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Igniatius
Guide spirituel

Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Igniatius le Lun 23 Sep 2013 - 21:00
J'ai lu cet article hier dans le JDD et j'avoue que les témoignages m'ont laissé perplexe.

L'accroche :
Et si les solutions pour l'école venaient des enseignants eux-mêmes ? Le JDD en a rencontré cinq, qui, à leur niveau, sans moyen particulier, mettent en œuvre des idées… géniales
Alors j'ai tout lu, et les mêmes questions se posent toujours.

Je cite un peu :
@JDD a écrit:"Twitter pour améliorer l'orthographe"
Alexandre Acou , instituteur en CM2 dans le 13e arrondissement de Paris
Cela a démarré par une expérimentation, après avoir entendu parler de l'utilisation du réseau social Twitter en lycée. Alexandre Acou a du mal à s'en passer. Il en est à sa troisième "tweet classe". "J'ai créé un compte pour ma classe, avec deux objectifs : motiver l'écriture et donc le travail sur la langue, et enseigner l'Internet responsable." Chaque matin, l'instituteur dépose son smartphone sur son bureau. Un élève, "le tweeteur du jour", s'en saisit pour écrire le premier tweet. Sur les deux PC de la classe, les élèves se relaient pour rédiger des énigmes mathématiques, des haïkus, ces brefs poèmes japonais se prêtant parfaitement au format de Twitter, ou correspondre avec d'autres "tweet classes" dans le monde. "Mes élèves sont complètement libres d'écrire ce qu'ils veulent. Je ne leur donne aucune contrainte. Mais je ne tolère aucune faute d'orthographe, explique l'enseignant. Le fait d'être lu par nos followers et les familles donne beaucoup plus de sens aux compétences, l'orthographe en tête. Les élèves sont prêts à corriger autant de fois que nécessaire s'il reste des erreurs." Cet enseignant du troisième millénaire n'abandonne pas pour autant les bonnes vieilles recettes : "Je peux très bien faire “tweet classe” le matin et des dictées l'après-midi."
La description ne me choque pas outre mesure, puisque le collègue semble ne pas baser son enseignement sur twitter (bon, je reste par principe opposé à l'utilisation en classe de ce réseau précis, mais admettons).
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est l'apport de ce support : ce qu'il fait sur twitter, il peut le faire sans, aussi bien. Qu'est-ce que ça change sur le fond ?
De plus, la journaliste ne rend pas compte des résultats : cela améliore-t-il l'apprentissage des gamins ?
On n'en saura rien, sinon que, comme l'annonce l'accroche, "c'est une solution géniale".

2ème extrait :
@JDD a écrit:"Des maths et du français en tandem"
Adrien Guinemer, professeur de maths au collège Jacques-Yves-Cousteau à Creutzwald (Moselle)
Il a 30 ans et des idées plein la tête pour faire aimer les maths aux collégiens. Adrien Guinemer mise sur les projets pluridisciplinaires et sur les dédoublements de classe. Il a concocté avec une collègue de français un cours où les chiffres et les lettres ne sont pas ennemis mais alliés. "L'objectif est de susciter l'intérêt des élèves et de décloisonner les disciplines." L'amoureux des maths tient à démontrer que sa matière est avant tout un jeu. "Nous avons fait réfléchir les élèves de quatrième à la façon dont un concepteur de jeu de Scrabble choisirait la répartition des voyelles. Pour y arriver, ils ont dû étudier des textes de Victor Hugo et de Georges Perec, et observer à l'aide d'outils mathématiques, comme des tableurs, la répartition des voyelles dans ces textes. Alors qu'une moitié de classe travaillait sur les tableurs avec moi, l'autre découvrait les lipogrammes de l'Oulipo avec ma collègue." Ainsi les élèves ont appris à faire des statistiques, à utiliser un tableur et donc les fonctions conditionnelles, tout en étudiant des auteurs ­ français.
C'est sympa ce qui est décrit en effet.
Mais tout collègue de maths aura reconnu une activité présente dans 90% des bouquins (je l'ai dans celui de mes secondes), hyper-classique pour illustrer l'utilité des statistiques, qui ont pris une part considérable dans nos programmes. Malheureusement.
Donc, très bien, mais ultra-commun.
Et puis quand on sortira du domaine très spécifique des stats, la collaboration avec le français deviendra plus complexe...
Encore une fois, la journaliste relate, mais d'esprit critique, point.


