Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Fires of Pompeii
Grand Maître

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Fires of Pompeii le Ven 13 Oct 2017 - 20:02
Oui, parfois on floode à côté. Embarassed
avatar
Rendash
Bon génie

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Rendash le Ven 13 Oct 2017 - 20:03
@Fires of Pompeii a écrit:Oui, parfois on floode à côté. Embarassed

T'as qu'à t'asseoir pour flouder

_________________



"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
avatar
RogerMartin
Empereur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par RogerMartin le Ven 13 Oct 2017 - 20:08
On a des excuses : eux c'est la jeunesse, moi la sénilité incipiente.

_________________
Yo, salut ma bande ! disait toujours le Samouraï.
I I love you User5899.
User 17706 s'est retiré à Helsingør. Sad
Strange how paranoia can link up with reality now and then.
avatar
BrindIf
Habitué du forum

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par BrindIf le Ven 13 Oct 2017 - 20:09
@JPhMM a écrit:Ici, la méthode de préservation de l'enfant par les parents a été radicale : apprendre au monstre à lire avant la CP.
Du coup, il a sauté la CP, et a été préservé de la "méthode pourrite".
Pareil, lecture et système décimal à la maison, avec du matos inspiré par Montessori. Pas tellement pour préserver les minots, mais parce que j'étais curieuse d'expérimenter et qu'ils étaient demandeurs d'apprendre.
L'écriture, c'est moins évident à transmettre.

@Korémuse a écrit:Ma fille a eu les mêmes problèmes : entre 6  et 7 ans 1/2, elle inversait les chiffres ; par ex  23, elle lisait 32 et de plus, réfléchissait un bon moment avant d'énoncer le nombre erroné. Elle devait en fait le tourner dans tous les sens. Je me demandais si cela ne cachait pas une dyscalculie naissante.

Et puis tout s'est remis en ordre vers l'âge de 8 ans, (oui, c'est long !) de manière naturelle.
Les façons dont ça a été enseigné à mes enfants, dans des écoles différentes, m'ont vraiment parue aberrantes.
J'aime beaucoup le système des perles et des cartes montessoriennes, mais d'autres pédagogies très concrètes (les réglettes cuisenaires) sont intéressantes aussi, et probablement moins chères.
avatar
Korémuse
Niveau 7

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Korémuse le Ven 13 Oct 2017 - 20:22
@BrindIf a écrit:
@Korémuse a écrit:Ma fille a eu les mêmes problèmes : entre 6  et 7 ans 1/2, elle inversait les chiffres ; par ex  23, elle lisait 32 et de plus, réfléchissait un bon moment avant d'énoncer le nombre erroné. Elle devait en fait le tourner dans tous les sens. Je me demandais si cela ne cachait pas une dyscalculie naissante.

Et puis tout s'est remis en ordre vers l'âge de 8 ans, (oui, c'est long !) de manière naturelle.

Les façons dont ça a été enseigné à mes enfants, dans des écoles différentes, m'ont vraiment parue aberrantes.
J'aime beaucoup le système des perles et des cartes montessoriennes, mais d'autres pédagogies très concrètes (les réglettes cuisenaires) sont intéressantes aussi, et probablement moins chères.

Oui, mais je n'incrimine absolument pas l'enseignante pour les maths; la fragilité venait bien de ma fille je pense. Et avec 30 gamins en classe, elle ne pouvait pas consacrer un temps conséquent à chaque élève.

Par contre plus tard, il est vrai que j'ai fabriqué du matériel pour qu'elle apprenne ses tables de multiplications; elle n'en voyait pas l'utilité et tant que cela ne faisait pas sens pour elle, impossible de les lui faire retenir. Et les gros pétales de fleurs que j'avais trouvé sur le net (pour enfant précoce ) nous ont beaucoup aidé : le coeur de la fleur ne comprenait que peu de pétales (tables de 7,8,9) et c'était rassurant pour elle de voir qu'elle pouvait y arriver facilement, sans se décourager. Mais on dévie du sujet de Véronique, là ...
avatar
DesolationRow
Vénérable

