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John
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Compte rendu : Europe 1 - Faut-il noter les enseignants sur le modèle du privé ?  Empty Compte rendu : Europe 1 - Faut-il noter les enseignants sur le modèle du privé ?

par John Sam 11 Juin 2011 - 10:12
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Daniel Robin - Evaluer un enseignant est nécessaire. Le débat porte sur les modalités de cette évaluation. Elle doit porter sur ce qui se passe en classe. Le système actuel fonctionne mal car les liens entre IA-IPR et enseignants sont trop peu fréquents (parfois six à neuf ans entre deux inspections). Il faut pus d'aide et de conseil de la part de l'inspection envers les enseignants, et des contacts plus fréquents.

Jean-Paul Brighelli - Il y a une seule performance qui devrait être prise en compte : c'est notre capacité à transmettre des savoirs. On ne peut donc évaluer que la maîtrise de sa discipline, et la capacité à transmettre les savoirs liés à cette discipline. On ne peut pas apprécier des projets au lieu d'évaluer la capacité à enseigner la littérature, les maths, les sciences, etc. Le snalc et M. Robin disent la même chose : l'évaluation par inspection est trop rare. Quand j'étais en ZEP, je n'ai pas été inspecté durant 14 ans "Croyez-vous que je vienne vraiment là ?" m'a dit un IG à l'époque. D'ailleurs, il faudrait évaluer aussi la compétence des inspecteurs : ils doivent être très forts dans leur discipline et dans la transmission de leur discipline. Les IG sont très peu, les IA-IPR sont idéologues : il faudrait mieux former les inspecteurs ! J'ai de la méfiance envers certains inspecteurs actuels ; j'en ai donc encore plus vis-à-vis de gens qui ne seraient pas formés dans la même discipline que l'enseignant qu'ils évaluent.

Corinne Tapiero - Toute annonce ministérielle est toujours sujette à controverse, et ça 20 ans que je suis dans les coulisses de l'E.N.. J'ai écrit un livre à ce sujet, et je n'ai jamais vu, depuis 20 ans, de réforme qui aurait recueilli l'assentiment de tous. Il faut évaluer le système éducatif, même si c'est normal que les syndicats d'enseignants défendent des intérêts catégoriels. Du point de vue des parents, la première capacité des enseignants c'est de faire réussir sa classe, même s'il y a des aléas qui ne dépendent pas des aléas. Il y a une crainte des enseignants vis-à-vis de l'évaluation

Daniel Robin - C'est faux ! Il n'y a pas de réticence en soi envers l'évaluation. Mais le projet actuel veut faire évaluer les enseignants par les chefs d'établissement. Ceux-ci n'ont pas l'expérience disciplinaire qui leur permettraient de faire cette évaluation. Le métier d'enseignant ne permet pas de transposer des méthodes du privé ou des méthodes d'autres secteurs de la fonction publique.

Corinne Tapiero - On pourrait évaluer l'enseignant par rapport aux progrès de la classe. A l'E.N., la seule évaluation qu'on connaît est discriminante et par classement : André Antibi ("Oh putain !" de JPB) dénonce bien ce problème.

Jean-Paul Brighelli - - Je m'étonne d'entendre de la part de la PEEP une référence à la "constante macabre" selon laquelle les notes seraient traumatisantes. Il faudrait être un peu sérieux. Soyons clairs : des profs ne peuvent être évalués par des gens qui ne sont ni leurs pairs ni compétents dans la même discipline. Ou alors, les missions des enseignants vont être redéfinies pour transmettre des balivernes comme les savoirs êtres et les savoirs devenirs. On peut nous évaluer : j'ai été inspecté plusieurs fois, mais on attend des inspecteurs qu'ils nous informent et nous renseignent, mais un cde est un administratif : il n'a rien à dire pour m'aider à gérer ma classe.

Sylvie, maman au foyer de quatre enfants - Il faut que les chefs d'établissement aient plus de pouvoir. Des professeurs de collège ne finissent pas le programme, et le cde dit qu'il n'y peut rien.

Daniel Robin - Ce serait une logique dévastatrice. Il faut regarder la qualité d'un enseignement : le chef d'établissement n'a pas la formation pour ça.