Le dernier témoignage me paraît plus contestable :
@JDD a écrit:"Les collégiens visionnent mes cours chez eux"
David Bouchillon, professeur d'histoire-géographie au collège Aliénor-d'Aquitaine à Salles (Gironde)
Il enseigne depuis 1999 et ne supportait plus de voir des élèves s'ennuyer en classe puis totalement décrocher. Alors il a dit adieu aux cours magistraux. Depuis deux ans, il applique une méthode très en vogue outre-Atlantique : la classe inversée. "Fini la traditionnelle leçon à la française où le prof assène son cours, note au tableau et demande aux élèves de recopier sur leurs cahiers. Les collégiens visionnent mes cours chez eux sous forme de courtes vidéos; pour m'assurer qu'ils les ont bien regardées, je leur demande de noter le titre, la problématique, les mots de vocabulaire qui posent problème, un petit résumé. Ainsi ils ne sont plus consommateurs mais créateurs de savoirs." Ce prof, qui a également abandonné les notes il y a plusieurs années pour "l'auto-évaluation", se réjouit parfois de "pouvoir se mettre dans un coin et observer les élèves travailler ensemble sans soupirs ni chahut. La classe inversée permet d'encourager des compétences qui sont très peu mises en valeur dans l'éducation classique : l'autonomie, le travail en équipe et la maîtrise de la langue." David Bouchillon estime "qu'il est urgent de changer la place du prof. Le savoir doit être diffusé de façon horizontale, le prof ne doit plus être un imposeur de travail mais plutôt un organisateur du travail."
Je ne comprends pas en quoi les élèves ne sont pas consommateurs, et même "créateurs de savoirs" : le cours qu'il n'a pas fait en classe (ça ne me dérange pas) doit avoir été visualisé par les élèves chez eux.
Cela pose deux problèmes :
1. quid des élèves qui ne l'ont pas fait ? Il ne nous fera pas croire que cela fonctionne statistiquement mieux que de suivre en classe. Si ?
2. les thuriféraires habituels de la "classe inversée" défendent souvent l'idée que tout le travail doit être fait en classe, et que le boulot à la maison doit être minimisé. Mais là, cela suppose un réel investissement de la part des gamins : il faut qu'ils se tapent une video plus ou moins magistrale seuls chez eux ! Ca me fait presque rire.

De plus, les gamins consomment comme lors d'un cours magistral en classe : ils écoutent un "savant" disserter sur une video.

Enfin, la dernière phrase ne veut rien dire : je veux bien que le prof organise (au lieu d'imposer) le travail, mais qui a filé le travail ?? Les gamins souhaitent étudier la 1ère guerre mondiale en 4è de leur propre chef ?


Et encore, aucune analyse critique de la part de la journaliste, et c'est ce qui me choque le plus dans cet article : car chaque témoignage est valable, si l'on fait abstraction des quelques références pédagos habituelles. Et puis s'ils ont l'impression de trouver un équilibre comme cela, pourquoi pas ?
Mais ces "méthodes" sont-elles réellement plus efficaces ?
Ben on ne le saura pas, leur caractère "innovant" suffit pour affirmer l'aspect "génial" de ces techniques.

Franchement, les journalistes, c'est le degré zéro.


"L'article" complet ici :
http://www.lejdd.fr/Societe/Education/Cinq-profs-qui-font-bouger-l-ecole-630208

Il y a deux autres témoignages, mais je n'ai pas grand-chose à en dire.

Voilà, j'attendais depuis hier que le JDD mette l'article en ligne : il m'a plongé dans la perplexité hier midi...

