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Mr_Z
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par Mr_Z le Jeu 25 Sep 2014 - 13:55

http://www.change.org/p/minist%C3%A8re-de-l-%C3%A9ducation-nationale-de-l-enseignement-sup%C3%A9rieur-et-de-la-recherche-pour-une-reconnaissance-des-chercheurs-dans-l-enseignement-secondaire?recruiter=157001230&utm_campaign=signature_receipt&utm_medium=email&utm_source=share_petition

Pétition :

Quand l’Éducation Nationale méprise ses docteurs

Pour une reconnaissance des chercheurs dans l’enseignement secondaire

Nous, agrégés ou certifiés de l’enseignement secondaire, encore doctorants ou déjà titulaires d’un doctorat, entendons aujourd’hui faire connaître le sort déplorable que l’Éducation Nationale nous réserve à toutes les étapes de notre parcours d’enseignants et de chercheurs.

Tout au long des années consacrées au travail de notre thèse, notre activité dans le Secondaire est soumise au bon vouloir de l’administration de nos établissements et de nos rectorats, tant pour l’obtention d’un temps partiel que pour l’octroi d’une disponibilité ou d’un détachement, une fois obtenu (le plus souvent au prix de grands efforts) un Contrat Doctoral ou un emploi d’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche. Les titulaires remplaçants, qui le plus souvent n’ont pas choisi ce statut, peuvent se voir imposer 4, 5, 6 heures supplémentaires et davantage dans certains cas, sans moyens légaux de les refuser. Les congés formation restent encore inaccessibles au bout de sept à huit années de demandes consécutives. Enfin, une fois le diplôme de Docteur obtenu, nulle reconnaissance n’en est faite en termes de statut ou de points de barème – alors que, pour l’accès au grade de professeur agrégé hors-classe, peuvent être pris en compte l’ « enseignement dans les établissements d’enseignement supérieur » et « les titres ou les diplômes détenus par l’enseignant, dès lors (…) qu’ils renforcent son niveau de qualification » (note de service n° 2013-207 du 20-12-2013).

Le départ dans l’Enseignement Supérieur pour une ou quelques années, souvent indispensable pour dégager du temps de recherche, d’élaboration et de rédaction de la thèse, se paie très cher : les points d’ancienneté acquis dans le Secondaire sont systématiquement supprimés, et les années d’enseignement à l’université ne sont quasiment pas prises en compte, comme si nous avions quitté nos postes pour un congé sabbatique ! Quant aux jeunes chercheurs qui décrochent un Contrat Doctoral après le concours et qui font « leurs armes » devant leurs étudiants, ils ne se voient pas considérés comme des enseignants. Ainsi, parmi nous, nombreux sont ceux qui, après cinq, dix ou quinze ans d’enseignement dans leur discipline, entrant ou revenant dans le Secondaire après avoir passé des diplômes extrêmement exigeants dans cette même discipline, se retrouvent, pour leurs mutations, dans une situation aussi désavantageuse qu’un jeune enseignant récemment lauréat du concours. À titre de comparaison, on rappellera que le temps partiel est de droit en cas de naissance d’un enfant ; que les femmes continuent à cumuler des points d’ancienneté durant leur congé maternité ; que le PACS ou le mariage procurent 150 points pour rapprochement de conjoint. Si, comme on le voit, l’Éducation Nationale sait prendre en compte la situation familiale de ses agents – chose bien légitime –, elle considère fort peu leurs efforts en matière de formation disciplinaire, d’obtention de diplômes et donc d’élargissement de leurs compétences pédagogiques. Voilà qui nous apparaît incompréhensible, surtout à l’heure où l’on prétend encourager la mobilité dans la Fonction Publique. Ajoutons à cette incompréhension celle d’une inégalité de traitement étonnamment défavorable aux personnels statutaires : les agents contractuels de l’Enseignement Secondaire peuvent voir en effet leur diplôme de doctorat reconnu pour le calcul de leur rémunération, tandis qu'un fonctionnaire titulaire (agrégé ou certifié), par ailleurs docteur, ne jouit d'aucun droit ni donc d’aucune revalorisation de son traitement du fait de son titre universitaire !

