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Verdurette
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L'enfant de personne Empty L'enfant de personne

par Verdurette Mar 16 Nov 2021 - 5:19
Des enfants/ados/jeunes comme Lyes, nous en avons malheureusement tous eus dans nos classes.
Lyes a été suffisamment résilient pour publier un livre : Dans l'enfer des foyers.
https://editions.flammarion.com/dans-l-enfer-des-foyers/9782081293748

Lyes Louffok a écrit:On ne sait pas quoi faire de nous. Alors on nous déplace sans cesse. Nous sommes des enfants de l’Aide sociale à l’enfance. Des parents, nous n’en avons pas. Ou cassés, hors-service parental. Normalement, l’État est cet ami qui nous veut du bien, nous donne des parents d’appoint pour remplacer les nôtres. Normalement, l’enjeu, c’est notre bonheur. Mais nous sommes des cas sociaux : dans notre monde, « normalement » n’existe pas. Nous ne sommes que des dossiers plus ou moins épais, du papier corrompu à chiffonner et à jeter. À force, nous devenons des bêtes sauvages. Moi, j’ai décidé de me battre, de faire mentir les statistiques, de m’en sortir. C’est cet itinéraire à travers la violence que j’ai voulu raconter, pour en montrer les issues de secours. » Placé à sa naissance et ballotté pendant dix-huit ans de foyers en familles d’accueil, Lyes a traversé l’enfer des enfants livrés aux mains maladroites de l’État. Aujourd’hui, Lyes travaille pour le SAMU social.

Un téléfilm de grande qualité en a été tiré, qui passe en ce moment sur France 2 : L'enfant de personne.

Lyes Louffok a contribué à la publication de deux numéros de Zone Interdite , à un an d'intervalle en janvier 2019 et 2020, pour signaler la situation dramatique de l'Aide Sociale à l'Enfance.  Des enfants qu'on tarde à mettre à l'abri (il n'y  a pas de place, la procédure est longue )  qu'on ballotte de foyer en familles d'accueils comme des colis, qu'on place brutalement  (et ça je l'ai vu depuis l'école, c'est d'une violence inouïe : des gamins que des policiers viennent chercher dans l'école même, ou à la  maison, neuf gamins victimes de carences éducatives graves  pour lesquels il ne se passe rien pendant des mois, et que la police vient chercher un soir chez eux, en les répartissant dans différents foyers, le bébé en pouponnière. Bien sûr qu'on les protège, mais imaginez vos enfants qu'on embarque aussi brutalement dans un univers inconnu, en séparant les frères et sœurs. Et des gamins qu'on change de famille, de foyer, donc d'école, poum, comme ça , du jour au lendemain. Des enfants qui sont sans cesse en rupture, surtout lorsqu'ils tissent des liens affectifs, parce que ça, c'est le mal pour l'ASE.,  hélas. Des fois que ce développement affectif se fasse au détriment de parents biologiques inaptes ou maltraitants, mais qui restent au sommet des préoccupations.

Car la justice aux affaires familiales s'obstine déraisonnablement à maintenir un lien avec la famille biologique, en donnant la priorité aux parents et non aux enfants qui, eux, n'ont pas demandé à naître dans pareille galère.

En vingt-cinq ans d'école élémentaire, j'ai connu au moins six familles ainsi dysfonctionnelles sur le schéma suivant : une (souvent très) jeune femme qui n'a pas réussi à l'école, qui n'a ni diplôme ni métier, et qui pense n'avoir qu'une façon d'accéder au monde adulte : la maternité.  Lorsqu'elles sont enceintes, elles sont enfin un objet d'attention et d'égards,  elles aiment pouponner, mais dès que l'enfant commence à prendre de l'autonomie, entre un et deux ans, rien ne va plus. Elle en font vite un deuxième, un troisième ... au gré des hommes rencontrés, car ce sont rarement des familles stables. Elles rencontrent quelqu'un pensent que faire un enfant est un bon moyen de retenir l'homme en question, là encore, déception : la plupart du temps, il est parti, ou a commencé à les battre avant même la naissance.  A plusieurs reprises nous avons aussi eu le problème des "beaux-pères" qui maltraitaient les aînés.  Je revois encore une femme, déjà mère de six enfants de six pères différents, hurlant sur ma directrice, blême, qui avait contribué au placement des aînés frappés par le concubin du moment : "(je vous passe les insultes) Placez-les, mes gosses, placez-les, j'en referai!".
Ne vous méprenez pas sur mes propos : j'estime que ces jeunes femmes  AUSSI sont des victimes. Mais les enfants le sont davantage encore. Et pour aider sur le plan social, c'est comme pour les enfants en grande difficulté pour qui il faudrait psy scolaire et aides diverses, il faut que "la famille soit en demande". Ben voyons...