Sylvie - Oui mais il y a des enseignants qui ne font pas le programme, en français, en latin, en anglais... La prof d'anglais de ma fille est gentille, elle est bonne en anglais, mais elle n'est pas compétente face à une classe d'élèves. Ma fille de 5eme a dû donner à ma fille de 3e ses cours de français avec ses synthèses.

Daniel Robin - Il y a des inspecteurs pour cela. Mais c'est vrai qu'ils ne viennent pas assez souvent dans les classes. Il faut que les enseignants puissent progresser, connaître leurs erreurs, grâce à des contacts plus fréquents. Mais il n'y a pas assez d'inspecteurs, et on les submerge de tâches supplémentaires.

Emilie, enseignante (PLC) - Moi je serais enchantée d'être notée plus fréquemment. C'est important, je serais ravie d'ouvrir la porte de ma classe pour échanger sur mes pratiques. Mais il faudrait qu'on soit inspectée plus souvent. On attend longtemps, même quand on le demande. J'enseigne depuis 5 ans, j'ai été inspectée une fois. En plus, les critères d'inspection sont bizarres : on est inspecté sur une heure de cours lambda, et ça ne rend pas compte du quotidien

Gwenael, enseignant EPS - Je suis d'accord avec Emilie. L'inspection actuelle est inadaptée, trop peu fréquente. Les inspecteurs d'EPS sont liées à la recherche universitaire : ils ont donc des exigences très fortes, mais ça ne cadre pas du tout avec le terrain. L'enseignement s'est démocratisé, et il faut changer les pratiques, mais on sait depuis 1998 qu'il faut enseigner, éduquer et former. Nos pairs doivent nous inspecter : eux ils voient comment ça se passe sur le terrain, et ils ont les mêmes problèmes que nous. On pourrait faire une commission d'établissement avec des enseignants et le chef d'établissement.

Emilie, PLC - Dans le même établissement, ça créerait des tensions. Et le cde n'est pas dans nos classes : il n'a pas les capacités pédagogiques pour nous juger. Le problème aussi, c'est que nos inspecteurs sont détachés des réalités du terrain. Moi je suis TZR, je suis remplaçante, et donc j'ai des situations difficiles : je remplace des gens qui ont craqué...

Corinne Tapiero - Ils ont raison : c'est dur d'évaluer les enseignants. [Je n'ai pas compris le reste de son discours entre 62'00'' et 62'35'' sur les EPLE, la concertation, le secondaire et le primaire, c'est incompréhensible]

Anne, maman et médecin - En tant que médecin, nos pairs nous évaluent et ça se passe bien. Sinon, ma fille en terminale n'a pas eu de prof d'HG durant deux mois car elle tombait malade. Elle se débrouillait pour être absente durant deux semaines et demi, exprès pour ne pas être remplacée ! Il y a eu un mois, les adolescents ont envoyé un mail au professeur malade en demandant les cours. Elle leur a répondu que c'est pas pédagogique. J'aimerais bien qu'elle soit évaluée. On devrait évaluer son assiduité : on peut être malade, mais alors qu'elle donne des moyens aux élèves pour uq'ils soient à l'heure.

Marie-Laure, ex-cde de collège - Emilie et Gwenael ont bien parlé. Il y a deux notations : celle des inspecteurs (pédagogique) et celle des cde (administrative). J'ajoute que le cde est responsable pédagogique de l'établissement : beaucoup d'inspecteurs me demandaient mon avis sur l'enseignant, et nous aussi nous avons été enseignants. moi je faisais une évaluation : je demandais aux enseignants qui ont des problèmes comment ils pouvaient s'améliorer, et j'échangeais avec eux. Quand on a des enseignants avec des problèmes, c'est difficile de faire qqch car ils sont fonctionnaires titulaires.

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Compte rendu : Europe 1 - Faut-il noter les enseignants sur le modèle du privé ?  Empty Re: Compte rendu : Europe 1 - Faut-il noter les enseignants sur le modèle du privé ?

par ysabel Sam 11 Juin 2011 - 12:33
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Daniel Robin - Evaluer un enseignant est nécessaire. Le débat porte sur les modalités de cette évaluation. Elle doit porter sur ce qui se passe en classe. Le système actuel fonctionne mal car les liens entre IA-IPR et enseignants sont trop peu fréquents (parfois six à neuf ans entre deux inspections). Il faut pus d'aide et de conseil de la part de l'inspection envers les enseignants, et des contacts plus fréquents.