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par DesolationRow le Ven 13 Oct 2017 - 20:24
@clap a écrit:
@DesolationRow a écrit:
@archeboc a écrit:@V. Marchais

Ce que je ferais si j'étais dans la même situation, et avec la même lucidité que vous :
- En parler avec la maîtresse. C'est vraiment la première chose. Deux conséquences sont possibles : elle prend conscience qu'elle doit adapter ses méthodes, et elle prend l'enfant en grippe. Dans le second cas, cela la fera descendre du piédestal où l'enfant la fait trôner, et nous offrira une meilleure prise pour faire passer nos méthodes à la maison. Faire le point sur les désaccords, en essayant de sanctuariser au moins une chose : que l'enfant ne soit pas pris à témoin dans le désaccord entre parents et enseignants.

- Je n'hésiterais pas à demander à la maîtresse de laisser mon enfant faire en classe les exercices que j'aurais choisis pour lui : des lignes de lettres, selon un mouvement étudié la veille à la maison, étant entendu que c'est moi qui corrigerais le soir ce que l'enfant a fait dans la journée.

- Je montrerais à la maîtresse l'avantage de collaborer avec ma façon de faire : à défaut de neutralité à notre égard, qu'elle s'attende au ramdam, journaliste, discussion avec les autres parents, etc. Qu'elle accepte une petite blessure d'amour propre secrète plutôt que des éclaboussures salissantes. En particulier, je lui dirais que si jamais elle critique en classe la méthode des parents à la maison, je clame partout les dégâts de la méthode qu'elle a choisie.

- ne pas hésiter à aller au conflit avec l'enfant. Si il fait une lettre aujourd'hui, il doit la faire aussi bien demain. A la maison, le patron, c'est nous, et pas la maîtresse. Au préalable, être raccord avec mon conjoint.

- en parler avec les autres parents. Faire systématiquement, lorsque possible, la porte de l'école à 8h20, et discuter, discuter avec les parents : faire courir l'idée d'inviter une huile médiatique (Dehaene, Ollier, Garcia). Parler avec les autres parents : on ne le fait jamais assez.

Bonne chance Véronique. Cela fait rager que cela tombe sur vous à qui nous devons tant.

Cela devrait effectivement apprendre au professeur l'honneur et le respect.

Blague à part, je me demande avec angoisse ce qui attend mon fils dans deux ans  
Je croyais que ton fils était rentré cette année en PS.

Ah pardon j'ai dû apprendre à compter avec la méthode globale, ça fait trois ans Razz
avatar
Daphné
Dieu de l'Olympe

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Daphné le Ven 13 Oct 2017 - 20:36
@JPhMM a écrit:
@Daphné a écrit:
@JPhMM a écrit:Ici, la méthode de préservation de l'enfant par les parents a été radicale : apprendre au monstre à lire avant la CP.
Du coup, il a sauté la CP, et a été préservé de la "méthode pourrite".
C'est ce qu'on a fait ici pour les deux : apprentissage de la lecture avec la méthode Boscher avant l'entrée au CP.
On n'avait pas vu tous les sons difficiles, les tion, ph et eau... mais le principe du B-A-BA était acté.
Et aucun problème d'écriture non plus avec ça.
Je bénis cette méthode même si je me suis fait en en parlant
Et au CE2 mes enfants lisaient Harry Potter, oui les gros volumes.
Même méthode ici.



Le monstre voulait savoir lire le nom des dinosaures, c'est pas avec la méthode globale qu'il effleurait en GS qu'il aurait pu lire le moindre Haplocanthosaure. Sa motivation très spécifique l'a rendu joyeusement disponible à apprendre à lire avec la méthode Boscher.

