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Pierre_au_carré
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par Pierre_au_carré Sam 26 Nov - 10:20
lene75 a écrit:
Igniatius a écrit:Oui mais là, Lene, tu parles des élèves en difficulté, ce qui n'est pas le propos de l'article.

Pas du tout : mon lycée a 90% de réussite au bac ! Et en l'occurrence, je pensais à ma classe de S-SVT, c'est-à-dire à la "meilleure" classe du lycée, mais en fait, c'est pareil dans toutes et j'ai entendu le même discours dans tous les lycées où je suis allée. C'est par ailleurs le discours politique : l'école n'est plus du tout là pour former des hommes mais pour former des employés bien dressés.

L'école n'est pas là strictement pour former des employés bien dressés, c'est sûr, mais quelques discours à l'intérieur de l'EN m'agace aussi : on est plus au Moyen-Age ou après où on donnait un bagage intellectuel à "l'école" puis après on faisait un métier intellectuel ou on reprenait l'activité familiale (qu'importe les capacités propres à ce métier puisqu'on a un "bagage"). Bref, qu'on faisait des études sans aucun souci de la suite...
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olivier-np30
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par olivier-np30 Sam 26 Nov - 10:21
Bien sûr Poutou que j'adhère à tes propos sur le travail : je connais un copain dont les parents sont ouvriers et qui est principal adjoint aujourd'hui.

Mais on peut être diplômé, être prof sans être cultivé. Mon grand père a fait peu d'études et c'était un passionné d'histoire.

Mes parents étaient aussi des gens simples qui ont enseigné dans le technique et ils ne sont pas cultivés. Un prof n'est pas forcément une personne cultivée : c'est comme dans tous les milieux et pourtant tous sont allés à l'Ecole.

Etre cultivé pour moi, c'est avoir un bagage au sens de la culture générale donc large.

Moi non plus je me définis pas comme une personne cultivée : je suis un technique c'est tout.

Mon grand père n'avait pas de diplômes et je trouve qu'il était plus cultivé. Mon oncle a fait Maths spe et il n'est pas intellectuel.




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poutou
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par poutou Sam 26 Nov - 10:37
[quote="olivier-np30"]
poutou a écrit:


On peut être agriculteur et cultivé : cela n'a rien à voir avec les études.
Justement, mes parents ne le sont pas, au sens où on l'entend! En revanche, ils maîtrisent bien l'art.... de la culture!!!!
Marie Laetitia
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par Marie Laetitia Sam 26 Nov - 10:39
poutou a écrit:
olivier-np30 a écrit:Ce n'est pas l'école qui permet le développement de la culture.

C'est comme la personnalité, ça ne se forme pas.



Je ne suis pas d'accord. Je suis fille d'agriculteurs, mes parents n'ont pas fait d'études. Nous sommes 6 enfants: sur les 6, un est chercheur au CNRS, deux sont ingénieurs, une est éduc et une prof (moi). Mon autre frère a repris la ferme. Sans l'école publique, jamais nous n'aurions eu accès à la culture. (pas de livres chez nous quand nous étions petits, pas de musée- mes parents n'y ont jamais mis les pieds car trop éloigné et géographiquement et de leur mode de vie).Merci aux profs qui nous ont emmenés à l'étranger, merci aux bourses qui nous ont permis de faire des études supérieures. Et merci à mes parents de nous avoir appris la valeur du travail. même si ma mère ne comprenait rien à l'anglais ou à l'allemand, elle nous faisait réciter nos leçons, quand nous l'aidions le soir à l'étable. Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières. Mais c'est à cette école que je veux encore croire.

"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 2252222100 entièrement d'accord Poutou...