Il y a aussi souvent des femmes seules (situation la plus fréquente), d'âge variable, en grande précarité mais qui font des prodiges pour élever et garder leurs enfants avec elles, parfois à trois ou quatre dans une chambre d'hôtel sordide, qui s'en occupent bien, font le maximum, et tremblent justement à l'idée qu'on place leurs enfants au lieu de les aider à s'en sortir.   Et qui n'osent pas solliciter d'aide justement de peur de ce placement. Et ça c'est  L'enfant de personne 1382610345

Savez-vous que, tant que la famille n'est pas déchue de ses droits parentaux, les parents d'enfants placés continuent à percevoir les allocations familiales ?  Ne serait-il pas plus judicieux que ces allocations forment un pécule pour le gamin qui, en guise de cadeau d'anniversaire pour ses 18 ans, sera mis dehors s'il n'a pas réussi à obtenir un contrat jeune majeur ?

D'après la Fondation Abbé Pierre, un quart des SDF sont d'anciens enfants de l'ASE.

A l'ASE se côtoient des personnels généreux et animés des meilleures intentions, et des personnes sans formation qu'on recrute faute de mieux, parfois terriblement brutales faute de savoir-faire. Tous sont débordés, et coincés par des décisions de justice trop longues et aberrantes. Comment comprendre qu'on place un bébé de quelques jours et qu'on le laisse en foyer /famille d'accueil toute sa vie, sans jamais avoir le courage de dire que sa famille est toxique, et qu'on lui offre avec l'adoption la possibilité de se construire dans le bonheur ? Quelques magistrats ont cette vision, et ont le courage de le dire, mais ce n'est pas le courant de pensée majoritaire.

J'ai songé un temps à m'investir dans l'Aide à l'enfance, mais j'ai craint de m'y sentir encore plus impuissante qu'à l'école, et j'ai renoncé. Mais rien ne dit que je n'essaierai pas de militer dans une association quand la retraite m'en laissera le loisir.

Vous aurez compris que ce sujet me tient à cœur, et je vous conseille vivement de voir ce téléfilm. Je voulais surtout partager.


Dernière édition par Verdurette le Mar 16 Nov 2021 - 6:47, édité 1 fois (Raison : J'ai retiré des tabulations inutiles)
Celadon
Celadon
Demi-dieu

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par Celadon Mar 16 Nov 2021 - 6:25
Merci Verdurette. Je comprends ta colère et ton désarroi devant tant de violences faites aux enfants.
Bientôt les élections présidentielles et il serait peut-être temps de faire de ce domaine une priorité des programmes des candidats. Malmener l'école, malmener l'enfance qui n'a pas eu l'heur de naître dans un foyer harmonieux qui la protège, quoi de pire pour le présent et l'avenir ?
Et après on s'étonne de la violence de certains jeunes... ce n'est qu'un juste retour de la violence subie.
Ce téléfilm m'a terrassée, ce qu'il montre de la réalité des placements est effrayant. Mais il y a déjà eu des émissions dénonçant cette réalité. Je n'ai pas l'impression que cela ait amené à quelque amendement que ce soit...
Verdurette
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Verdurette Mar 16 Nov 2021 - 6:54
Les enfants ne votent pas. C'est peut-être, malheureusement, une des raisons.
Et cyniquement on table sur le fait qu'ils ne voteront pas davantage une fois arrivés à l'âge adulte.
Et 310.000 enfants placés, c'est toujours trop évidemment mais c'est une goutte d'eau dans les millions d'électeurs.
Comme les 270.000 personnes concernées par la déconjugalisation de l'AAH refusée une fois de plus par les députés tout dernièrement, pendant qu'on jongle avec les milliards...
https://www.france-assos-sante.org/actualite/deconjugalisation-de-lallocation-adulte-handicape-aah-france-assos-sante-se-joint-a-la-mobilisation-du-16-septembre/

Jenny
Jenny
Médiateur

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Jenny Mar 16 Nov 2021 - 7:14
Verdurette : merci pour ton post.
C’est terrible… Je ne comprends pas que ça ne soit pas une priorité.
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AnneNeville
Niveau 4

