constater les faits et repérer les difficultés liées au comportement général et à l’exercice du métier d’enseignant ou d’agent » ; la fiche 3 traite de « la qualification des faits » : est-ce une faute ou une insuffisance professionnelle ? Elle met en garde contre la confusion entre les deux qualifications qui pourrait conduire le juge à écarter la sanction attendue

Jamais n’avaient été écrites aussi crûment les directives d’une répression implacable, même si elle se pratiquait depuis longtemps. Il y a des choses que l’on fait mais que l’on n’écrit surtout pas. Qu’un recteur ait pu vaincre cette pudeur, en dit long sur sa certitude de ne pas rencontrer chez ses victimes potentielles la moindre réaction et sur leur avilissement.
2- Un recteur qui viole la loi en toute impunité
Mais, on s’en doute, le recteur Marois ne se contente pas d’être un théoricien de la répression. Il en est aussi un praticien. Et la loi n’est pas pour lui une "difficulté" : il n’a besoin de l’ "aide" de personne pour la violer en toute impunité.

Le 12 mai 2004, le recteur Marois – secondé par un principal et un inspecteur d’académie dénués eux aussi tout autant de scrupules - a infligé un blâme à un professeur d’un collège de Nîmes. Or, ce blâme a été annulé comme illégal, le 7 décembre 2006, par le Tribunal administratif de Nîmes. Les deux motifs d’annulation sont accablants et devraient disqualifier à jamais son auteur dans ses fonctions :

le premier motif… est une inexistence matérielle de motif : c’est-à-dire que les fautes de service ont été inventées de toutes pièces ! Ce n’est pas nouveau ! Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage !

Le second motif est une violation de procédure : c’est-à-dire que les griefs imputés à l’ouverture de la procédure n’étaient plus ceux que retenait l’arrêté de blâme à la clôture de la procédure. Bonjour les droits de la défense ! (3)

Peut-on faire pis ? Un individu qui est capable d’agir ainsi, ne devrait-il pas être exclu à jamais de toute fonction d’autorité. Il a déshonoré sa fonction et nui gravement à la légitime considération que les citoyens doivent avoir pour les institutions de la République. Eh bien non ! Le sieur est toujours recteur, on le promeut officier de la légion d’honneur et le bruit court qu’il pourrait bien devenir ministre.

Mais les protecteurs de ces gens sans principes ont beau faire. Que tout ce beau monde reste en fonction, soit promu ou couvert d’honneurs, rien en dehors de ses cercles de courtisans ne pourra masquer son discrédit. C’est ainsi que se construit une administration-voyou. Car la légitimité d’une autorité républicaine puise exclusivement dans le respect scrupuleux de la loi. Paul Villach

(1) Paul Villach, « Le retournement politique, une marque de caractère ? », AGORAVOX, 18 juin 2007
(2) Pour plus d’informations, Paul VILLACH, « Les infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir : une tragicomédie jouée et mise en scène par l’Éducation nationale », Éditions Lacour, Nîmes 2003, pp 124-131.
(3) Pour plus d’informations, Pierre-Yves CHEREUL, « Un blâme académique flatteur », Éditions Lacour, Nîmes, 2008.

Argument 3 : origine :
http://www.forumdesforums.com/modules/news/article.php?storyid=6703

Mais jusque-là, les faits ont beau s’accumuler, on se refuse à franchir le cap. On prend des précautions. On emprunte leur formule aux astrophysiciens confrontés à une série de phénomènes dont ils ne perçoivent pas l’origine ou la cause : la course erratique de cette planète est incompréhensible ? On émet alors l’hypothèse : tout se passe comme si...
Il en est de même avec l’Éducation nationale depuis une dizaine d’années au moins : tout se passe comme si... Un esprit raisonnable ne cesse, en effet, d’aller de stupéfaction en stupéfaction devant tant de conduites extravagantes. Mais les faits, qu’on le veuille ou non, s’enchaînent avec une logique qui atterre : elle va tellement à l’encontre de ce qui serait attendu.

1- Le savoir méprisé

On dirait ainsi que, paradoxalement, dans l’institution chargée de sa diffusion, le savoir est méprisé. Les élèves passent en classe supérieure sans avoir le minimum de connaissance requis. Les examens sont donnés en fonction non d’un seuil minimal de savoir, mais d’un pourcentage de candidats décidés en haut lieu qui prouve d’abord le bon fonctionnement de l’institution.

Les socles de savoir minimal sont revus à la baisse : des disciplines, comme les Lettres classiques sont délibérément éliminées, parfois au profit du sport. D’astucieuses incompatibilités sont instituées, soit entre les disciplines, soit entre les horaires : si tu fais natation, tu ne peux faire du latin ; si tu choisis Allemand, tu dois renoncer au latin qui est enseigné à la même heure. Des erreurs sont sciemment glissées dans les programmes : on veille, par exemple, depuis 25 ans à ce qu’un élève ne puisse comprendre quoi que ce soit à l’information et aux médias.

2- Les conditions de travail méprisées

Au savoir méprisé paraît correspondre un égal mépris pour les conditions de travail elles-mêmes. Les fins d’années scolaires commencent dès la fin mai, parfois avant. Les conseils de classe sont précoces ou alors les examens organisés obligent à fermer l’établissement. Le mois de juin est la plupart du temps un mois qui compte pour du beurre.

Mais il en est de même dans l’année quand les conseils de classe sont fixés en novembre pour le premier trimestre, en mars pour le second. Sous prétexte d’attribuer un nombre égal de jours entre les trois trimestres, il arrive que le second trimestre commence au début décembre et le second à la mi-mars. On ignore le fonctionnement psychologique de l’élève qui après le conseil de classe qui vient de faire le bilan de son trimestre, éprouve fort normalement le besoin de souffler : les trois semaines avant les vacances de Noël ou de Printemps connaissent donc un relâchement. On ne court pas 5 kms de plus après un marathon. L’élève attend le retour de janvier ou d’avril pour repartir.

Que dire de l’examen de certification d’Allemand en troisième qu’on fixe un 27 mars quand il reste trois mois de travail ? Pourquoi priver les élèves de tout ce temps qui pourrait être si utile à l’assimilation ? Après l’examen, vont-ils continuer à fournir l’effort attendu ?


Le silence autour des classes n’est pas assuré : on travaille dans le bruit. Ça braille dans les couloirs ou sous les fenêtres dans la cour : des cours ne commencent pas à l’heure et le vacarme de la récréation continue. Ou alors le bruit vient de la salle voisine où un prof s’égosille dans un charivari empêchant toute attention. Et le comble, ce sont les élèves qui se plaignent en conseil de classe des « bavardages » que des professeurs ne savent pas contenir !

