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User5899
Demi-dieu

Suppression des concours d'enseignement ? - Page 7 Empty Re: Suppression des concours d'enseignement ?

par User5899 Mer 6 Juil 2011 - 4:10
frankenstein a écrit:
Les rythmes de passage des débuts de carrière ont été accélérés, pour les PE, les certifiés et les agrégés, c'est un fait incontestable
Ils commencent au 3° échelon, certes, maius beaucoup se feront déjà "griller" pour le passage au 4°. Ensuite, ils verront une augmentation "symbolique" de 50 € lorsqu'ils passeront au 6°...Et ils auront toujours du retard sur leurs prédécesseurs qui ont commencé à l"échelon 1 mais qui auront une ancienneté plus importante pour atteindre le 11°....
T'as compris ? :diable:
Mais c'est dingue qu'on n'arrive pas à causer de la même chose !
Frankenstein, mon petit, écoute bien Tonton. En 1989, Jospin (pas le premier ministre de 1997-2002, le ministre de l'éducation de Rocard, de 1988 à 1991) a fixé une durée au 1er échelon de 3 mois, au 2e, de 9 mois, au 3e, de 12 mois et donc un accès au 4e le premier jour de la 3e année. C'était une accélération considérable des débuts de carrière. Je ne parle pas du ralentissement des fins de carrière, je parle de l'accélération des débuts !
Cette accélération s'ajoutait à la création, dans le secondaire, de l'ISOE.
Et à la création de l'agrégation interne.
Ces exemples me servaient à illustrer l'idée que Jospin n'avait pas vraiment fait partie de ceux qui avaient déconsidéré les profs dans les médias et dans le cours de leur carrière.
Cette idée me servait à étayer ma thèse selon laquelle le discrédit jeté sur les profs commence aux gros Allègre.
Aurore
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Suppression des concours d'enseignement ? - Page 7 Empty Re: Suppression des concours d'enseignement ?

par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 9:04
condorcet a écrit:
Aurore a écrit:
condorcet a écrit:
Aurore a écrit:
condorcet a écrit:

Pour éviter de tout mélanger, un peu d'histoire (dont l'on ne prend pas congé aussi facilement, on dirait) : http://escales.enfa.fr/ressources-du-gap-esc/cultures-territoires/letat-et-la-culture/

Idem. Ce document se contente d'énumérer une suite de faits sans questionner les enjeux et les présupposés idéologiques à la base de ce qui s'est cristallisé comme une politique culturelle étatique en France - la chose n'allant pas de soi !
A ma connaissance, Michel Schneider et Fumaroli ont été bien plus loin dans l'analyse.

Je pense que Marc Fumaroli délaisse le terrain historique pour celui de la polémique, de l'analyse pour celui du pamphlet.

Je ne suis pas d'accord.
Le ton est certes polémique, mais il faut voir le contexte dans lequel a été écrit ce livre. Il fallait réveiller tout ce petit monde ainsi les consciences embrumées (y compris dans le petit monde de l'enseignement et de l'Université !) par la politique clientéliste de l'ère Lang (on vous donne des moyens, et en échange, motus et bouche cousue !).
Si Fumaroli force quelquefois le trait, et si je ne partage pas l'intégralité de ses idées, il n'en demeure pas moins que son ouvrage est fondateur (la première critique construite d'une politique jusque-là consensuelle) et son analyse des origines de la "politique culturelle" des années 1959-90 est parfaitement documentée et me semble très convaincante.
Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi je disqualifierais d'office le contenu d'un pamphlet (Abraxas, Wink )

Parce qu'un pamphlet est tout entier tourné vers la nécessité d'emporter d'adhésion et ne fait pas dans la nuance. A propos de Vichy et d'Uriage, cette dernière me semble plus que nécessaire. Parfaitement documentée : on ne le saura qu'en ouvrant les archives du ministère...

Merci Condorcet pour ton lien sur Hélène Merlin-Kajman que je ne connaissais pas !