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Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)


Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
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poutou
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par poutou Sam 26 Nov - 10:46
Donc ne confondons pas passionné par un domaine (l'Histoire pour ton grand-père) et culture générale.
Pour ma part, l'ouverture sur le monde de la culture m'a été donnée par l'école, comme je le disais plus haut, car je ne venais pas d'une famille où cela aurait pu m'être offert par mes parents. Donc l'école peut avoir aussi ce rôle-là. Et tant mieux. Après, à moi, adulte, de développer cela ...( en craquant tout mon salaire au théâtre, à l'opéra...) si j'en ai envie. Mais c'est quand même l'école et quelques profs qui croyaient à cette école qui m'ont permis de découvrir tout cela.
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olivier-np30
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par olivier-np30 Sam 26 Nov - 10:51
poutou a écrit:
Justement, mes parents ne le sont pas, au sens où on l'entend! En revanche, ils maîtrisent bien l'art.... de la culture!!!!

Oui je m'attendais un peu à cette réponse :lol:

Il est vrai aussi qu'il faut voir ce que chacun met derrière le mot culture.

Par exemple, j'ai passé l'agreg de Maths et je ne me définis pas comme un scientifique.

Il y a les philosophes, les mathématiciens, les scientifiques, les littéraires ... etc ...

D'autres classifieront les matheux dans les scientifiques en établissant des classes (la classe théorique, expérimentale, etc ...).

Mais on peut faire des études (donc passer par la case école) en ressortant sans avoir une culture extraordinaire, ni être un intellectuel.

Ce n'est pas parce que tu fais un métier dans la terre que tu n'es pas cultivé, il y a beaucoup d’œnologues qui sont des gens cultivés.

De toute façon entre tes parents agriculteurs et une famille bourgeoise ennuyeuse intellectuelle de profs agrégés d'histoire (qui se prennent au sérieux [j'entends bien]), je préfère la première.

Pour conclure, mes parents étaient enseignants mais je les définirai comme des ouvriers de l'EN qui n'avaient pas spécialement le temps de s'ouvrir à la culture (hors vacances mais ils se reposaient car ils étaient fatigués) : ils ont débuté en tant que MA et ont dû pas mal déménager quand ils ont démarré sans compter le gaz qu'ils ne pouvaient pas payer à leurs débuts : donc derrière le métier de prof se cache beaucoup de choses et également par voie de conséquence l'Ecole et ses usagers.

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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par Igniatius Sam 26 Nov - 11:05
lene75 a écrit:
Igniatius a écrit:Oui mais là, Lene, tu parles des élèves en difficulté, ce qui n'est pas le propos de l'article.

Pas du tout : mon lycée a 90% de réussite au bac ! Et en l'occurrence, je pensais à ma classe de S-SVT, c'est-à-dire à la "meilleure" classe du lycée, mais en fait, c'est pareil dans toutes et j'ai entendu le même discours dans tous les lycées où je suis allée. C'est par ailleurs le discours politique : l'école n'est plus du tout là pour former des hommes mais pour former des employés bien dressés. D'où l'inutilité croissante - voire le caractère nuisible - de certaines matières, dont la mienne.

Ce que je pointe, ce n'est pas un allègement des horaires du lycée, mais une mutation de ce qu'on y apprend. Supprimer l'histoire et amorcer la suppression de la philo, ça ne me paraît pas être un choix politique innocent. Quand c'est couplé avec une diminution de la culture scientifique, il ne reste plus grand chose, bien que le nombre d'heures soit encore élevé parce qu'on introduit, par exemple, du catéchisme républicain (euh, pardon, de l'ECJS).

Quant aux littéraires, c'est juste une blague : ce sont simplement des élèves qui sont mauvais en maths et ne peuvent donc faire ni S ni ES, mais ils ne sont pas bons dans les matières littéraires ni portés sur la culture, loin de là !

Ah mais moi je suis entièrement d'accord avec ça : c'est l'école pourrie d'aujourd'hui qu'on nous promet.
Concernant les 90% de réussite au bac, ce n'est plus un indicateur, tu le sais bien : dans mon précédent bahut, on était à 95% les bonnes années, et pourtant, même les S étaient parfois déplorables.

