Le Bac – et après... JP Brighelli

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Le Bac – et après... JP Brighelli

Message par Docteur OX le Jeu 20 Juin 2013 - 13:21

Le Bac – et après
Le seul vrai problème de l’École, c’est ce qu’on y apprend. Ou pas.


http://www.causeur.fr/bac-fioraso-peillon,23091

Le Bac est devenu un rite vide, la conclusion dépourvue de sens d’une scolarité largement vidée de tout contenu réel. Un rite onéreux, aussi — près de 100 millions d’euros, estime le magazine Challenges. Et on a eu beau le simplifier, exiger des examinateurs la plus grande mansuétude, on ne parvient plus à monter au-dessus de 85% de reçus — c’est à la fois trop et pas assez. Trop, si l’on voulait que le Bac conserve un semblant de crédibilité. Pas assez si on pense que 15% d’échecs, c’est près de 100 000 candidats qui repiquent, soit pour l’Education nationale un coût de 1 200 000 000 € (à 12 000 € par an et par élève). Et c’est largement inutile, si l’on pense que près de 40% des formations post-Bac (BTS, IUT, prépas…) recrutent aux mois de mai-juin sur livret scolaire sans un regard pour un Bac qui n’est pas encore passé, mais que l’on tient désormais pour une formalité désuète.
Tout a été fait ces dernières décennies pour vider de son sens ce premier titre universitaire — pour me pousser, en quelque sorte, à écrire que le Bac est désormais inutile, et qu’il est temps de laisser tout le Supérieur recruter comme il l’entend. Décidons d’un titre qui sanctionnerait désormais un niveau d’études, et laissons les universitaires décider de qui ils ont envie d’avoir en face d’eux dans les amphis. Cela éviterait à des gamins qui croient tenir en main un sésame de s’engager dans des impasses, et d’aller, à près de 50%, se fracasser en Licence.
Inutile de se demander comment revivifier le Bac : on ne ressuscitera jamais le cadavre de ce qui fut jadis l’un des meilleurs systèmes d’enseignement et d’évaluation au monde. Noter les élèves au Bac en fonction de leurs capacités réelles reviendrait à les condamner sans rémission — parce qu’ils sont les produits, et les victimes, d’une Ecole primaire qui tient encore parce que de brillantes personnalités s’y dévouent sans compter leurs heures ou leurs efforts, sous les quolibets de leurs Inspecteurs ; produits aussi d’un Collège unique qui partait peut-être d’une idée généreuse, qui a démontré depuis longtemps sa nocivité ; produits souvent de ces Zones d’Education Prioritaires qui ont greffé le ghetto culturel sur le ghetto social ; produits enfin d’un lycée où la part du disciplinaire s’étiole chaque année, minée par les restrictions budgétaires des uns et la pédagogonigologie des autres. Inutile de s’abîmer en nostalgies inutiles : restaurer le Bac, ce serait condamner à l’échec une génération élevée dans l’optique du bonheur immédiat — ne rien faire, sans le faire très bien. Bien sûr qu’aucun des postulants au Bac 2013 ne résoudrait les questions posées au Certificat d’Etudes de jadis — mais ils ne vivent pas dans le même monde, nous dit-on. Certes — mais ils ne sont pas préparés non plus ni au monde d’aujourd’hui, ni à celui de demain. Que la refondation de l’Ecole se préoccupe de temps scolaires (le lobby des pédopsys — malgré les protestations fondées des instits) ou de réaménagement des vacances (le lobby des hôteliers, malgré les remarques de bon sens des profs) donne la mesure de ce qui reste à faire — tout. À commencer par un apprentissage systématique du français, langue, culture et histoire, et des sciences : les deux passeports sans lesquels on est condamné, dès l’école, à la précarité intellectuelle et économique. Le désespoir frappe à la porte — il pourrait bien frapper tout court.
Mais peut-être est-ce cela l’objectif — des jeunes sans repères ni mémoire, taillables et corvéables à merci grâce aux brillantes intelligences qui aujourd’hui conseillent la Gauche après avoir si bien géré la Droite. Des jeunes qui n’ont même plus les mots pour se plaindre. Combien de vrais enseignants de terrain autour de Vincent Peillon ? Il s’acharne à ne pas voir que le problème actuel de l’Ecole, c’est ce qu’on y apprend — pas l’allongement du temps de présence des maîtres, un sujet familier aux cafés du Commerce et aux syndicalistes professionnels. On nous assène en permanence un « modèle allemand » largement fantasmatique : le lecteur sait-il que les enseignants d’Outre-Rhin sont deux fois mieux payés que les Français, pour un travail largement équivalent ? Combien d’universitaires réels autour de Geneviève Fioraso ? Elle veut à toute force noyer les classes prépas, dernier village gaulois qui résiste encore et toujours à la débâcle pédagogique, dans des universités dont la fonction essentielle semble être de retarder l’arrivée des étudiants dans les queues de Pôle-Emploi.
Vous trouvez que l’éducation coûte cher ? Essayez l’ignorance, comme l’a suggéré un bon esprit. La rue de Grenelle, comme la rue Descartes, commence et finit à Bercy. Géographie et politique de gribouilles. Tenez, supprimons le Bac, ce sera toujours ça d’économisé, et redonnons le pouvoir à ceux qui se soucient vraiment de l’avenir des élèves et des étudiants, et qui espèrent encore, alors même qu’ils n’espèrent plus rien.