3- La règle méprisée

Il faut dire que le mépris de la règle peut être aussi la règle. Il suffit d’un élève dans un cours pour le perturber si toute sanction est interdite. Or le droit d’ « exclusion ponctuelle de la classe » prévu par la circulaire du 11 juillet 2000 peut être arbitrairement interdit localement aux professeurs. Une petite frappe peut se sentir soutenu par le bureau de la vie scolaire et même le chef d’établissement, et jouer l’indicateur ou le provocateur.

Mais il arrive aussi que ce sont les professeurs eux-mêmes qui ne souhaitent pas rédiger de rapport écrit sur les conduites inacceptables qu’ils souffrent dans leur classe. Ils ont peur de se voir reprocher de ne pas « tenir leur classe » ou au contraire, par compensation, ils pratiquent la surenchère dans l’humanitarisme dévoyé pour se faire valoir tant auprès de l’administration qu’ à leurs propres yeux. C’est ainsi que l’on mélange voyous et élèves méritants sous la même appellation d’origine non contrôlée d’ « élèves en difficulté ».

Il n’existe, en général, dans un établissement, qu’une infime minorité d’élèves récalcitrants. Mais on les laisse prendre leurs aises et empoisonner la vie de tous. Le conseil de discipline tombe en désuétude, on préfère réunir un comité informel appelé par exemple "conseil de remédiation" : ça ne laisse pas de trace réglementaire au-dehors qui risquerait de ternir l’image de l’établissement et surtout celle de son chef soupçonné par le rectorat de ne pas savoir « tenir son établissement ».

On ne remédie donc à rien du tout. La violence s’installe durablement. Il reste à courir après les euphémismes et à appeler les agressions quotidiennes des « incivilités » pour en dissimuler la gravité. Quand on apprend qu’un professeur a giflé un élève pour avoir été injurié, c’est le professeur que son administration lynche en public et que le père de l’élève fautif traîne en justice. Et quand une professeur échappe de peu à la mort dans une tentative d’assassinat après avoir alerté sa hiérarchie comme elle l’a pu, l’administration est exonérée de toute responsabilité.

4- Le professeur méprisé

Ainsi, l’administration donne-t-elle l’exemple au besoin. Elle viole allègrement le règlement en refusant toute protection statutaire à celui qui est attaqué à l’occasion de ses fonctions, quand la loi lui en fait un devoir. Recrutés parfois sans avoir un niveau culturel décent, certains chefs d’établissement montrent par reconnaissance sans doute envers l’institution qui les a reconnus, de réelles dispositions en matière de brutalité.

Pour parvenir à leurs fins, la falsification n’est pas un problème pour eux, pas plus que la calomnie. Une sanction peut même être infligée sans raison à un professeur qui s’oppose à cette débâcle pour le faire taire. Tout paraît permis à ces responsables puisqu’ils peuvent agir en toute impunité. Ils ont l’appui non seulement de leur hiérarchie, mais même de la justice qui, par les temps qui courent, court à leur secours si d’aventure ils ont à répondre de leurs agressions devant un tribunal. Mais même en cas de condamnation, ils restent à leur poste pour poursuivre leur triste besogne.

La stratégie machiavélique de l’OCDE

On a beau être ingénu, tant de continuité dans l’effort pour provoquer et accroître le chaos au cœur du service public d’Éducation finit par laisser supposer une stratégie délibérée de destruction. Mais l’idée paraît si folle. En fait, elle ne l’est pas. Un lecteur a laissé en commentaire d’un article précédent (1) les références d’un rapport de Christian Morrisson, expert de l’OCDE, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, daté de... 1996, intitulé « La faisabilité politique de l’ajustement » (2).

Peut-être l’a-t-on remarqué, le mot « ajustement » est aujourd’hui dans toutes les bouches gouvernementales et patronales, comme le dogme d’un catéchisme. Ce mot modeste et inoffensif est, en réalité, un leurre. Il appartient à une tradition de langage politique par euphémisme compréhensible des seuls initiés, comme l’était l’expression « solution finale » de sinistre mémoire. Ce titre apparemment anodin désigne en fait une destruction en douceur du service public d’Éducation. Il vise à masquer la violence de l’objectif : « ajustement » veut dire ici destruction et « faisabilité politique » signifie prévention des révoltes susceptibles d’être provoquées par cette destruction.

En somme, ce titre mystérieux désigne tout simplement la stratégie astucieuse conçue pour opérer dans les pays de l’OCDE des contre-réformes structurelles et désengager le budget de l’État des services publics sans provoquer de révoltes populaires. Ainsi est-il recommandé non « la baisse de la quantité » qui déclencherait des révoltes, mais « la baisse de la qualité » dans certains établissements et pas dans d’autres pour rendre insensible aux familles la destruction programmée du service public d’Éducation. Voici un extrait éloquent de la page 30 du rapport que le lecteur avait cité :
« [...] Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »

Si l’on avait encore quelques doutes sur les raisons du chaos qui s’est installé durablement dans l’Éducation nationale depuis 10 ans, ils sont levés. Il s’agit bien, comme le conseille cet expert de l’OCDE, de ruiner progressivement la qualité de l’École publique pour introduire peu à peu une privatisation qui s’imposera comme la seule planche de salut quand la vie dans les établissements ne deviendra plus supportable. À bon entendeur salut ! La casse du service public que laissait supposer toutes ces conduites irrationnelles est bien programmée à terme selon un plan méthodiquement réfléchi depuis 1996. Les défenseurs du service public d’Éducation ont quelques raisons de s’émouvoir. Paul Villach

________
(1) « Un arrêt de cour de cassation qui devrait alarmer tous les démocrates », AGORAVOX, 14 mars 2008.
(2) OCDE, CAHIER DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE N° 13, 1996, page 30.

Argument 4 : origine :
http://www.forumdesforums.com/modules/news/article.php?storyid=5225

Une idée lumineuse applicable ?
M. Rocard n’est pas né de la dernière pluie : il sait très bien que la rémunération des professeurs au mérite est agitée depuis longtemps par ceux qui méprisent la profession sans en avoir l’air. Car cette idée lumineuse a le mérite d’avoir pour elle l’apparence de l’évidence et de la justice : est-ce normal que celui qui travaille bien soit rémunéré comme celui travaille mal ? Il n’y a que dans l’Évangile chrétien que l’ouvrier de la 11e heure perçoit le même salaire que ceux qui ont travaillé toute la journée.