Olivier, je pense vraiment exactement le contraire de toi : tes exemples me semblent, excuse-moi, un peu fumeux. Ce n'est pas parce que tu connais trois membres de ta famille qui ont fait ceci ou cela que tu peux en tirer des généralités. D'autre part, il faudrait voir à quoi tu mesures la culture.
Et puis ton grand-père, il n'a pas initié sa culture à l'école, à une époque bien différente de la nôtre ?

Tu sembles diviser le monde en deux catégories (ça me rappelle le bon la brute et le truand), ceux qui sont curieux, et les autres.
Les premiers sont une infime minorité à mon sens : développer sa culture entièrement seul, sans être aidé par son milieu familial ni les études, cela me paraît proprement exceptionnel.
Je pense que l'école tente d'éveiller la plupart des gamins à des choses dont ils n'ont pas la moindre idée : pour bcp, cela peut déboucher sur un éveil effectif de la curiosité, et c'est bien suffisant.
Enfin c'est l'école que j'ai connue, et qui n'existe plus aujourd'hui dans les objectifs affichés par les gouvernants.

De toute façon, ce que tu dis ne tient pas : avant l'école obligatoire, tu ne vas pas me dire que les français étaient aussi cultivés et informés en proportion, car seuls les plus curieux, qui n'ont donc pas besoin de l'école, se bougeaient tous seuls ?

Et puis qu'est-ce que la culture ? Des connaissances ou des capacités d'analyse ? L'école doit à mon avis chercher à apporter ces deux éléments.

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olivier-np30
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par olivier-np30 Sam 26 Nov - 11:12
Igniatius a écrit:
Et puis qu'est-ce que la culture ? Des connaissances ou des capacités d'analyse ? L'école doit à mon avis chercher à apporter ces deux éléments.

Moi je pense que ce n'est pas une obligation et pendant qu'on y est, on va faire comme dans les écoles de commerce le quantifier par des tests de culture ge.

Parmi les enseignants beaucoup ne sont pas des intellectuels : ils font le job qu'on leur demande de faire et ce n'est pas plus mal.

Les grandes idées, c'est fatigant aussi parfois et ça n’intéresse pas grand'monde.

Je ne me définis pas comme un intellectuel et c'est une chose que je ne recherche pas. Je suis pour le pragmatisme et ce qui s'acquière par l'expérience et la vie.

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par Igniatius Sam 26 Nov - 11:20
Ah oui, bon là c'est sûr, on ne pense vraiment pas pareil.
Oui au pragmatisme et à l'apport de la vie, mais c'est globalement du vent : bien rare sont ceux qui s'élèveront au-dessus des raisonnements à courte vue dans ces conditions.
Cela me confirme que l'on instruit parfois contre l'élève, mais pour son bien.

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par lene75 Sam 26 Nov - 12:23
Pierre_au_carré a écrit:C'est fini et tant mieux.

Je ne trouve pas : asservir le peuple n'assure la paix sociale que pour un temps. Or en les privant de la capacité de réflexion, c'est de la liberté dont on les prive et le pire, c'est que ça n'est même pas rentable économiquement parce que non seulement ils sont mauvais dans leur 1er job mais en plus ils sont incapables de s'adapter. Les maîtres de stage de nos BTS techniques se plaignent de leur absence de maîtrise... du français... et moi je me marre, mais je me marre, mais je ris un peu jaune, aussi. Plus on a de bagage et de capacité de réflexion plus on est capable de s'adapter, y compris de faire un bon boulanger, ou un bon mécanicien, comme mon frère qui n'a pourtant jamais appris la mécanique.

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par Condorcet Sam 26 Nov - 13:03
olivier-np30 a écrit:
Igniatius a écrit:
Et puis qu'est-ce que la culture ? Des connaissances ou des capacités d'analyse ? L'école doit à mon avis chercher à apporter ces deux éléments.

Moi je pense que ce n'est pas une obligation et pendant qu'on y est, on va faire comme dans les écoles de commerce le quantifier par des tests de culture ge.

Parmi les enseignants beaucoup ne sont pas des intellectuels : ils font le job qu'on leur demande de faire et ce n'est pas plus mal.