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"Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion."
St Augustin

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Brian Wilson
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kensington
Esprit éclairé

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par kensington le Lun 23 Sep 2013 - 21:11

Je suis déçu, personne pour vanter les îlots!

Je partage ta conclusion: on se fiche de savoir si c'est réellement efficace, il faut juste que ce soit (soi-disant) innovant. Mais ce n'est pas seulement le discours des journalistes, c'est aussi celui du ministère.

Tout cela devient lassant.
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Isis39
Esprit sacré

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Isis39 le Lun 23 Sep 2013 - 21:12
@Igniatius a écrit:
Je cite un peu :
@JDD a écrit:"Twitter pour améliorer l'orthographe"
Alexandre Acou , instituteur en CM2 dans le 13e arrondissement de Paris
Cela a démarré par une expérimentation, après avoir entendu parler de l'utilisation du réseau social Twitter en lycée. Alexandre Acou a du mal à s'en passer. Il en est à sa troisième "tweet classe". "J'ai créé un compte pour ma classe, avec deux objectifs : motiver l'écriture et donc le travail sur la langue, et enseigner l'Internet responsable." Chaque matin, l'instituteur dépose son smartphone sur son bureau. Un élève, "le tweeteur du jour", s'en saisit pour écrire le premier tweet. Sur les deux PC de la classe, les élèves se relaient pour rédiger des énigmes mathématiques, des haïkus, ces brefs poèmes japonais se prêtant parfaitement au format de Twitter, ou correspondre avec d'autres "tweet classes" dans le monde. "Mes élèves sont complètement libres d'écrire ce qu'ils veulent. Je ne leur donne aucune contrainte. Mais je ne tolère aucune faute d'orthographe, explique l'enseignant. Le fait d'être lu par nos followers et les familles donne beaucoup plus de sens aux compétences, l'orthographe en tête. Les élèves sont prêts à corriger autant de fois que nécessaire s'il reste des erreurs." Cet enseignant du troisième millénaire n'abandonne pas pour autant les bonnes vieilles recettes : "Je peux très bien faire “tweet classe” le matin et des dictées l'après-midi."
La description ne me choque pas outre mesure, puisque le collègue semble ne pas baser son enseignement sur twitter (bon, je reste par principe opposé à l'utilisation en classe de ce réseau précis, mais admettons).
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est l'apport de ce support : ce qu'il fait sur twitter, il peut le faire sans, aussi bien. Qu'est-ce que ça change sur le fond ?
De plus, la journaliste ne rend pas compte des résultats : cela améliore-t-il l'apprentissage des gamins ?
On n'en saura rien, sinon que, comme l'annonce l'accroche, "c'est une solution géniale".
Je crois que pour le prof, l'utilisation de twitter tient au fait que les élèves sont lus par de vrais gens et que cela les motive pour rédiger correctement.
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JPhMM
Demi-dieu