Seulement, il ne suffit pas de disposer des critères pertinents qui permettent d’apprécier le mérite d’un professeur. Encore faut-il qu’il existe une instance qui puisse les appliquer sans confondre ses intérêts particuliers avec l’intérêt général. L’administration, telle qu’on la connaît, dont la mission est d’assurer le bon fonctionnement de l’institution, peut-elle y prétendre, qu’il s’agisse du service de direction ou du service d’inspection pédagogique ?

I - L’INSPECTION PÉDAGOGIQUE

A- Un simulacre de contrôle

Qu’est-ce qu’un bon professeur pour un inspecteur pédagogique ? Un professeur à son image ou soumis à ses fantaisies. Et pourquoi donc ? Un grand révolutionnaire contemporain, François Bayrou, ancien professeur lui-même, en fournit avec raison les raisons implacables (1). D’abord, un inspecteur pédagogique, selon lui, n’est déjà lui-même recruté qu’au sein d’ « une coterie », d’ « une écurie » ou d’ « un réseau idéologique ».
Voilà qui aide à la formation impartiale du « thermomètre » ! Ensuite, la relation qu’entretient l’inspecteur avec le professeur est, dit-il, « un sommet d’infantilisation ». Enfin, son efficacité est nulle : les cérémonies d’inspection ne sont que mises en scène où le prof-enfant cherche, lors de sa visite, à complaire aux manies du père ou de la mère dont il craint le martinet, un rapport négatif et une baisse de sa note !

Et comme si ça ne suffisait pas, la mission même d’inspection, écrit Bernard Toulemonde, associe deux fonctions parfaitement incompatibles qui la vouent à l’échec : conseiller et sanctionner (2). On ne peut pas faire les deux à la fois. Qui recherche des conseils, avoue du même coup ses insuffisances. Si le conseiller, auquel on les confie, est aussi celui qui les guette et les sanctionne, mieux vaut ne pas les lui révéler soi-même. Le plus sûr est d’avancer masqué et de ne pas lui donner d’arguments pour se faire battre lors du « confessionnal » ? C’est le nom de l’entretien après le cours donné en présence de l’inspecteur. Nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire.

Le plus navrant est que les élèves, à l’occasion, découvrent une facette peu reluisante de leur professeur redevenu subitement petit garçon ou petite fille : ils ne sont pas dupes de la comédie qu’il joue, répétée par prudence quelquefois plusieurs jours à l’avance ; il ou elle a le rouge aux joues, la voix enrouée, la main hésitante et moite.

B- Un refus constructif

Dans ces conditions humiliantes, si un professeur refuse par dignité ce simulacre de contrôle, comme l’ont autorisé la circulaire d’Alain Savary du 13 décembre 1983 et la note de service du 2 novembre 1994 de François Bayrou, alors ministres - car il s’est trouvé nombre de professeurs pour le faire après un adjoint d’enseignement courageux en 1978 (3) - est-il si difficile d’imaginer le mérite que l’inspecteur reconnaîtra à ce professeur ?

Bien qu’invité par la note de service « à rechercher (en dehors de l’assistance à un cours refusée) si d’autres éléments peuvent s’y substituer et servir de base à l’attribution d’une note pédagogique », l’inspecteur se contente souvent de feuilleter un cahier de textes où, de façon elliptique et sommaire, sont consignés les cours qu’il interprétera à sa guise. Il ignorera délibérément, par exemple, les nombreux rapports qu’un professeur a pu rédiger pour rendre compte volontiers de son investissement de façon régulière : mandat d’élu au conseil d’administration, voyages pédagogiques annuels depuis des années, recherche théorique personnelle et publications, par exemple. Pour ce qui est des résultats de ses élèves aux examens, les pourcentages sont eux aussi facilement accessibles. Mais, c’est vrai qu’ils ne sont pas fiables, ces diplômes décernés non au mérite, mais en fonction de quotas ou de pourcentages qui visent à prouver l’excellence de l’institution !

Si d’aventure, le professeur ose en plus contester par lettre des erreurs épistémologiques inscrites au programme, que le malotru ne s’attende pas à une réponse ! La seule que son mérite mérite est l’avancement à l’ancienneté, ce qui signifie un retard de dix ans pour atteindre le 11e et dernier échelon de son grade par rapport à l’avancement « au grand choix », soit plusieurs dizaines de milliers d’euros de perdus. Qu’il ne compte pas accéder non plus à la « hors-classe », cette grille indiciaire supérieure, réservée aux plus méritants, qui augmente encore leur salaire ! Cette élévation est à la discrétion du recteur. Même avec les points nécessaires, celui-ci s’y opposera formellement. Question de mérite, on vous dit... dans la soumission inconditionnelle !

II - LE SERVICE DE DIRECTION

A - La liberté d’expression muselée

On soupçonne qu’un bon professeur pour une direction n’est pas différent : c’est celui qui fait sans rechigner ce qu’elle lui dit de faire et n’ose pas élever la moindre critique envers elle. En d’autres termes, c’est un courtisan, que les bonnes notes de ses supérieurs font avancer au « grand choix » ou, au pis, au « petit choix », en restant par exemple deux ans dans un échelon au lieu de trois ans et demi à l’ancienneté.
Car la liberté d’expression n’est pas tolérée. Un professeur est donc conduit à devoir faire lui aussi un grand choix : ou défendre la noble idée qu’il se fait de son métier ou ne se soucier que d’accroître son maigre salaire en visant l’avancement au « grand choix » qui dépend du bon vouloir rectoral. Il lui est impossible de faire les deux à la fois, puisque toute critique indispose et se paie cash. L’institution frappe au portefeuille !

B- Cas pratiques


Or, une carrière offre à un professeur nombre d’occasions d’être confronté à toutes sortes de dysfonctionnements. Chaque fois se pose à lui la même question : tenter d’y remédier ou, au contraire, s’en foutre ou fermer les yeux ? Le choix est encore plus difficile par temps de syndicalisme mué en « amicalisme ». Décider de contribuer à corriger ces dysfonctionnements relève de l’héroïsme ou de l’inconscience.