Les grandes idées, c'est fatigant aussi parfois et ça n’intéresse pas grand'monde.

Je ne me définis pas comme un intellectuel et c'est une chose que je ne recherche pas. Je suis pour le pragmatisme et ce qui s'acquière par l'expérience et la vie.

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par Carabas Sam 26 Nov - 15:01
Igniatius a écrit:Et puis qu'est-ce que la culture ? Des connaissances ou des capacités d'analyse ? L'école doit à mon avis chercher à apporter ces deux éléments.
On ne peut pas avoir de capacités d'analyse à partir de rien.
La culture sans analyse n'est pas hyper formatrice, mais les capacités d'analyse sans culture du tout, j'ai envie de dire que ça n'existe pas.


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par Carabas Sam 26 Nov - 15:25
Pierre_au_carré a écrit:L'école n'est pas là strictement pour former des employés bien dressés, c'est sûr, mais quelques discours à l'intérieur de l'EN m'agace aussi : on est plus au Moyen-Age ou après où on donnait un bagage intellectuel à "l'école" puis après on faisait un métier intellectuel ou on reprenait l'activité familiale (qu'importe les capacités propres à ce métier puisqu'on a un "bagage"). Bref, qu'on faisait des études sans aucun souci de la suite...
C'est fini et tant mieux.
Oui, enfin, ça me fait penser au Meilleur des Mondes : chacun est "éduqué" en fonction de sa future tâche. Inutile de donner trop de culture aux futurs ouvriers : ils risqueraient de ne pas être satisfaits de leur sort et de se rebeller.
A une époque, on considérait que si quelqu'un avait tel type d'études, il était bien capable d'apprendre un métier sur le tas. Et ce n'était pas complètement absurde. Franchement, pour l'avoir testé, on n'apprend pas le métier de bibliothécaire dans un IUT. Il est à mes yeux plus utile d'avoir une culture vaste que des connaissances techniques. Ces connaissances techniques, nécessaires au métier, s'apprennent sur le tas. La culture, c'est sur plusieurs années qu'elle s'acquiert. Tout le monde adore les IUT. Pour moi, c'est une arnaque. Du supoudrage de trucs professionnels qu'il faudra de toute façon réadapter en fonction de l'endroit où l'on bosse + un peu de pseudo culture générale vite fait. Je regrette le temps où avec une licence de Lettres et de la bonne volonté, on pouvait espérer être embauché en bibliothèque. Maintenant, DUT + maîtrise ne suffisent pas.

olivier-np30 a écrit:
poutou a écrit:
Justement, mes parents ne le sont pas, au sens où on l'entend! En revanche, ils maîtrisent bien l'art.... de la culture!!!!

Oui je m'attendais un peu à cette réponse :lol:

Il est vrai aussi qu'il faut voir ce que chacun met derrière le mot culture.

Par exemple, j'ai passé l'agreg de Maths et je ne me définis pas comme un scientifique.

Il y a les philosophes, les mathématiciens, les scientifiques, les littéraires ... etc ...

D'autres classifieront les matheux dans les scientifiques en établissant des classes (la classe théorique, expérimentale, etc ...).

Mais on peut faire des études (donc passer par la case école) en ressortant sans avoir une culture extraordinaire, ni être un intellectuel.

Ce n'est pas parce que tu fais un métier dans la terre que tu n'es pas cultivé, il y a beaucoup d’œnologues qui sont des gens cultivés.

De toute façon entre tes parents agriculteurs et une famille bourgeoise ennuyeuse intellectuelle de profs agrégés d'histoire (qui se prennent au sérieux [j'entends bien]), je préfère la première.