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par JPhMM le Lun 23 Sep 2013 - 21:15
@Igniatius a écrit:
Je cite un peu :
@JDD a écrit:"Twitter pour améliorer l'orthographe"
Alexandre Acou , instituteur en CM2 dans le 13e arrondissement de Paris
Cela a démarré par une expérimentation, après avoir entendu parler de l'utilisation du réseau social Twitter en lycée. Alexandre Acou a du mal à s'en passer. Il en est à sa troisième "tweet classe". "J'ai créé un compte pour ma classe, avec deux objectifs : motiver l'écriture et donc le travail sur la langue, et enseigner l'Internet responsable." Chaque matin, l'instituteur dépose son smartphone sur son bureau. Un élève, "le tweeteur du jour", s'en saisit pour écrire le premier tweet. Sur les deux PC de la classe, les élèves se relaient pour rédiger des énigmes mathématiques, des haïkus, ces brefs poèmes japonais se prêtant parfaitement au format de Twitter, ou correspondre avec d'autres "tweet classes" dans le monde. "Mes élèves sont complètement libres d'écrire ce qu'ils veulent. Je ne leur donne aucune contrainte. Mais je ne tolère aucune faute d'orthographe, explique l'enseignant. Le fait d'être lu par nos followers et les familles donne beaucoup plus de sens aux compétences, l'orthographe en tête. Les élèves sont prêts à corriger autant de fois que nécessaire s'il reste des erreurs." Cet enseignant du troisième millénaire n'abandonne pas pour autant les bonnes vieilles recettes : "Je peux très bien faire “tweet classe” le matin et des dictées l'après-midi."
La description ne me choque pas outre mesure, puisque le collègue semble ne pas baser son enseignement sur twitter (bon, je reste par principe opposé à l'utilisation en classe de ce réseau précis, mais admettons).
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est l'apport de ce support : ce qu'il fait sur twitter, il peut le faire sans, aussi bien. Qu'est-ce que ça change sur le fond ?
De plus, la journaliste ne rend pas compte des résultats : cela améliore-t-il l'apprentissage des gamins ?
On n'en saura rien, sinon que, comme l'annonce l'accroche, "c'est une solution géniale".
En même temps, il fait des dictées (toute ?) l'aprés-midi...

"Je peux très bien faire “tweet classe” le matin et des dictées l'après-midi."
Et personne ne se demande si ce ne seraient pas les dictées qui améliorent leur orthographe...

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
Invité
Invité

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Invité le Lun 23 Sep 2013 - 21:16
Je ne vois pas de contradiction là dedans. Ce sont deux manières de pousser un élève à écrire correctement. Après, chacun fait ce qu'il veut.
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JPhMM
Demi-dieu

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par JPhMM le Lun 23 Sep 2013 - 21:22
holderfar a écrit:Je ne vois pas de contradiction là dedans. Ce sont deux manières de pousser un élève à écrire correctement. Après, chacun fait ce qu'il veut.
Je n'ai pas dit qu'il y a contradiction.

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Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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Igniatius
Guide spirituel

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Igniatius le Lun 23 Sep 2013 - 21:24
@Isis39 a écrit:
@Igniatius a écrit:
Je cite un peu :
@JDD a écrit:"Twitter pour améliorer l'orthographe"
Alexandre Acou , instituteur en CM2 dans le 13e arrondissement de Paris
Cela a démarré par une expérimentation, après avoir entendu parler de l'utilisation du réseau social Twitter en lycée. Alexandre Acou a du mal à s'en passer. Il en est à sa troisième "tweet classe". "J'ai créé un compte pour ma classe, avec deux objectifs : motiver l'écriture et donc le travail sur la langue, et enseigner l'Internet responsable." Chaque matin, l'instituteur dépose son smartphone sur son bureau. Un élève, "le tweeteur du jour", s'en saisit pour écrire le premier tweet. Sur les deux PC de la classe, les élèves se relaient pour rédiger des énigmes mathématiques, des haïkus, ces brefs poèmes japonais se prêtant parfaitement au format de Twitter, ou correspondre avec d'autres "tweet classes" dans le monde. "Mes élèves sont complètement libres d'écrire ce qu'ils veulent. Je ne leur donne aucune contrainte. Mais je ne tolère aucune faute d'orthographe, explique l'enseignant. Le fait d'être lu par nos followers et les familles donne beaucoup plus de sens aux compétences, l'orthographe en tête. Les élèves sont prêts à corriger autant de fois que nécessaire s'il reste des erreurs." Cet enseignant du troisième millénaire n'abandonne pas pour autant les bonnes vieilles recettes : "Je peux très bien faire “tweet classe” le matin et des dictées l'après-midi."
La description ne me choque pas outre mesure, puisque le collègue semble ne pas baser son enseignement sur twitter (bon, je reste par principe opposé à l'utilisation en classe de ce réseau précis, mais admettons).
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est l'apport de ce support : ce qu'il fait sur twitter, il peut le faire sans, aussi bien. Qu'est-ce que ça change sur le fond ?
De plus, la journaliste ne rend pas compte des résultats : cela améliore-t-il l'apprentissage des gamins ?
On n'en saura rien, sinon que, comme l'annonce l'accroche, "c'est une solution géniale".
Je crois que pour le prof, l'utilisation de twitter tient au fait que les élèves sont lus par de vrais gens et que cela les motive pour rédiger correctement.
Peut-être.
Mais le prof ne fait-il pas partie des "vrais gens" ?
Je crois que si l'enseignant n'était pas "intolérant sur les fautes", les gamins ne seraient pas si motivés. C'est donc quand même l'enseignant qui motive leur qualité d'écriture.
C'est juste un autre support, c'est tout.