Docteur OX
Sage


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Re: Le Bac – et après... JP Brighelli

Message par adelaideaugusta le Ven 21 Juin 2013 - 10:11

On n'a pas encore touché le fond : avec la nouvelle refondation, ce sera le "périscolaire" à tout va.

Grenoble est le fief du pédagogisme : c'est la ville de Foucambert, Sylviane Valdois (un des auteurs de Crocolivre, et directeur de recherche en psychologie)...et Fioraso.

C'est donc la ville où l' on teste les résultats des élucubrations des uns et des autres. 

C'est ainsi que ma fille, institutrice depuis l'année dernière à Grenoble, avait un CE2, dans l'école d'application de l'IUFM, où les enfants n'avaient pas appris à écrire.
Cette année, en ZEP (école du Grand Châtelet), elle avait 12 non lecteurs en CE2, la méthode d'apprentissage de la lecture étant Abracadalire. dans cette école d'enfants issus de l'immigration. 
Ma fille  me dit que Paul Bron, adjoint au maire, et chargé des questions scolaires, serait  le véritable inspirateur de Vincent Peillon.
Donc, partout, on fait des "projets". Grenoble est une ville "test", une
ville expérimentale.
Dans son école, entre midi et deux heures, les enfants sont pris en charge par des "animateurs", qui ne savent rien faire, ou sont absents sans avoir prévenu, si
bien que les instituteurs de garde se trouvent débordés. Il semble que ces
jeunes gens sont des "emplois aidés".
A la rentrée, les cours devraient s'arrêter à 16 heures, et laisser place
soi-disant à des activités payées par les communes. En réalité, toutes les
activités intéressantes, comme le sport ou les arts, seront aux frais ...des
familles. Et les deux heures entre midi et deux heures prises en compte (ou
pas) par ces fameux "animateurs". Il semble que, là aussi, ce soit le flou
le plus total.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/02/06022013Article634957328142652985.aspx

adelaideaugusta
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Re: Le Bac – et après... JP Brighelli

Message par adelaideaugusta le Ven 21 Juin 2013 - 10:18

Pour diminuer le chômage des jeunes...

"Emplois aidés
Le gouvernement adjoint 10 000 emplois aidés aux directeurs d’école
Le ministère de l’éducation embauchera dès la rentrée environ 10 000 personnes dans le cadre de contrats aidés afin d’apporter un soutien aux directeurs d’école primaire.
19/6/13 - Mis à jour le 19/6/13 - 17 H 00
GERARD JULIEN / AFP
Ces chefs d’établissement disent bénéficier de décharges de cours insuffisantes pour assurer toutes leurs missions.
C’est une revendication de longue date à laquelle vient d’accéder le gouvernement, en annonçant, mardi 18 juin dans la soirée, le recrutement à la rentrée prochaine d’environ 10 000 personnes pour aider les chefs d’établissement du premier degré à assurer leurs missions. 
Les emplois ainsi créés « permettront de relancer l’aide aux directeurs d’école, qui avait progressivement diminué pour atteindre 5 500 contrats à la fin 2012, contre 20 900 en 2010 », précise le ministère de l’éducation, qui lie cette annonce à sa volonté de donner « la priorité » au primaire.
Ces renforts doivent contribuer à « améliorer l’accueil afin d’assurer le lien quotidien avec les parents et les intervenants ». Les nouvelles recrues auront aussi pour mission d’assurer « un suivi étroit en cas d’absence des enfants », de « développer l’aide aux fonctions administratives », de « renforcer la surveillance des élèves » et de « participer aux activités éducatives sous la responsabilité pédagogique des parents ». 
LES DIRECTEURS SOUVENT DÉCHARGÉS UNE JOURNÉE PAR SEMAINE
Embauchés pour un à deux ans, avec un emploi du temps d’une vingtaine d’heures par semaine, ces personnels supplémentaires font partie des 30 000 emplois aidés que Matignon a décidé, la semaine dernière, d’accorder à l’Éducation nationale (les autres permettront notamment d’améliorer l’accompagnement des élèves handicapés).
De manière récurrente, les syndicats ont fait remonter la grogne des directeurs d’école, qui – hormis dans des villes comme Paris où ils n’ont pas à enseigner, grâce à un financement de la municipalité – bénéficient d’une décharge de cours dès lors que leur établissement compte au moins quatre classes. 

Cette décharge, qui se limite souvent à une journée hebdomadaire, ne leur permet pas, assurent-ils, d’effectuer convenablement la totalité des tâches qui leur incombent (gestion de l’école, animation de l’équipe pédagogique, mise en œuvre du projet d’établissement, lien avec les collectivités locales, réponses aux enquêtes administratives, etc.)."


Ces "emplois aidés" ne sont-ils pas destinés surtout aux jeunes sortis de l'enseignement sans savoir lire, écrire, compter ? On se demande quelle aide ils vont apporter aux directeurs d'école, qui ont souvent en charge des CM2. On ne s'improvise pas instituteur de CM2.

adelaideaugusta
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