On reconnaît les gens bien Wink

Bon courage Véronique et tous les autres parents concernés.
avatar
Nita
Empereur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Nita le Ven 13 Oct 2017 - 21:09
@maikreeeesse a écrit:Véronique, dans une semaine c'est la Toussaint. Normalement en 15 jours, ta fille peut apprendre à  lire avec toi en utilisant une méthode qui te convient  (tu as pas mal de pistes dans les messages). Une fois que ta fille lit, les dégâts seront moindres. Pour l'écriture, il faut que tu sois à côté en veillant à la tenue comme à la posture. Le tracé des lettres tu le retrouves dans de nombreux ouvrages. Dans ma classe je commence avec du seyes 4 mm pour la plupart, certains trouvent que c'est trop gros mais pas moi, à toi de juger par rapport aux capacités  ta fille. (Je commence avec du 4 mm, puis du 3 enfin du 2,5 en fin d'année). Je travaille aussi beaucoup sur ardoise avec lignages pour dys (ligne de terre, de ciel, l'herbe...) cela leur parle bien et ils font le geste en grand. Je ne reste pas sur la lettre seule, mais je travaille l'enchaînement (syllabe puis mot simple uniquement avec des lettres déjà vues pour éviter le dessin de la lettre plutôt que son tracé). Comme je me dis que tous les moyens sont bons, je les fait tracer dans l'espace, verbaliser le tracé.
Bon courage.3


Cela ne fait pas avancer la discussion mais je suis en total désaccord avec la méthode d'Archeboc. Je déteste le chantage, la pression et je n'ose imaginer vos réactions si j'agissais de telle façon avec un professeur du secondaire si je lui disais de laisser mon enfant faire les exercices que j'ai choisis, les textes que j'ai choisis parce qu'il est ou serait nullissime (et pourtant cela m'a démangée un paquet de fois).

Je suis entièrement d'accord avec ce qui est dit plus haut, et sur tous les points.
C'est moi qui ai appris à lire à l'héritier, comme ma grand-mère l'avait fait pour moi.

_________________
A clean house is a sign of a broken computer.
avatar
InstantKarma
Niveau 6

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par InstantKarma le Ven 13 Oct 2017 - 21:09
Le vrai test : faire lire à un enfant un texte avec des mots qu'il n'a jamais vus (pas trop compliqués bien sûr). S'il y arrive sans trop de peine, ça va.

Si c'est le jeu des devinettes, les parents doivent réagir !
avatar
Verdurette
Modérateur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Verdurette le Ven 13 Oct 2017 - 22:41
L'ennui c'est que dans 95% des CP c'est l'apprentissage de phrases entières et de mots compliqués de façon globale, avant les "placards-sons" puis les devinettes ... contexte, illustrations, premières lettres,  tout est bon dans l'hypothèse.

Je suis arrivée à cette conclusion puisque seuls 5% des enseignants enseignent la lecture avec une méthode syllabique pure. De Robien avait affirmé qu'il l'imposerait, mais je n'ai pas vu grand-chose changer ... si ce n'est que je n'étais plus hors la loi avec mon "Léo Léa".  Mais  la meilleure méthode, c'est la méthode globale, je vous l'assure, c'est une conseillère pédagogique qui me l'a dit. Elle a juste déploré que ce ne soit pas une méthode efficace avec les enfants en difficulté.
(si si , elle a dit ça ...).

L'écriture eh bien ... nous voyons arriver en CP des cohortes d'enfants qu'on a laissé tenir leur crayon comme ils voulaient depuis 3 ans,  et qui ont copié des mots comme des dessins, dans le sens qui leur convenait.  Non qu'ils aient refusé de suivre le tracé convenable, mais nul ne le leur a appris. La plupart des PE ne l'ont elles-mêmes pas appris, du moins à l'ESPE.
En CP, c'est un peu tard pour défaire et refaire ... si c'est lisible et pas trop fatigant pour l'élève, on laisse faire.

Si ta fille est consentante, (car nous sommes souvent les plus mal placés pour faire travailler nos propres enfants ... ) deux semaines de Léo Léa devraient lui faire comprendre le mécanisme de la combinatoire, et ensuite elle cherchera à compléter ses acquis, peut-être même en classe.