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"God only knows what I'd be without you"
Brian Wilson
Cath
Bon génie

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Cath le Lun 23 Sep 2013 - 21:26
C'est pitoyable, comme journalisme.
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Isis39
Esprit sacré

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Isis39 le Lun 23 Sep 2013 - 21:27
@Igniatius a écrit:
@Isis39 a écrit:
@Igniatius a écrit:
Je cite un peu :
La description ne me choque pas outre mesure, puisque le collègue semble ne pas baser son enseignement sur twitter (bon, je reste par principe opposé à l'utilisation en classe de ce réseau précis, mais admettons).
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est l'apport de ce support : ce qu'il fait sur twitter, il peut le faire sans, aussi bien. Qu'est-ce que ça change sur le fond ?
De plus, la journaliste ne rend pas compte des résultats : cela améliore-t-il l'apprentissage des gamins ?
On n'en saura rien, sinon que, comme l'annonce l'accroche, "c'est une solution géniale".
Je crois que pour le prof, l'utilisation de twitter tient au fait que les élèves sont lus par de vrais gens et que cela les motive pour rédiger correctement.
Peut-être.
Mais le prof ne fait-il pas partie des "vrais gens" ?
Je crois que si l'enseignant n'était pas "intolérant sur les fautes", les gamins ne seraient pas si motivés. C'est donc quand même l'enseignant qui motive leur qualité d'écriture.
C'est juste un autre support, c'est tout.
Il faut le demander au prof lui-même. S'il le fait depuis 3 ans, il doit considérer que c'est un plus.
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JPhMM
Demi-dieu

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par JPhMM le Lun 23 Sep 2013 - 21:28
@Isis39 a écrit:
@Igniatius a écrit:
Je cite un peu :
@JDD a écrit:"Twitter pour améliorer l'orthographe"
Alexandre Acou , instituteur en CM2 dans le 13e arrondissement de Paris
Cela a démarré par une expérimentation, après avoir entendu parler de l'utilisation du réseau social Twitter en lycée. Alexandre Acou a du mal à s'en passer. Il en est à sa troisième "tweet classe". "J'ai créé un compte pour ma classe, avec deux objectifs : motiver l'écriture et donc le travail sur la langue, et enseigner l'Internet responsable." Chaque matin, l'instituteur dépose son smartphone sur son bureau. Un élève, "le tweeteur du jour", s'en saisit pour écrire le premier tweet. Sur les deux PC de la classe, les élèves se relaient pour rédiger des énigmes mathématiques, des haïkus, ces brefs poèmes japonais se prêtant parfaitement au format de Twitter, ou correspondre avec d'autres "tweet classes" dans le monde. "Mes élèves sont complètement libres d'écrire ce qu'ils veulent. Je ne leur donne aucune contrainte. Mais je ne tolère aucune faute d'orthographe, explique l'enseignant. Le fait d'être lu par nos followers et les familles donne beaucoup plus de sens aux compétences, l'orthographe en tête. Les élèves sont prêts à corriger autant de fois que nécessaire s'il reste des erreurs." Cet enseignant du troisième millénaire n'abandonne pas pour autant les bonnes vieilles recettes : "Je peux très bien faire “tweet classe” le matin et des dictées l'après-midi."
La description ne me choque pas outre mesure, puisque le collègue semble ne pas baser son enseignement sur twitter (bon, je reste par principe opposé à l'utilisation en classe de ce réseau précis, mais admettons).
Ce que je ne comprends toujours pas, c'est l'apport de ce support : ce qu'il fait sur twitter, il peut le faire sans, aussi bien. Qu'est-ce que ça change sur le fond ?
De plus, la journaliste ne rend pas compte des résultats : cela améliore-t-il l'apprentissage des gamins ?
On n'en saura rien, sinon que, comme l'annonce l'accroche, "c'est une solution géniale".
Je crois que pour le prof, l'utilisation de twitter tient au fait que les élèves sont lus par de vrais gens et que cela les motive pour rédiger correctement.
Laughing 