Tu reproches à Fumaroli de ne pas faire dans la nuance : soit. On pourrait effectivement concéder que son apologie un peu insistante et systématique du libéralisme a pris quelques rides (mais ce n'est pas pour moi un élément central de son discours, et nous étions en 1991 !). Par contre, concernant Vichy et Uriage, il s'appuie sur une thèse, et ne sort pas ses arguments "de son chapeau". Son rapprochement entre totalitarisme (de gauche comme de droite) et manipulation de la sphère culturelle par l'état, me semble très pertinent, notamment à la lumière de ce que je connais de l'Union Soviétique.
Il faut aussi ne pas perdre de vue que les thèses des tenants de la "culture d'Etat" ne s'embarrassent pas vraiment de ces précautions oratoires : « Un enseignement disciplinaire des classiques a stérilisé pour toujours le goût de millions de Français » (P. Emmanuel). Une sortie qui explique bien des Meirieu...

Comment prétendre s'opposer à de telles thèses avec un ton prétendument détaché et "objectif" (surtout qu'un historien l'est-il complètement? ) ?Wink
Bref, tu lui reproches essentiellement des questions de forme ; moi, ce qui m'intéresse ici, c'est le fond, les idées...
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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 9:15
Cripure a écrit: C'était une accélération considérable des débuts de carrière. Je ne parle pas du ralentissement des fins de carrière, je parle de l'accélération des débuts !
Cette accélération s'ajoutait à la création, dans le secondaire, de l'ISOE.
Et à la création de l'agrégation interne.
Ces exemples me servaient à illustrer l'idée que Jospin n'avait pas vraiment fait partie de ceux qui avaient déconsidéré les profs dans les médias et dans le cours de leur carrière.
Cette idée me servait à étayer ma thèse selon laquelle le discrédit jeté sur les profs commence aux gros Allègre.

Cripure, le discrédit des profs a commencé bien avant Jospin. Les réformateurs aux bons sentiments (les chrétiens-sociaux que Gunsberg a appelé le Parti Gris), Prost, Louis Legrand, les rédactions du Monde ou du Nouvel Obs', tout ce petit monde suintait la haine du prof bien avant 1989 et a commencé à agir bien plus tôt, en fait dès le moment où il a fallu récupérer coûte que coûte les mouvements de 1968.
La loi Jospin 89 puis les saillies d'Allègre ne furent en fait que l'aboutissement d'un long processus de "maturation" idéologique.

Quant à la "revalorisation" liée à la création des PE, tu dis justement que tu ne considères que le début de carrière : or il faudrait avoir une vision d'ensemble de la situation. En fin de compte, il me semble bien que malgré quelques "cadeaux", les PE ont bien été globalement perdants dans cette affaire. D'autant plus qu'une augmentation en début de carrière ne compense jamais un recul en fin de parcours... Wink
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superheterodyne
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par superheterodyne Mer 6 Juil 2011 - 10:40
Aurore, en incise, j'aimerais savoir ce que tu entends par 'anti-art' (quelques pages plus haut).

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par Condorcet Mer 6 Juil 2011 - 11:02
@ Aurore : un historien se doit d'être plus objectif que ses contemporains. Il ne l'est pas toujours, ce que je déplore, et ce, je te l'accorde aisément, par des raisons hélas souvent plus académiques que scientifiques.
Pour te répondre précisément sur Marc Fumaroli, je vais le relire plus en détail afin d'être le plus près du texte possible.
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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 11:19
superheterodyne a écrit:Aurore, en incise, j'aimerais savoir ce que tu entends par 'anti-art' (quelques pages plus haut).

La position nihiliste initiée essentiellement par Dada et Duchamp, avec les négations cumulées de l'aura (Benjamin) de l’œuvre d'art, du savoir-faire de l'artiste et du plaisir esthétique lié à la perception de l’œuvre, remplacés entre autres par le hasard, le concept ou le discours sur une œuvre devenue virtuelle.
Le geste anti-art contient dès le départ une aporie : sa subversion des valeurs de l'art se heurte à ses propres limites et se situe, quoi qu'on ait pu en dire, à l'intérieur des frontières de la sphère artistique. Le danger se précise lorsque cette démarche devient une norme dans le cadre d'une politique culturelle étatique telle que celle mise en place dans notre pays depuis 1959, et surtout depuis 1981. Quand il n'y a plus de questionnement, quand la démarche subversive disparaît au profit d'une "avant-garde" académique, et quand elle est instrumentalisée par le pouvoir dans un but strictement politique, que reste-t-il ?
Breton a parlé de "tuer l'art", mais par définition on ne peut le faire qu'une seule fois ! Smile
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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 11:28
condorcet a écrit:@ Aurore : un historien se doit d'être plus objectif que ses contemporains. Il ne l'est pas toujours, ce que je déplore, et ce, je te l'accorde aisément, par des raisons hélas souvent plus académiques que scientifiques.
Pour te répondre précisément sur Marc Fumaroli, je vais le relire plus en détail afin d'être le plus près du texte possible.

