Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

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Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par vivi1982 le Mer 25 Avr 2012 - 17:12

Bonjour, dans le cadre de la séquence sur le malade imaginaire en 5ème je cherche des textes renseignants sur la médecine du XVIIème.

vivi1982
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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par John le Mer 25 Avr 2012 - 17:14

Des textes pour toi, ou pour faire lire en classe ?

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John
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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par JPhMM le Mer 25 Avr 2012 - 17:15

L’œuvre majeure de ce siècle : William Harvey, La circulation du sang.

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par John le Mer 25 Avr 2012 - 17:15

Tu peux déjà te renseigner sur la théorie des humeurs :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_humeurs

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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par Amaliah le Mer 25 Avr 2012 - 17:19

Dans le Fleurs d'encre de 6° tu as une page sur la médecine au XVII° siècle.

Amaliah
Guide spirituel


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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par Hermiony le Mer 25 Avr 2012 - 17:19

Sinon, si c'est pour les élèves, dans l'édition "classico collège" du Malade, il y a un dossier sur la médecine...

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"Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l'ignorance, l'indifférence, la cruauté, qui d'ailleurs ne s'exerce si souvent contre l'homme que parce qu'elles se sont fait la main sur les animaux. Il y aurait moins d'enfants martyrs s'il y avait moins d'animaux torturés".
Marguerite Yourcenar



« La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. » «Le véritable test moral de l’humanité, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. » Kundera, L’Insoutenable Légèreté de l’être

Hermiony
Empereur


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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par JPhMM le Mer 25 Avr 2012 - 17:54

Cadeau (petite surprise à la fin du texte. Wink )

La découverte de la circulation du sang, fin du galiénisme

Je terminerai l'étude de cette période par un épisode d'importance capitale, qui, à vrai dire, appartient au XVIIe siècle par son dénouement, mais qui apparaît comme une conclusion de l'effort du XVIe et qui marque l'un des tournants les plus décisifs dans l'histoire des sciences biologiques : la découverte de la circulation du sang par William Harvey. Elle a été formulée en 1628 dans l'Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis. Cet ouvrage capital n'a que 72 pages, d'un format modeste.

Pour les Anciens et spécialement pour Galien, — qui suivait en cela la trace d'Aristote, — et qui, aux yeux des anatomistes du XVIe siècle, représentait la vérité indiscutable, le sang, liquide nourricier, est élaboré par le foie, qui est le prince des viscères et il circule dans les veines. Le cœur, origine des artères, est avant tout le siège de l'esprit vital ou pneuma, élaboré dans le ventricule gauche, aux dépens de l'air inspiré qui lui arrive par le poumon. La respiration a pour rôle de refroidir le sang échauffé par le cœur; les artères, vides de sang sur le cadavre, passaient dans l'Antiquité pour ne renfermer que de l'air. C'est cependant Galien qui, en isolant sur l'animal vivant un segment d'artère par deux ligatures, a prouvé que les artères renferment du sang, un sang rouge, léger et subtil, contenant l'esprit vital et s'opposant au sang humide et épais des veines. Le sang se spiritualisait dans le ventricule droit du cœur, grâce aux pores de la cloison, que personne n'avait naturellement pu voir, mais dont l'existence était, au XVIe siècle, article de foi. Vésale lui-même n'avait pas osé tout d'abord en nier l'existence. Il avait cru, suivant ses termes, devoir « s'accommoder aux dogmes de Galien ». La négation de l'existence des pores qu'il formula par la suite fut une des plus graves calomnies qu'on lui reprocha. Nulle part ailleurs, la force despotique de l'autorité des Anciens n'apparaît avec plus de relief.

