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Esméralda
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Grand sage

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par Esméralda Lun 14 Déc 2009 - 20:38
JE voudrais monter une séance visant à comparer les 2 versions de la Belle au bois Dormant, j'ai l'édition Hatier : mais je suis à la bourre, mon compagnon est malade et à l'hôpital 😢 😢 et je suis prise par le temps avec les déplacements... Donc je ne sais quand je vais trouver le temps de préparer tout ça d'ici jeudi...
j'en appelle donc à vos lumières et votre bon coeur veneration : auriez-vous une séance là-dessus ou même de vagues pistes à le proposer ??
Merci mille fois 😢
Poups
Poups
Sage

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par Poups Lun 14 Déc 2009 - 20:42
Je ne peux pas t'aider mais j'espère que ce n'est pas grave pour ton compagnon.Bon rétablissement à lui et bon courage à toi !
alinette
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par alinette Lun 14 Déc 2009 - 20:49
Désolée, Esméralda, mais je n'ai jamais travaillé sur ce conte. J'espère que ça va vite s'arranger pour ton compagnon.
V.Marchais
V.Marchais
Empereur

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par V.Marchais Lun 14 Déc 2009 - 20:59
Bonjour Esméralda,

Je n'aurai pas mieux que quelques pistes, mais j'espère que cela t'aidera.

Ce qui est caractéristique de l'écriture de Perrault, et absent chez les frères Grimm, respectueux de la tradition qu'ils recueillent, c'est une satire discrète des moeurs de la cour qui émaille tout le texte : la référence aux eaux et aux pèlerinages, l'évocation de la vieille Fée oubliée dans sa Province, des gardes avinés, du manque d'éloquence du Prince peu conforme aux attentes, de la mariée habillée "comme ma grand-mère"... Voir aussi l'insistance séduisante sur certains éléments spectaculaires (la fée et son char tiré par des dragons, la beauté de la Princesse longuement détaillée) propre à séduire un public exigeant.

Enfin, le conte de Perrault est un conte double qui se prolonge par un récit étiologique dans la lignée du mythe de Déméter.

Enfin, chez les frères Grimm, le conte n'est plus au service d'une morale explicite.

Bon courage à toi et meilleure santé à ton compagnon.
Esméralda
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Grand sage

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par Esméralda Lun 14 Déc 2009 - 21:24
Merci pour votre soutien...
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par contes-et-merveilles.com Mar 14 Déc 2010 - 16:49
j'ai trouvé cela :
La Belle au Bois Dormant au fil du temps, Réécrire la légende
Michaëla Degui
http://clpav.fr/page-belle-au-bois-dormant.htm

Qui n’a jamais rêvé de se faire réveiller par le baiser d’un beau prince charmant et de vivre à ses côtés le restant de ses jours dans le plus grand et le plus impensable bonheur du monde ?
La Belle au Bois Dormant est un des contes qui a bercé l’enfance de tout un chacun. Issu des légendes d’antan, souvent plus crues et moins édulcorées que les suivantes, les versions les plus connues restent celles de Charles Perrault ou celles des Frères Grimm. La Belle au Bois Dormant est un conte qui continue à se perpétuer au cours du temps. Il fut l’objet de nombreuses réécritures littéraires et parodiques, ainsi que d’adaptations au cinéma, en danse, en musique.

L’histoire du conte
Une jeune princesse, fille unique, est ensorcelée par une fée, très vexée de n'avoir pas été conviée au baptême. La Belle est ainsi condamnée à se piquer le doigt en filant et de mourir de cet incident. Pourtant, grâce à l’intervention d'une bonne fée, au lieu de subir cette mort annoncée, elle s'endormira pour un sommeil de cent ans, au terme duquel un Prince la réveillera et s’en suivra ce qui suivra…