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par AnneNeville Mar 16 Nov 2021 - 7:57
@Verdurette inutile pour moi de l'imaginer, j'en ai été témoin. J'étais en prolongation de stage, prof en collège, et, dans une de mes 6eme ( j'en avais 2 et 2 3eme) j'avais un gamin adorable, K. Energique, gentil, il venait me raconter plein de choses... Je me rappelle que, quand on a étudié La Belle et la Bête, il fredonnait sans cesse Histoire Eternelle, du dessin animé. K était un enfant en famille d'accueil. Je l'ai appris en début d'année, mais plus précisément quand j'ai trouvé un petit texte accompagné d'un dessin qu'il avait fait. Il avait été placé à deux ans, apparemment en urgence, il disait lui même qu'il avait juste le pyjama qu'il portait; sur le dessin, il y avait un chemin fait de coeurs menant à la maison de sa famille d'accueil.
Et puis, en cours d'année, les décidant ont trouvé qu'il s'attachait trop à sa famille d'accueil, que ça allait pas ( apparemment il n'avait plus de contact avec sa famille biologique, mais le lien familial, toussa), donc qu'il devait en être enlevé. Pour aller où? On sait pas encore. Peut être une autre famille à l'autre bout du département, peut être un foyer dans le même endroit... Mais on sait pas où, on sait pas quand. Donc K venait tous les matins en cours avec son sac de voyage, ignorant où il dormirait le soir. On a fini par finalement l'envoyer dans un foyer, à l'autre bout du département, donc, en cours d'année.
Ca va faire dix ans. J'y pense encore, à ce qu'il est devenu. Et j'ai envie de pleurer quand j'entends Histoire Eternelle.
gnafron2004
gnafron2004
Grand sage

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par gnafron2004 Mar 16 Nov 2021 - 8:26
Cette année j'ai un jeune avec un trouble autistique, qui a été changé de famille l'an dernier (sa famille, dans laquelle il était depuis l'âge de deux ans, est partie à la retraite) en même temps que le confinement, et qu'un changement d'éducatrice référente...quelques mois plus tard, il entre en 6è là où il ne connait donc personne... il prend beaucoup sur lui dans la journée mais je sais que ses nuits sont très difficiles... même sans être autiste, on le serait à moins. Dans son cas...c'est le pompon...
Ajonc35
Ajonc35
Érudit

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par Ajonc35 Mar 16 Nov 2021 - 9:06
Verdurette a écrit:Des enfants/ados/jeunes comme Lyes, nous en avons malheureusement tous eus dans nos classes.
Lyes a été suffisamment résilient pour publier un livre : Dans l'enfer des foyers.
https://editions.flammarion.com/dans-l-enfer-des-foyers/9782081293748

Lyes Louffok a écrit:On ne sait pas quoi faire de nous. Alors on nous déplace sans cesse. Nous sommes des enfants de l’Aide sociale à l’enfance. Des parents, nous n’en avons pas. Ou cassés, hors-service parental. Normalement, l’État est cet ami qui nous veut du bien, nous donne des parents d’appoint pour remplacer les nôtres. Normalement, l’enjeu, c’est notre bonheur. Mais nous sommes des cas sociaux : dans notre monde, « normalement » n’existe pas. Nous ne sommes que des dossiers plus ou moins épais, du papier corrompu à chiffonner et à jeter. À force, nous devenons des bêtes sauvages. Moi, j’ai décidé de me battre, de faire mentir les statistiques, de m’en sortir. C’est cet itinéraire à travers la violence que j’ai voulu raconter, pour en montrer les issues de secours. » Placé à sa naissance et ballotté pendant dix-huit ans de foyers en familles d’accueil, Lyes a traversé l’enfer des enfants livrés aux mains maladroites de l’État. Aujourd’hui, Lyes travaille pour le SAMU social.

Un téléfilm de grande qualité en a été tiré, qui passe en ce moment sur France 2 : L'enfant de personne.

Lyes Louffok a contribué à la publication de deux numéros de Zone Interdite , à un an d'intervalle en janvier 2019 et 2020, pour signaler la situation dramatique de l'Aide Sociale à l'Enfance.  Des enfants qu'on tarde à mettre à l'abri (il n'y  a pas de place, la procédure est longue )  qu'on ballotte de foyer en familles d'accueils comme des colis, qu'on place brutalement  (et ça je l'ai vu depuis l'école, c'est d'une violence inouïe : des gamins que des policiers viennent chercher dans l'école même, ou à la  maison, neuf gamins victimes de carences éducatives graves  pour lesquels il ne se passe rien pendant des mois, et que la police vient chercher un soir chez eux, en les répartissant dans différents foyers, le bébé en pouponnière. Bien sûr qu'on les protège, mais imaginez vos enfants qu'on embarque aussi brutalement dans un univers inconnu, en séparant les frères et sœurs. Et des gamins qu'on change de famille, de foyer, donc d'école, poum, comme ça , du jour au lendemain. Des enfants qui sont sans cesse en rupture, surtout lorsqu'ils tissent des liens affectifs, parce que ça, c'est le mal pour l'ASE.,  hélas. Des fois que ce développement affectif se fasse au détriment de parents biologiques inaptes ou maltraitants, mais qui restent au sommet des préoccupations.

Car la justice aux affaires familiales s'obstine déraisonnablement à maintenir un lien avec la famille biologique, en donnant la priorité aux parents et non aux enfants qui, eux, n'ont pas demandé à naître dans pareille galère.