Il n’est pas difficile d’imaginer que, pour nous, dans ces conditions, le retour dans nos établissements est souvent mal vécu, l’absence de reconnaissance s’associant à un sentiment de brimade et de mépris. Un tel sentiment risque fort de perdurer, puisque par la suite, nos efforts pour continuer des recherches, organiser des séminaires, des colloques ou pour publier des articles ou des ouvrages scientifiques (suites « naturelles » du travail de thèse) sont souvent considérés comme une sorte de « hobby », voire de caprice préjudiciable à l’intérêt du service, et nécessitent parfois d’âpres négociations avec les chefs d’établissement. Il est par exemple fréquent de devoir rattraper ses heures de cours non effectuées pour cause de soutenance de thèse, comme il est significatif, de la part du Ministère, d’avoir supprimé (en 2010) des décharges pour les directeurs de programme au Collège International de Philosophie. Comment pouvoir, dans ces conditions d’indifférence totale, se sentir à sa place et continuer de faire son travail avec un minimum d’enthousiasme ?

Nous voulons également insister sur le fait que les « enseignants-chercheurs du Secondaire » sont indispensables à l’Université : ils assurent une partie substantielle des enseignements et des activités de recherche qui font la qualité des Universités françaises. Comment le Ministère de l’Éducation Nationale, à nouveau uni au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, peut-il ne pas reconnaître concrètement cette dépendance non négligeable de l’Université à l’égard des enseignants du Secondaire ? À l’heure où sont créés des statuts spécifiques d’« enseignants en service partagé » dans le cadre des nouvelles Écoles Supérieures du Professorat et de l'Éducation, les docteurs ou doctorants qui donnent des vacations dans le Supérieur se trouvent tout à la fois non-reconnus statutairement, vulnérables et accablés de travail, puisqu’ils cumulent bien souvent un temps complet avec des heures supplémentaires au Lycée et/ou avec des heures à l’Université. C’est une situation injuste et contre-productive. Il est important que soient reconnus ces doubles profils, indispensables au Supérieur comme au Secondaire, parce qu’ils permettent la transition tant recherchée entre le Secondaire et le Supérieur. Sur le plan strictement pédagogique, cette catégorie d’Enseignants-Chercheurs effectue un travail particulièrement profitable auprès des lycéens futurs étudiants, comme auprès des étudiants anciens lycéens. Outre le fait qu’elle constitue une auto-formation permanente, qui ne coûte rien au Ministère de l’Éducation Nationale, la recherche nourrit indéniablement l’enseignement, le rend plus riche et plus précis, force à plus de rigueur intellectuelle. Un docteur ou un doctorant ne s’éloigne pas de ses élèves, il s’en rapproche.

À l’heure où Madame Fioraso ne cesse de dire qu’elle travaille à la reconnaissance du statut de docteur dans toutes les administrations publiques, à l’heure où le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur rejoint celui de l’Éducation Nationale, il n’est pas acceptable que cette situation perdure.


C’est pourquoi nous demandons :

A. Concernant le statut général des enseignants-chercheurs du Secondaire (certifiés ou agrégés) :

1°) La création d’un grade de « docteur », entre les grades de la « classe normale » et de la « hors classe » des corps des agrégés et des certifiés.

On peut s’appuyer ici, à titre de modèle, sur le grade des « bi-admissibles » dans le corps des certifiés (preuve que cette demande est parfaitement réalisable sur le plan juridique et technique).

B. Concernant les procédures de mutation :

2°) La prise en compte dans le calcul des points de mutation, de toutes les années d'enseignement dans le Supérieur (comme allocataire de recherche, allocataire-moniteur, doctorant contractuel ou ATER).

3°) La conservation des points d'ancienneté dans le poste précédant un détachement (au titre d'ATER par exemple).

4°) La prise en compte, par une bonification conséquente, du titre acquis de docteur.

5°) La fin de l’obligation de demander une zone de remplacement, et non un poste fixe, pour prétendre à un détachement dans l’enseignement supérieur, et la conservation du poste fixe ou de la zone de remplacement (avec le rattachement administratif afférent).

