Béatrice Bourges : "Lorsque le système s'effondrera, le FN deviendra le seul parti dominant".

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Béatrice Bourges : "Lorsque le système s'effondrera, le FN deviendra le seul parti dominant".

Message par John le Ven 25 Oct 2013 - 0:18

Béatrice Bourges, l'une des opposantes les plus extrémistes au mariage pour tous, a donné une interview dans "Présent", un magazine "pro-vie" :

— Qu’est-ce qui a nourri votre réflexion ? Vous avez très vite écrit un livre, donné des conférences… Est-ce votre foi ?

— Oui, ce qui me nourrit dans la vie, c’est la foi. Parce que je sais que si l’on touche à l’essence même de l’homme, on touche à ce qui fait sa transcendance – et donc à ma foi. Donc oui, si ce combat est personnel, c’est parce qu’il touche à ma foi.

Comment je me suis formée ? Je n’étais pas spécialiste de la question, même si je commence à le devenir. Chose très révélatrice : lorsque j’ai tapé pour la première fois dans Google le mot « homoparentalité », je n’ai vu que des sites de propagande sur les deux premières pages de résultats. Il fallait donc y aller ! J’ai monté un site, et c’est à force de chercher que je l’ai nourri en arguments. J’ai beaucoup travaillé avec un pédopsychiatre, Christian Flavigny, qui a préfacé mon livre, et avec beaucoup d’autres spécialistes du gender et de l’homoparentalité.

—  Ce n’est pas uniquement une réaction de tripes, si je puis dire, vous êtes allée au fond des choses…

— Quand on me demande de me décrire, je dis volontiers que je suis une « tripale qui réfléchit ». Tout démarre à partir de choses que je ressens très fortement, mais je sais que cela ne suffit pas.

— Dans les programmes scolaires français, cela fait quand même belle lurette qu’on lutte contre les « stéréotypes de genre », expression qui fait partie du langage du gender. Cette idéologie n’est pas neuve dans la vie publique. Peut-on faire aujourd’hui confiance à un parti politique pour porter le combat qui nous anime ?

— Non. Ma conviction est que tous les partis politiques existants ne sont pas intrinsèquement porteurs d’une véritable vision anthropologique, et que la vie politique à venir connaîtra une rupture à son sujet, précisément. D’un côté, il y aura ceux qui se reconnaissent dans la forme de société individualiste et hédoniste portée par le gouvernement actuel, mais initiée par les gouvernements précédents, quels qu’ils soient. L’homme y est réduit à un producteur-consommateur qui se suffit à lui-même et qui n’a plus de transcendance. Le désir y devient un droit. C’est très exactement le germe du totalitarisme, car ce sont toujours les plus faibles qui en font les frais. De l’autre côté, il y aura ceux qui reconnaissent l’homme dans son essence et dans sa transcendance. Celui-là sait qu’il n’est qu’un maillon de l’humanité, et il accepte la faiblesse et la fragilité de l’homme en tant que force de la société. [...]

Je suis émerveillée. Par ces jeunes qui descendent un peu spontanément dans la rue parce qu’ils se rendent compte, intuitivement, que le « mariage pour tous » ne va pas du tout, que c’est la destruction de la société – ils se rendent compte qu’on ne leur offre pas la société qu’ils souhaitent. Mais ils restent très minoritaires parmi leurs pairs. Lorsqu’ils rentrent au lycée ou à la fac ou dans leurs grandes écoles le lundi après les manifs du dimanche, ils sont confrontés à 90, voir 95 % des gens qui ne pensent pas comme eux. Et les voilà obligés d’expliquer pourquoi ils étaient dans la rue. Et donc, ils se forment. Et si d’habitude on commence par penser avant d’aller dans la rue, ils commencent, eux, par descendre dans la rue. C’est un instinct de survie ; ils savent qu’ils ont raison, maintenant ils veulent savoir pourquoi ils ont raison. [...]

— A propos de la rupture au sein des partis, vous n’en excluez pas le Front national. Et vous soulignez combien il est urgent de faire sauter les barrières – celles qui, au fond, conduisent les uns à écarter les autres au nom du politiquement correct. Comment établir d’autres critères ?

— Il faut d’abord fluidifier les relations entre les partis et en finir avec la rupture artificielle : faire sauter ce « front républicain » absurde, insensé, inventé par Mitterrand qui doit d’ailleurs se frotter les mains car c’était un plan de génie. Le système s’effondrera alors de lui-même. A l’intérieur de l’UMP, on voit déjà les divisions entre Copé et Fillon, les pas en avant et en arrière, mais à l’intérieur du Front national on observe aussi ces divisions. Je crois que le FN tient grâce au système qu’il appelle « UMPS » – c’est d’ailleurs joliment dit parce que c’est vrai – mais si l’UMPS n’existait pas je ne sais pas ce que deviendrait le Front national puisque, je pense, il est lui-même traversé par cette rupture. Quand ce système tombera, il va bien falloir que le Front national se questionne sur ces sujets qui sont les vrais sujets, il y sera obligé. [...]