En vingt-cinq ans d'école élémentaire, j'ai connu au moins six familles ainsi dysfonctionnelles sur le schéma suivant : une (souvent très) jeune femme qui n'a pas réussi à l'école, qui n'a ni diplôme ni métier, et qui pense n'avoir qu'une façon d'accéder au monde adulte : la maternité.  Lorsqu'elles sont enceintes, elles sont enfin un objet d'attention et d'égards,  elles aiment pouponner, mais dès que l'enfant commence à prendre de l'autonomie, entre un et deux ans, rien ne va plus. Elle en font vite un deuxième, un troisième ... au gré des hommes rencontrés, car ce sont rarement des familles stables. Elles rencontrent quelqu'un pensent que faire un enfant est un bon moyen de retenir l'homme en question, là encore, déception : la plupart du temps, il est parti, ou a commencé à les battre avant même la naissance.  A plusieurs reprises nous avons aussi eu le problème des "beaux-pères" qui maltraitaient les aînés.  Je revois encore une femme, déjà mère de six enfants de six pères différents, hurlant sur ma directrice, blême, qui avait contribué au placement des aînés frappés par le concubin du moment : "(je vous passe les insultes) Placez-les, mes gosses, placez-les, j'en referai!".
Ne vous méprenez pas sur mes propos : j'estime que ces jeunes femmes  AUSSI sont des victimes. Mais les enfants le sont davantage encore. Et pour aider sur le plan social, c'est comme pour les enfants en grande difficulté pour qui il faudrait psy scolaire et aides diverses, il faut que "la famille soit en demande". Ben voyons...

Il y a aussi souvent des femmes seules (situation la plus fréquente), d'âge variable, en grande précarité mais qui font des prodiges pour élever et garder leurs enfants avec elles, parfois à trois ou quatre dans une chambre d'hôtel sordide, qui s'en occupent bien, font le maximum, et tremblent justement à l'idée qu'on place leurs enfants au lieu de les aider à s'en sortir.   Et qui n'osent pas solliciter d'aide justement de peur de ce placement. Et ça c'est  L'enfant de personne 1382610345

Savez-vous que, tant que la famille n'est pas déchue de ses droits parentaux, les parents d'enfants placés continuent à percevoir les allocations familiales ?  Ne serait-il pas plus judicieux que ces allocations forment un pécule pour le gamin qui, en guise de cadeau d'anniversaire pour ses 18 ans, sera mis dehors s'il n'a pas réussi à obtenir un contrat jeune majeur ?

D'après la Fondation Abbé Pierre, un quart des SDF sont d'anciens enfants de l'ASE.

A l'ASE se côtoient des personnels généreux et animés des meilleures intentions, et des personnes sans formation qu'on recrute faute de mieux, parfois terriblement brutales faute de savoir-faire. Tous sont débordés, et coincés par des décisions de justice trop longues et aberrantes. Comment comprendre qu'on place un bébé de quelques jours et qu'on le laisse en foyer /famille d'accueil toute sa vie, sans jamais avoir le courage de dire que sa famille est toxique, et qu'on lui offre avec l'adoption la possibilité de se construire dans le bonheur ? Quelques magistrats ont cette vision, et ont le courage de le dire, mais ce n'est pas le courant de pensée majoritaire.

J'ai songé un temps à m'investir dans l'Aide à l'enfance, mais j'ai craint de m'y sentir encore plus impuissante qu'à l'école, et j'ai renoncé. Mais rien ne dit que je n'essaierai pas de militer dans une association quand la retraite m'en laissera le loisir.

Vous aurez compris que ce sujet me tient à cœur, et je vous conseille vivement de voir ce téléfilm. Je voulais surtout partager.
Un membre de ma famille a travaillé auprès d'un juge pour enfants. Elle y a vu tout ce que tu décris ( des parents aimants, mais démunis, des familles avec x papas et autant d'enfants, etc... ) et le juge est aussi au milieu d'un système. Au départ, elle était très contente de son poste, elle a assez vite déchanté. Des qu'elle a pu, elle a demandé à travailler sur un autre poste, plus difficile techniquement, mais moins sur le plan affectif.
Et dans mon lep des situations difficiles aussi, des jeunes cassés par des années d'errance, avec une succession de familles d'accueil, des aller-retours entre famille et ASE, etc... Des jeunes qui, à 18 ans ne savent pas leur avenir....
Je n'ai pas regardé, parce que ce genre de sujet me remue, mais je viens de lire un article sur Lyes et j'aurais dû.
lene75
lene75
Enchanteur

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par lene75 Mar 16 Nov 2021 - 9:22
Verdurette a écrit:Il y a aussi souvent des femmes seules (situation la plus fréquente), d'âge variable, en grande précarité mais qui font des prodiges pour élever et garder leurs enfants avec elles, parfois à trois ou quatre dans une chambre d'hôtel sordide, qui s'en occupent bien, font le maximum, et tremblent justement à l'idée qu'on place leurs enfants au lieu de les aider à s'en sortir.   Et qui n'osent pas solliciter d'aide justement de peur de ce placement. Et ça c'est  L'enfant de personne 1382610345