Charles Perrault contre Les Frères Grimm
On sait que La Belle au Bois Dormant est un conte connu de la tradition ancestrale. Malgré tout, la version première est celle de Charles Perrault, puis suivra celle des Frères Grimm. Charles Perrault publie les contes de ma mère l’Oye en France en 1697 et les Frères Grimm publient les contes d’enfants et du foyer en Allemagne entre 1812 et 1815. La grande différence entre ces deux versions de La Belle au Bois Dormant réside principalement dans la fin. En effet, la version de Charles Perrault ne s’achève pas comme le veut la tradition sur le beau et langoureux baiser du prince qui réveille la Belle, et encore moins par leur union. La dernière partie de l’histoire est la partie la plus sombre. La mère du prince, une ogresse, désire, en l’absence de son fils, dévorer ses petits-enfants et sa belle-fille…Bien qu’elle n’y parvient pas et que tout rentre dans l’ordre à la fin, l’ogresse est punie et châtiée. Le conte n’en reste pas moins effrayant et assez cru comparé à la version des Frères Grimm. Ces derniers, à défaut d’autres détails divergents et peu signifiants, terminent leur conte par le réveil de la princesse et par son mariage.

Les adaptations et autres réécritures

Adaptations au Cinéma :
En 1959, la version de Walt Disney, Sleeping Beauty, plus proche de la version de Charles Perrault, reprend l’histoire de La Belle au Bois Dormant de la façon la plus douce possible. La belle princesse Aurore est sous l'emprise d'un sort jeté par une sorcière maléfique qui la condamne le jour de ses seize ans à se piquer le doigt et à s'endormir pour une durée de cent ans. Malgré l’effort des trois bonnes fées, la prophétie s'accomplit. Le prince Philippe devra affronter un dragon et déjouer le mal pour sauver sa bien-aimée et son Royaume. Cette animation a séduit tous les enfants du monde. Dans la version originale les voix des comédiens sont celles de Mary Costa (Princesse Aurore et Rose), Bill Shirley (Prince Philippe), Eleanor Audley (la sorcière), Verna Felton (Flora), Barbara Luddy (Merryweather).
Une autre tentative d’adaptation a été faite sur grand écran par David Irving en 1987 avec pour acteurs Morgan Fairchild, Tahnee Welch, Nicholas Clay, Kenny Baker, David Hollyday, Jane Wiedlin, Sylvia Miles. Cette production américaine de Menahem Golan et Yoram Globus, dont le scénario a été adapté par Michael Berz, fut un échec et il fut peu connu, malgré tout il existe.

Adaptations littéraires :
De nombreux auteurs s’inspirent des contes de fées traditionnels et les détournent pour créer de nouvelles histoires. Ils les réécrivent en gardant le même sujet, la trame narrative et le style du conte. Parfois, certains auteurs transforment et détournent les codes du conte pour en faire un autre genre totalement différent. Toutefois, ces histoires restent des contes par les références qu’ils font aux contes d’origine. La Belle au Bois Dormant a été édité, réédité, adapté, réadapté par un grand nombres d’auteurs.
On retrouve aussi des auteurs qui ont parodié l’histoire de manière originale et personnelle, on citera non exhaustivement : Jasmine Dubé avec Grattelle au bois mordant, Gail Carson Lévine La princesse au long sommeil plus proche d’une inspiration de Charles Perrault, contrairement au roman de Yvan Pommaux plus proche des Frères Grimm. On peut évoquer aussi Songes de La Belle au Bois Dormant de Frédéric Clément, La Belle au pied sentant de Claude Delafosse, Les Contes à l’envers avec La Belle au doigt bruyant de Dumas Philippe et Moissard Boris, etc. Frédéric Clément exploite, par exemple, le texte de Charles Perrault d’une manière très intelligente et intéressante. L’auteur raconte les songes de la Belle pendant son sommeil forcé. Le conte est mis en suspens dans certaines pages, et il y intègre une vingtaine de pages composées de poèmes, de photos et de peintures. Les légendes ne s’épuisent pas.

Réécriture musicale et chorégraphique :
On parlera forcément de Tchaikovski qui reprit le thème des contes pour écrire une musique transcendante. Il y a aussi Maurice Ravel qui a composé une œuvre intitulée Ma Mère l'Oye, une suite pour piano à quatre mains ; La Belle au Bois Dormant se transporte, de ce fait, aussi par la mise en scène et le ballet. Une création de 2000 mérite une certaine attention. Elle emprunte le thème du ballet d’après le conte de Perrault et à partir de la musique de Tchaikovski, interprétée par des danseurs russes de Ballet Plus, une compagnie du théâtre d’Ekaterinburg et chorégraphiée par Karine Saporta.