1- Des classes privées de cours de maths deux fois sur trois
Des classes, par exemple, peuvent être privées de cours de maths deux fois sur trois du fait d’un professeur notable, couvert de mandats électifs comme un arbre de Noël : il prévient non pas quand il ne vient pas, mais quand il vient. Tout remplacement est forcément impossible à prévoir. L’administration reste coite. Qu’un professeur s’en émeuve publiquement avec trois autres collègues ! C’est lui que, dans son langage fleuri des « isles », le vice-recteur guadeloupéen tancera pour avoir provoqué « l’ire de l’édile » ! Palsambleu !
Sa notation administrative en gardera les stigmates : ses « convictions » y seront dénoncées. Qu’importe que ce soit contraire à la loi et que sept ans après... le Conseil d’État annule cette notation illégale qui fait mention des opinions d’un fonctionnaire dans une notation administrative ! Le professeur aura été rémunéré à son juste mérite et les violeurs de la loi au leur, en garants insoupçonnables du bon fonctionnement de l’institution.

2- La Sécurité sociale française comme privilège
L’administration des établissements français d’Algérie (L’OUCFA) peut, quant à elle, n’accorder qu’à certains agents de nationalité française et pas à d’autres le bénéfice de la Sécurité sociale française, comme si c’était un privilège et non un droit. C’est amusant, car la couverture de la Sécurité sociale algérienne est plus réduite : pas fou, le président algérien vient se faire soigner en France ! Des professeurs peuvent fermer les yeux sur cette fantaisie administrative ou s’en moquer.
S’ils choisissent au contraire de se scandaliser de cet usage d’un droit par l’administration pour se constituer une clientèle docile et qu’ils occupent des locaux administratifs pendant trois semaines pour que la Sécurité sociale française soit attribuée à tous les agents français, quel mérite reconnaîtra l’administration à ces trublions qui étalent ses turpitudes ? À leur retour en France, une fois dispersés, ils n’ont qu’à bien se tenir ! On les attend au coin du bois. Et, pourtant, bien que bénéficiant eux-mêmes de la Sécurité sociale française, qu’ont-il fait d’autre en agissant ainsi au profit des agents et surveillants qui ne l’avaient pas, que de tenter de corriger une pratique indigne qui oubliait l’intérêt général ?

3- La divulgation d’un rapport administratif confidentiel
Il arrive parfois qu’une chef d’établissement s’oublie aussi jusqu’à distribuer à des délégués de parents d’élèves son rapport confidentiel, adressé au recteur, qui vilipende un professeur : elle lui reproche de « l’éviter » ; c’est l’euphémisme pour regretter qu’il ne lui cire pas les pompes ; ou encore elle prédit sans raison que les élèves fuiront dans le privé si on les lui confie. Elle joint même une pétition contre le professeur ; elle la présente comme signée à l’unanimité par ses collègues, mais sans la moindre signature ! Qu’un parent scandalisé alerte le professeur, que celui-ci poursuive en justice le principal agresseur, que la justice la condamne ainsi que son faux-témoin ! Qui, croit-on, sera rémunéré au mérite ? Mais la condamnée, bien sûr ! Elle restera en poste jusqu’à la retraite et partira avec une décoration.

4- Les calomnies d’une principal-adjointe
Une principal-adjointe peut, de son côté, en fin de conseil d’administration, se mettre à vomir sur un professeur en son absence : elle l’accuse d’obliger les élèves à acheter ses livres. Les parents, pourtant bien placés pour le savoir, tombent des nues. Informé par l’un d’eux - et non par un délégué du personnel dont ce n’est plus la fonction sans doute ! - le professeur l’assigne devant un tribunal faute d’avoir obtenu du chef d’établissement un démenti de cette calomnie en guise de réparation. La principal-adjointe est condamnée. Elle fait appel. La condamnation est confirmée. Elle se pourvoit en Cassation. La Cour confirme l’arrêt.
À qui le recteur a-t-il accordé la protection statutaire avec la prise en charge des frais de justice ? À la principal-adjointe agresseur, voyons, mais non au professeur victime. De qui les autres professeurs ont-ils pris le parti à une ou deux exceptions près ? Mais de l’agresseur, bien sûr ! Qui sera accusé par l’inspecteur d’académie « d’entretenir un climat de tension dans l’établissement » ? Mais le professeur qui a fait condamner la principal-adjointe ! Qui sera ensuite accusé d’avoir perdu en justice par la rumeur ? Mais le professeur qui a gagné ! Révulsés, ses anciens élèves, pourtant dispersés dans les lycées de la ville, distribueront spontanément des tracts pour faire cesser ce mensonge !
Est-il raisonnable d’imaginer que le recteur propose de faire avancer ce professeur méritant « au grand choix » ? Lui présentera-t-il du moins ses excuses pour son refus de protection statutaire annulé comme illégal par le tribunal administratif ? Il ne manquerait plus que ça !

5- La falsification comme méthode administrative
La destruction méthodique des lettres classiques peut, enfin, emprunter des chemins détournés, pour peu qu’un professeur ait maintenu un effectif élevé d’élèves en latin par une pédagogie stimulante introduisant l’initiation à l’archéologie sur les sites de Provence et de Campanie depuis quinze ans.

Si un principal, ancien prof d’EPS dont le sport est le seul horizon culturel, tente de récupérer des heures en détruisant l’option latin, il peut faire preuve d’une inventivité prodigieuse. On impose des incompatibilités d’options : tu fais natation, tu ne peux pas faire de latin ; ou alors ce sont des incompatibilités d’horaires : les germanistes, réservoir naturel de latinistes, sont privés de latin parce que les deux disciplines sont dispensés aux mêmes heures. Non content de tarir le recrutement, le chef d’établissement s’attache ensuite à détruire l’attrait que confèrent au latin les voyages en Campanie. Il suffit de tenter d’effrayer les parents en Conseil d’administration en avançant un prix extravagant de 4 400 euros par élève quand il n’est que de 360 euros pour huit jours.

Et si ça ne marche pas et que, par malheur, le professeur fait le choix de se défendre et dénonce ces falsifications, qu’il s’attende à une rémunération à la hauteur de son mérite ! Ce chef d’établissement lui inventera trois fautes de service et fera le siège du recteur pour arracher un blâme qui finira par tomber six mois plus tard. Puis, il fera campagne en sous-main dénigrant le professeur par lettre secrète auprès d’un président de parents d’élèves. Il ne risquera rien. La justice, saisie, trouvera la méthode en tout point parfaite, « exempte, estimera-t-elle délicieusement, de toute intention déloyale » !
Quant au blâme, à quoi servira donc - sauf pour l’honneur - que le tribunal administratif l’annule deux ans et demi après pour : 1- inexistence matérielle de motif et 2- violation de procédure ? La totale, quoi ! Mais, qu’on ne se méprenne pas ! Ces chefs hiérarchiques exemplaires continuent de veiller au bon fonctionnement de l’institution. Ces méthodes de voyou sont rémunérées à leur juste mérite. Le professeur, lui, a intérêt, par sécurité, à aller voir ailleurs pour faire reconnaître le sien.