Même si le reste est vrai, c'est sur ce paragraphe-là que je voudrais insister, parce que c'est un aspect souvent méconnu. Il n'est pas nécessaire d'être maltraitant pour se voir arracher son enfant par les griffes de l'ASE, il n'est même pas nécessaire d'être en situation précaire, ça peut arriver à n'importe qui, il suffit d'une information préoccupante faite anonymement pour que la machine à broyer soit lancée, et on ne sait jamais le résultat que ça peut donner. Elle peut aussi bien laisser un enfant à des parents violents qu'en retirer à des parents aimants qui n'ont rien à se reprocher. Tout dépend sur qui ont tombe. Une amie en a fait les frais. 18 mois d'une procédure atroce, 18 mois de sa vie et de celle de son enfant volés. Heureusement pour elle, alors qu'elle est passée à deux doigts du placement en urgence qui ne lui aurait ensuite laissé aucune chance au tribunal, elle est tombée sur une juge intelligente, qui a déclaré qu'elle ne reconnaissait pas devant elle la femme décrite dans le dossier à charge des services sociaux et qui a ordonné la levée de toutes les mesures éducatives et de tout le suivi social toxique qui avait été mis en place. Pendant ces 18 mois où j'ai suivi son combat, dans lequel elle a heureusement été soutenue par des médecins et psychiatres, qui ont multiplié les compte-rendus en sa faveur (son médecin de famille, en particulier, qui la connaissait très bien), j'ai pu me renseigner sur la question, parler à une avocate spécialisée dans le droit à la famille, à une personne travaillant au conseil général, lire des rapports d'associations de parents handicapés (les familles d'enfants handicapés étant nombreuses à subir cet enfer), et partout le même son de cloche : des décisions arbitraires et la plupart du temps irrévocables. L'avocate me disait que les parents qui n'ont rien à se reprocher vont naïvement seuls à l'audience, sans avocat, parce qu'ils croient en la justice, mais qu'une fois l'enfant placé abusivement, il est quasiment impossible de le récupérer, même avec un avocat. 80% des enfants placés le restent jusqu'à leur majorité, et même quand un juge ordonne le retour dans la famille, le retour effectif peut prendre des mois, voire des années. Et ce alors même qu'on sait que de très nombreux enfants sont maltraités au sein de l'ASE et que le juge a reconnu qu'ils ne l'étaient pas dans leur famille. Découvrir cet univers m'a fait frémir, j'ai eu vraiment l'impression de découvrir un Etat totalitaire, non seulement aveugle et tout puissant, qui peut arracher des enfants à leur famille de façon arbitraire, mais aussi qui veut aussi normer l'éducation des enfants. On peut vous reprocher le fait de ne pas avoir de télé (beaucoup sur ce forum apprécieront), d'être végétarien, d'allaiter trop longtemps, d'avoir un mode de vie qui n'est pas dans la norme, on peut vous reprocher la pathologie de votre enfant, de refuser une décision d'orientation, de trop faire de bruit pour faire valoir vos droits à la scolarisation, ou... rien, et alors on cherche des choses aussi stupides qu'un logement en travaux, qu'un peu de poussière sous un lit, qu'une assiette sale dans l'évier ou n'importe quelle autre chose absurde n'ayant rien à voir avec le bien-être de l'enfant. Il y a des cases à cocher, qui font que certaines familles, ou certaines femmes, sont d'emblée dans le rouge, sans avoir rien fait, familles pour lesquelles la machine pourra s'emballer très vite : la pauvreté, bien sûr, mais aussi les femmes célibataires, le décès d'un enfant, même en milieu hospitalier, même quand il était grand prématuré. Et gare au parent qui pleure, qui craque, en entretien ou au tribunal : c'est signe de fragilité psychologique. Mon amie le savait : si elle pleurait au tribunal, c'était fini pour elle et pour son fils. Il faut une sacrée force pour ne pas pleurer quand on vous menace de placer votre enfant dans les conditions qu'on sait, quand on vient chez vous vous harceler pendant des mois, vous menacer... ou alors il ne faut pas trop tenir à son enfant, paradoxalement. J'ai lu des rapports incroyables, une mère célibataire qu'on veut forcer à prendre n'importe quel homme pour assurer une présence masculine au foyer, un enfant d'un an allaité à qui on dit que ces seins doivent appartenir à un homme et pas à lui (vous apprécierez le respect du corps de la femme et les propos sexistes d'un autre temps), un enfant qui, en jouant, tombe sur les fesses et pleure, quoi de plus normal scène décrite dans un incroyable vocabulaire psychanalytique complètement délirant.