Jean-Paul Brighelli - Il y a une seule performance qui devrait être prise en compte : c'est notre capacité à transmettre des savoirs. On ne peut donc évaluer que la maîtrise de sa discipline, et la capacité à transmettre les savoirs liés à cette discipline. On ne peut pas apprécier des projets au lieu d'évaluer la capacité à enseigner la littérature, les maths, les sciences, etc. Le snalc et M. Robin disent la même chose : l'évaluation par inspection est trop rare. Quand j'étais en ZEP, je n'ai pas été inspecté durant 14 ans "Croyez-vous que je vienne vraiment là ?" m'a dit un IG à l'époque. D'ailleurs, il faudrait évaluer aussi la compétence des inspecteurs : ils doivent être très forts dans leur discipline et dans la transmission de leur discipline. Les IG sont très peu, les IA-IPR sont idéologues : il faudrait mieux former les inspecteurs ! J'ai de la méfiance envers certains inspecteurs actuels ; j'en ai donc encore plus vis-à-vis de gens qui ne seraient pas formés dans la même discipline que l'enseignant qu'ils évaluent.

Corinne Tapiero - Toute annonce ministérielle est toujours sujette à controverse, et ça 20 ans que je suis dans les coulisses de l'E.N.. J'ai écrit un livre à ce sujet, et je n'ai jamais vu, depuis 20 ans, de réforme qui aurait recueilli l'assentiment de tous. Il faut évaluer le système éducatif, même si c'est normal que les syndicats d'enseignants défendent des intérêts catégoriels. Du point de vue des parents, la première capacité des enseignants c'est de faire réussir sa classe, même s'il y a des aléas qui ne dépendent pas des aléas. Il y a une crainte des enseignants vis-à-vis de l'évaluation

Daniel Robin - C'est faux ! Il n'y a pas de réticence en soi envers l'évaluation. Mais le projet actuel veut faire évaluer les enseignants par les chefs d'établissement. Ceux-ci n'ont pas l'expérience disciplinaire qui leur permettraient de faire cette évaluation. Le métier d'enseignant ne permet pas de transposer des méthodes du privé ou des méthodes d'autres secteurs de la fonction publique.

Corinne Tapiero - On pourrait évaluer l'enseignant par rapport aux progrès de la classe. A l'E.N., la seule évaluation qu'on connaît est discriminante et par classement : André Antibi ("Oh putain !" de JPB) dénonce bien ce problème.

Jean-Paul Brighelli - - Je m'étonne d'entendre de la part de la PEEP une référence à la "constante macabre" selon laquelle les notes seraient traumatisantes. Il faudrait être un peu sérieux. Soyons clairs : des profs ne peuvent être évalués par des gens qui ne sont ni leurs pairs ni compétents dans la même discipline. Ou alors, les missions des enseignants vont être redéfinies pour transmettre des balivernes comme les savoirs êtres et les savoirs devenirs. On peut nous évaluer : j'ai été inspecté plusieurs fois, mais on attend des inspecteurs qu'ils nous informent et nous renseignent, mais un cde est un administratif : il n'a rien à dire pour m'aider à gérer ma classe.

Sylvie, maman au foyer de quatre enfants - Il faut que les chefs d'établissement aient plus de pouvoir. Des professeurs de collège ne finissent pas le programme, et le cde dit qu'il n'y peut rien.

Daniel Robin - Ce serait une logique dévastatrice. Il faut regarder la qualité d'un enseignement : le chef d'établissement n'a pas la formation pour ça.

Sylvie - Oui mais il y a des enseignants qui ne font pas le programme, en français, en latin, en anglais... La prof d'anglais de ma fille est gentille, elle est bonne en anglais, mais elle n'est pas compétente face à une classe d'élèves. Ma fille de 5eme a dû donner à ma fille de 3e ses cours de français avec ses synthèses.

Daniel Robin - Il y a des inspecteurs pour cela. Mais c'est vrai qu'ils ne viennent pas assez souvent dans les classes. Il faut que les enseignants puissent progresser, connaître leurs erreurs, grâce à des contacts plus fréquents. Mais il n'y a pas assez d'inspecteurs, et on les submerge de tâches supplémentaires.