La rémunération du professeur au mérite est un rêve qui transporte au pays des songes où une administration ne viserait que l’intérêt général sans jamais le confondre avec les intérêts particuliers de ces membres. La liberté d’expression y serait garantie comme une assurance qui prémunit l’institution contre la corruption et l’oriente sur la voie de l’excellence.
Mais, sitôt qu’on revient sur terre, ce rêve se brise pour laisser place à la seule application que la rémunération au mérite peut recevoir dans l’état actuel de développement économique et moral du pays : le renforcement de féodalités locales où des tyranneaux règnent sans partage sur une masse de courtisans rivalisant d’obséquiosité et de flagornerie pour grapiller des faveurs. Paul Villach

(1) F. Bayrou, La Décennie des malappris, Flammarion, 1993.
(2) B. Toulemonde, Petite histoire d’un grand ministère, l’Éducation nationale, Albin Michel, 1988.
(3) Cet adjoint d’enseignement paiera cher son refus d’inspection : il restera jusqu’à sa retraite quasiment le dernier « adjoint d’enseignement » de France, alors que tous les enseignants de ce grade supprimé ont accédé à celui de certifié avec le salaire accru correspondant. Voilà ce qui s’appelle rémunérer au mérite : faire payer cher tout acte constructif qui déplaît à la hiérarchie.

Argument 5 : origine :
http://sne-csen.net/pratique/docu_admin.php
L’accès aux documents administratifs est-il toujours un droit ?

Les fonctionnaires comme l'ensemble des Français bénéficient depuis 1978 d'un progrès incontestable : la loi du 17 juillet 1978, modifiée par celle du 11 juillet 1979, a créé une Commission d'Accès aux Documents Administratifs (CADA) et déterminé les conditions dans lesquelles nous pouvons prendre connaissance de documents nominatifs qui nous concernent. C'est un droit absolu ; les instituteurs et professeurs des écoles savent qu'ils peuvent non seulement accéder à leur dossier administratif, mais aussi en prendre photocopie partielle ou intégrale, moyennant le paiement d'une somme minime par page demandée.

La communication de ce dossier est même automatique dès lors qu'un enseignant est mis en congé d'office ou traduit en commission disciplinaire.

Il arrive parfois que celui qui a demandé cette communication découvre des documents dont il ne soupçonnait même pas l'existence : rapports d’IEN, lettres d’élus, accusations lancées par des parents d'élèves (voire des collègues), etc. Cette surprise ne devrait pas se produire, car dans un Etat démocratique, les documents nominatifs concernant un fonctionnaire ne devraient jamais être versés dans son dossier sans qu'il en soit informé et sans qu'il en ait eu connaissance…

Il est bon de rappeler à ce sujet que tout document relatif à un fonctionnaire n'est pas forcément un document administratif : c'est seulement lorsque l'administration le glisse dans le dossier de celui-ci qu'il le devient. Il est bon aussi de souligner que tout document ne mérite pas forcément de faire partie du dossier administratif. Par exemple, on ne comprendrait pas qu'une dénonciation anonyme se retrouve dans un tel dossier…

Or, la loi du 17 juillet 1978 a connu le 12 avril 2000 une nouvelle modification passée complètement inaperçue. L'ancienne rédaction disait que : "Les personnes qui le demandent ont droit à la communication (...) des documents de caractère nominatif les concernant, sans que les motifs tirés du secret de la vie privée, du secret médical ou du secret en matière commerciale et industriel, portant exclusivement sur des faits qui leur sont personnels, puissent leur être opposés" étant entendu que tout ce qui concerne le dossier médical ne peut être communiqué que par l'entremise du médecin habituel.

La nouvelle rédaction de l'article 6 bis (voir note ci-dessous ) de la loi dit : "Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs dont la communication porterait atteinte au secret de la vie privée et des dossiers personnels, au secret médical et au secret en matière commerciale et industrielle ; portant une appréciation ou un jugement de valeur, sur une personne physique nommément désignée ou facilement identifiable ; faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice".
Cependant, et c'est cela qu’il faut souligner - dans ce texte - les mots "l'intéressé" ne désignent pas le fonctionnaire intéressé par la communication du dossier, mais… la personne qui a écrit le document qui fait apparaître le comportement de l'intéressé.

En clair, le fonctionnaire qui demande accès à son dossier administratif ne pourra plus y trouver la lettre écrite par un tiers et qui s’est permis de porter un jugement sur son comportement, car si le fonctionnaire en prenait connaissance, cela pourrait porter préjudice à l’auteur de la lettre !

En définitive, le délateur est désormais protégé par la loi et des arrêts des tribunaux administratifs ainsi que des réponses officielles le confirment sans ambiguïté. "La victime de calomnies, désormais condamnée à ignorer l'identité de ses dénonciateurs, voit ses capacités de défense bien compromises. Et même dans l'hypothèse où elle parviendrait cependant a percer le secret, il ne lui suffirait plus d'établir que ce dont elle est accusée est faux, il faudrait encore qu 'elle prouve que ses dénonciateurs étaient certains de la fausseté de leurs allégation !"

C'est en application de la jurisprudence du Conseil d'Etat et, désormais, de la loi du 12 avril 2000, que l’enseignant victime de dénonciations ne peut en prendre connaissance que si l'identité de leur auteur est occultée et la signature effacée. Si toutefois il y a un risque de reconnaître l'écriture, la lettre n'est pas communiquée du tout !

On peut prendre la chose de toutes les façons, objecter ce que l'on voudra, mais si la victime d'une dénonciation ne peut savoir qu'il existe une dénonciation et/ou ne peut savoir qui la dénonce, on ne voit pas comment elle peut se défendre ni comment elle peut à son tour porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Oserons-nous rappeler ici que le capitaine Dreyfus fut condamné sur la foi d'un document dont il ne connaissait pas l'existence et qu’il fut condamné sur la foi d'un document qui était un faux ? Il est difficile de croire qu'en France, aujourd'hui, le capitaine Dreyfus pourrait être à nouveau condamné sous prétexte qu'il ne devrait pas connaître l'identité de son accusateur…

Jean-François BOUSQUET

note 1 : http://www.cada.fr/fr/fiches/fiche34.htm

http://www.legifrance.gouv.fr/

Argument 6 : origine :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/allez-vous-faire-enc-ont-ecrit-des-65722


« Allez vous faire enc… » ont écrit des lycéens à leur professeur. Comment est-ce possible ?
On n’est pas au bout de ses peines. Il faut s’y résigner et s’attendre à l’avenir dans l’Éducation nationale à des perles encore plus savoureuses que celle de cette pétition d’élèves signée, selon Le Monde.fr du 21 novembre, à la quasi unanimité d’une classe de Terminale en science et technologie de gestion, pour demander à changer de professeur d’anglais.