_________________
Une classe, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber...
Celadon
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Celadon Mar 16 Nov 2021 - 9:23
AnneNeville a écrit:@Verdurette inutile pour moi de l'imaginer, j'en ai été témoin. J'étais en prolongation de stage, prof en collège, et, dans une de mes 6eme ( j'en avais 2 et 2 3eme) j'avais un gamin adorable, K. Energique, gentil, il venait me raconter plein de choses... Je me rappelle que, quand on a étudié La Belle et la Bête, il fredonnait sans cesse Histoire Eternelle, du dessin animé. K était un enfant en famille d'accueil. Je l'ai appris en début d'année, mais plus précisément quand j'ai trouvé un petit texte accompagné d'un dessin qu'il avait fait. Il avait été placé à deux ans, apparemment en urgence, il disait lui même qu'il avait juste le pyjama qu'il portait; sur le dessin, il y avait un chemin fait de coeurs menant à la maison de sa famille d'accueil.
Et puis, en cours d'année, les décidant ont trouvé qu'il s'attachait trop à sa famille d'accueil, que ça allait pas ( apparemment il n'avait plus de contact avec sa famille biologique, mais le lien familial, toussa), donc qu'il devait en être enlevé. Pour aller où? On sait pas encore. Peut être une autre famille à l'autre bout du département, peut être un foyer dans le même endroit... Mais on sait pas où, on sait pas quand. Donc K venait tous les matins en cours avec son sac de voyage, ignorant où il dormirait le soir. On a fini par finalement l'envoyer dans un foyer, à l'autre bout du département, donc, en cours d'année.
Ca va faire dix ans. J'y pense encore, à ce qu'il est devenu. Et j'ai envie de pleurer quand j'entends Histoire Eternelle.
Voilà le comble de la maltraitance. On dénie à ces enfants le droit de s'attacher à quiconque. C'est odieux et effrayant de bêtise et de perversité.
Elyas
Elyas
Empereur

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par Elyas Mar 16 Nov 2021 - 9:45
Merci Verdurette, je vais regarder le film.

Mes trop nombreuses expériences avec l'ASE ont chacune était abominable par l'incompétence, la bêtise, la violence et le manque de moyens de cette institution. Elle doit être réformée intégralement et son recrutement doit se faire sur des critères sérieux. Je ne me remets pas du jour où un beau-père a battu quasi à mort une de mes élèves devant le collège et qui était ramenée le soir chez son père (bon, le lendemain, le père était en détention mais durant la nuit... punaise !) ou du jour où une personne de l'ASE m'a expliqué que l'autisme se soignait très bien avec la technique des bandelettes mouillées. Ou encore cette élève qui a fugué de chez elle parce que son frère la violait tous les soirs, qui a erré pendant six mois, survivant en se prostituant et qui est revenue au collège demander du secours (c'est dire qu'elle nous faisait confiance)... et qui a été replacée chez elle, avec son frère. Cette institution censée défendre les enfants en danger est une abomination pour moi. Ou encore plus absurde, une procédure soi-disant urgente où après deux semaines d'investigation ultra-intrusive, la famille n'a plus eu aucune nouvelle pendant dix mois... et ça s'est terminé par un coup de fil qui a mis fin à la procédure. J'ai proprement halluciné quand j'ai découvert ça.

C'est simple, on voit tout de suite ce que je pense de l'ASE rien qu'à voir mon visage quand on m'en parle. Ils n'écoutent personne hormis eux-mêmes.
Honchamp
Honchamp
Grand sage

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par Honchamp Mar 16 Nov 2021 - 10:42
Oui, chouette téléfilm, et merci à Lyes Louffok d'avoir réussi à attirer l'attention sur ces situations.

J'ai aussi en tête quelques situations (ma tante était famille d'accueil).

Ou encore celle d'un élève, placé à 6 mois dans une famille, mais toujours en relation avec sa mère (handicapée mentale légère, je ne sais pas comment on dit).
Une histoire assez réussie, entre la famille d'accueil et le lien avec la maman. (Dès pré-ado, il l'aidait à "tenir ses comptes").
En 3ème, excellent élève, il s'est mis à "caler", devenir sombre. ça affolait tout le monde.
Finalement, la "tata" a réussi à le faire parler.
Il avait peur de ce qui se passerait à ses 18 ans. (En 3ème, on parlait orientation, études). Peur d'être renvoyé de sa famille d'accueil. De ne pas pouvoir faire des études. Bref, d'être abandonné, livré à lui-même avec sa mère (qu'il aime, mais qui n'est pas autonome).
Une fois rassuré par sa "tata", qui lui a dit qu'il était comme leur fils, qu'ils ne le laisseraient jamais tomber , c'est reparti comme avant, il est en prépa scientifique actuellement.
C'est plutôt une belle histoire. L'ASE n'a pas eu l'idée de le déplacer pour ne pas qu'il s'attache trop à la famille d'accueil...
Tout ça pour dire que, même quand le matériel et la stabilité sont assurés, ce n'est pas simple dans la tête des enfants.

Une amie éducatrice à l'ASE raconte que souvent dans les foyers, au moment de l'orientation scolaire, on privilégie les formations courtes, ou l'alternance. Pour que le gamin ait un métier assez vite, ou un petit revenu, gage de survie à 18 ans et même en cas de contrat jeune majeur.


_________________
"Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assise par terre comme ça.."
Ajonc35
Ajonc35
Érudit

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Ajonc35 Mar 16 Nov 2021 - 11:06
Honchamp a écrit:Oui, chouette téléfilm.

Une amie éducatrice à l'ASE raconte que souvent dans les foyers, au moment de l'orientation scolaire, on privilégie les formations courtes, ou l'alternance. Pour que le gamin ait un métier assez vite, ou un petit revenu, gage de survie à 18 ans et même en cas de contrat jeune majeur.

Ce sont ces élèves que nous retrouvons en lep. Même quand ils sont " bons", motivés, il faut calculer avec l'éducateur. Ainsi une jeune fille autonome, motivée à dû choisir une formation aide-soignante plutôt que l'école d'infirmière , plus courte, plus sûr pour elle , à l'issue de son bac pro, car l'éducateur ne pouvait assurer que la durée des trois ans d'études serait couverte. Je pense que l'argent ne va pas au bon endroit.
Violet
Violet
Empereur

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Violet Mar 16 Nov 2021 - 12:26
Merci pour ce post.
J'ai regardé le téléfilm hier qui m'a bouleversée.
Heureuse de voir ensuite Lyes. (J'ai trouvé qu'il s'exprimait très bien, alors qu'il n'a pas dû avoir un parcours scolaire très simple... Bravo à lui)
freakfeatherfall
freakfeatherfall
Niveau 5

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par freakfeatherfall Mar 16 Nov 2021 - 14:18
Terrible... Je ne le connais pas, je vais chercher son livre (je n'ai pas vu le téléfilm).
Keny Arkana parlait de "ces mômes qui n'appartiennent à personne", elle qui a aussi été placée en foyer à 11 ou 12 ans, et l'évoque dans ses textes (J'me barre, Eh co**ard, etc., sa chaîne youtube :  https://yewtu.be/channel/UC0fFj_FgksTyPJzGoUVFBqw)
Zybulka
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Zybulka Mar 16 Nov 2021 - 16:49
Pour rebondir sur ce que dit Lene, voici une BD sur le sujet que je trouve intéressante et instructive :
https://emmaclit.com/2021/06/24/juliette-et-louis/
Verdurette
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par Verdurette Mar 16 Nov 2021 - 19:01
Merci pour ce document qui est passionnant (et désespérant).
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Malavita
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Malavita Mar 16 Nov 2021 - 19:08
Honchamp a écrit:Oui, chouette téléfilm, et merci à Lyes Louffok d'avoir réussi à attirer l'attention sur ces situations.

J'ai aussi en tête quelques situations (ma tante était famille d'accueil).

Ou encore celle d'un élève, placé à 6 mois dans une famille, mais toujours en relation avec sa mère (handicapée mentale légère, je ne sais pas comment on dit).
Une histoire assez réussie, entre la famille d'accueil et le lien avec la maman. (Dès pré-ado, il l'aidait à "tenir ses comptes").
En 3ème, excellent élève, il s'est mis à "caler", devenir sombre. ça affolait tout le monde.
Finalement, la "tata" a réussi à le faire parler.
Il avait peur de ce qui se passerait à ses 18 ans. (En 3ème, on parlait orientation, études). Peur d'être renvoyé de sa famille d'accueil. De ne pas pouvoir faire des études. Bref, d'être abandonné, livré à lui-même avec sa mère (qu'il aime, mais qui n'est pas autonome).
Une fois rassuré par sa "tata", qui lui a dit qu'il était comme leur fils, qu'ils ne le laisseraient jamais tomber , c'est reparti comme avant, il est en prépa scientifique actuellement.
C'est plutôt une belle histoire. L'ASE n'a pas eu l'idée de le déplacer pour ne pas qu'il s'attache trop à la famille d'accueil...
Tout ça pour dire que, même quand le matériel et la stabilité sont assurés, ce n'est pas simple dans la tête des enfants.  

Une amie éducatrice à l'ASE raconte que souvent dans les foyers, au moment de l'orientation scolaire, on privilégie les formations courtes, ou l'alternance. Pour que le gamin ait un métier assez vite, ou un petit revenu, gage de survie à 18 ans et même en cas de contrat jeune majeur.