C. Concernant la prise en compte des années de thèse pour l’avancement et la retraite (régime des pensions civiles)

6°) Le détachement de droit comme ATER et comme doctorant contractuel.

Actuellement les fonctionnaires agrégés/certifiés, s’ils sont nommés doctorants contractuels, sont placés en « disponibilité » de leur corps (et non pas en « détachement »), sauf s’ils ne sont pas encore titulaires de leur corps lorsqu’ils deviennent doctorants contractuels (dans ce cas, ils sont placés en « congé » sans solde mais peuvent faire valoir une partie au moins de leurs années de contrat doctoral pour l’avancement et pour les cotisations au régime des pensions civiles). Le détachement permettrait, pour les agents déjà titulaires de leur corps, la prise en compte des années effectuées en détachement au titre de l’avancement et de la retraite (régime des pensions civiles). De surcroît, le détachement comme ATER ou comme doctorant contractuel doit être de droit.

7°) La prise en compte rétroactive des années effectuées en tant qu’allocataires, allocataires-moniteurs ou doctorants contractuels, aussi bien pour l’avancement que pour la retraite (au régime des pensions civiles).

Actuellement, la procédure de « classement » encadre la prise en compte des services antérieurs pour l’avancement et ne peut être déclenchée que pendant l’année de stage résultant de la réussite d’un concours de la fonction publique. La procédure de « validation des services auxiliaires » concerne la prise en compte, pour la retraite, des services antérieurs et ne peut être déclenchée que dans les deux années suivant la titularisation. Il résulte de ces deux éléments, que, par exemple, un docteur ex allocataire-moniteur, ni certifié ni agrégé, qui réussirait le CAPES après son doctorat verrait, en l’état actuel des dispositions, une partie de ses années d’allocataire-moniteur prises en compte pour l’avancement et pour la retraite au régime des pensions civiles. En revanche, un agrégé titulaire, bénéficiant après sa titularisation d’un contrat doctoral (ou d’un contrat d’allocataire-moniteur, dans l’ « ancien » système), forcé d’être placé en « disponibilité », perdrait trois années d’avancement et de cotisation au régime des pensions civiles. Il faudrait donc que cet agrégé puisse faire déclencher, même longtemps après, une procédure de « classement » ainsi qu’une procédure de « validation », qui lui permettraient de voir ses années comme doctorant contractuel ou allocataire-moniteur compter pour l’avancement et la retraite, dans la même proportion que dans le cas, par exemple, du certifié ayant réussi le CAPES après sa thèse.

D. Concernant l’articulation des activités d’enseignement et des activités de recherche

8°) La création d'un temps partiel de droit pour études doctorales ou recherche, ou, pour les docteurs, d’un temps partiel de droit pour vacations dans le supérieur (sur le modèle du « service partagé » des enseignants faisant une partie de leur service dans les ESPÉ).

9°) La création d'une « décharge pour activités de recherche » dans le cadre de la création d’un grade de docteur.

10°) Un décret définissant des autorisations de cumul « a priori » pour les certifiés ou agrégés bénéficiant du grade de docteur – permettant d’assurer des charges de cours à l’Université ou encore pour bénéficier d’un contrat (ou d’une bourse) postdoctoral(e) en France ou à l’étranger.

Par cumul a priori, nous entendons un cadrage national des cumuls autorisés et de leurs limites. Il s’agit de définir des cumuls qui dérogeraient à l’obligation d’obtenir l’accord de la hiérarchie.
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barèges
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par barèges le Jeu 25 Sep 2014 - 14:18
Bon, ça fait du bien de lire ça. Et de voir qu'il y a du monde pas encore assez usé ou écoeuré pour prendre ce genre d'initiative !
Oui, on se sent "puni" d'un passage dans le supérieur, alors que tout le monde en politique est prompt à clamer ces temps-ci que le doctorat est une véritable formation professionnelle et presque (ne poussons pas) une expérience professionnelle.
Mais dans le contexte actuel, je dirais... C'est beau de rêver. D'imaginer qu'avec les contraintes budgétaires on va payer des décharges ou accepter des temps partiels, voire créer un grade... Le financement d'état pour la recherche est pratiquement mort et ces mesures reviendraient pour le secondaire à se priver de moyens humains d'enseignement.
Quant aux établissements d'enseignement supérieur qui tournent en partie grâce aux personnels du second degré, ils s'en méfient tout de même. Reconnaître pleinement leur rôle reviendrait à approuver la "secondarisation" des Universités. Ces dernières veulent-elles de cette "secondarisation" qui à terme, menacerait automatiquement le corps actuel des enseignants-chercheurs ?
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Mr_Z
Niveau 5