Pour conclure, mes parents étaient enseignants mais je les définirai comme des ouvriers de l'EN qui n'avaient pas spécialement le temps de s'ouvrir à la culture (hors vacances mais ils se reposaient car ils étaient fatigués) : ils ont débuté en tant que MA et ont dû pas mal déménager quand ils ont démarré sans compter le gaz qu'ils ne pouvaient pas payer à leurs débuts : donc derrière le métier de prof se cache beaucoup de choses et également par voie de conséquence l'Ecole et ses usagers.
L'école n'a pas vocation à former des intellectuels, pas plus qu'elle ne doit former à un métier. En revanche, elle doit apporter un fonds commun, nécessaire dans tous les métiers, et aller au-delà, semer des graines, ouvrir des portes, stimuler la curiosité. Aux individus d'aller au-delà ou non. Il s'agit d'un choix personnel. Mais pour faire un choix, encore faut-il avoir une base suffisamment solide. L'école forme aussi des humains.

Je pense que je serais différente aujourd'hui si je n'avais pas eu accès à la culture scolaire. Donc oui, l'école forme en partie la personnalité, en proposant une certaine pluridisciplinarité et de la rigueur intellectuelle.

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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par John Sam 26 Nov - 15:40
Je regrette le temps où avec une licence de Lettres et de la bonne volonté, on pouvait espérer être embauché en bibliothèque.
C'est encore possible : ça s'appelle passer un concours.

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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par Carabas Sam 26 Nov - 15:44
Ouais. Je parlais de trouver un simple poste de contractuel. Parce que un concours avec moins de 3% de taux de réussite... humhum Je crois même qu'on en est à 1% actuellement...

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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par Igniatius Sam 26 Nov - 15:45
Carabas a écrit:
Igniatius a écrit:Et puis qu'est-ce que la culture ? Des connaissances ou des capacités d'analyse ? L'école doit à mon avis chercher à apporter ces deux éléments.
On ne peut pas avoir de capacités d'analyse à partir de rien.
La culture sans analyse n'est pas hyper formatrice, mais les capacités d'analyse sans culture du tout, j'en envie de dire que ça n'existe pas.

Oui, c'était bien mon propos.

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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par John Sam 26 Nov - 15:46
On peut trouver un poste de contractuel en bibliothèque avec une licence et de la bonne volonté. Généralement, il faut aussi du piston local.

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par Carabas Sam 26 Nov - 15:47
John a écrit:Généralement, il faut aussi du piston local.
Ouais, c'est ça qui me manque. Rolling Eyes


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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par lene75 Dim 27 Nov - 21:19
Carabas a écrit:Oui, enfin, ça me fait penser au Meilleur des Mondes : chacun est "éduqué" en fonction de sa future tâche. Inutile de donner trop de culture aux futurs ouvriers : ils risqueraient de ne pas être satisfaits de leur sort et de se rebeller.

C'est vraiment l'impression que me donne la vision actuelle de l'éducation. Sauf qu'on fait une erreur grossière : on leur fait croire qu'ils ont des diplômes, ils se rebelleront donc.

Quand on me sort en conseil pédagogique qu'apprendre le français à nos élèves serait élitiste, là, j'avoue ne plus comprendre. C'est vrai qu'écrire comme il écrivent, ça suffit bien pour eux. C'est ça qui est ressorti des discussions. C'est bien assez pour eux. Pas pour nos enfants à nous, bien évidemment.

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par Igniatius Dim 27 Nov - 21:22
lene75 a écrit:
Carabas a écrit:Oui, enfin, ça me fait penser au Meilleur des Mondes : chacun est "éduqué" en fonction de sa future tâche. Inutile de donner trop de culture aux futurs ouvriers : ils risqueraient de ne pas être satisfaits de leur sort et de se rebeller.

C'est vraiment l'impression que me donne la vision actuelle de l'éducation. Sauf qu'on fait une erreur grossière : on leur fait croire qu'ils ont des diplômes, ils se rebelleront donc.

Quand on me sort en conseil pédagogique qu'apprendre le français à nos élèves serait élitiste, là, j'avoue ne plus comprendre. C'est vrai qu'écrire comme il écrivent, ça suffit bien pour eux. C'est ça qui est ressorti des discussions. C'est bien assez pour eux. Pas pour nos enfants à nous, bien évidemment.