Je suis évidemment d'accord avec toi, mais je ne suis pas certaine que le but de Fumaroli était de réaliser un simple travail d'historien. Il s'agissait davantage de dénoncer ce qu'on pourrait appeler une véritable forfaiture de l’État, pardonnable d'autant moins facilement qu'elle était également commise par des gouvernements de gauche...
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par Condorcet Mer 6 Juil 2011 - 11:34
Aurore a écrit:
condorcet a écrit:@ Aurore : un historien se doit d'être plus objectif que ses contemporains. Il ne l'est pas toujours, ce que je déplore, et ce, je te l'accorde aisément, par des raisons hélas souvent plus académiques que scientifiques.
Pour te répondre précisément sur Marc Fumaroli, je vais le relire plus en détail afin d'être le plus près du texte possible.

Je suis évidemment d'accord avec toi, mais je ne suis pas certaine que le but de Fumaroli était de réaliser un simple travail d'historien. Il s'agissait davantage de dénoncer ce qu'on pourrait appeler une véritable forfaiture de l’État, pardonnable d'autant moins facilement qu'elle était également commise par des gouvernements de gauche...

C'est bien cela qui me dérange.
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par Igniatius Mer 6 Juil 2011 - 11:41
Aurore et Condorcet : je m'immisce deux secondes dans vos échanges, qui dépassent un peu mes connaissances.
J'ai cependant une question pour Condorcet : le pamphlet est-il par essence plus éloigné de la vérité que le travail d'historien ?
Ou encore : un historien peut-il réellement être objectif ? (j'imagine que c'est son Graal, mais concrètement ? )

Voilà.
sinon, c'est quoi le bouquin de Fumaroli, ça m'a l'air intéressant ?

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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 11:43
Cette forfaiture peut d'ailleurs être résumée en quelques mots :
- abandon coupable et assumé de prérogatives régaliennes (défense de ce qui est le bien commun : l’École de la République, le patrimoine culturel et naturel du pays...)
- mise en place d'une politique tape à l’œil, dispendieuse, démagogique et clientéliste visant avant tout à attirer le chaland et à communiquer .

Un État démocratique n'a pas à traiter ses citoyens comme des "consommateurs de culture" en segmentant les différents "publics" visés et en concevant une véritable propagande culturelle, ni à imposer ses jugements esthétiques en subventionnant telle chapelle plutôt qu'une autre (cas de la musique contemporaine avec Boulez et le gouffre financier de l'Ircam). Enfin il n'a pas davantage le droit de dilapider l'argent du contribuable dans des projets inutiles et mal conçus (Opéra Bastille, BNF...).

Cela fait beaucoup...
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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 11:47
Igniatius a écrit:
sinon, c'est quoi le bouquin de Fumaroli, ça m'a l'air intéressant ?

L'Etat culturel : une religion moderne. Paru en 1992, dernière édition en 1999 (le Livre de Poche)

C'est une critique brillante (les contempteurs lui accorderont au moins cela...) de l'idéologie du ministère de la Culture, elle-même ayant des rapports plus qu'étroits avec ce qu'on entend par "pédagogisme" à l'EN. C'est donc un livre assez utile pour prendre un peu de hauteur...


Dernière édition par Aurore le Mer 6 Juil 2011 - 11:56, édité 1 fois
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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 11:49
condorcet a écrit:
Aurore a écrit:
condorcet a écrit:@ Aurore : un historien se doit d'être plus objectif que ses contemporains. Il ne l'est pas toujours, ce que je déplore, et ce, je te l'accorde aisément, par des raisons hélas souvent plus académiques que scientifiques.
Pour te répondre précisément sur Marc Fumaroli, je vais le relire plus en détail afin d'être le plus près du texte possible.

