texte pour les subordonnées

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texte pour les subordonnées

Message par Philippus magister le Jeu 22 Déc - 11:47

Bonjour,

je prépare un cours de récapitulation de toutes les subordonnées du français. je suis à la recherche d'un texte combinant le maximum de subordonnées (circons. conjonctives, etc.)

Si quelqu'un a une idée. Ca serait sympa de me l'envoyer ou de me donner les ref.

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Jane le Jeu 22 Déc - 13:30

Agée de quinze ans, la narratrice passe des vacances chez des amis, avec sa sœur, et se lie d’amitié avec une jeune fille de vingt ans.


Elle nous reconduisit chez nos parents : avant même qu’elle eût refermé la porte, une scène éclata : nous avions oublié à Meulan une brosse à dents ! Par contraste avec les jours sereins que je venais de vivre, l’aigre atmosphère où je me replongeais me parut soudain irrespirable. La tête appuyée contre la commode du vestibule, je sanglotai ; ma sœur m’imita : « C’est charmant ! aussitôt rentrées, elles pleurent », disaient mon père et ma mère indignés. Je m’avouai pour la première fois combien les cris, les récriminations, les réprimandes qu’à l’ordinaire j’encaissais en silence m’étaient pénibles à supporter ; toutes les larmes que pendant des mois j’avais refoulées me suffoquaient. Je ne sais si ma mère devinait qu’intérieurement je commençais à lui échapper.


Simone de Beauvoir
Mémoires d’une jeune fille rangée



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Re: texte pour les subordonnées

Message par Serge le Jeu 22 Déc - 13:33

Sinon n'importe quelle page de Marcel Proust peut faire l'affaire Laughing

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Jane le Jeu 22 Déc - 13:39

tu crois qu'ils sont tous aptes à comprendre Proust ? scratch

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Clarinette le Jeu 22 Déc - 13:41

Certes, mais peut-être Philippus Magister souhaiterait-il une phrase de moins d'une demi-page écrit serré ? Very Happy

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Philippus magister le Jeu 22 Déc - 14:00

merci à tous,
je cherchais en effet un texte assez long, même difficile. J'ai utilisé la madeleine comme texte de départ pour les faire réfléchir, et récapituler, j'aurais aimé prendre un autre auteur pour les exercices.
Si quelqu'un a une autre idée..
A bientôt,

Philippe

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Serge le Jeu 22 Déc - 14:13

Ah ben, vous voyez : il ne faut jamais trop sous estimer les élèves Smile

Et puis Proust, ce n'est pas si compliqué à comprendre pour eux, juste fastidieux à lire parce qu'il ne s'y passe pas grand chose surtout et que le livre leur tomberait des mains Wink

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Jane le Jeu 22 Déc - 15:19

Bon ben je remballe mon texte trop facile alors (que mes élèves ont toutes les peines à décrypter) humhum

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Re: texte pour les subordonnées

Message par Clarinette le Jeu 22 Déc - 15:22

Razz

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Re: texte pour les subordonnées

Message par User5899 le Jeu 22 Déc - 18:57

@Philippus magister a écrit:merci à tous,
je cherchais en effet un texte assez long, même difficile. J'ai utilisé la madeleine comme texte de départ pour les faire réfléchir, et récapituler, j'aurais aimé prendre un autre auteur pour les exercices.
Si quelqu'un a une autre idée..
A bientôt,

Philippe
Tenez, c'est volontiers, même si vous ne l'utilisez pas.
« Mais elle n’a rien, personne, et personne ne la pleurera (et qu’est-ce que la mort sans les pleurs ?) sinon peut-être son frère, cet autre vieillard, et sans doute pas plus qu’elle ne se pleurerait elle-même, c’est-à-dire ne se permettrait de se pleurer, ne penserait qu’il est décent, qu’il est convenable de…
— Mais elle ne t’est rien.
— Non, dit Louise.
— Elle ne t’est rien.
— Non », répéta-t-elle docilement. Mais elle continuait à regarder devant elle quelque chose qu’il ne pouvait pas voir.
« Alors.
— Alors rien », dit-elle (regardant toujours, par-delà les arbres, les prés, la paisible campagne de septembre, ce quelque chose qu’il ne pouvait pas voir). « Rien : elle ne s’est jamais mariée. Elle n’a peut-être jamais eu l’idée qu’elle pouvait, qu’elle avait le droit – avec ce frère de quinze ans plus jeune qu’elle et qu’elles ont élevé (elle et celle qui est déjà morte), dont elles ont réussi (à force de réfléchir au meilleur moyen de porter une robe à peu près trois fois plus de temps qu’il n’en faut pour s’user jusqu’à la trame au tissu dont elle a été primitivement faite) à faire un professeur de Faculté, ce qui, pour deux institutrices dont le père et la mère savaient tout juste lire ou peut-être même pas du tout, a sans doute dû paraître valoir la peine de renoncer à tout ce à quoi une femme peut prétendre avoir normalement droit, et quand nous nous sommes mariés, Georges et moi, elle m’a donné cette bague, elle m’a fait venir dans sa chambre (et c’est la première fois que j’ai senti cette odeur, ce parfum, exactement celui d’une rose desséchée ou plutôt – puisqu’une rose desséchée ne sent rien – celui que l’on imagine qu’elle devrait exhaler, c’est-à-dire quelque chose qui serait à la fois fait de poussière et de fraîcheur, et j’ai regardé sa table, sa coiffeuse, mais il n’y avait rien que ces quatre épingles et ce flacon d’eau de Cologne bon marché, et pourtant cela sentait comme une fleur, comme une jeune fille, comme peut sentir la chambre ou plutôt le tombeau, le sarcophage d’une toute jeune fille que l’on y aurait conservée intacte quoique prête à tomber en poussière au moindre souffle), et alors elle a fouillé dans un tiroir et elle en a sorti non pas un coffret à bijoux ni même un de ces coffrets d’acier comme on en vend chez le quincaillier à l’intention des paysans et des marchands de bestiaux qui ne veulent pas mettre leur argent à la banque, mais une boîte à biscuits ou à berlingots, en fer, toute piquetée de rouille avec, dessus, une jeune femme vêtue d’une longue robe blanche, à demi allongée sur l’herbe dans une pose à la fois langoureuse et raide, avec juste la pointe des pieds, ou plutôt des souliers, dépassant sous le dernier volant, pudiques et ridicules, et, couché près d’elle (qui dans sa main tient une même boîte sur le couvercle de laquelle sa même image se répète, comme dans ces jeux de miroir sans fin) un de ces petits chiens blancs et frisés, le tout (la dame, le caniche, la prairie) dans un cadre de fleurs et de rubans aux nœuds d’un bleu pervenche et…
— Mais…
— Non, écoute : il n’y avait naturellement pas de clé et la boîte n’était fermée que par un long cordon enroulé une vingtaine de fois autour, qu’il lui a fallu un moment pour dérouler, serrant ensuite la boîte contre elle tandis qu’elle s’escrimait avec ces mains maladroites et raides, essayant de l’ouvrir – et toujours je pouvais sentir cette odeur de jeune fille, de fleur, cherchant des yeux le globe, la couronne de mariée, cher-chant, mais il n’y avait rien. Rien que cet entêtant et sans doute imaginaire parfum de fraîcheur, de virginité et de temps accumulé.
Claude SIMON, L'Herbe, Minuit.

User5899
Dieu de l'Olympe


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