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par Mr_Z le Jeu 25 Sep 2014 - 14:20
hé oui...
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Pierre-Henri
Habitué du forum

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par Pierre-Henri le Jeu 25 Sep 2014 - 15:05
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Condorcet
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par Condorcet le Jeu 25 Sep 2014 - 15:17
Signée et relayée sur Facebook.

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Chewbacca
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par Chewbacca le Jeu 25 Sep 2014 - 16:54
Signée aussi !

C'est quand même scandaleux que les années passées à enseigner à l'Université ne soient pas prises en compte dans l'ancienneté (c'était des vacances ?) et que le rectorat ne s'appuie pas sur les quelques compétences qu'on a pu acquérir en faisant une thèse… Quel gâchis !
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barèges
Érudit

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par barèges le Jeu 25 Sep 2014 - 17:56
La prise en compte des services pour la retraite est aussi une merveille, dans ce registre.
Heureusement que j'ai renoncé à compter sur la retraite (qui sait ce qui arrivera d'ici là !), parce que je n'y comprends rien et que c'est désastreux.
Thèse avec monitorat, certifiée titulaire : disponibilité pour le Rectorat, régime général (ircantec)
ATER comme certifiée titulaire : détachée et pension civile
ATER comme agrégée stagiaire (deux ans, oh la bonne surprise, parce que le poste prévu s'était transformé en demi-poste... Il fallait donc être stagiaire deux ans... Donc pas d'avancement...Là aussi on se sent considéré) : encore une sorte de disponibilité", enfin je n'étais plus détachée, et Dieu seul sait comment ça comptera si ça compte un jour.
Bref... En faisant le même travail (enseignement/recherche..), je n'avais jamais le même statut.
Marie Laetitia
Marie Laetitia
Bon génie

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par Marie Laetitia le Jeu 25 Sep 2014 - 18:57
Oh ce que ça fait du bien de lire ça! yesyes Signé!

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Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)


Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
micaschiste
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par micaschiste le Jeu 25 Sep 2014 - 19:10
signé et pétition transmise.

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Ruthven
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par Ruthven le Jeu 25 Sep 2014 - 19:12
Bof. Pas convaincu du tout par le propos : Ok pour les points B et C, en revanche, je ne vois pas trop en quoi le fait d'être docteur devrait donner un statut à part dans le secondaire ; un enseignant du secondaire fait un travail pour lequel il est payé, il sait ce que sera ce travail lorsqu'il passe le concours.

Pourquoi ne pas mobiliser plutôt pour l'emploi scientifique dans les universités ?
Marmont
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par Marmont le Jeu 25 Sep 2014 - 19:14
Belle initiative.
Mais vu le nombre de personnes concernées, on risque simplement de répondre : il n'y a plus d'argent. Neutral

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par ElleDriver le Jeu 25 Sep 2014 - 19:31
Ayant connu tous les remous liés à cette situation qui devient kafkaïenne, je me permets de dire ici que je ne suis pas d'accord avec toutes les propositions.

1) Je ne suis pas pour un grade particulier aux docteurs dans le secondaire, il me semble qu'il y en a suffisamment, et le titre de docteur n'est pas une voie d'accès à l'enseignement secondaire.