Lorsque le système s’effondrera, le Front national sera obligé de se poser ces questions, puisqu’il deviendra le seul parti dominant. Se bornera-t-il à proposer des mesures contre l’immigration, contre l’insécurité, contre l’Europe ? A ce propos, je ne dis pas du tout qu’il a tort – mais ce n’est pas un programme, c’est du « contre ». Quelle est la société de l’espérance qu’il proposera ?

— Mais pour faire un peu l’avocat du diable : la loi a été votée en mai, premier « mariage » au mois de juin ; la société en est-elle ébranlée ? On pourrait dire que tout continue comme avant.

— Mais oui, tout continue comme avant : tranquillement vers le chaos ! Cette loi sur le mariage n’est que la face visible du chaos, la partie émergée de l’iceberg.  Tout est pourri et la société continue sa descente aux enfers. Mais on sait très bien que cette loi ne veut rien dire et qu’elle n’est même pas demandée. [...]

Je ne peux pas séparer le combat qui s’est passé de ma foi : si je le séparais, cela voudrait dire que je pense qu’il nous est possible de ne compter que sur nos propres forces. « Nous avons réussi » ? Nous avons juste été les instruments répondant « oui » à quelque chose qui nous dépasse ; et ce combat nous dépasse. C’est important de le dire, car nous pouvons vite tomber dans la prétention ou l’orgueil. Quoi qu’on ait voulu faire paraître, ceux qui sont descendus dans la rue sont catholiques à 90 %. [...]

— La Manif pour tous espérait mobiliser les banlieues. En définitive il y avait très peu de «minorités visibles » et d’ailleurs la majorité de ces populations avaient voté Hollande. Comment expliquez-vous ce manque d’intérêt ?

— En fait ces gens ne se sentent pas concernés : ce n’est pas pour eux. Pour parler plus clairement : les musulmans n’ont pas forcément pour objectif de s’intégrer aux lois de la République. Et cela ne les empêchera pas de revoter pour Hollande, puisque de toute façon, même dans un Etat socialiste, et dans un Etat plus socialiste encore, ils n’en feront pas, de ces mariages.

— On pourrait rétorquer que ce n’est pas non plus pour des chrétiens – si ce n’est que les chrétiens ont l’idée du bien commun.

— C’est exactement cela. Pour les musulmans, c’est leur communauté qui n’est pas concernée. Alors que notre communauté, c’est la France. [...]

— Vous avez participé à une initiative avec Jean-Claude Martinez et Christine Boutin qui semble ne pas être promise à un avenir quelconque.

— J’en suis sortie ; j’ai envoyé un mail à Christine fin septembre pour dire que cette initiative avait une intention qui ne se traduit pas dans les actes. Je n’étais pas partie derrière des personnes mais avec l’idée que des personnes prenaient une initiative ensemble pour faire un programme fondé sur des valeurs liées à la vie, sans considération des partis politiques. Malheureusement,  Christine Boutin n’a pas pu faire ce choix du métapartisan. Elle n’arrive pas à sortir du système, bien qu’elle s’en défende : le PCD est toujours à l’UMP, et elle continue à fustiger le FN. Je pense que vouloir aller chercher les électeurs du FN tout en le critiquant tant et plus est un manque de cohérence et une forme d’hypocrisie.  Comment faire comprendre qu’il est inutile de continuer à faire confiance à un système à bout de souffle ?

— Vous présenterez-vous aux prochaines élections ?

— Non – même si nul ne peut dire de quoi demain sera fait. Cet embryon de liste, cette intuition intelligente du mois de juillet, je ne vois pas bien comment et par qui cela peut être porté. Pour moi, la seule condition serait celle-là. Si nous avions pu élargir, nous aurions peut-être pu faire quelque chose. Pour moi, les municipales, c’est exclu, totalement exclu – même si on me l’a demandé, et les européennes a priori aussi, pour les mêmes raisons. Je le dis clairement, il faut faire sauter le front républicain. Je le dis clairement aussi : être traité d’extrémiste par nos gouvernants et par les médias est pour nous une preuve de liberté d’esprit – pour ne pas dire un compliment.

Propos recueillis par Jeanne Smits et publiés dans Présent daté du samedi 12 octobre.

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Re: Béatrice Bourges : "Lorsque le système s'effondrera, le FN deviendra le seul parti dominant".

Message par Reine Margot le Ven 25 Oct 2013 - 7:19

On continue vers le chaos, et il faut se dépêcher car l'Antéchrist est proche. araignée 

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Re: Béatrice Bourges : "Lorsque le système s'effondrera, le FN deviendra le seul parti dominant".

Message par philann le Ven 25 Oct 2013 - 7:35

@Reine Margot a écrit:On continue vers le chaos, et il faut se dépêcher car l'Antéchrist est proche. araignée 
Sur ce point je lui donne raison!

Elle est bien possédée quand même !araignée 

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Re: Béatrice Bourges : "Lorsque le système s'effondrera, le FN deviendra le seul parti dominant".

Message par JEMS le Ven 25 Oct 2013 - 8:50

Mais bien sûr, instinct de survie...
affraid 

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