Je confirme, j'ai eu un élève en bac professionnel que l'ASE poussait à trouver un maître d'apprentissage pour réaliser un CAP en alternance afin qu'il soit diplômé à 18 ans et qu'il ait un revenu. Filière rare, il n'a pas trouvé. Il a eu un contrat jeune majeur afin de terminer son année de terminale (c'était pendant le confinement), qu'il a obtenu. Je me souviens de ma collègue d'EPS qui a eu la mauvaise idée de plaisanter en conseil de classe sur le fait qu'il allait être sous les ponts et un truc du genre... J'ai été la seule à la remettre en place... Malheureusement, je pense que cet élève a effectivement terminé à la rue.
La même année, dans mon autre classe, autre enfant placé. Même chose, on lui mettait la pression pour qu'elle trouve un travail. Heureusement, sa famille d'accueil, qui l'accueillait depuis sa plus tendre enfance, lui avait assuré qu'il ne la lâcherait pas et qu'elle continuera de rester chez eux. Cependant, il me semble que c'est un sacrifice financier pour les familles d'accueil car il perde une place et des revenus.

lene75
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par lene75 Mar 16 Nov 2021 - 19:17
Zybulka a écrit:Pour rebondir sur ce que dit Lene, voici une BD sur le sujet que je trouve intéressante et instructive :
https://emmaclit.com/2021/06/24/juliette-et-louis/

Merci pour la référence. J'ignorais qu'Emma s'était saisie de ce sujet.

_________________
Une classe, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber...
Marie Laetitia
Marie Laetitia
Bon génie

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Marie Laetitia Mar 16 Nov 2021 - 19:20
Merci Verdurette!

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Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)


Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
Himpy
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Expert

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Himpy Mar 16 Nov 2021 - 20:33
Je connaissais déjà les dérives de l'ase et le pb des jeunes majeurs, mais je ne connaissais pas les pb évoqués dans la bd d'Emma... C'est incroyable !
Merci de partager tout cela.
Cette année j'ai un élève d'ulis qui relève de l'ase et c'est tout une galère pour l'orientation justement. Il lui faut quelque chose à sa portée pour le rendre autonome mais il ne sera jamais vraiment autonome... C'est galère. Les collègues envisagent l'ime pro je crois. Mais je ne suis pas sur qu'il y ait une place et/ou qu'il y ait droit. Un vrai casse tête.
albertine123
albertine123
Niveau 6

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par albertine123 Mer 17 Nov 2021 - 7:30
@Himpy L'orientation en IMPro doit être envisagée en ESS, avec l'accord de la famille, portée sur le Gevasco, et acceptée par la suite en commission. La MDPH par la suite envoie une notification d'orientation en IMPro avec quelques établissements qui peuvent convenir. Il appartiendra ensuite à la famille d'effectuer les démarches pour obtenir une place dans l'un de ces établissements. Cela peut prendre plusieurs mois voire plus.
Dans le cas des éleves D'ULIS placés en foyer de l'ASE, on peut s'appuyer et travailler avec l'éducateur ou le directeur du foyer.
Mais si tu parles d'orientation il s'agit peut-être d'un élève de 3e ? C'est souvent trop tard pour espérer une place en IMPro d'ici à l'année scolaire prochaine. On prévoit toujours dans ce cas une seconde solution, type EREA, pour assurer une continuité de scolarisation pour élève, dans l'attente de l'obtention d'une place en medico social.
Verdurette
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Modérateur

L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Verdurette Mer 17 Nov 2021 - 8:44
Ce qui rend parfois les choses très longues et compliquées, c'est le va-et-vient entre l'institution scolaire, l'institution sociale, et la famille qui reste décisionnaire malgré son incapacité à s'occuper de l'enfant. Je le vois encore cette année (merci de ne pas citer)
Spoiler:
kiwi
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par kiwi Mer 17 Nov 2021 - 9:08
Ma belle-mère est assistante familiale. Je préfère taire tout ce que je sais du fonctionnement de l’ASE.

Toutefois, toutes les familles d’accueil ne sont pas à mettre dans le même panier.
Elaïna
Elaïna
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Elaïna Mer 17 Nov 2021 - 9:49
Mais au fond y a-t-il une solution ? Je me rappelle de ce que raconte JK Rowling dans Une place à prendre, où une assistante sociale essaie de défendre l'idée selon laquelle le lien familial est à privilégier coûte que coûte, face à des gens qui estiment que le placement est une bonne solution. Dans tous les cas cela fait des drames terribles...

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It took me forty years to realize this. But for guys like us... our lives aren't really our own. There's always someone new to help. Someone we need to protect. These past few years, I fought that fate with all I had. But I'm done fighting. It's time I accept the hand I was dealt. Too many people depend on us. Their dreams depend on us.

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Jenny
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L'enfant de personne Empty Re: L'enfant de personne

par Jenny Mer 17 Nov 2021 - 9:52
On pourrait déjà mettre des moyens dans les foyers, s'assurer que ces jeunes puissent poursuivre des études (un système de bourses plus importantes). Concernant les très jeunes enfants, ce serait préférable qu'ils soient placés s'il n y a pas de perspective d'amélioration... Quand on parle de bébés placés au bout de quelques jours de vie, je trouve dommage qu'ils ne soient pas adoptables.
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