Mon IPR m'a reproché l'an dernier, dans un exercice de mise en équation de seconde dans un contrôle, d'avoir mentionné en remarque : "J'attends une rédaction propre." (i.e. avec des phrases explicatives en français). IL m'a textuellement dit : "quand vous écrivez cela, vous ne vous adressez qu'aux bons élèves. Vous travaillez pour les meilleurs et vous laissez les autres de côté." sur un ton très agressif...

Désespérant...

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par Pierre_au_carré Dim 27 Nov - 22:01
Igniatius a écrit:
lene75 a écrit:
Carabas a écrit:Oui, enfin, ça me fait penser au Meilleur des Mondes : chacun est "éduqué" en fonction de sa future tâche. Inutile de donner trop de culture aux futurs ouvriers : ils risqueraient de ne pas être satisfaits de leur sort et de se rebeller.

C'est vraiment l'impression que me donne la vision actuelle de l'éducation. Sauf qu'on fait une erreur grossière : on leur fait croire qu'ils ont des diplômes, ils se rebelleront donc.

Quand on me sort en conseil pédagogique qu'apprendre le français à nos élèves serait élitiste, là, j'avoue ne plus comprendre. C'est vrai qu'écrire comme il écrivent, ça suffit bien pour eux. C'est ça qui est ressorti des discussions. C'est bien assez pour eux. Pas pour nos enfants à nous, bien évidemment.


Mon IPR m'a reproché l'an dernier, dans un exercice de mise en équation de seconde dans un contrôle, d'avoir mentionné en remarque : "J'attends une rédaction propre." (i.e. avec des phrases explicatives en français). IL m'a textuellement dit : "quand vous écrivez cela, vous ne vous adressez qu'aux bons élèves. Vous travaillez pour les meilleurs et vous laissez les autres de côté." sur un ton très agressif...

Désespérant...

Et il ne parlait pas encore de la partie maths. Qu'a dû être la suite...
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par Igniatius Dim 27 Nov - 22:10
Pierre_au_carré a écrit:
Igniatius a écrit:
lene75 a écrit:
Carabas a écrit:Oui, enfin, ça me fait penser au Meilleur des Mondes : chacun est "éduqué" en fonction de sa future tâche. Inutile de donner trop de culture aux futurs ouvriers : ils risqueraient de ne pas être satisfaits de leur sort et de se rebeller.

C'est vraiment l'impression que me donne la vision actuelle de l'éducation. Sauf qu'on fait une erreur grossière : on leur fait croire qu'ils ont des diplômes, ils se rebelleront donc.

Quand on me sort en conseil pédagogique qu'apprendre le français à nos élèves serait élitiste, là, j'avoue ne plus comprendre. C'est vrai qu'écrire comme il écrivent, ça suffit bien pour eux. C'est ça qui est ressorti des discussions. C'est bien assez pour eux. Pas pour nos enfants à nous, bien évidemment.


Mon IPR m'a reproché l'an dernier, dans un exercice de mise en équation de seconde dans un contrôle, d'avoir mentionné en remarque : "J'attends une rédaction propre." (i.e. avec des phrases explicatives en français). IL m'a textuellement dit : "quand vous écrivez cela, vous ne vous adressez qu'aux bons élèves. Vous travaillez pour les meilleurs et vous laissez les autres de côté." sur un ton très agressif...

Désespérant...

Et il ne parlait pas encore de la partie maths. Qu'a dû être la suite...

Tu ne crois pas si bien dire : l'énoncé était "Quel nombre faut-il ajouter au numérateur et au dénominateur de 9/29 pour que cette fraction devienne égale à 4/9 ?" (les nombres étaient encore plus simples, mais j'ai oublié).
On avait fait EXACTEMENT le même (aux valeurs près) corrigé en DM.
L'élève pose 9/29+x=4/9, et résout correctement l'équation.
Soit strictement la même erreur qu'elle avait déjà faite en DM.