Je suis évidemment d'accord avec toi, mais je ne suis pas certaine que le but de Fumaroli était de réaliser un simple travail d'historien. Il s'agissait davantage de dénoncer ce qu'on pourrait appeler une véritable forfaiture de l’État, pardonnable d'autant moins facilement qu'elle était également commise par des gouvernements de gauche...

C'est bien cela qui me dérange.

Donc tu apporterais a priori moins de crédit à un essai qu'à un travail se voulant strictement "historique" ?
Faut-il mettre les deux genres sur le même plan ?
Encore une fois, il me semble qu'il soit plus intéressant de débattre du contenu...
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frankenstein
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par frankenstein Mer 6 Juil 2011 - 12:09
Cripure a écrit:
frankenstein a écrit:
Les rythmes de passage des débuts de carrière ont été accélérés, pour les PE, les certifiés et les agrégés, c'est un fait incontestable
Ils commencent au 3° échelon, certes, maius beaucoup se feront déjà "griller" pour le passage au 4°. Ensuite, ils verront une augmentation "symbolique" de 50 € lorsqu'ils passeront au 6°...Et ils auront toujours du retard sur leurs prédécesseurs qui ont commencé à l"échelon 1 mais qui auront une ancienneté plus importante pour atteindre le 11°....
T'as compris ? :diable:
Mais c'est dingue qu'on n'arrive pas à causer de la même chose !
Frankenstein, mon petit, écoute bien Tonton. En 1989, Jospin (pas le premier ministre de 1997-2002, le ministre de l'éducation de Rocard, de 1988 à 1991) a fixé une durée au 1er échelon de 3 mois, au 2e, de 9 mois, au 3e, de 12 mois et donc un accès au 4e le premier jour de la 3e année. C'était une accélération considérable des débuts de carrière. Je ne parle pas du ralentissement des fins de carrière, je parle de l'accélération des débuts !
Cette accélération s'ajoutait à la création, dans le secondaire, de l'ISOE.
Et à la création de l'agrégation interne.
Ces exemples me servaient à illustrer l'idée que Jospin n'avait pas vraiment fait partie de ceux qui avaient déconsidéré les profs dans les médias et dans le cours de leur carrière.
Cette idée me servait à étayer ma thèse selon laquelle le discrédit jeté sur les profs commence aux gros Allègre.
Oui, je crois qu'on ne parle pas du tout de la même chose ! La création du corps des PE au milieu de celui des instituteurs (corps qui existe encore 20 ans après) est une arnaque, une illusion...Allez, tonton , lis cette petite histoire !



Jean Leprof enseigne dans une école de Seine-et-Marne depuis 1997. Cette année, il a été promu au 7ème échelon du corps des PE. Cette promotion prendra effet le 01/07/2005. Jean Leprof est content. Il avance dans la carrière comme on dit dans la salle des maîtres. Il est même doublement content puisqu’il est passé au grand choix, 6 mois avant ceux qui passeront au choix, 1 an avant ceux qui passeront a l’ancienneté...

Jean Leprof le savait bien puisque Monsieur Isidore Edouard Notelarge - les collègues l’appelent l’IEN pour simplifier - l’a félicité lors de sa dernière visite pour l’excellence de son travail et lui a offert la note maximum de l’échelon : 16,5 !

6 mois de gagné par ci, 1 an par là, c’est le 11ème échelon assuré dans une dizaine d’années !

Monsieur Leprof est un grand optimiste... Il oublie que dans la salle des maîtres, le PE est multiforme : PE concours externe, PE concours interne, PE intégré par liste d’aptitude. Très vite, dès le passage au 8ème échelon, il va se retrouver en concurrence avec ses malheureux aînés, les instituteurs intégrés par liste d’aptitude sans reconstitution de carrière.

Prenez Madame Lamaitresse, 20 ans d’ancienneté ! Elle était instit au 10ème échelon et est passée PE par liste d’aptitude au 7ème échelon l’année dernière. En même temps que Monsieur Leprof... Monsieur Leprof qui est un fin connaisseur des calculs administratifs regarde alors le barème des derniers promus à chaque échelon cette année.

