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Lefteris
Esprit sacré

Management moderne : "Mon rôle, c’est de produire de l’amnésie" - Page 2 Empty Re: Management moderne : "Mon rôle, c’est de produire de l’amnésie"

par Lefteris Dim 22 Mai 2016 - 9:58
Dame Jouanne a écrit:
Donc, tout se résume à vouloir diminuer les coûts de fonctionnement. C'est un objectif légitime, mais quand il devient le seul et unique objectif...
Surtout que ces diminutions de coûts ne semblent s'appliquer qu'à la base et nettement moins en haut de l'échelle (salaires des patrons mais aussi hausse des primes pour les recteurs).
Eh oui , tout se résume à ça. Mais, la logique des primes monstrueuses pour les recteurs, les DASEN, les directeurs dans d'autres administrations ne contredit en rien ce principe, qui est le même que celui du privé, où plus on licencie, plus le parachute est confortable. Quelques personnes sont fortement récompensées pour "optimiser" le fonctionnement (réduire les coûts , en traduction), mais leur nombre est faible , rapporté à la masse des économies réalisées, précisément parce qu'ils sont motivés pour faire du zèle.
Il faut toujours bien graisser une échelon intermédiaire pour qu'il s'applique, ça vaut à tous les niveaux . Les fonctionnaires européens sont d'autant plus dociles qu'on les coopte, et que la gamelle est copieuse...
Serge
Serge
Médiateur

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par Serge Dim 22 Mai 2016 - 10:06
lemigou a écrit:
horiu a écrit:Les décrets sont pris en application d'une loi qu'ils précisent, effectivement ils ne sont pas voté mais ils s'imposent à nous comme s'imposent à nous les programmes, l'organisation des rythmes scolaires qui sont aussi des décrets et arrêtés.  Quant à l'enseignement au rabais, la situation passée et actuelle (qu'a subi mon enfant,) ne me semblait pas réjouissante, je n'ai pas eu l'impression que l'école était en réussite sauf pour les élites . Oui je fais partie de ceux qui pensent qu'il faut innover et réformer notre système, les EPI (sur le papier, à évaluer à l'usage,) me semblent une bonne chose (alors que les IDD ne m'ont jamais convaincus) et je ne crois pas qu'ils pénalisent les disciplines bien au contraire.

J'aimerais savoir quelle différence vous faites entre les EPI et les IDD, c'est exactement la même chose ! J'ai fait suffisamment d'IDD pour le savoir !
Mais il est vrai que pour faire les IDD, il y avait  des moyens pour  faire de la co-intervention, alors que pour les EPI cela n'est même pas le cas !
Et pour les IDD, on avait une vrai liberté de sujet, alors que là, on nous impose des thèmes pitoyables et superficiels pour certains, en contradiction avec notre liberté pédagogique.

Oui, d'autant que pour les IDD, on n'avait pas en plus un "cahier des charges" très administratif à fournir à l'approbation d'un CA.

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Luigi_B
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par Luigi_B Dim 22 Mai 2016 - 10:08
A lire en parallèle ce billet de Philippe Meirieu sur l'autonomie, il y a deux jours : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/05/20052016Article635993256223012388.aspx

On y retrouve toutes les contradictions entre les ambitions proclamées de la réforme du collège et la réalité désastreuse d'un nouveau management.

L’enjeu n’est pas mince. Il est double : redonner à l’École un sens pour la Nation et susciter l’initiative pédagogique des professionnels de terrain. Renforcer l’identité de l’institution scolaire, lui rendre sa promesse, et sortir ses cadres et ses enseignants du processus de prolétarisation dans lequel ils sont enfermés depuis plusieurs années. Replacer l’État dans son rôle, non pas « régalien » – l’État n’est pas « propriétaire » de la Nation et ne règne pas sur des « sujets » – mais « républicain » – garantissant les valeurs qui unissent les citoyens et leur permettant de les mettre en œuvre. Rendre aux acteurs la responsabilité de leur travail, faire en sorte que, dans le cadre d’un projet national, ils ne soient plus les serviteurs dociles de la « machine école », mais des inventeurs obstinés et heureux de ce qui unit et ce qui libère, de ce qui permet à leurs élèves de s’intégrer et de s’émanciper.