Pour en finir avec les réécritures :
Les véritables contes populaires ne sont pas des histoires inventées, racontées et transmises par les adultes à la seule fin de distraire les enfants. Les contes populaires et légendaires d’antan ont en eux une image de la réalité qui marque l'esprit des plus jeunes. Ils dénoncent, par le biais de leur trame, les défauts des hommes et donnent les fondements de l’« art de vivre ». Le conte de La Belle au Bois Dormant est un peu notre destin à tous. Nous recherchons notre double, notre Graal, notre prince.
Le thème de la piqûre et du sommeil restent, selon de nombreux théoriciens, le grand symbole de la séparation. Plusieurs symboles, autres morales et interprétations sont possibles à l’infini. Quelque soit la succession des adaptations, des réécritures, des ajouts ou des suppressions, cela ne brisera pas l’histoire du conte, car il subsiste simplement la vraie histoire de La Belle au Bois Dormant qui est universelle. Chacun se fait sa propre réinterprétation. Le fantasme de la Belle est en chacune de nous, tout autant que le fantasme du prince est en chacun d’eux… Reste surtout le plaisir, la peur, le merveilleux imaginaire de notre tendre enfance à jamais perpétué.

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cordialement
Jean-Pierre MATHIAS
Conteur ... "J'ai des merveilles à vous dire"
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- vidéo d'une contée au collège, séquence 2 : https://www.youtube.com/watch?v=Cb0Mxeuf5-Q
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par contes-et-merveilles.com Mar 14 Déc 2010 - 16:53
voici également quelques données complémentaires, extraites de "Le conte populaire français", tome 2