8ème : 56,917 au Grand Choix ; 45 au Choix
9ème : 64 au Grand Choix ; 57,500 au Choix
10ème : 71,667 au Grand Choix ; 67,583 au Choix
11ème : 74 au Grand Choix ; 70,500 au Choix
Jean Leprof se sent d’un coup moins content et moins optimiste. L’Eldorado - très relatif - du 11ème échelon s’éloignerait-il petit à petit ?

Reprenant du poil de la bête, Jean Leprof attrape sa calculette, se résout à bosser d’arrache-pied pour qu’Isidore continue à bien le noter.

Petit calcul simple

Passage du 7ème au 8ème échelon

Jean Leprof sera promouvable au Grand Choix le 1er janvier 2008. Il aura 10,5 années d’ancienneté. Une simple petite règle de trois lui indiquera la note nécessaire pour être promu. Le barème du dernier retenu cette année est de 56,917. Sachant que le barème promo est la somme de l’ancienneté et de la note multipliée par deux, il se lance. 56,917 - 10,5 = 46,417. Il lui faudra donc la note de 46,417/2 = 23,209... Jean Leprof est très bon, certes ! Mais là, il y a tout à craindre pour qu’Isidore ne suive pas ! Console-toi Jean. Comme tu es super balaise, c’est le 18 assuré, la note maxi de ton échelon. Et avec 18...tu seras promu au choix le 1er juin 2008. Etape suivante...

Passage du 8ème au 9ème

Deux ans et demi se sont écoulés. Jean Leprof, toujours aussi brillant, vient d’obtenir d’Isidore un très mérité 19. Avec ses 13,5 années d’ancienneté, Jean sera promu au Grand Choix ! Qu’on se le dise !

13,5 + (2x19) = 51,5. Encore râté Jean ! Il fallait 64 ! On sait Jean, tu bosses dûr ! Mais pas encore assez ! Avec 25 de note, c’était bon ! Et puis, tu vas rire Jean... C’est également râté pour la promo au Choix.

Se rendant soudain compte qu’il est condamné à passer à l’ancienneté jusqu’à la fin de la carrière, Jean Leprof remise sa calculette. D’abord effleuré par l’idée de ne plus causer à Mme Lamaîtresse, il décide de différer sa hargne et son courroux pour réfléchir. Volontaire division du corps enseignant des écoles, vulgaire pingrerie, manque d’anticipation, jeunisme ? Jean est habité par le doute quant aux causes de cette situation. En entendant certains parler de salaire au mérite, de compétitivité accrue, de contestation de la baisse de notre pouvoir d’achat, Jean, déboussolé, décide de s’informer auprès de son syndicat préféré.

Il était temps Jean ! Tu as failli sombrer dans les abîmes du chacun pour soi. En refusant, depuis la création du corps des professeurs d’école, l’intégration des instituteurs avec reconstitution de carrière, les gouvernements successifs ont créé les conditions de cette division. Le défi que nous devons relever est d’ouvrir des perspectives de carrière pour tous les professeurs d’école et d’aller plus loin dans l’unité de la profession.
Il nous faut réaffirmer la nécessité d’une reconstitution de carrière pour tous les instituteurs intégrés ou devant l’être. L’objectif est l’obtention d’un corps des professeurs des écoles à une classe comportant 11 échelons avec indice terminal 782 accessible par tous. Pour cela, nous revendiquons la combinaison de plusieurs mesures :

l’extension d’un avancement unique pour tous, au rythme le plus rapide afin d’avoir un meilleur déroulement de carrière à tous les niveaux et la garantie pour les anciens instituteurs d’accéder au 11ème échelon du corps des PE,
le déblocage de l’engorgement des promotions à partir du 8ème échelon par l’extension de l’avancement unique au rythme le plus rapide pour tous, et dans un premier temps, comme mesure d’urgence l’élargissement des possibilités de promotions. Dans le même temps, cela nécessite une dissociation entre l’évaluation et la notation de l’enseignant et la remise en cause de la place de la note dans les barèmes, notamment des promotions, le SNUipp s’opposant au salaire au mérite, injuste, arbitraire et inefficace qui introduit des éléments de division entre les personnels alors qu’au contraire, il faut développer le travail d’équipe.