Pour les maths je ne comprends pas en revanche qu'elle doive déjà lire 22. C'est en classe ?  J'imagine qu'elle a été sur-gavée de bande et comptine numériques, or j'ai revérifié sur le fichier du GRIP, on aborde la dizaine en semaine 11, et il faut encore 9 semaines pour arriver à 20. En revanche, on construit le nombre, et surtout on fait des problèmes avec les 4 opérations dès le départ ( mais avec de tous petits nombres).  Idem pour la méthode de Singapour.
avatar
RogerMartin
Empereur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par RogerMartin le Ven 13 Oct 2017 - 22:44
@Verdurette a écrit:Je suis arrivée à cette conclusion puisque seuls 5% des enseignants enseignent la lecture avec une méthode syllabique pure. De Robien avait affirmé qu'il l'imposerait, mais je n'ai pas vu grand-chose changer ... si ce n'est que je n'étais plus hors la loi avec mon "Léo Léa".  Mais  la meilleure méthode, c'est la méthode globale, je vous l'assure, c'est une conseillère pédagogique qui me l'a dit. Elle a juste déploré que ce ne soit pas une méthode efficace avec les enfants en difficulté.
(si si , elle a dit ça ...).
Es-tu certaine qu'elle n'a pas dit "la méthode globale est la plus efficace pour placer les enfants en difficulté"?
Misère.

_________________
Yo, salut ma bande ! disait toujours le Samouraï.
I I love you User5899.
User 17706 s'est retiré à Helsingør. Sad
Strange how paranoia can link up with reality now and then.
avatar
Anaxagore
Guide spirituel

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Anaxagore le Ven 13 Oct 2017 - 22:59
J'ai appris à lire à mes enfants avant le CP et les bases pour compter/calculer.

_________________
"De même que notre esprit devient plus fort grâce à la communication avec les esprits vigoureux et raisonnables, de même on ne peut pas dire combien il s'abâtardit par le commerce continuel et la fréquentation que nous avons des esprits bas et maladifs." Montaigne

"Woland fit un signe de la main, et Jérusalem s'éteignit."
avatar
Kirth
Niveau 7

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Kirth le Ven 13 Oct 2017 - 23:06
Désolé de pas être au point avec tout ça, mais quelqu'un peut me résumer ce qu'est la méthode globale et les différences avec "avant" ? J'ai cherché mais je n'ai rien trouvé sans blabla incompréhensible et qui soit certainement fiable.
zoupinette
Niveau 9

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par zoupinette le Ven 13 Oct 2017 - 23:08
22 au mois d'octobre ?

A part Stella Baruk, je ne connais pas de méthode qui font lire ce nombre si tôt dans l'année. La dizaine n'est pas même pas abordée.
avatar
ben2510
Neoprof expérimenté

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par ben2510 le Sam 14 Oct 2017 - 0:34
Hein ? Mais mon gamin lisait les plaques d'immatriculation en MS, jusqu'à 9999 donc.
Il y a des enfants qui ne savent pas lire 22 en début de CP ? Je tombe des nues.

_________________
On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré  La notion d'équation différentielle est le pivot de la conception scientifique du monde. Vladimir Arnold
archeboc
Esprit éclairé

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par archeboc le Sam 14 Oct 2017 - 0:58
@ben2510 a écrit:Hein ? Mais mon gamin lisait les plaques d'immatriculation en MS, jusqu'à 9999 donc.
Il y a des enfants qui ne savent pas lire 22 en début de CP ? Je tombe des nues.

Sachant qu'en fin de MS, sur le carnet de mon fils, il y avait un item "savoir compter jusqu'à 32". Certes, entre savoir compter et savoir lire le nombre, il y a une marge, mais entre MS et CP, il y a quand même un an de GS.

_________________
Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3


avatar
ben2510
Neoprof expérimenté

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par ben2510 le Sam 14 Oct 2017 - 2:01
J'ai l'impression qu'il y a des différences régionales importantes, non ?
En GS il y avait plusieurs enfants qui savaient lire avant Noël, dans les classes de mes enfants.

_________________
On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré  La notion d'équation différentielle est le pivot de la conception scientifique du monde. Vladimir Arnold
avatar
Verdurette
Modérateur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Verdurette le Sam 14 Oct 2017 - 7:01
@Kirth a écrit:Désolé de pas être au point avec tout ça, mais quelqu'un peut me résumer ce qu'est la méthode globale et les différences avec "avant" ? J'ai cherché mais je n'ai rien trouvé sans blabla incompréhensible et qui soit certainement fiable.