LA BELLE AU BOIS DORMANT, Conte-type 410
Aa. Th. Sleeping Beauty (La Belle endormie). — Basile V, 5, Lutta e Talia (Soleil, Lune et Thalie). — Grimm n° 50, Dornrôschen (Petite rose à épine).
P.Delarue et M.L. Tenèze, Le conte populaire français, tome 2, Maisonneuve & Larose, pp. 68, 70...
[...] ce conte, un des plus aimés du recueil de Perrault, un des plus souvent reproduits dans les livres pour enfants, est presque totalement absent de la tradition orale française ; et ce qui est vrai pour la France, le serait aussi pour les autres régions (Allemagne, péninsule ibérique, Italie, Grèce, Russie, Arabie) où les rares versions recueillies se ramèneraient finalement à des sources livresques [Cf. Stith THOMPSON, The folktale, p. 96)]
Rappelons qu'une première rédaction de la Belle au bois dormant de Perrault a paru d'abord, dans le n° de février 1696 du Mercure Galant [Apportée ou envoyée à ce journal, pense Paul Delarue, par Mlle Lhéritier. Cf. Paul DELARUE, « Les contes merveilleux de Perrault, Faits et rapprochements nouveaux », in : Arts et traditions populaires, 1954, pp. 1-22, 251-274, ici p. 262], la version définitive ouvrant, en janvier 1697, le recueil des Histoires ou Contes du temps passé, avec des moralités, paru chez Barbin [Voir les variantes entre les deux textes, réunies pp. 205-212 de : Contes de Perrault en vers et en prose, publiés d'après les éd. originales, avec une introduction par Emile HENRIOT, Paris, Aux éd. de la Chronique des lettres françaises, 1928].
On admet généralement que Perrault s'est inspiré, pour ce conte, du texte de Basile, et cette dépendance, soulignée par la ressemblance des noms donnés aux enfants (Soleil et Lune chez Basile, Aurore et Jour chez Perrault) paraît en effet très probable pour l'épisode adventice de la fin. Il est possible aussi que certaines différences entre les deux textes s'expliquent uniquement par le souci de Perrault de ne pas contrevenir aux règles de la bienséance. On sait ainsi que chez Basile, le prince, d'ailleurs déjà marié, accomplit l'acte d'amour avec la belle endormie, qui accouchera de même tout en dormant.
En ceci le texte de Basile est conforme à la version de ses devanciers. En effet, dès le XIVe siècle, deux autres œuvres littéraires anonymes mettent notre thème en œuvre. C'est, au livre III du roman français en prose de Perceforest, l'histoire de Troylus et de la belle Zellandine [Reproduite en appendice à l'étude de critique littéraire consacrée par Jeanne LODS au « Roman de Perceforest. Origines-Composition-Caractères-Valeur et influence », Paris, Droz, 1951. L'auteur est d'avis que Perceforest « qui doit être considéré comme un classique du roman de chevalerie... nous semble donc avoir été écrit entre 1314 et 1323, par un écrivain de profession, qui faisait vraisemblablement partie de la maison de Guillaume Ier de Hainaut » (p. 279)], c'est la nouvelle catalane de Frère-de-Joie et de Sœur-de-Plaisir [Texte catalan en vers, précédé d'une introduction et d'une traduction résumée, en français, par Paul MEYER, Romania, XIII, 1884, 266-284.]
Or, il n'y a pas de doute que le conte de Perrault est plus proche, dans son début, du premier de ces textes que de Basile : trois déesses à la naissance de la princesse, l'une, Thémis, courroucée parce qu'elle n'a pas trouvé de couteau, lançant l'imprécation : « Je lui donne telle destinée que du premier fil de lin qu'elle traira de sa quenouille il lui entrera une arreste au doy en télé manière qu'elle s'endormira a coup et ne s'esveillera jusques a tant qu'elle sera suchee hors », la troisième déesse, Vénus, s'engageant à amender cette malédiction — voilà bien, chez l'auteur anonyme du roman de Perceforest, des éléments très voisins de ceux utilisés par Perrault
Si Sœur-de-plaisir semble sombrer dans son long sommeil sans aucune cause extérieure et sans qu'il y ait eu malédiction, dans le Perceforest, nous avons ainsi, tout comme chez Basile, l'areste de lin. Et les trois textes connaissent un oiseau comme motif important dans le déroulement du récit. « Il n'est pas impossible, écrit Mme J. Lods [Op. cit., p. 87], que Basile ait connu le Perceforest traduit en italien en 1525, mais peut-être est-il plus vraisemblable encore qu'il ait existé une forme de conte connue à la fois des conteurs italiens, de l'auteur de Perceforest et de celui de Frère-de-Joie et Sœur-de-Plaisir. »
Quand à Perrault, aurait-il puisé aux deux sources, du Pentamerone et du Perceforest, et aurait-il fondu, dans le creuset de son imagination, ces deux versions ? La question demeure ouverte.
En tous cas, c'est bien d'une telle fusion, involontaire il est vrai, entre les souvenirs de deux textes différents qu'est née la version de Grimm. Il est établi en effet que cette version, donnée aux frères Grimm par une conteuse de descendance française, est basée sur le conte de Perrault (l'épisode final étant retranché), auquel est soudé, en introduction, un épisode inspiré nettement du début de La Biche au bois de Mme d'Aulnoy. C'est Wesselski [WESSELSKI, Versuch einer Théorie..., p. 178. « La Biche au Bois » a paru pour la première fois dans Contes nouveaux ou les fées à la mode, I, Paris, 1698, pp. 228 ss.] qui a retrouvé dans la Fée Ecrevisse de la conteuse française l'explication de l'écrevisse du conte de Grimm, devenue grenouille dans les éditions ultérieures, annonçant à la reine la naissance prochaine d'une petite princesse.
Rappelons aussi que le motif du prince se couchant auprès d'une belle endormie qu'il laisse enceinte, fait, dans de nombreuses versions orales, partie intégrante du T. 551 « Les trois frères à la recherche d'un remède merveilleux pour guérir leur père ».
Jan de Vries a consacré un article à « Dornroschen » dans fabula, 2. Ed., Heft 1-2, Berlin 1958, pp. 110-121.

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Jean-Pierre MATHIAS
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