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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philann
Doyen

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par philann le Lun 23 Sep 2013 - 21:30
Je ne suis pas fan de Twitter mais je comprends l'effet vrais gens.
C'est comme l'étonnement des élèves de 3ème quand ils se rendent compte en stage que les "vrais gens" disent et attendent la même chose d'eux que les profs...

Tant qu'il n'y a que le prof qui le dit...c'est comme si c'était pour de faux...pas vraiment vrai!!!

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2014-2015: poste fixe dans les Hauts de Seine Very Happy Very Happy Very Happy
2013-2014: certifiée stagiaire dans les Hauts de Seine cheers 
2011-2013: prof. contractuelle dans l'Essonne
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JPhMM
Demi-dieu

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par JPhMM le Lun 23 Sep 2013 - 21:31
Mais sont-ce de vrais élèves ?

Very Happy 

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Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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Igniatius
Guide spirituel

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Igniatius le Lun 23 Sep 2013 - 21:34
@Isis39 a écrit:
@Igniatius a écrit:
@Isis39 a écrit:Je crois que pour le prof, l'utilisation de twitter tient au fait que les élèves sont lus par de vrais gens et que cela les motive pour rédiger correctement.
Peut-être.
Mais le prof ne fait-il pas partie des "vrais gens" ?
Je crois que si l'enseignant n'était pas "intolérant sur les fautes", les gamins ne seraient pas si motivés. C'est donc quand même l'enseignant qui motive leur qualité d'écriture.
C'est juste un autre support, c'est tout.
Il faut le demander au prof lui-même. S'il le fait depuis 3 ans, il doit considérer que c'est un plus.
C'est ce que je dis : si ça lui va, pourquoi pas ?

Mais comme cet article semble militant, on aimerait bien être certains de l'apport majeur de ce type de méthodes.
Parce que tu sais bien que chacun d'entre nous peut invoquer le fait que sa façon de faire est la bonne, puisqu'il la pratique depuis des années.

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St Augustin

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Brian Wilson
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Cowabunga
Habitué du forum

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Cowabunga le Lun 23 Sep 2013 - 21:39
Le JDD en a rencontré cinq, qui, à leur niveau, sans moyen particulier, mettent en œuvre des idées… géniales
Laughing , non : lol! 
Perso, je n'ai ni smartphone, ni TBI, ni possibilité de diffuser des vidéos à mes élèves. J'ai un PC dans ma salle depuis cette année. Chez moi, on n'a pas les moyens d'accueillir les élèves de 6e un par un pour qu'ils nous racontent leur parcours (même si je suis sûre que c'est très intéressant)... et jusqu'en 2010, les manuels de maths étaient si vieux qu'ils étaient en francs.

Il y a des journaleux qui feraient bien d'apprendre leur métier avant de l'exercer.
Enfin, je confirme tout de même que les solutions viennent des enseignants eux-mêmes !

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User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par User5899 le Lun 23 Sep 2013 - 23:14
Dès qu'il y a des écrans, c'est une idée géniale Rolling Eyes
Les vraies gens lisent les tweets ? Bon, super.
Quant au prof de français travaillant avec le prof de maths, c'est une nouveauté qui doit bien avoir soixante ans... Non tous nuls ? Tous non nuls ? Aucun ne ? Tous ne pas ?