2) Je ne trouve pas illogique de devoir demander des postes de TZR, les procédures de recrutement des universités pouvant être extrêmement tardives, notamment pour les ATER (campagnes jusque fin juillet voire en septembre ou octobre). De même, je trouverais illogique que les doctorants/docteurs détachés retrouvent de droit leur éventuel poste fixe pré-détachement. Dans certaines disciplines (la mienne), les doctorants ou jeunes docteurs qui reviennent du supérieur sont déjà très favorisés sur les postes spécifiques, sur lesquels ils restent au vu des perspectives bien maigres dans le supérieur, bloquant d'autant mouvement pour les collègues qui ont toujours enseigné dans le secondaire (et je suis moi-même dans cette situation, ils convient de le préciser)

Je suis par contre tout à fait d'accord sur le mépris de l'administration envers les activités d'enseignement menées dans le supérieur, très mal considérées, y compris par d'autres membres du corps enseignant.

Mais à mon sens, le problème a une origine bien plus profonde: les universités entretiennent aussi le système. Beaucoup de futurs docteurs sont titulaires des concours (notamment de l'agrégation), non pas parce qu'ils envisagent une carrière dans le secondaire, mais parce que le recrutement dans le supérieur peut y être conditionné. Dans ma section où les postes MCF se font très rares et où les dossiers des candidats sont en général de très grande qualité, il est impensable de se présenter aux concours MCF sans être agrégé. Or l'agrégation nous lie à une administration, qui n'est pas celle du supérieur, avec tous les problèmes que nous connaissons. (et je ne parle même pas des fiches de poste où il faut, en plus d'avoir mené de brillantes activités scientifiques, avoir enseigné à tous le niveaux dans le supérieur et aussi...dans le secondaire!)

A ce titre, je suis une militante de l'agrégation du supérieur. Il ne devrait à mon sens y avoir qu'un concours (et donc qu'un corps, avec revalorisation salariale) dans le secondaire, et tous ceux qui réussiraient cette agrégation du supérieur (qui deviendrait encore plus difficile, évidemment, car moins de postes) devraient être affectés dans le supérieur. Ce système ne serait pas parfait mais aurait le mérite de ne plus institutionnaliser cette farce ubuesque qui plonge beaucoup de doctorants/jeunes docteurs dans des situations de souffrance administratives et morales bien réelles et qu'il conviendrait effectivement de ne pas ridiculiser ou minimiser.

Plus largement, il faudrait continuer à militer et à se battre pour sauver le navire Université qui est en train de couler, avec ses postes, et pour une intégration bien plus large des docteurs (notamment en sciences humaines) dans le monde du travail, y compris dans le secteur public. Nous avons des leçons à prendre chez certains de nos voisins proches.
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barèges
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par barèges le Jeu 25 Sep 2014 - 19:33
@Ruthven a écrit:

Pourquoi ne pas mobiliser plutôt pour l'emploi scientifique dans les universités ?

Parce que c'est fait et que ça ne donne rien, parce que les universités sont encore plus en faillite que le secondaire. Sinon il y a ça :
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2014/09/sciences-en-marche-monte-en-puissance.html
Cette initiative des enseignants dans le secondaire chercheurs mobilisera d'autant moins que ces derniers sont des privilégiés : ils ont un salaire fixe à la fin du mois, un poste quelque part. Les "précaires" de la recherche courent derrière des salaires ponctuels de misère...
Ils finissent d'ailleurs par passer les concours. L'article en lien mentionne un ou des docteurs en biologie, qui après six CDD sont mis à la porte (loi Sauvadet) et deviennent PE. Avec quelle motivation ?

J'ajoute la petite dose de marasme venant de paraître sur le même site :
Mine de rien, la secrétaire d'Etat mange ainsi le morceau. Le gouvernement auquel elle participe n'a absolument pas l'intention de desserrer l'étau que les budgets, la démographie, le recul de l'âge de la retraite, les gels de postes dans les Universités pour pallier les déficits budgétaires et les créations massives de CDD ces dernières années ont refermé sur les perspectives d'emplois scientifiques et universitaires pour les années à venir.