Pour essayer de faire clair et concis :

Pendant très longtemps on a appris à lire avec le "b-a ba" (logique pour notre langue écrite avec un système alphabétique).  C'est notamment la méthode de l'école de Jules Ferry.  Mais à partir de ce moment, tous les enfants doivent aller à l'école pour, a minima, apprendre à lire, écrire et compter. Parmi eux certains ont des difficultés de lecture (il suffit de lire "Paroles de poilus" pour voir que si les élèves d'autrefois mettaient nettement mieux l'orthographe qu'aujourd'hui , ce n'était pas, loin s'en faut, le cas de TOUS). Bref, on voit apparaitre les débuts de l'échec scolaire, et on cherche comment y remédier.

Par ailleurs, vers 1900, un médecin , Decroly, a conçu une méthode de lecture pour les enfants sourds profonds. Ces enfants ne pouvant accéder au sens par le son (qu'ils ne perçoivent pas), Decroly veut leur faire reconnaître les mots globalement, liant un ensemble graphique à un sens.  C'est le principe du pictogramme, et cela limite, pour la plupart, le stock de mots accessibles.
Vers 1907, il songe à étendre sa méthode aux enfants entendants en difficulté.

On a eu l'espoir qu'avec cette méthode "globale",

1/  la lecture irait "directement au cerveau" sans passer par le parcours  déchiffrage - "ânonnage" - décryptage" honni par les IUFM/ESPE. On s'est vite rendu compte que mémoriser tous les mots comme des pictogrammes était très lourd et incohérent par rapport à notre système graphophonétique.
2/ Mais au même moment  a fleuri l'idée (probablement pondue par un gars n'ayant pas vu un enfant depuis des siècles) que "l'enfant devait être acteur de ses apprentissages", on s'est donc dit : apprenons un stock de mots de façon globale aux enfants exemple :                                      tapis                 banane              lapin         balade
Par l'observation réfléchie de la langue (ça ne vous rappelle rien?) il va déduire que ce signe "a" fait  aaaa, que le "b" fait "bbbb" et qu'ensemble , cela fait ba. Et ainsi de suite. Les tableaux de syllabes qui apparaissent dans les livres de lecture après quelques semaines sont censés mettre noir sur blanc ce qui aurait été "induit" par l'élève.

C'est la fameuse  "méthode mixte à départ global" qui est , a priori, utilisée à 95%.

D'où la lecture à travers les albums qui permettent de "retenir" plus facilement une phrase globalement. Avec leur mémoire fabuleuse,  certains enfants "récitent" purement et simplement leur texte de leur lecture. Mais en disant éventuellement  "fauteuil" à la place de "chaise" (c'est proche et pour peu qu'ils ne sachent pas bien la différence même en voyant les images...)

D'où la devinette à partir des illustrations, de la première lettre, du contexte ...

La devinette a été justifiée par le fait que les adultes "lecteurs experts" ne lisent que le début et la fin d'un mot, leur cerveau faisant le reste en fonction du contexte. Ce qui est vrai, en lecture silencieuse évidemment, ...mais parce qu'il ont acquis préalablement cette expertise en déchiffrant ... Penser que les enfants vont faire cela directement, c'est, une fois de plus, mettre la charrue avant les bœufs.

On a aussi pensé qu'interdire de subvocaliser et lire à voix haute favoriserait le "passage direct au cerveau". Comme barrer une rue oblige à passer par la rue voisine ...

Du coup, beaucoup d'enfants qui auraient fort bien appris à lire avec une méthode explicite n'ont pas réussi à "construire leur savoir". Et donc pas bien appris à lire.

Les apprentis sorciers de la méthode mixte ont en effet oublié (ou voulu ignorer ? ) deux choses :
- qu'on lise par "voie directe" ou qu'on "ânonne", un mot ne peut faire sens que si on le connaît ... ben oui, c'est tout bête, vous pouvez me faire lire une page entière d'allemand, j'ai même appris à le prononcer à peu près correctement en cours de chant, mais je n'en comprendrai pas un traître mot, ne sachant par l'allemand ...
- il y a des enfants qui ne comprennent pas un texte, même si on le leur lit oralement. Et ne pas le reconnaître est malhonnête.

