Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

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Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par User5899 le Lun 29 Sep 2014 - 23:55

L’expérience ouverte en 2012 s’annonce comme un terrible échec

De cet échec, qui est responsable ? Deux générations de dirigeants socialistes, dont les tares additionnées contribuent au marasme actuel.

D’abord celle des années 80, quand, aux élites intello-militantes formées dans les années 60 –les Joxe, Rocard, Chevènement, Jospin–, succèdent les techno-élites à la Hollande-Sapin, fils de leur temps et de l’ENA. Eduquées dans l’ombre du pouvoir mitterrandien, qu’ont-elles retenu du vieux Sphinx, qu’elles singent à grand peine et sur la tombe duquel elles se prosternent encore régulièrement? La vanité de toute ambition politique face au réel qui, lui, ne ment pas; la patience de l’alternance; les accommodements avec le pire des institutions de la Ve République; la conviction que toute difficulté est soluble dans la technique administrative; la pratique du double langage et de la langue de bois; le goût des intrigues de palais et des combinaisons de congrès. Pour cette génération sans histoire ni ego, la politique, c’est durer.

Pour la génération des élites communicantes grandies sous le jospinisme triomphant, une bonne politique est avant tout une succession de coups médiatiques réussis.

La génération suivante, celle des élites communicantes grandies sous le jospinisme triomphant, considère elle qu’une bonne politique est avant tout une succession de coups médiatiques réussis. A ses yeux, le 21 avril 2002 est d’abord le résultat d’une communication défaillante. Peu soucieuse de s’affranchir de ses aînés, préférant le buzz et les plans com des spin doctors aux controverses idéologiques, elle s’est soumise avec délice aux exigences des nouveaux médias, réseaux sociaux et chaînes d’info en continu. Pour la génération des années 90, tout en surface, la politique, c’est raconter de jolies histoires.

L’expérience ouverte en mai 2012 s’annonce donc comme un terrible échec –leur échec. Et notre déception.

Car il existe un immense espace pour la gauche socialiste. Plus que jamais, il nous faut porter l’aspiration –dont nous sommes convaincus qu’elle est majoritaire– à une République vraiment démocratique et sociale.
http://www.slate.fr/story/92539/zombies-elysee-gauche

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par Condorcet le Mar 30 Sep 2014 - 2:32

On peut partager le constat sévère de ces normaliens comme s'interroger sur leur (relative) cécité politique : ce qu'ils expliquent fort doctement et clairement aujourd'hui était déjà vrai depuis au moins dix ans. Quelques étonnements surgissent à la lecture : "le monde s'est-il transformé comme jamais depuis les années 1980...", "les privilégiés des Trente Glorieuses qui, après s’être longtemps gavés, refusent aujourd’hui de partager et de se serrer –un peu– la ceinture", "Le PS sera ce que nous en ferons"... Quelques surprises aussi devant la généralité de l'analyse qui passe sous silence les nombreux obstacles que la gauche au pouvoir menée par le PS a pu rencontrer : le fameux "mur de l'argent" qui n'a rien d'une légende, l'effondrement de son vieil ennemi, le PCF, qui lui servait d'aiguillon, les politiques économiques des pays européens fort différentes de celles que le PS mettait en oeuvre. A bien considérer l'histoire des espoirs suscités par la gauche, le PS apparaît comme l'héritier d'une longue série de renoncements : à l'aune du Cartel des gauches ne pouvant appliquer la séparation de l'Eglise et de l'Etat en Alsace-Moselle, du Front Populaire observant une prudente neutralité pendant la guerre d'Espagne, de Guy Mollet envoyant le contingent en Algérie et des parlementaires du Front républicain votant les pouvoirs spéciaux aux militaires en Algérie, le tournant de la rigueur de 1983 et sa réplique de 2014 perdent en surprise ce qu'ils conservent en amertume. Il ne s'agit pas de réclamer l'indulgence pour le PS des trente dernières années mais d'interroger les échelles d'analyse et les mythes. Si le PS a péché, c'est d'abord en refusant l'épreuve de force européenne avec l'Allemagne ou en poursuivant une coûteuse politique de traitement social du chômage qui, hélas, n'a jamais administré la preuve de son efficacité. Nos normaliens réclament les leviers de commande afin de dégager l'esquif des récifs, fort bien mais que proposent-ils de fondamentalement différent à la fois dans l'approche théorique et dans sa mise en oeuvre ? Où sont donc leurs références et sur quels moyens comptent-ils s'appuyer ?