Cet étau se lit dans des chiffres qui ne figurent pas dans la présentation faite aux journalistes. Ce sont ceux de la chute des offres d'emplois de chercheurs, d'ingénieurs, de techniciens et d'universitaires pour 2014 et les années qui suivent. Le Cnrs va ainsi vers 300 embauches de chercheurs en 2014 contre 400 en 2010 et se dirige vers les 200. Ce matin, Claudine Kahane, co-secrétaire général du Snesup FSU, soulignait les chiffres de postes d'Enseignants-chercheurs réellement pourvus, passés de 3.019 en 2009 à 2.437 en 2013. Or, avec un stock de post-docs et de CDD en tous genres de plusieurs milliers et un flux sortant de doctorat stable, ce "goulet d'étranglement" va encore se resserrer au moins jusqu'en 2018. Les ratios candidats/postes vont donc se dégrader.
La Secrétaire d'Etat affirme que «la solution dans un budget stable n'est pas de créer des emplois supplémentaires». Elle indique travailler avec les directions des EPST pour qu'ils orientent leurs politiques d'embauches vers le recrutement de jeunes.

Elledriver, oui, c'est exactement ça. Pour espérer un poste dans le supérieur, il faut un concours du secondaire, mais qui sert à autre chose que ce pourquoi il est fait, recruter un enseignant pour les collèges et lycées.


Dernière édition par barèges le Jeu 25 Sep 2014 - 19:45, édité 1 fois
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barèges
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par barèges le Jeu 25 Sep 2014 - 19:41
A ce titre, je suis une militante de l'agrégation du supérieur.
C'est à des années-lumières du mode de recrutement actuel basé sur le profil "chercheur" (non évaluable par le format de concours de l'agrégation).
Marie Laetitia
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par Marie Laetitia le Jeu 25 Sep 2014 - 19:44
@ElleDriver a écrit:Ayant connu tous les remous liés à cette situation qui devient kafkaïenne, je me permets de dire ici que je ne suis pas d'accord avec toutes les propositions.

1) Je ne suis pas pour un grade particulier aux docteurs dans le secondaire, il me semble qu'il y en a suffisamment, et le titre de docteur n'est pas une voie d'accès à l'enseignement secondaire.

Non, mais cela apporte des compétences en plus, qui apportent une plus-value aux cours délivrés. Le grade de docteur est bien reconnu pour les vacataires (qui certes, n'ont pas, par définition, le concours).

@ElleDriver a écrit:
2) Je ne trouve pas illogique de devoir demander des postes de TZR, les procédures de recrutement des universités pouvant être extrêmement tardives, notamment pour les ATER (campagnes jusque fin juillet voire en septembre ou octobre). De même, je trouverais illogique que les doctorants/docteurs détachés retrouvent de droit leur éventuel poste fixe pré-détachement. Dans certaines disciplines (la mienne), les doctorants ou jeunes docteurs qui reviennent du supérieur sont déjà très favorisés sur les postes spécifiques, sur lesquels ils restent au vu des perspectives bien maigres dans le supérieur, bloquant d'autant mouvement pour les collègues qui ont toujours enseigné dans le secondaire (et je suis moi-même dans cette situation, il convient de le préciser)

Comme ta matière n'est pas renseignée dans ton profil, ce n'est pas très clair. Dans ma matière à moi, aucun avantage... bien au contraire. Il y en a encore parmi les CDE pour ne pas piger que dans enseignant et doctorant, il y a enseignant. Rolling Eyes


@ElleDriver a écrit:
Mais à mon sens, le problème a une origine bien plus profonde: les universités entretiennent aussi le système. Beaucoup de futurs docteurs sont titulaires des concours (notamment de l'agrégation), non pas parce qu'ils envisagent une carrière dans le secondaire, mais parce que le recrutement dans le supérieur peut y être conditionné. Dans ma section où les postes MCF se font très rares et où les dossiers des candidats sont en général de très grande qualité, il est impensable de se présenter aux concours MCF sans être agrégé. Or l'agrégation nous lie à une administration, qui n'est pas celle du supérieur, avec tous les problèmes que nous connaissons. (et je ne parle même pas des fiches de poste où il faut, en plus d'avoir mené de brillantes activités scientifiques, avoir enseigné à tous le niveaux dans le supérieur et aussi...dans le secondaire!)