L’arrogance de voyous au langage ordurier

Motif ? Celle-ci « n’a plus envie que les lycéens téléphonent ou envoient des SMS pendant ses cours d’anglais » et ne souhaite plus voir « des filles s’y maquiller, miroir en main, ou s’épiler le sourcil ». Ces élèves ont même le front de conseiller à ce professeur « de procéder à un changement d’attitude, et de cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains, car cela est une perte de temps. » « Si ce n’est pas le cas, concluent ces voyous dont l’arrogance s’épanouit dans l’injure ordurière, et qu’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc... »
Quand le monde est à ce point à l’envers, on a envie d’éclater de rire pour le remettre à l’endroit. Mais ici la magie n’opère pas. Alors, on cherche à comprendre : comment peut-on en venir à ces extrémités dans un établissement scolaire ? Ne devraient en être étonnés que ceux qui ont fait retraite au désert depuis 20 ans ou se sont bouché les yeux et les oreilles, ce qui revient au même. Cette agression réfléchie, au lycée Jean-Lurçat dans le 13ème arrondissement de Paris apparaît, au contraire, comme la conséquence attendue d’une politique conduite dans l’Éducation nationale depuis 20 ans.


Le professeur indocile, cet ennemi principal pour l’administration

On ne comprend pas qu’on puisse connaître tragédie aussi burlesque si on ignore qu’à l’origine, l’ennemi principal pour l’administration de l’Éducation nationale, c’est le professeur indocile. Toute sa politique tourne au tour de cette obsession. Un professeur par son savoir - quand il en a un qui ne se limite pas au seul catéchisme appris au sortir de l’adolescence - peut être tenté à tout moment de s’affranchir du Pouvoir qui l’oblige à enseigner des erreurs et/ou à subir la violation des droits de la Personne dans son métier. Aussi faut-il le soumettre à tout prix. L’administration a développé un arsenal de moyens variés pour parvenir à ses fins.

1- La manière douce : le clientélisme

Il y a d’abord la manière douce. Une première gamme d’outils vise à la constitution d’une clientèle par la distribution de faveurs : une attribution de classes privilégiées, un emploi du temps sur mesure, des heures supplémentaires pour améliorer l’ordinaire d’un salaire trop juste, le poste de professeur principal avec prime afférente, les promotions au grand choix et non à l’ancienneté pour gagner plus plus vite, l’accès à "la Hors-classe" et le sur-salaire qu’elle implique, pour une minorité à la discrétion du recteur, (une invention du ministre Jospin !), une mutation conforme aux vœux de l’intéressé.
S’adjoint, en général, à cette clientèle choyée la clientèle syndicale (toute couleur confondue), depuis que les syndicats ont été domestiqués par la présidence mitterrandienne dans les années 80 grâce à l’octroi aux permanents syndicaux de postes de ministre, de conseiller ministériel, de diplomate et de décorations. Dans leur tête-à-tête permanent avec l’administration, les permanents syndicaux troquent leurs compromissions contre de menus avantages pour eux et leurs obligés.

2- La manière sournoise : l’intimidation par les partenaires scolaires

Une seconde gamme d’outils vise à l’intimidation des réfractaires à la corruption, s’il en reste. Alors, là, tous les moyens sont bons ! Elèves, parents, membres du personnel et syndicats sont recherchés comme alliés contre eux et mis à contribution.

1- L’intimidation par les voyous et les « chers collègues »
Les élèves voyous jouissent dans leurs exactions face au professeur indocile de la plus grande complaisance : on compte sur eux pour lui empoisonner la vie, on les y encourage même par la bienveillance due à ces « pauvres élèves en difficulté ». Dans un contexte de projet de privatisation, ces voyous permettent en plus de faire d’une pierre deux coups : ils contribuent aussi à rendre répulsif le service public.

Si un professeur a le culot de combattre cette délinquance et cette déliquescence et d’exclure par exemple, un voyou de sa classe, en respectant les dispositions réglementaires, comme l’exclusion ponctuelle de la classe selon la circulaire du 11 juillet 2000, ce sont les professeurs courtisans qui montent au créneau et se répandent en récriminations envers leur collègue coupable de rejeter sur le Bureau de la vie scolaire « les problèmes » posés par l’élève qu’il ne sait pas résoudre lui-même dans sa classe : c’est facile, entend-on, de rejeter ses insuffisances sur les autres !

2- L’intimidation par les parents

Si cela ne suffit pas, alors on « fait donner les parents ». C’est la formule clandestine consacrée. Le chef d’établissement, s’il est imbécile – ce qui arrive, car le recrutement dans ce poste tend de plus en plus à retenir les plus frustes - peut prendre le risque de laisser des traces en adressant une lettre secrète au président d’une fédération de parents d’élève pour dire tout le mal qu’il pense du professeur. On imagine l’effet sur les parents qui peuvent très bien se sentir autorisés à monter une cabale, puisque le chef d’établissement lui-même vilipende le professeur.
On voit soudain fleurir des pétitions de professeurs ou de parents stigmatisant le prétendu coupable. Les courtisans se pressent pour y apposer leur signature puis, le regard noir quand ils le croisent, mettent en quarantaine le malotru. On a même vu une principale voyou oser adresser au recteur une « pétition blanche » contre un professeur, c’est-à-dire prétendument signée à l’unanimité, mais sans la moindre signature. Elle avait anticipé un peu trop vite, expliquera-t-elle au juge d’instruction, l’élan de ses collègues qui ont été tout de même 12 sur 47 à signer son torchon ! (1)

3- La manière forte : l’intimidation par la violation cynique des règles et de la loi

Une troisième gamme d’outils est le mépris cynique de la loi et le détournement des procédures disciplinaires.