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par User5899 le Mar 30 Sep 2014 - 19:16

@Condorcet a écrit:On peut partager le constat sévère de ces normaliens comme s'interroger sur leur (relative) cécité politique : ce qu'ils expliquent fort doctement et clairement aujourd'hui était déjà vrai depuis au moins dix ans. Quelques étonnements surgissent à la lecture : "le monde s'est-il transformé comme jamais depuis les années 1980...", "les privilégiés des Trente Glorieuses qui, après s’être longtemps gavés, refusent aujourd’hui de partager et de se serrer –un peu– la ceinture", "Le PS sera ce que nous en ferons"... Quelques surprises aussi devant la généralité de l'analyse qui passe sous silence les nombreux obstacles que la gauche au pouvoir menée par le PS a pu rencontrer : le fameux "mur de l'argent" qui n'a rien d'une légende, l'effondrement de son vieil ennemi, le PCF, qui lui servait d'aiguillon, les politiques économiques des pays européens fort différentes de celles que le PS mettait en oeuvre. A bien considérer l'histoire des espoirs suscités par la gauche, le PS apparaît comme l'héritier d'une longue série de renoncements : à l'aune du Cartel des gauches ne pouvant appliquer la séparation de l'Eglise et de l'Etat en Alsace-Moselle, du Front Populaire observant une prudente neutralité pendant la guerre d'Espagne, de Guy Mollet envoyant le contingent en Algérie et des parlementaires du Front républicain votant les pouvoirs spéciaux aux militaires en Algérie, le tournant de la rigueur de 1983 et sa réplique de 2014 perdent en surprise ce qu'ils conservent en amertume. Il ne s'agit pas de réclamer l'indulgence pour le PS des trente dernières années mais d'interroger les échelles d'analyse et les mythes. Si le PS a péché, c'est d'abord en refusant l'épreuve de force européenne avec l'Allemagne ou en poursuivant une coûteuse politique de traitement social du chômage qui, hélas, n'a jamais administré la preuve de son efficacité. Nos normaliens réclament les leviers de commande afin de dégager l'esquif des récifs, fort bien mais que proposent-ils de fondamentalement différent à la fois dans l'approche théorique et dans sa mise en oeuvre ? Où sont donc leurs références et sur quels moyens comptent-ils s'appuyer ?
Merci d'avoir pris la peine, Condorcet, de rédiger cette réponse, qui m'aide à comprendre ce qui me gênait dans ce texte topela

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par Condorcet le Mer 1 Oct 2014 - 2:29

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par Iphigénie le Mer 1 Oct 2014 - 7:19

En effet  merci Condorcet. Pour ma part j'en viens à penser que ce qu'il reste de gauche dans ce gouvernement c'est une volonté malgré tout de défendre la fonction publique : si on regarde les choix des Espagnols de revenir à la droite et des Italiens avec Renzi la première conséquence ce n'est pas un gel des salaires mais des diminutions massives et des revenus et des effectifs . La pensée des années 80 c'est peut-être surtout en réalité cette idée du service public que tout tend à balayer aujourd'hui au nom de la modernité vraie de vraie si n'a peur de rien...Alors on peut rêver de grands soirs mais je crains fort que tout pousse à des matins bien difficiles pour nous et appelés de leurs vœux par tous les contempteurs de la gauche au pouvoir, à la recherche d'un milieu entre les rêves et le contexte, quand toutes les voix à la gauche et à la droite parlent de décisions du tonnerre de Zeus... J'espère me tromper mais....

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par e-Wanderer le Mer 1 Oct 2014 - 8:07

La droite ne parle pas encore de baisses de salaire, mais effectivement il faut craindre :

1) un gel prolongé du point d'indice : pas besoin d'être grand clerc, il ne vont pas se gêner puisque même la "gauche" le fait !

2) un blocage de l'avancement : l'idée court déjà… Merci au PS d'avoir lancé ce thème magnifique (Peillon, je crois, avant de faire machine arrière).

3) la fin du statut à vie (mais je ne crains pas trop cette mesure car on manque de professeurs de façon chronique). Je crains davantage la mobilité forcée… qui a déjà été votée sans que ça émeuve grand-monde. "Allez hop, les profs expérimentés, un petit tour en banlieue ne vous fera pas de mal !".

4) l'alignement sur le privé du système de cotisation pour la retraite. On a beaucoup à y perdre, car c'est notamment cela qui justifie, à qualification égale, nos salaires modestes. Idem pour les jours de carence etc.

5) Les coupes franches dans les effectifs (mais je ne vois pas bien comment ça peut se terminer : les salles de cours ne sont généralement pas faites pour accueillir 50 élèves par classe).

Notre chance, c'est que d'autres ont encore plus à perdre, et qui ont un pouvoir de blocage démentiel (les cheminots et leur régime spécial). Avec des mesures comme ça, les grèves Juppé de 1995 passeraient pour une aimable plaisanterie… Et puis il y a aussi le mur des réalités : on manque déjà de profs, alors si le statut se dégrade encore, bon courage pour recruter ! Et les parents gueuleront.

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par Pierre-Henri le Mer 1 Oct 2014 - 9:43

@e-Wanderer a écrit:Et puis il y a aussi le mur des réalités : on manque déjà de profs, alors si le statut se dégrade encore, bon courage pour recruter ! Et les parents gueuleront.

Le mur des réalités, j'ai un peu de mal à y croire. Je pense que le ministère de l'éducation nationale possède des capacités illimitées en matière de déni de réel. Nous parlons quand même d'un ministère qui organise un examen, le bac, où les meilleurs lauréats sont reçus avec des moyennes supérieures à la note maximale. Des classes de 45 élèves présentées comme une chance exceptionnelle de réussir un enseignement individualisé, le ministère en est également capable. Recruter des étudiants de licence à 600 euros par mois pour enseigner au collège (car, ne soyons pas dupes, les emplois d'avenir seront bientôt chargés de classes en responsabilité) tout en claironnant "le niveau des professeurs monte", cela non plus ne posera pas le moindre problème de conscience aux responsables de l'éducation nationale.

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Re: Pour tacler le PS, rien de tel que des socialistes...

Message par Moonchild le Mer 1 Oct 2014 - 9:54

@Iphigénie a écrit:Pour ma part j'en viens à penser que ce qu'il reste de gauche dans ce gouvernement c'est une volonté malgré tout de défendre la fonction publique
Je serai beaucoup moins idéaliste ; ce qu'il reste de gauche dans ce gouvernement, c'est une volonté malgré tout de ne pas rompre trop ostensiblement avec leur base électorale traditionnelle.

@e-Wanderer a écrit:La droite ne parle pas encore de baisses de salaire, mais effectivement il faut craindre :

1) un gel prolongé du point d'indice : pas besoin d'être grand clerc, il ne vont pas se gêner puisque même la "gauche" le fait !

2) un blocage de l'avancement : l'idée court déjà… Merci au PS d'avoir lancé ce thème magnifique (Peillon, je crois, avant de faire machine arrière).

3) la fin du statut à vie (mais je ne crains pas trop cette mesure car on manque de professeurs de façon chronique). Je crains davantage la mobilité forcée… qui a déjà été votée sans que ça émeuve grand-monde. "Allez hop, les profs expérimentés, un petit tour en banlieue ne vous fera pas de mal !".

4) l'alignement sur le privé du système de cotisation pour la retraite. On a beaucoup à y perdre, car c'est notamment cela qui justifie, à qualification égale, nos salaires modestes. Idem pour les jours de carence etc.

5) Les coupes franches dans les effectifs (mais je ne vois pas bien comment ça peut se terminer : les salles de cours ne sont généralement pas faites pour accueillir 50 élèves par classe).

Notre chance, c'est que d'autres ont encore plus à perdre, et qui ont un pouvoir de blocage démentiel (les cheminots et leur régime spécial). Avec des mesures comme ça, les grèves Juppé de 1995 passeraient pour une aimable plaisanterie… Et puis il y a aussi le mur des réalités : on manque déjà de profs, alors si le statut se dégrade encore, bon courage pour recruter ! Et les parents gueuleront.
Droite ou gauche peu importe ; tout ça, on finira par l'avoir puisque ça correspond à l'alignement sur la politique de nos voisins européens. Il n'y a que la mobilité forcée telle qu'elle est décrite ici qui me semble peu probable : avec la crise du recrutement, pour envoyer un prof expérimenté en banlieue, il faudrait mettre un contractuel recruté sur LeBonCoin dans un bahut de CSP+ pour le remplacer ; si ça devient habitude, ça va finir par se voir et ça va braquer des parents qui sauront bien mieux se faire entendre que ceux des quartiers difficiles.

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