Inverser la relation entre les modalités et les finalités : voilà l’urgence. Cesser de multiplier les chantiers techniques nationaux et définir quelques priorités claires sur lesquelles les enseignants peuvent se mettre au travail : voilà la stratégie. Inviter les acteurs, quelle que soit leur place dans la hiérarchie, à parcourir sans cesse dans les deux sans la chaîne qui va des finalités aux modalités, s’interroger sur la manière de concrétiser les finalités et se demander obstinément si les modalités mises en œuvre incarnent les finalités affichées : voilà la démarche authentique de professionnalisation des acteurs sociaux dans une société post-taylorienne. Démarche tout à la fois rigoureuse et subversive : rigoureuse car la cohérence des finalités et des modalités est la clé de toute réussite. Subversive car nous avons souvent la tentation de nous endormir dans la ouate institutionnelle en juxtaposant des finalités générales et généreuses avec des modalités qui se reproduisent au moindre coût… Au point que celui qui ose dire « Mais pourquoi ne ferions-nous pas ce que nous annonçons ? » est, bien souvent considéré comme un « empêcheur d’enseigner en rond ».

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LVM Dernier billet : "Une École si distante"
lemigou
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par lemigou Dim 22 Mai 2016 - 10:23
horiu a écrit:Le management n'a rien à voir avec la rentabilité mais avec l'efficacité. "Le management est la mise en œuvre des moyens humains et matériels d'une entreprise pour atteindre ses objectifs" (wikipédia) dans une entreprise marchande l'efficacité c'est effectivement être rentable (ce qui n'est pas choquant en soi) mais dans un établissement scolaire les objectifs sont tout autres (éduquer, instruire, lutter pour l'égalité.... )et le management n'est pas un gros mot et il a sa place. De plus le management à l'ancienne est dépassé: la pression, l'autoritarisme, le management par le stress a montré toute son inefficacité, (ce qui ne veut pas dire malheureusement qu'il ait disparu; en tout cas ce n'est pas ce qui est enseigné en RH). Certes on ne manage pas des profs comme on manage des ingénieurs, ou des commerciaux, il n'y a pas un modèle de management unique qui serait dogmatiquement imposé. Un établissement scolaire a une particularité: c'est une organisation dont la base, les profs, est composée d'experts de haut niveau. les infantiliser, les déconsidérer, les in-sécuriser serait de "l'antimanagement ". On parle de bienveillance envers les élèves, cette bienveillance s’applique aussi à tous les personnels d'un établissement, c'est en tout cas ce que le management "moderne" préconise.

Bizarrement, mon CDE confond bienveillance avec malveillance... Aurait-il mal compris la définition du management moderne ???
Roumégueur Ier
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par Roumégueur Ier Dim 22 Mai 2016 - 10:33
L'amnésie, en ce qui concerne la réforme du collège, ce sera de faire oublier aux anciens et ne pas faire connaître aux nouveaux :
- la DP3, cette option élitiste qui permettait à un groupe d'élèves restreint de se familiariser avec le monde professionnel, souvent avec beaucoup de succès et d'intérêt (je viens encore de lire un article sur un journal local qui vante l'initiative de mini-entreprise liée à l'option)
- des heures de cours non-rognées par tel ou tel dispositif (AP, EPI, parcours professionnel, parcours culturel...)
- l'option latin (RIP)
- les sections bilangues 'à l'ancienne'
- les heures d'accompagnement éducatif
- des notions simples de grammaire (COD, COI, CC...)
- l'épreuve d'Histoire des Arts, très disparate, certes, mais qui avait souvent trouvé une forme intéressante dans de nombreux établissements
- l'ancien brevet, imparfait mais bien mieux que celui qui se profile avec ses 80 points donnés et l'épreuve orale basée sur un EPI de cycle 4 dont il ne faudra évaluer que la forme et surtout pas le fond (dire des âneries avec élégance suffira à avoir une bonne note)
- un volume horaire décent en langues (2h30 sont insuffisants pour un bain linguistique correct)
- des professeurs d'allemand qui font leur service sur un seul établissement
...
Finalement, ça en fait des choses à oublier, on tentera d'oublier de les oublier.
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tangente
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par tangente Dim 22 Mai 2016 - 13:50
Roumégueur Ier a écrit:
- l'ancien brevet, imparfait mais bien mieux que celui qui se profile avec ses 80 points donnés et l'épreuve orale basée sur un EPI de cycle 4 dont il ne faudra évaluer que la forme et surtout pas le fond (dire des âneries avec élégance suffira à avoir une bonne note).

Euh moi je ne prendrai pas le risque de ne valider qu' une maîtrise fragile à mes élèves pour les 8 éléments du socle commun : pour qu' on vienne me reprocher de ne pas avoir su mener à la réussite mes élèves... non merci !
Donc je table plutôt pour un nouveau brevet qui donne 8 x 25 pts = 200 points à tous les élèves avant même de passer des épreuves! Vous voyez bien que la réforme du collège sera une grande réussite : grâce à elle 100% des élèves auront leur brevet ! yesyes
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