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Rythmes scolaires : les Pays-Bas, un modèle ? (Libération) Empty Rythmes scolaires : les Pays-Bas, un modèle ? (Libération)

par The Goon Dim 3 Aoû 2014 - 16:40
Depuis 2011, le gouvernement teste dans quelques écoles une journée d’enseignement en continu avec une courte pause le midi, pour avaler des tartines (broodjes), ce qui permet aux écoliers de sortir à 14 heures. La phase de test prend fin cette année ; les retombées semblent positives et le système devrait se généraliser. Ces rythmes permettent une meilleure répartition des leçons : une première partie de la journée consacrée aux enseignements fondamentaux, la seconde, aux sciences, arts plastiques ou humanités.

Après l’école : un éventail de possibilités large mais coûteux. En France, les collectivités locales se retrouvent dos au mur, tant logistiquement que financièrement concernant les activités périscolaires. Elles ne peuvent se reposer sur des structures préexistantes et doivent mettre en place, dans l’urgence, des structures d’accueil et des activités éducatives pour 6,7 millions d’écoliers.

Aux Pays-Bas, ces structures se sont largement développées, ce qui rend possible des rythmes scolaires déconcentrés. Une des particularités néerlandaises est l’extrême facilité avec laquelle les particuliers peuvent créer un centre offrant des activités extrascolaires de 15 h 30 à 18 h 00 : sports, musique, art, jeux éducatifs. Loin de n’être que des garderies améliorées, les centres les plus performants mettent en place des activités récréatives et éducatives visant à faire acquérir aux enfants des savoirs et des pratiques non scolaires mais néanmoins pédagogiques. Cependant, ces activités ont un coût : entre 6 et 7 euros de l’heure pour les parents, ce qui peut revenir jusqu’à 8 500 euros par an. La gratuité n’a jamais fait partie du modèle éducatif néerlandais ! Pour autant le pays n’est pas épargné par la crise économique et la fréquentation de ces centres payants recule. Sont ainsi apparus les sleutelkinderen (littéralement «enfants à clefs»), des enfants qui doivent rentrer seuls à la maison après l’école, leurs parents ne pouvant payer pour les activités extrascolaires.

Parents et enfants sur le même rythme. Le bon fonctionnement des rythmes scolaires aux Pays-Bas doit beaucoup à leur articulation efficace avec les rythmes de travail des parents. Alors que la semaine de travail est officiellement de 40 heures, Eurostat comptait, en 2013, 49,8% de Néerlandais, hommes et femmes, travaillant à temps partiel, faisant d’eux les champions d’Europe. Travailler à temps partiel n’est pas un handicap dans la carrière des Néerlandais, il est courant que les cadres et dirigeants travaillent 32 heures par semaine. Leur journée de travail est aussi plus courte.

Le succès du modèle néerlandais repose avant tout sur son articulation avec des structures d’accueil adaptées et avec l’organisation générale de la société. Une réforme efficace des rythmes scolaires est donc dépendante du modèle social dans lequel il s’inscrit.

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En gros c'est une réussite parce que c'est cher, de moins en moins d'élèves vont dans ces centres et visiblement si les horaires de travail des parents ne leur permettent pas d'aller les chercher et que les salaires ne permettent pas de payer le périsco les gamins se retrouvent tout seul à 14h. Exactement ce qui est dénoncé depuis le début avec cette réforme.
henriette
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Rythmes scolaires : les Pays-Bas, un modèle ? (Libération) Empty Re: Rythmes scolaires : les Pays-Bas, un modèle ? (Libération)

par henriette Dim 3 Aoû 2014 - 17:19
Le rythme allemand, en quelque sorte, avec ses problèmes : le terme de "Schlüsselkinder" existe en allemand depuis bien longtemps...

Cette fin des cours à 14h, ça fonctionne quand les parents peuvent supporter le coût les activités post scolaires pour garder les enfants jusqu'à la fin de leur travail, ou quand l'un des deux parents est à mi-temps.
Sinon, c'est la clef à une cordelette autour du cou, et une grande cuiller en bois pour atteindre le bouton de l'ascenseur (cf. Moi, Christiane F.)
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