Voilà Jean, tu as eu raison de ne pas te fâcher avec Madame Lamaîtresse. Elle n’est pas responsable de cette situation qui, en te désavantageant, la désavantage aussi. Le combat pour l’intégration de tous les instituteurs avec reconstitution de carrière est bien l’affaire de tous les enseignants des écoles.


:lol:


Dernière édition par frankenstein le Mer 6 Juil 2011 - 12:58, édité 1 fois

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par Albator Mer 6 Juil 2011 - 12:17
Jospin est certainement le plus honnête de tous, en tout cas il n'a pas traité les enseignants par le mépris. Les accords de revalorisation comportaient aussi la création d'une hors classe pour les certifiés et les PLP2.
Les PLP1 étaient progressivement intégrés dans le corps des PLP2 (même échelle de salaire que les certifiés) par liste d'aptitude avec reconstitution de carrière. Le service d'enseignement passait de 21h à 18h sur trois ans.
J'aimerais de nouveau avoir un ministre qui me "méprise" autant.
Le seul tort de Jospin c'est d'avoir pris Allègre pour ministre.
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par Aurore Mer 6 Juil 2011 - 12:22
Albator a écrit: Jospin est certainement le plus honnête de tous, en tout cas il n'a pas traité les enseignants par le mépris. Les accords de revalorisation comportaient aussi la création d'une hors classe pour les certifiés et les PLP2.
Les PLP1 étaient progressivement intégrés dans le corps des PLP2 (même échelle de salaire que les certifiés) par liste d'aptitude avec reconstitution de carrière. Le service d'enseignement passait de 21h à 18h sur trois ans.
J'aimerais de nouveau avoir un ministre qui me "méprise" autant.
Le seul tort de Jospin c'est d'avoir pris Allègre pour ministre.

Et en dehors de l'aspect financier ? As-tu oublié la loi de 89 avec ses meirieuseries ?
Si ce n'est pas du mépris, ça y ressemble très très fort...
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par frankenstein Mer 6 Juil 2011 - 12:38
Albator a écrit: Jospin est certainement le plus honnête de tous, en tout cas il n'a pas traité les enseignants par le mépris. Les accords de revalorisation comportaient aussi la création d'une hors classe pour les certifiés et les PLP2.
Les PLP1 étaient progressivement intégrés dans le corps des PLP2 (même échelle de salaire que les certifiés) par liste d'aptitude avec reconstitution de carrière. Le service d'enseignement passait de 21h à 18h sur trois ans.
J'aimerais de nouveau avoir un ministre qui me "méprise" autant.
Le seul tort de Jospin c'est d'avoir pris Allègre pour ministre.
Il aurait été bien inspiré de faire la même chose pour les enseignants de primaire ! Allègre était son grand pote et avait déjà une belle place au sein du MEN...
Et comme le dit Aurore, entre "projets d'écoles", "cycles", "livrets de compétences", "FUMI et Mérieuseries",division des personnels exerçant exactement le même métier; c'est des belles âneries et un immense gâchis financier que Jospin a légués... :colere:

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par Albator Mer 6 Juil 2011 - 12:41
Aurore a écrit:
Albator a écrit: Jospin est certainement le plus honnête de tous, en tout cas il n'a pas traité les enseignants par le mépris. Les accords de revalorisation comportaient aussi la création d'une hors classe pour les certifiés et les PLP2.
Les PLP1 étaient progressivement intégrés dans le corps des PLP2 (même échelle de salaire que les certifiés) par liste d'aptitude avec reconstitution de carrière. Le service d'enseignement passait de 21h à 18h sur trois ans.
J'aimerais de nouveau avoir un ministre qui me "méprise" autant.
Le seul tort de Jospin c'est d'avoir pris Allègre pour ministre.

Et en dehors de l'aspect financier ? As-tu oublié la loi de 89 avec ses meirieuseries ?
Si ce n'est pas du mépris, ça y ressemble très très fort...

Mérieu : il est insubmersible et incontournable la preuve il survit très bien sous un régime de droite. Je t'avouerais que je n'ai pas lu cette loi sur ces aspects pédagos. Si au détour des pages on peut y lire des formules du style "l'élève au centre ddu système" que m'importe, il faut bien flatter les familles. L'important pour moi est d'avoir travaillé moins et gagner plus et non pas l'inverse comme cela se pratique maintenant. C'est pourquoi je sors Jospin du lot cheers
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Suppression des concours d'enseignement ? - Page 7 Empty Re: Suppression des concours d'enseignement ?

par John Mer 6 Juil 2011 - 12:43
Les PLP1 étaient progressivement intégrés dans le corps des PLP2 (même échelle de salaire que les certifiés) par liste d'aptitude avec reconstitution de carrière.

C'est quoi les PLP1 et les PLP2 dans cette phrase ?

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par Albator Mer 6 Juil 2011 - 12:49
John a écrit:
Les PLP1 étaient progressivement intégrés dans le corps des PLP2 (même échelle de salaire que les certifiés) par liste d'aptitude avec reconstitution de carrière.

C'est quoi les PLP1 et les PLP2 dans cette phrase ?

Au départ il y avait les professeur de lycéee professionnel, ils étaient payés un peu plus que les PEGC et recrutés à Bac+2. A la création du bac pro un nouveau corps a été créé pour s'occuper de ces nouvelles sections ; recrutés et payés à Bac+3 comme les certifiés. Les anciens profs de LP ont été appelés PLP1 professeur de lycée professionnel du 1er grade et les nouveaux PLP2
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par Invité Mer 6 Juil 2011 - 12:57
le concours que j'ai passé s'appelait d'ailleurs le CAPLP2. Maintenant, c'est juste CAPLP
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par Albator Mer 6 Juil 2011 - 13:02
Oui à l'unification des deux grades nous avons tous été appelés : Professeur de Lycée Professionnel.


Dernière édition par Albator le Mer 6 Juil 2011 - 13:22, édité 1 fois
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par frankenstein Mer 6 Juil 2011 - 13:18
Albator a écrit: Oui à l'unification des deux grades nous avons tous été appelés : Professur de Lycée Professionnel.
Ce qui n'est pas encore le cas pour le primaire...D'ailleurs, même les instits retraités en subissent toujours les conséquences...
http://82.snuipp.fr/IMG/pdf/Assimilation_un_dossier_du_SNUipp_82.pdf

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frankenstein
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Suppression des concours d'enseignement ? - Page 7 Empty Re: Suppression des concours d'enseignement ?

par frankenstein Mer 6 Juil 2011 - 13:23
Pour Tonton Cripure ! :lol:

Quelques remarques :
L’intégration des instits a été présentée par les ministres successifs et par certaines organisations syndicales comme la revalorisation du métier d’enseignant dans le premier degré.
Quand on relit les documents publiés par les uns et les autres au tout début du processus, on reste pantois devant leurs affirmations selon lesquelles tous les instits seraient intégrés en une poignée d’années…
La réalité a été très différente :
• 116 000 instits partis à la retraite sans aucune intégration
• Ceux qui ont été intégrés n’ont pas tous atteint le 11ème échelon des PE, loin s’en faut et ceci est
encore vrai aujourd’hui.
• Les PE ont perdu ( entre autres choses ) le droit d’avoir un logement de fonction gratuit ; à combien
se monte un loyer ? Autant de moins en salaire réel, en pouvoir d’achat disponible. Bien des difficultés seraient résolues si les PE pouvaient loger gratuitement sur place.
Cet accord originel ( signé par le SE ) s’est révélé désastreux pour beaucoup de collègues; il est en partie
à la base de la création du SNUipp qui dès ses premiers pas a lutté pour obtenir la réouverture de négociations. Notre syndicat a lutté souvent seul, parfois avec le Sgen, et parce que cette lutte rencontré un
écho sans cesse grandissant sur ce sujet, nous avons obtenu la réouverture du dossier en 1998.
L’objectif que nous poursuivions était alors à portée : à savoir une intégration avec une reconstitution de
carrière pour tous ( comme l’accès par le concours ) sur un programme pluri-annuel rapide. Cet objectif
était devenu la base d’un accord intersyndical.
Malheureusement le SE et le Sgen ont renoncé à cet objectif dans les discussions en cours avec le ministre de l’époque ( Allègre ) pour se satisfaire d’une intégration par liste d’aptitude plus rapide,
ramenée de
2014 ( délai initialement prévu !!! ) à 2007. Certes un mieux mais loin du compte quand même alors qu’il
faut savoir que c’est la première fois qu’une intégration d’un corps de fonctionnaires ne se fait pas par une
carrière reconstituée !

Alors que l’échéance de 2007 est passée, que constatons-nous ?
Il reste encore des instits, ça alors !
Et cela semble surprenant à certains. Pourtant il ne fallait guère être devin pour penser que garder un logement de fonction gratuit en restant instit allait forcément inciter des collègues à ne pas demander à devenir PE.
Le SNUipp a donc refusé en 2007 de cautionner un deuxième protocole au rabais. Le SE et le Sgen l’ont
signé et en tirent gloire….A ce titre, ils siègent dans une Commission de Suivi ( de l’application du protocole) et eux seuls..
Protocole qui précisait qu’en 2007, les instits retraités seraient assimilés….
On voit ce qu’il en est deux ans après. Rien n’a bougé et le ministre se retranche derrière le fait qu’il reste
des instits et que cela rendrait impossible l’assimilation prévue alors que chacun pouvait deviner qu’il resterait évidemment des instits après 2007.
Pour notre syndicat, la situation actuelle n’est donc pas une surprise.
Faut-il donc attendre des années encore, jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul instit ?
Pourquoi accepter cet oukase ?
Pourquoi se plier au discours officiel ?
C’est ce que fait cette fameuse Commission de Suivi qui porte bien son nom et dont les compte-rendus de
réunion sont désespérants. Au-delà de déclarations de principe faites pour la forme, elle respire la résignation.
En attendant sa prochaine réunion, les instits retraités restent instits et touchent leur pension d’instits..

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par Albator Mer 6 Juil 2011 - 13:29
Pareil pour les PLP1 mis à la retraite avant l'intégration. Ils ont été juste reclassés à l'échelon correspondant au même indice dans le nouveau grade ou à l'échelon immédiatement supérieur.
Exemple un PLP1 parti à la retraite au 11è échelon indice 537 était reclassé au 9è indice 566. On est loin de l'indice du 11è
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par Vudici Mer 6 Juil 2011 - 13:29
Kelem a écrit:
leyade a écrit:"A terme, rem­pla­cer le concours par le mas­ter et confier aux auto­ri­tés aca­dé­miques ou aux établis­se­ments le soin de recru­ter sur la base d'un entre­tien pro­fes­sion­nel les ensei­gnants", est l'une des 20 pro­po­si­tions du rap­port, ont indi­qué ces sources à l'AFP."

Bon, ce genre de fil est trop compliqué pour moi, mais çce qui se cache (mal) derrière cette proposition, ce ne serait pas tout bonnement la disparition du fonctionnariat? Suppression des concours d'enseignement ? - Page 7 3795679266

Avec un recrutement direct via les chefs d'établissements, je vois mal comment justifier un statut de fonctionnaire national. Ca va ressembler à s'y méprendre aux contrats de droit privé.

Il y a un an quasiment jour pour jour, j'ai eu l'agrégation. J'ai 24 ans et j'ai déjà l'impression d'être un dinosaure. 😢

Ici, pas de concours, recrutement via les PO (communes, provinces, communauté...) ET statu de fonctionnaire.

Mais si vous supprimez les concours ... vous allez être envahis (pas mal de Belges, surtout francophones, se sont installés en France, dans un mouvement que les circonstances politiques accélèrent). J'ai plusieurs amies institutrices, qui ne peuvent travailler en France et se retrouvent à faire des boulots "alimentaires", qui n'attendent que ça. D'un autre côté, pourquoi ne peuvent-elles travailler en France, alors qu'ici sur la frontière, pas mal d'instits françaises bossent en Belgique...

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par frankenstein Mer 6 Juil 2011 - 13:34
D'un autre côté, pourquoi ne peuvent-elles travailler en France, alors qu'ici sur la frontière, pas mal d'instits françaises bossent en Belgique...
:Drapeaufrançai Il y a des peuples et des nations supérieurs aux autres !
Spoiler:

Le salaire me semble plus élevé en Belgique, peux-tu confirmer ou infirmer ? Suppression des concours d'enseignement ? - Page 7 3795679266

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