Je lui mets 0/3 (si on ne l'avait jamais vu, j'aurais peut-être mis 1/3), car l'équation n'est plus très intéressante.
L'IPR éructe (au sens propre) "Cette élève est une excellente scientifique, elle a une démarche scientifique car elle a écrit "soit x...". Elle mérite 2,5/3 voire 3/3 car l'énoncé est forcément mal posé" et il dit ça en hurlant et en agitant la copie de mon élève. JE la lui ai reprise car je ne voulais pas qu'il me la déchire !
J'ai vraiment eu envie de lui demander s'il avait besoin de se faire soigner : il avait l'air un peu dingue et il disait vraiment n'importe quoi.

Voilà l'esprit scientifique vu par nos IPR : ça laisse rêveur...

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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par Pierre_au_carré Dim 27 Nov - 23:30
Igniatius a écrit:

Tu ne crois pas si bien dire : l'énoncé était "Quel nombre faut-il ajouter au numérateur et au dénominateur de 9/29 pour que cette fraction devienne égale à 4/9 ?" (les nombres étaient encore plus simples, mais j'ai oublié).
On avait fait EXACTEMENT le même (aux valeurs près) corrigé en DM.
L'élève pose 9/29+x=4/9, et résout correctement l'équation.
Soit strictement la même erreur qu'elle avait déjà faite en DM.

Je lui mets 0/3 (si on ne l'avait jamais vu, j'aurais peut-être mis 1/3), car l'équation n'est plus très intéressante.
L'IPR éructe (au sens propre) "Cette élève est une excellente scientifique, elle a une démarche scientifique car elle a écrit "soit x...". Elle mérite 2,5/3 voire 3/3 car l'énoncé est forcément mal posé" et il dit ça en hurlant et en agitant la copie de mon élève. JE la lui ai reprise car je ne voulais pas qu'il me la déchire !
J'ai vraiment eu envie de lui demander s'il avait besoin de se faire soigner : il avait l'air un peu dingue et il disait vraiment n'importe quoi.

Voilà l'esprit scientifique vu par nos IPR : ça laisse rêveur...

Oui, je m'en souvenais.
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par lene75 Lun 28 Nov - 14:34
Pierre_au_carré a écrit:Tu as peut-être un spécimen là... "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 3795679266

J'ose espérer affraid
Soit dit en passant, il s'agit de la part de l'élève à nouveau plus d'une erreur de lecture de l'énoncé que d'une véritable erreur de maths. La preuve que quand on ne sait pas lire on ne peut rien faire.

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par Pierre_au_carré Lun 28 Nov - 14:43
lene75 a écrit:
Pierre_au_carré a écrit:Tu as peut-être un spécimen là... "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 3795679266

J'ose espérer affraid
Soit dit en passant, il s'agit de la part de l'élève à nouveau plus d'une erreur de lecture de l'énoncé que d'une véritable erreur de maths. La preuve que quand on ne sait pas lire on ne peut rien faire.

C'est sûr mais, pour ce cas, je suis sûr que c'est la seule erreur à ne pas faire au départ et qu'Ignatius l'avait expliqué quand il l'avait vu précédemment.
Quand l'IPR dit ça c'est nul car il est censé le savoir ou au moins s'en douter, donc être moins péremptoire...
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dasson
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"Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths." - Page 3 Empty Re: "Je voulais être boulanger, mais j'étais bon en maths."

par dasson Lun 28 Nov - 16:58
"J'attends une rédaction propre." (i.e. avec des phrases explicatives en français). IL m'a textuellement dit : "quand vous écrivez cela, vous ne vous adressez qu'aux bons élèves. Vous travaillez pour les meilleurs et vous laissez les autres de côté."
Ce texte d'Igniatius m'a donné un coup de vieux...
Je crois depuis plus de cinquante ans que l'apprentissage de la rédaction d'une démonstration est d'abord une leçon de français.
Quelques mises à jour récentes de programmes expérimentaux en FLASH sur des premiers exemples de démonstration au collège :
http://rdassonval.free.fr/flash/exercice4n.html
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