La vérité perça partiellement avec Michel Server (1509-1553), Aragonais qui fut à Paris le disciple de Gonthier d'Andermach et de Sylvius et que Calvin envoya au bûcher, à Genève, pour une hérésie formulée dans un ouvrage théologique publié à Vienne (Dauphiné), la Christianismi restitutio, détruite par ordre de Calvin. Persuadé que le sang est le siège de l'âme, insufflée par Dieu dans la bouche et arrivant au coeur par le poumon, Servet avait étudié la circulation pulmonaire et le retour du sang au ventricule gauche. Il réfutait ainsi le dogme galénique de l'existence des pores de la cloison inter-ventriculaire et il avait constaté le changement de couleur du sang dans le poumon. S'il n'était pas monté sur le bûcher, il eût peut-être résolu tout le problème de la circulation. Un peu plus tard, en 1559, Realdo Columbo, successeur de Vésale à Padoue, décrivit à son tour la circulation pulmonaire, sans mentionner Server. Césalpin, en 1571, fit la même découverte, en ignorant, lui aussi, ses deux prédécesseurs. Il avait reconnu aussi que le sang circulait dans les veines, à partir de la périphérie, à l'inverse de ce que supposait la théorie de Galien et, en 1574, Fabrice d'Aquapendente constatait, dans les veines, les valvules en nids de pigeon qu'avaient d'ailleurs, avant lui, aperçues Charles Estienne et Sylvius.

W. Harvey avait pris le doctorat en médecine en 1602, à Padoue, où il avait été le disciple de Fabrice d'Aquapendente et, rentré en Angleterre, il était devenu, en 1615, professeur d'anatomie et chirurgie au Collège royal des Médecins. Il a étudié le cœur et la circulation par la vivisection sur des animaux divers, analysant minutieusement les mouvements du cœur et il en a fait maintes démonstrations à ses auditeurs; il pratiquait de nombreuses ligatures et compressions des artères et des veines. Finalement, il a conclu que le sang, lancé par les artères, revient au cœur par l'oreillette droite, de là est lancé, par le ventricule droit et l'artère pulmonaire, au poumon, puis revient à l'oreillette gauche par les veines pulmonaires. En annonçant sa découverte, il n'a pas manqué de protester de sa déférence pour les Anciens. Mais cela n'empêcha pas que se déchaînassent contre lui des polémiques violentes et prolongées, en Angleterre et en France, où Jean Riolan (1580-1657), anatomiste distingué, s'est particulièrement ridiculisé devant la postérité. A bout d'arguments, il admettait tout au plus que la Nature avait changé depuis Galien, et Guy Patin, doyen de la Faculté de médecine de Paris, déclarait que la circulation était « paradoxale, impossible, inintelligente, absurde, nuisible à la vie de l'homme ». On affublait Harvey et ses partisans de l'épithète de circulatores, c'est-à-dire de charlatans. On retrouve dans le Malade imaginaire de Molière un dernier écho de ces querelles et de la résistance obstinée aux vérités nouvelles, au nom de l'autorité des Anciens.

Maurice Caullery, in Histoire de la science, 1957, Gallimard.

PS : c'est moi qui saute une ligne à chaque fin de paragraphe pour rendre la lecture sur écran plus facile.


Dernière édition par JPhMM le Mer 25 Avr 2012 - 18:03, édité 2 fois

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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par Nadejda le Mer 25 Avr 2012 - 18:02

Vous pouvez jeter un oeil aux essais de Patrick Dandrey : ses livres sur la médecine et la maladie dans le théâtre de Molière, Les tréteaux de Saturne (sur les humeurs, et particulièrement la mélancolie, dans le théâtre baroque) et son Anthologie de l'humeur noire. Sa plume est érudite et élégante.

Nadejda
Grand Maître


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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par vivi1982 le Mer 25 Avr 2012 - 21:54

@John a écrit:Des textes pour toi, ou pour faire lire en classe ?
Les deux Very Happy

vivi1982
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Re: Textes sur la médecine du XVIIème pour accompagner la lecture du Malade imaginaire.

Message par vivi1982 le Mer 25 Avr 2012 - 21:55

Merci Wink

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