Spoiler:
NB L'adjectif qui précède "gens" est au féminin.
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John
Médiateur

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par John le Lun 23 Sep 2013 - 23:20
chacun d'entre nous peut invoquer le fait que sa façon de faire est la bonne, puisqu'il la pratique depuis des années.
Pour moi, cela ne pose pas de problème. Cela ne pose un problème que si :
- celui qui affirme cela essaie de l'imposer à tous les autres,
- celui qui affirme cela ne fait en réalité pas progresser les élèves.
Hors de ces deux cas-là, je ne vois aucun problème à ce que chaque prof affirme que sa méthode marche et qu'elle est bonne : s'il affirmait le contraire, cela m'inquièterait même davantage.

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Igniatius
Guide spirituel

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Igniatius le Lun 23 Sep 2013 - 23:28
@John a écrit:
chacun d'entre nous peut invoquer le fait que sa façon de faire est la bonne, puisqu'il la pratique depuis des années.
Pour moi, cela ne pose pas de problème. Cela ne pose un problème que si :
- celui qui affirme cela essaie de l'imposer à tous les autres,
- celui qui affirme cela ne fait en réalité pas progresser les élèves.
Hors de ces deux cas-là, je ne vois aucun problème à ce que chaque prof affirme que sa méthode marche et qu'elle est bonne : s'il affirmait le contraire, cela m'inquièterait même davantage.

Oui bon, tu viens de citer les deux problèmes que pose effectivement cet article : ce n'est pas innocent de communiquer sur "l'innovation", ça sent l'imposition (et c'est bien ce que l'on vit petit à petit) et personne ne se pose la question de l'efficacité, surtout pas les journalistes.

Le dernier témoignage que je cite sent bien le militant qui veut nous imposer ses trucs.

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neomath
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Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par neomath le Lun 23 Sep 2013 - 23:30
@John a écrit:
chacun d'entre nous peut invoquer le fait que sa façon de faire est la bonne, puisqu'il la pratique depuis des années.
Pour moi, cela ne pose pas de problème. Cela ne pose un problème que si :
- celui qui affirme cela essaie de l'imposer à tous les autres,
- celui qui affirme cela ne fait en réalité pas progresser les élèves.
Hors de ces deux cas-là, je ne vois aucun problème à ce que chaque prof affirme que sa méthode marche et qu'elle est bonne : s'il affirmait le contraire, cela m'inquièterait même davantage.
Tout à fait d'accord avec le premier point.
Pour le deuxième, je me rappelle avoir lu quelque part que le problème avec les expériences pédagogiques, c'est qu'elles fonctionnent toujours très bien. En effet l'enthousiasme de l'enseignant entraîne toujours celui des élèves. Le problème est qu'ensuite lorsque l'on essaye de généraliser l'expérience en conditions "ordinaires" le soufflé retombe.

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Igniatius
Guide spirituel

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Igniatius le Lun 23 Sep 2013 - 23:45
Bien d'accord avec tout ça !

Je pense que c'est l'enseignant qui fait la qualité, peu importé la méthode.

Alors qu'on cesse de nous faire prendre des vessies pour des lanternes...

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JEMS
Modérateur

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par JEMS le Mar 24 Sep 2013 - 18:43
Rajoutons que ces "expérimentations" servent de base aux IEN qui diffusent ces saintes conditions dans tous les bassins académiques. Voilà comment on montre un lycée en exemple et comment on fout la pression sur les autres pour qu'ils s'alignent !
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Olympias
Prophète

Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

par Olympias le Mar 24 Sep 2013 - 18:47
J'ai mis les tables de la salle dans laquelle j'ai une grande partie de mes cours en ilots au centre (on circule beaucoup mieux...c'est déjà ça...) de manière à ce que les élèves travaillent face à face par groupes de 4.
Snif, ce matin, on m'avait tout dérangé...C'est pô juste !
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Re: Dans le JDD : "Cinq profs qui font bouger l'école"

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