C'est là toute l'importance de développer vraiment le langage en maternelle.  De lire beaucoup d'histoires,  d'expliquer les mots ... au lieu de coller des étiquettes partout. Car un enfant familiarisé depuis l'enfance par ses vilains parents intello et  bourgeois avec les mots, les histoires, les livres, ne lira pas comme celui à qui ses parents disent juste "viens manger", et ce devant la télé ... Le véritable objectif de la maternelle, l'idée primordiale, devrait être de compenser les différences (abyssales) de niveau de langage entre les enfants.

L'enseignement alphabétique de la lecture reste le plus logique parce qu'explicite et efficace, mais efficace si et seulement si l'enfant est capable d'accéder au sens des mots  qu'il déchiffre. Donc ce n'était pas la méthode qu'il fallait modifier, mais bien le stock lexical (ce qu'a fort bien dit Alain Bentolila).

Et voila, Madame la Conseillère pédâââgogique, pourquoi de nombreux enfants sont muets.
avatar
gnafron2004
Sage

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par gnafron2004 le Sam 14 Oct 2017 - 7:33
Merci verdurette, c'est très clair!
avatar
V.Marchais
Bon génie

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par V.Marchais le Sam 14 Oct 2017 - 8:20
@zoupinette a écrit:22 au mois d'octobre ?  

A part Stella Baruk, je ne connais pas de méthode qui font lire ce nombre si tôt dans l'année. La dizaine n'est pas même pas abordée.

J'imagine que les nombres aussi, on peut voir ça en global. Dizaines, centaines, ça doit être aussi has been que les lettres de l'alphabet. Tu regardes le mot et tu le reconnais, point. Tu regardes le nombre et tu le reconnais, point.
Ou pas.
Si c'est pas, ils ne sauront ni lire ni compter, tant pis.

_________________
visitez le site http://www.reformeducollege.fr/
avatar
Verdurette
Modérateur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Verdurette le Sam 14 Oct 2017 - 8:32
Cela me rappelle certain livre fort intéressant.

Avec la file numérique, oui, effectivement on perçoit les nombres globalement, et on  compte sur les enfants pour construire la numération décimale à partir des "régularités".
L'ennui c'est qu'à procéder ainsi on oublie que les chiffres permettent d'écrire un nombre, mais que ce dernier représente  avant tout une quantité. Pour des élèves de CP,  une quantité de bonbons, de billes, d'images, de pommes... support de problèmes très simples sur le plan du calcul mais où l'on ajoute des pommes, mange des pommes, achète trois sacs de deux pommes ou partage 6 pommes entre 3 enfants ... (bref les quatre opérations, enfer et damnation).

Dans cette optique, additionner, c'est avancer sur la bande numérique, soustraire, c'est reculer ... pour moi c'est un non-sens et j'en veux beaucoup aux éditeurs de la méthode de Singapour d'avoir accepté cette compromission pour vendre leurs nouveaux fichiers que je n'achèterai plus.

Les nouvelles normes interdisent également d'écrire les unités dans l'opération qu'on propose pour résoudre un problème, d'ailleurs ... (mince, encore une injonction que je ne respecte pas ...)
o o   +  o o o o o = o o o o o o o
2 billes + 5 billes = 7 billes
avatar
lene75
Empereur

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par lene75 le Sam 14 Oct 2017 - 9:00
C'est exactement ça, je me suis aperçue grâce au fichier Grip que ma fille savait très bien calculer mais n'avait absolument pas compris le rapport avec les quantités. Pour calculer 8+5 ou 8-5, aucun problème, en revanche si on lui disait : Paul a 2 billes et Pierre en a 3, combien de billes ont-ils à eux deux, panne sèche. Il a fallu la faire passer par des bûchettes pour lui faire comprendre le rapport entre les calculs, parfois compliqués, qu'elle faisait et la situation réelle. Quand j'ai raconté ça à ma mère, elle a découvert qu'en fait mon neveu ne se moquait pas d'elle quand il lui disait ne pas comprendre des problèmes ultra simples alors qu'il faisait des calculs compliqués.