Emilie, enseignante (PLC) - Moi je serais enchantée d'être notée plus fréquemment. C'est important, je serais ravie d'ouvrir la porte de ma classe pour échanger sur mes pratiques. Mais il faudrait qu'on soit inspectée plus souvent. On attend longtemps, même quand on le demande. J'enseigne depuis 5 ans, j'ai été inspectée une fois. En plus, les critères d'inspection sont bizarres : on est inspecté sur une heure de cours lambda, et ça ne rend pas compte du quotidien

Gwenael, enseignant EPS - Je suis d'accord avec Emilie. L'inspection actuelle est inadaptée, trop peu fréquente. Les inspecteurs d'EPS sont liées à la recherche universitaire : ils ont donc des exigences très fortes, mais ça ne cadre pas du tout avec le terrain. L'enseignement s'est démocratisé, et il faut changer les pratiques, mais on sait depuis 1998 qu'il faut enseigner, éduquer et former. Nos pairs doivent nous inspecter : eux ils voient comment ça se passe sur le terrain, et ils ont les mêmes problèmes que nous. On pourrait faire une commission d'établissement avec des enseignants et le chef d'établissement.

Emilie, PLC - Dans le même établissement, ça créerait des tensions. Et le cde n'est pas dans nos classes : il n'a pas les capacités pédagogiques pour nous juger. Le problème aussi, c'est que nos inspecteurs sont détachés des réalités du terrain. Moi je suis TZR, je suis remplaçante, et donc j'ai des situations difficiles : je remplace des gens qui ont craqué...

Corinne Tapiero - Ils ont raison : c'est dur d'évaluer les enseignants. [Je n'ai pas compris le reste de son discours entre 62'00'' et 62'35'' sur les EPLE, la concertation, le secondaire et le primaire, c'est incompréhensible]

Anne, maman et médecin - En tant que médecin, nos pairs nous évaluent et ça se passe bien. Sinon, ma fille en terminale n'a pas eu de prof d'HG durant deux mois car elle tombait malade. Elle se débrouillait pour être absente durant deux semaines et demi, exprès pour ne pas être remplacée ! Il y a eu un mois, les adolescents ont envoyé un mail au professeur malade en demandant les cours. Elle leur a répondu que c'est pas pédagogique. J'aimerais bien qu'elle soit évaluée. On devrait évaluer son assiduité : on peut être malade, mais alors qu'elle donne des moyens aux élèves pour qu'ils soient à l'heure. Non mais quelle nulle !

Marie-Laure, ex-cde de collège - Emilie et Gwenael ont bien parlé. Il y a deux notations : celle des inspecteurs (pédagogique) et celle des cde (administrative). J'ajoute que le cde est responsable pédagogique de l'établissement : beaucoup d'inspecteurs me demandaient mon avis sur l'enseignant, et nous aussi nous avons été enseignants. moi je faisais une évaluation : je demandais aux enseignants qui ont des problèmes comment ils pouvaient s'améliorer, et j'échangeais avec eux. Quand on a des enseignants avec des problèmes, c'est difficile de faire qqch car ils sont fonctionnaires titulaires.
Le gros pb c'est aussi qu'on recrute de plus en plus de CdE hors EN...

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par Iphigénie Sam 11 Juin 2011 - 12:54
Quand on a des enseignants avec des problèmes, c'est difficile de faire qqch car ils sont fonctionnaires titulaires.
on voit bien où on veut en venir !
Ah la elle époque où l'on pourra virer les fonctionnaires qui ont des difficultés ! Ça ça sera un vrai progrès.
Et on gardera tous les enseignants dynamiques qui font des "projets": l'avenir radieux.
Daphné
Daphné
Demi-dieu

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par Daphné Sam 11 Juin 2011 - 13:11
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] a écrit:
Quand on a des enseignants avec des problèmes, c'est difficile de faire qqch car ils sont fonctionnaires titulaires.
on voit bien où on veut en venir !
Ah la elle époque où l'on pourra virer les fonctionnaires qui ont des difficultés ! Ça ça sera un vrai progrès.
Et on gardera tous les enseignants dynamiques qui font des "projets": l'avenir radieux.

Et ces fonctionnaires titulaires, qui les a recrutés, validés.................
C'est facile de gueuler après coup mais il faudrait prendre le problème à l'envers et à la base.
Il y a de nombreuses questions à se poser diable
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