A ce titre, je suis une militante de l'agrégation du supérieur. Il ne devrait à mon sens y avoir qu'un concours (et donc qu'un corps, avec revalorisation salariale) dans le secondaire, et tous ceux qui réussiraient cette agrégation du supérieur (qui deviendrait encore plus difficile, évidemment, car moins de postes) devraient être affectés dans le supérieur. Ce système ne serait pas parfait mais aurait le mérite de ne plus institutionnaliser cette farce ubuesque qui plonge beaucoup de doctorants/jeunes docteurs dans des situations de souffrance administratives et morales bien réelles et qu'il conviendrait effectivement de ne pas ridiculiser ou minimiser.

Plus largement, il faudrait continuer à militer et à se battre pour sauver le navire Université qui est en train de couler, avec ses postes, et pour une intégration bien plus large des docteurs (notamment en sciences humaines) dans le monde du travail, y compris dans le secteur public. Nous avons des leçons à prendre chez certains de nos voisins proches.

Une agrégation plus difficile? Ça me semble contre-productif. Avec 70 postes par an, en histoire, enfin aux dernières nouvelles, tous ceux qui mériteraient l'agrég ne l'ont déjà pas. Je verrais plutôt une sorte de certificat qui ne soit pas un concours (donc pas de logique en terme de nombre de places en fonction des année, des départs à la rentraite et des besoins ponctuels de recrutement), avec un niveau d'excellence élevé et garanti.

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Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
Isis39
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par Isis39 le Jeu 25 Sep 2014 - 19:48
@Ruthven a écrit:Bof. Pas convaincu du tout par le propos : Ok pour les points B et C, en revanche, je ne vois pas trop en quoi le fait d'être docteur devrait donner un statut à part dans le secondaire ; un enseignant du secondaire fait un travail pour lequel il est payé, il sait ce que sera ce travail lorsqu'il passe le concours.

Pourquoi ne pas mobiliser plutôt pour l'emploi scientifique dans les universités ?

Je suis d'accord. Le statut à part dans le secondaire n'a rien à faire dans les revendications.
ElleDriver
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par ElleDriver le Jeu 25 Sep 2014 - 19:50
C'est à des années-lumières du mode de recrutement actuel basé sur le profil "chercheur" (non évaluable par le format de concours de l'agrégation).

Oui tout à fait, je me suis mal exprimée, je ne parlais pas d'établir l'agrégation comme mode de recrutement aux concours MCF mais pour les autres postes enseignants du supérieur (pas nécessairement universitaires d'ailleurs), j'ai un peu dévié du sujet, cela concerne plus cette partition agrégés/certifiés dans le secondaire que je ne comprends pas et qui m'apparaît problématique.

Mais en l'état actuel des choses, je trouve certaines sections bien hypocrites car comme je l'écrivais, l'obtention d'un concours du secondaire (et à 95%, de l'agrégation) est devenue une condition nécessaire, mais officieuse, de recrutement
ElleDriver
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par ElleDriver le Jeu 25 Sep 2014 - 19:55

Comme ta matière n'est pas renseignée dans ton profil, ce n'est pas très clair. Dans ma matière à moi, aucun avantage... bien au contraire. Il y en a encore parmi les CDE pour ne pas piger que dans enseignant et doctorant, il y a enseignant.  Rolling Eyes

J'en ai bien conscience, il faut reconnaître à l'IG de ma discipline une certaine clairvoyance, et je pense qu'elle finira par être imitée par d'autres.

Je ne suis pas certaine qu'être docteur est une garantie de plus-value pour les cours, quels qu'ils soient. Il y a aussi des doctorants et des jeunes docteurs qui considèrent très mal les activités d'enseignement, il ne faut pas le nier...
Ruthven
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Monarque

enseignants chercheurs - Pour une reconnaissance des chercheurs dans le secondaire  Empty Re: Pour une reconnaissance des chercheurs dans le secondaire

par Ruthven le Jeu 25 Sep 2014 - 20:01
Des nouvelles de la calamiteuse Fioraso (qui s'inquiète de la mobilisation pour l'emploi scientifique) : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2014/09/les-directeurs-de-labos-interpellent-fran%C3%A7ois-hollande.html
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