_________________
Une classe, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber...
avatar
Anaxagore
Guide spirituel

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Anaxagore le Sam 14 Oct 2017 - 9:14
@Verdurette a écrit:Cela me rappelle certain livre fort intéressant.

Avec la file numérique, oui, effectivement on perçoit les nombres globalement, et on  compte sur les enfants pour construire la numération décimale à partir des "régularités".
L'ennui c'est qu'à procéder ainsi on oublie que les chiffres permettent d'écrire un nombre, mais que ce dernier représente  avant tout une quantité. Pour des élèves de CP,  une quantité de bonbons, de billes, d'images, de pommes... support de problèmes très simples sur le plan du calcul mais où l'on ajoute des pommes, mange des pommes, achète trois sacs de deux pommes ou partage 6 pommes entre 3 enfants ... (bref les quatre opérations, enfer et damnation).

Dans cette optique, additionner, c'est avancer sur la bande numérique, soustraire, c'est reculer ... pour moi c'est un non-sens et j'en veux beaucoup aux éditeurs de la méthode de Singapour d'avoir accepté cette compromission pour vendre leurs nouveaux fichiers que je n'achèterai plus.

Les nouvelles normes interdisent également d'écrire les unités dans l'opération qu'on propose pour résoudre un problème, d'ailleurs ... (mince, encore une injonction que je ne respecte pas ...)
o o   +  o o o o o = o o o o o o o
2 billes + 5 billes = 7 billes

Il y avait eu une discussion sur le blog de Cédelle dans laquelle avec Delord et quelques membre du GRIP nous avions ferraillé ferme. Je crois qu'elle est toujours accessible. Un de nos illustres contradicteurs avait d'ailleurs conservé son anonymat, certainement pour ne pas s'abaisser à se montrer une discussion avec nous.

Lorsque j'avais participé à une réunion organisée par le CSP,  le texte suivant du GRIP et les références citées m'avaient servi de support pour les cycles 2 et 3.

http://slecc.fr/GRIP_critiques/2015-nouveauxprogr_math_c2c3v2.pdf

_________________
"De même que notre esprit devient plus fort grâce à la communication avec les esprits vigoureux et raisonnables, de même on ne peut pas dire combien il s'abâtardit par le commerce continuel et la fréquentation que nous avons des esprits bas et maladifs." Montaigne

"Woland fit un signe de la main, et Jérusalem s'éteignit."
avatar
e-Wanderer
Expert spécialisé