1- L’intimidation par le mépris affiché de la loi

À Marseillan (Hérault), une principal est allée jusqu’à afficher en salle des professeurs la lettre confidentielle écrite par voie hiérarchique au recteur par deux professeurs pour demander la protection statutaire contre les attaques de cette principale elle-même à l’occasion de leurs fonctions (2). Cette administratrice exemplaire ne pouvait donner meilleure preuve de son animosité envers ces deux professeurs ! On l’a dit plus haut : ce ne sont pas les plus intelligents qui accèdent à ces fonctions de direction mais les plus frustes et dociles. Le seul ennui avec ces incultes, c’est qu’ on n’est pas, comme ici, à l’abri du pavé de l’ours (3). Certains de leur impunité, il leur arrive d’en faire un peu trop !
Le 1er décembre prochain, le tribunal administratif de Montpellier va examiner les recours de ces deux professeurs. Il sera intéressant de voir ce que pense le juge administratif de cette violation délibérée du secret de la correspondance administrative par un chef d’établissement perdant le nord sans pour autant perdre sa place ! Vu l’air du temps, il n’est pas impossible que le juge trouve ça normal ou dégote des excuses à l’admirable principal. Les juges aujourd’hui sont pleins d’imagination.

2- L’intimidation par sanction pour fautes imaginaires

Enfin, si tout cet arsenal échoue, il reste encore à mettre sur le dos des professeurs indociles des fautes de services imaginaires pour leur infliger un blâme ou un déplacement d’office (4). Sous la botte du recteur William Marois, aujourd’hui à Bordeaux, on a vu ainsi dans l’académie de Montpellier des sanctions tomber. Cette administration voyou, du ministre jusqu’au chef d’établissement en passant par le recteur et l’inspecteur d ’académie, a belle mine quand le tribunal administratif, deux ans et demi plus tard, annule un blâme pour inexistence matérielle de motif et violation de procédure (5) !

Rien de tel qu’une bonne injustice pour terrifier

On se souvient peut-être de ce que dit Machiavel, dans « Le Prince », à propos de Cesare Borgia qui fit couper un ministre en deux et exposa son cadavre sur la place publique : « La férocité de ce spectacle, écrit-il, fit tout le peuple demeurer en même temps satisfait et stupide ». Rien de tel, en effet, qu’ une bonne injustice assénée avec brutalité pour frapper le populo de terreur et d’admiration !
On exagère, diront en chœur les courtisans de l’administration. Certes, on n’en est pas encore là, Dieu merci ! Mais faut-il désespérer ? Que les lecteurs qui doutent encore, se souviennent seulement de récentes affaires, toutes aussi effarantes les unes que les autres : cette professeur poignardée par un élève en pleine classe, le 16 décembre 2005, dans un lycée d’Étampes, après avoir été abandonnée à elle-même par son administration qu’elle n’avait pas cessé d’alerter !(6), ce professeur du collège de Berlaimont traîné en justice et condamné pour avoir giflé un élève de 5ème qui l’avait traité de « connard », le 28 janvier 2008 (7), cet insti
Frisouille
Frisouille
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Attention message dangereux ! Empty Re: Attention message dangereux !

par Frisouille Lun 17 Jan 2011 - 18:11
Ce n'est pas un peu long ?
Qui crois-tu qui va lire ton message ?

En tout cas, pas moi... Rolling Eyes
Amaliah
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Attention message dangereux ! Empty Re: Attention message dangereux !

par Amaliah Lun 17 Jan 2011 - 18:14
Ah moi aussi, je me demande qui lira ce message, je n'ai pas dépassé deux lignes! Smile
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René
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Attention message dangereux ! Empty Re: Attention message dangereux !

par René Lun 17 Jan 2011 - 18:20
Ca me rappelle nos élèves, qui protestent quand "c'est trop long". Ce que je comprends parfaietement, compte tenu des capacités intellectuelles des protestataires.
Il ya beaucoup de fils passionnants, sur le shopping, ou plein d'autres thèmes stimulants, c'est vrai.
J'ai recommandé pourtant, à certains de passer leur chemin, et aux autres d'utiliser l'imprimante.
Frisouille
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Enchanteur

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par Frisouille Lun 17 Jan 2011 - 18:32
René a écrit:Ca me rappelle nos élèves, qui protestent quand "c'est trop long". Ce que je comprends parfaietement, compte tenu des capacités intellectuelles des protestataires.
Il ya beaucoup de fils passionnants, sur le shopping, ou plein d'autres thèmes stimulants, c'est vrai.
J'ai recommandé pourtant, à certains de passer leur chemin, et aux autres d'utiliser l'imprimante.

Mes capacités intellectuelles se portent très bien, merci.

Quelle amabilité !
Ça donne envie de te connaître mieux et de se pencher plus avant sur le passionnant message que tu as mis.
Audrey
Audrey
Oracle

Attention message dangereux ! Empty Re: Attention message dangereux !

par Audrey Lun 17 Jan 2011 - 18:41
René, tu sais quoi? Tu pourras servir le meilleur des foies gras, si c'est dans une auge putride et répugnante de crasse, personne n'osera même imaginer que cela peut être du foie gras.

A méditer.
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thrasybule
Devin

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par thrasybule Lun 17 Jan 2011 - 18:44
Levez-vous vite, orages désirés, qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vied'un autre forum!
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René
Niveau 6

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par René Lun 17 Jan 2011 - 18:49
Tes capacités intellectuelles ou autres ne sont pas en cause, Frisouille. Sont évoquées ici celles des élèves braillards.
J'aurais néanmoins pris la peine de lire le message en italique qui conseille l'impression avant de sombrer dans le renoncement, mais je sais bien, pour ne pas être un néotitulaire, qu'il existe un manque de curiosité gravissime dans la profession. et une formidable lâcheté face aux problèmes de diffamation, de harcèlement, de cabale, dans l'EN. (Je réitère ce que je disais, tu n'es pas concerné par ce que je viens de dire : je ne te connais pas). encore une fois : que les fatigués ne lisent pas ce qui est publié, mais il seraient siouhaitable qu'ils aient au moins l'amabilité de ne pas critiquer le texte...
Je note toutefois ta volonté de me connaître davantage, certes flatteuse, mais que j'aurais préférée concentrée sur le texte publié, dont je ne suis d'ailleurs pas l'auteur.

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Kroko
Esprit éclairé

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par Kroko Lun 17 Jan 2011 - 18:53
euh c'est pas une question de manque de curiosité, mais là, c'est objectivement trop long.
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René
Niveau 6

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par René Lun 17 Jan 2011 - 18:55
Les attaques ad hominem en disent en général long sur leurs auteurs, qui n'ont manifestement rien à dire sur le fond. (Et pour cause ?) N'appréciant pas particulièrement le foie gras, je souhaite bon appétit à ceux qui se vautrent dedans.
Bonne soirée à tous.
Chocolat
Chocolat
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par Chocolat Lun 17 Jan 2011 - 18:56
René a écrit:Tes capacités intellectuelles ou autres ne sont pas en cause, Frisouille. Sont évoquées ici celles des élèves braillards.
J'aurais néanmoins pris la peine de lire le message en italique qui conseille l'impression avant de sombrer dans le renoncement, mais je sais bien, pour ne pas être un néotitulaire, qu'il existe un manque de curiosité gravissime dans la profession. et une formidable lâcheté face aux problèmes de diffamation, de harcèlement, de cabale, dans l'EN. (Je réitère ce que je disais, tu n'es pas concerné par ce que je viens de dire : je ne te connais pas). encore une fois : que les fatigués ne lisent pas ce qui est publié, mais il seraient siouhaitable qu'ils aient au moins l'amabilité de ne pas critiquer le texte...
Je note toutefois ta volonté de me connaître davantage, certes flatteuse, mais que j'aurais préférée concentrée sur le texte publié, dont je ne suis d'ailleurs pas l'auteur.


Si je résume vos propos, les optimistes ne doivent pas lire le texte en question, et les fatigués non plus.
Il reste les... aigris, blasés, désenchantés?!
Cela tombe mal - il n'y en a pas, sur neo!


_________________
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Audrey
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par Audrey Lun 17 Jan 2011 - 18:56
Mais c'est la mise en page qui est cause! et la plateforme même du forum! Le lien et les outils ne se prêtent pas à la publication ni à la lecture d'un tel pavé indigeste...
Nos yeux implorent pitié.

Il aurait été plus simple de simplement donner un lien à consulter...
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thrasybule
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par thrasybule Lun 17 Jan 2011 - 18:56
J'ai comme le pressentiment qu'Audrey va vivement répliquer, une intuition, comme ça...
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par Violet Lun 17 Jan 2011 - 18:57
:lol!:
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thrasybule
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par thrasybule Lun 17 Jan 2011 - 18:58
le compte à rebours a commencé!
Provence
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par Provence Lun 17 Jan 2011 - 19:04
René a écrit:Les attaques ad hominem en disent en général long sur leurs auteurs, qui n'ont manifestement rien à dire sur le fond. (Et pour cause ?) N'appréciant pas particulièrement le foie gras, je souhaite bon appétit à ceux qui se vautrent dedans.
Bonne soirée à tous.

Merci René. Ton amabilité guillerette illumine ma soirée!
Audrey
Audrey
Oracle

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par Audrey Lun 17 Jan 2011 - 19:06
trop tard, j'ai répondu avant le déclenchement du compte à rebours, et tu remarqueras que j'ai été soft... mais bravo pour l'intuition!

Dis donc, t'aurais pas d'autres intuitions, comme ça, en privé? tu tirerais pas les cartes par hasard? j'aurais bien deux-trois questions à poser...lol

ouais!!!!! je pourris le topic, parfaitement!
Audrey
Audrey
Oracle

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par Audrey Lun 17 Jan 2011 - 19:07
Où y avait-il une attaque ad hominem? ne me dites pas que René a cru que je le traitais d'auge !
Frisouille
Frisouille
Enchanteur

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par Frisouille Lun 17 Jan 2011 - 19:08
Audrey a écrit:trop tard, j'ai répondu avant le déclenchement du compte à rebours, et tu remarqueras que j'ai été soft... mais bravo pour l'intuition!

Dis donc, t'aurais pas d'autres intuitions, comme ça, en privé? tu tirerais pas les cartes par hasard? j'aurais bien deux-trois questions à poser...lol

ouais!!!!! je pourris le topic, parfaitement!

Sur les sujets de l'agrèg, comme ça, au hasard... Wink trefle
Mélu
Mélu
Empereur

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par Mélu Lun 17 Jan 2011 - 19:08
Normal, c'est un message dangereux ! Il s'autodétruira dans 30 secondes...

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"Pourquoi sommes-nous au monde, sinon pour amuser nos voisins et rire d'eux à notre tour ?"
[ Jane Austen ] - Extrait de Orgueil et préjugés
Audrey
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par Audrey Lun 17 Jan 2011 - 19:09
Pas uniquement, Frisouille, et même pas d'ailleurs... seule ma soeur peut voir ce genre de truc sans se planter, je ne le demanderais à personne d'autre... mais comme elle ne fait plus rien dans ce domaine, je ne le demanderai donc à personne. lol
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thrasybule
Devin

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par thrasybule Lun 17 Jan 2011 - 19:11
Audrey a écrit:trop tard, j'ai répondu avant le déclenchement du compte à rebours, et tu remarqueras que j'ai été soft... mais bravo pour l'intuition!

Dis donc, t'aurais pas d'autres intuitions, comme ça, en privé? tu tirerais pas les cartes par hasard? j'aurais bien deux-trois questions à poser...lol

ouais!!!!! je pourris le topic, parfaitement!
yesyes Je vois Thucydide devant moi, il me parle et me dit " Pense à Jacqueline!" idee
Audrey
Audrey
Oracle

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par Audrey Lun 17 Jan 2011 - 19:13
Ce qui veut dire? que je dois m'apprêter à rejoindre notre Muse au regard d'azur dans les limbes infernaux?

Moritura te salutat?
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thrasybule
Devin

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par thrasybule Lun 17 Jan 2011 - 19:16
Audrey a écrit:Ce qui veut dire? que je dois m'apprêter à rejoindre notre Muse au regard d'azur dans les limbes infernaux?

Moritura te salutat?
Que nenni, seulement pour dire qu'avec le décès de Jacquotte, je voyais bien notre historien en version...
Aredius
Aredius
Niveau 9

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par Aredius Lun 17 Jan 2011 - 19:16
C'est curieux, chaque fois que quelqu'un poste un message long argumenté, structuré, etc. il se fait jeter.

René si j'ai bien compris n'est pas l'auteur du texte. Qui est l'auteur ?

Ce texte est accablant car il est en effet long, trop long. Il faut le raccourcir ! comme les volumes horaires imposés aux élèves.

Ou alors le "commercialiser" , le couper en morceaux. Larousse sait faire. Vous en avez moins mais pour plus cher et avec plus de volumes.

On encore l'accompagner de consignes. Il faut mettre le prof au centre du système, penser à sa fatigue visuelle, lui dire quand il doit lever la tête, prendre des notes. Quoi de la bonne pédagogie.

Ah que la vie serait bien s'il n'y avait que les journaux gratos qu'on peut lire rapidos. Madame, ça va pas, nous demander de lire tout ça. On a autre chose à faire.

Vive Power Point !


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Aredius, Nantes,http://lefenetrou.blogspot.com
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