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par e-Wanderer le Sam 14 Oct 2017 - 9:58
Quintilien a écrit:
Je n'approuve pas du tout, en effet, ce que je vois faire dans de très nombreux cas : faire apprendre aux tout petits le nom et la suite des lettres avant leur forme. Avec cette pratique, il leur est difficile de reconnaître les lettres, les enfants n'appliquant pas dès lors leur attention au tracé lui-même, puisqu'ils suivent leur mémoire qui va plus vite. Aussi, lorsque les maîtres croient avoir suffisamment fixé ces lettres dans l'esprit des élèves, en les écrivant dans l'ordre régulier, conforme à la coutume graphique, les tracent-ils dans l'ordre inverse, et ils les bouleversent ensuite par diverses permutations, jusqu'à ce que les enfants qu'ils instruisent reconnaissent les lettres d'après leur forme, non d'après leur ordre : le mieux est donc, comme on le fait pour les personnes, est de les informer à la fois de leur aspect et de leur nom.
  26. Mais ce qui est un inconvénient pour les lettres de l'alphabet ne sera pas nuisible pour les syllabes. Je n'exclus pas le procédé connu, destiné à exciter les enfants à l'étude, le recours à un jeu de figurines d'ivoire, ainsi qu'à tout ce qu'on peut imaginer pour plaire davantage à cet âge et qu'il aime manier, regarder, nommer.
  27. Lorsque l'enfant aura commencé à tracer les signes, il ne sera pas inutile de faire graver ces signes le mieux possible sur une tablette, afin que le style soit conduit par ces sortes de rainures. En effet, il ne s'égarera pas, comme sur la cire ; car il sera maintenu des deux côtés par les rebords et ne pourra pas dévier de la raie préalablement inscrite, et, en suivant avec plus de vitesse et de fréquence des tracés fixes, il affermira les articulations de ses doigts, et il ne sera pas nécessaire que la main du maître lui vienne en aide, en se posant sur la sienne pour la guider. (…)
  30. Pour les syllabes, pas de méthode abrégée : il faut les apprendre absolument toutes, et non pas, comme on le fait la plupart du temps, différer les plus difficiles jusqu'à ce qu'on les saisisse en écrivant les mots. 31. Bien au contraire, il ne faut pas avoir la témérité de se fier au premier enregistrement de la mémoire ; il sera plus utile de les répéter et de les inculquer longuement ; lors de la lecture, qu'on ne presse pas l'élève de lire les mots à la suite, ou en accélérant, à moins que la liaison des lettres entre elles puisse se faire sans heurt et sans hésitation, et sans que l'enfant soit contraint du moins de s'attarder pour réfléchir. Les syllabes elles-mêmes, une fois apprises, qu'il commence à les grouper en mots et, avec les mots, à faire des phrases qui se tiennent : 32. On ne saurait croire quel retard la précipitation apporte à l'enseignement de la lecture. De là viennent en effet, les hésitations, les arrêts, les reprises, parce que l'enfant a présumé de ses aptitudes et qu'une fois qu'il s'est trompé, il se défie même de ce qu'il sait déjà. 34. Que la lecture soit donc en un premier temps assurée, puis liée, longtemps assez lente, jusqu'à ce que grâce à l'entraînement, on parvienne à une vitesse sans faute.
L'Institution oratoire, I, 1, § 25-32
avatar
Fenrir
Niveau 7

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Fenrir le Sam 14 Oct 2017 - 10:31
@lene75 a écrit:C'est exactement ça, je me suis aperçue grâce au fichier Grip que ma fille savait très bien calculer mais n'avait absolument pas compris le rapport avec les quantités. Pour calculer 8+5 ou 8-5, aucun problème, en revanche si on lui disait : Paul a 2 billes et Pierre en a 3, combien de billes ont-ils à eux deux, panne sèche. Il a fallu la faire passer par des bûchettes pour lui faire comprendre le rapport entre les calculs, parfois compliqués, qu'elle faisait et la situation réelle. Quand j'ai raconté ça à ma mère, elle a découvert qu'en fait mon neveu ne se moquait pas d'elle quand il lui disait ne pas comprendre des problèmes ultra simples alors qu'il faisait des calculs compliqués.

J'ai remarqué ce phénomène en sixième, où de nombreux élèves maitrisent le calcul d'opérations posées parfois complexes, mais n'arrivent pas à modéliser/traduire des énoncés simples en une opération censément simple.

J'ai l'impression que les collègues insistent vraiment sur le côté mécanique et pas sur le "pourquoi" de l'opération. On retrouve le phénomène en 4ème/3ème où les élèves réussissent davantage à résoudre une équation fournie clef en mains qu'à comprendre l'énoncé pour produire l'équation. Reste à savoir si ce sont les mêmes  élèves.

_________________
À quoi bon mettre son pédigrée, on est partis pour 40 ans
avatar
InstantKarma
Niveau 6

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par InstantKarma le Sam 14 Oct 2017 - 10:37
Katherine Weinland, doyenne de l’Inspection générale des Lettres :
   « 13 % des élèves de 6e ne savent pas lire. Mais ils n’ont pas fini leurs études ! ».
   L’Express, 14 mars 2002.

   http://www.lexpress.fr/informations/polemique-autour-du-francais-la-polemique_647630.html

   Il faut étaler, d’où les fameux cycles et le spiralaire !
   « Désormais, on parle d’étalement des connaissances : les élèves ont jusqu'à la troisième pour acquérir l’orthographe. À 14 ans, au lieu de 9 ou 10 ans. »


Dernière édition par InstantKarma le Sam 14 Oct 2017 - 11:32, édité 3 fois
Contenu sponsorisé

Re: Méthodes pourries en CP : Juin - le bilan, et maintenant ?

par Contenu sponsorisé
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum