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User23080
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par User23080 le Sam 19 Jan 2019 - 16:10
@Lefteris a écrit:C'est le niveau ouvrant droit au concours externe  qui classe un corps, à échelle indiciaire correspondante. Or le diplôme exigé pour le capes est la licence, exactement comme avant. Le reste, c'est le diplôme correspondant à l'année de préparation.  On peut arguer que c'est bac + 4 du fait qu'il  faut un master 1 pour intégrer effectivement les rangs des stagiaires, mais  il fallait déjà dans les faits "perdre' un an de plus avant le cas avant. Les fonctionnaires de catégorie A devaient avoir la licence en poche au jour de leur intégration comme stagiaire (ceux qui passaient les concours la même année avaient intérêt à éviter la session de licence de  septembre Laughing , et encore parfois même pas car il y avait des écoles qui démarraient en cours d'année, comme les défunts PTT). Il ne reste que les agrégés dans les fait à BAC +5.
Je ne suis pas sûr que ce soit exactement ça. Je comprends ton propos pour dire que CAPES c'est bac +3 mais on exige une inscription en bac+4 tout de même qu'il faut valider pour devenir un stagiaire, c'est plus contraignant qu'avant.
Autre exemple : les attachés statisticiens de l'INSEE sont des catégories A mais recrute à Bac +2 (ils ont 2 à 3 ans de formation pour devenir des BAC +4). Les administrateurs de l'INSEE catégories A+ exigent une licence donc BAC+3 (ils ont 2 ans de formation pour devenir des BAC +5) alors que les agrégés doivent être BAC +5.
Les concours pour devenir enseignant de l'EN, sauf cas non portés à ma connaissance, sont les plus exigeants en terme de diplômes.
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Mathador le Sam 19 Jan 2019 - 16:40
Bolas a écrit:Ce document liste les primes TAI obtenues au Minefi (liées au point d'indice) qui s'ajoutent aux primes classiques des agents du Minefi :

http://archives.solidairesfinancespubliques.fr/agt_adh/gestion/remu/2015/151022_prime_TAI.pdf

Elles sont liées à la réussite d'un examen professionnel (mais tu profites d'un temps de formation (rémunéré à ton salaire normal) pour le préparer. De mémoire c'est 3 mois pour programmeur, 6 mois pour Analyste et 1 mois pour PSE).

Bolas a écrit:Les primes TAI c'est vraiment le bon  plan. Ceci dit, tous les catégories B n'ont pas accès à ce type de postes (c'est à la tronche du client)

Comme le document dont tu as fourni le lien l'indique, il y a des concours spécifiques qui donnent accès au TAI (contrôleur programmeur, inspecteur PSE, ainsi que inspecteur analyste pour la DGFiP uniquement), et un lauréat du concours de contrôleur programmeur occupe obligatoirement un poste de programmeur. Par contre, les B qualifiés PSE le sont forcément par examen professionnel, puisque le concours PSE donne accès à la catégorie A.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Laverdure le Sam 19 Jan 2019 - 16:45
Bolas a écrit:
@Lefteris a écrit:C'est le niveau ouvrant droit au concours externe  qui classe un corps, à échelle indiciaire correspondante. Or le diplôme exigé pour le capes est la licence, exactement comme avant. Le reste, c'est le diplôme correspondant à l'année de préparation.  On peut arguer que c'est bac + 4 du fait qu'il  faut un master 1 pour intégrer effectivement les rangs des stagiaires, mais  il fallait déjà dans les faits "perdre' un an de plus avant le cas avant. Les fonctionnaires de catégorie A devaient avoir la licence en poche au jour de leur intégration comme stagiaire (ceux qui passaient les concours la même année avaient intérêt à éviter la session de licence de  septembre Laughing , et encore parfois même pas car il y avait des écoles qui démarraient en cours d'année, comme les défunts PTT). Il ne reste que les agrégés dans les fait à BAC +5.
Je ne suis pas sûr que ce soit exactement ça. Je comprends ton propos pour dire que CAPES c'est bac +3 mais on exige une inscription en bac+4 tout de même qu'il faut valider pour devenir un stagiaire, c'est plus contraignant qu'avant.
Autre exemple : les attachés statisticiens de l'INSEE sont des catégories A mais recrute à Bac +2 (ils ont 2 à 3 ans de formation pour devenir des BAC +4). Les administrateurs de l'INSEE catégories A+ exigent une licence donc BAC+3 (ils ont 2 ans de formation pour devenir des BAC +5) alors que les agrégés doivent être BAC +5.
Les concours pour devenir enseignant de l'EN, sauf cas non portés à ma connaissance, sont les plus exigeants en terme de diplômes.

L'ENM ou l'école des commaissaires de police, celle des officiers de gendarmerie recrutent (pour le concours) à Bac+4 ou 5.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Mathador le Sam 19 Jan 2019 - 16:57
Les commissaires de police sont A+, et recrutés à bac+5 comme les agrégés. Par contre, les capitaines de police (premier grade des officiers de police, A type) sont recrutés à bac+3, alors que les certifiés sont à bac+4 ou bac+5 selon la façon de faire les comptes.

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par Ascagne le Sam 19 Jan 2019 - 17:00
@Lefteris a écrit:
De toute manière, le métier d'enseignant va être sciemment déclassé, sans le dire à la population bien évidemment, dans le but de ne plus recruter beaucoup de titulaires. Dans les perspectives de l'OCDE, il faut un enseignement concret, pas très haut, pour 80 % de la population, pour garantir l'employabilité (traduire : faire tout et n'importe quoi dans les "métiers de demain", flexibles et mobiles) et 20 du reste pour encadrer tout ça ou exercer les métiers où un bon bagage est indispensable et où les erreurs se paient cash (pilote, médecin, juriste de haut vol...) . Mais je crois bien que tout le reste est voué au mépris le plus absolu, et ça passe par des matières "inutiles". Il ne faut pas remonter bien loin pour entendre des charges publiques et télévisées d'hommes politiques contre le grec ancien "payé par le contribuable" (c'st vrai que ça doit coûter un pognon de dingue, toutes ces heures mises bout à bout, au moins le salaire d'un chargé d'une commission Théodule).
Je trouve que c'est un peu facile de dire que tout dépend des responsables ou d'un organisme, comme si l'opinion était conduite en bateau sans participer elle aussi au phénomène... comme s'il n'y avait pas aussi des collègues qui (consciemment ou non) portent tort à une vision classique, "humaniste", de l'éducation, différente d'une conception disant que l'essentiel, c'est l'employabilité minimale, avec un minimum de saupoudrage culturel et un taux d'éducation civique variable selon qui on écoute (la réforme du collège a bien cristallisé l'existence de débats très virulents entre enseignants, au sein de l'institution). Du côté des parents d'élèves, on ne peut certes pas attaquer la préoccupation de l'employabilité future de leurs enfants, mais on en trouve pas mal qui en restent à une vision très directement utilitariste de l'école (c'est très sensible chez certains par rapport au bac de français, par exemple). On m'a dit en face que le latin, au lycée, ce devait être surtout un divertissement (bref, une option qui délasserait les élèves de S qui daignent la choisir des vrais enseignements qu'ils suivent à côté - et qui rapporte par ailleurs des points) avec un soupçon de culture générale... Je passe sur les autres processus en jeu, mais je trouve important de considérer qu'ils sont précisément multiples et divers. Pour revenir au sujet, en revanche, je suppose en effet que plus on considère l'enseignement comme avant tout porté vers la seule employabilité, avec tout de même (encore heureux) une certaine formation citoyenne et à un minimum d'esprit critique, plus on est en mesure d'accepter que les enseignants soient moins "qualifiés", moins formés dans leurs disciplines (quand elles ne correspondent pas à la doxa des disciplines les plus "utiles") au sens propre (si l'on excepte le volet pédagogique)... d'où des effets sur la (moindre) considération qu'on a pour eux, y compris en termes de salaire.
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par Zryblowskowsky le Sam 19 Jan 2019 - 17:44
@Gauvain31 a écrit:Autrefois   pour devenir instituteur il fallait le brevet, puis le bac , puis un DEUG , puis une licence... quelque soit la période, il fallait un diplôme universitaire inférieur à celui nécessaire pour devenir professeurs dans le secondaire, justifiant la distinction cadre /profession intermédiaire. Ce n'est plus le cas désormais, puisque tout le monde est indistinctement (de PE à agrégé) à bac +5....

Un agrégé de 2018 n'aurait pas eu un niveau suffisant pour devenir instituteur en 1950 (culture générale insuffisante, orthographe calamiteuse....)
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par gauvain31 le Sam 19 Jan 2019 - 17:47
@Zryblowskowsky a écrit:
@Gauvain31 a écrit:Autrefois   pour devenir instituteur il fallait le brevet, puis le bac , puis un DEUG , puis une licence... quelque soit la période, il fallait un diplôme universitaire inférieur à celui nécessaire pour devenir professeurs dans le secondaire, justifiant la distinction cadre /profession intermédiaire. Ce n'est plus le cas désormais, puisque tout le monde est indistinctement (de PE à agrégé) à bac +5....

Un agrégé de 2018 n'aurait pas eu un niveau suffisant pour devenir instituteur en 1950 (culture générale insuffisante, orthographe calamiteuse....)

Je te crois entièrement
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par Laverdure le Sam 19 Jan 2019 - 17:56
Oui, enfin n'exagérons rien non plus : un instituteur de 1950 se préparait à son concours comme l'agrégé de 2018 se prépare à son concours et ceux qui s'étaient bien préparés était reçus. Ensuite un agrégé de lettres n'a peut-être pas les compétences nécessaires en maths pour préparer le CRPE mais il est tout à fait capable de se préparer sérieusement et de se mettre au niveau (et cela marche dans l'autre sens aussi : ne me faisons pas dire ce que je n'ai pas écrit)

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par William Foster le Sam 19 Jan 2019 - 18:10
Exclu : après avoir passé l'agreg d'HG-SES-Philo, un ancien instit' se préparant à enseigner les sciences politiques au lycée ::
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Tout le monde me dit que je ne peux pas faire l'unanimité.
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par gauvain31 le Sam 19 Jan 2019 - 18:26
@William Foster a écrit:
Exclu : après avoir passé l'agreg d'HG-SES-Philo, un ancien instit' se préparant à enseigner les sciences politiques au lycée :
Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Topaze

Totalement has-been William : en 2018 c'est "bien mal acquis ? M'en tape ! A l'ère du néolibéralisme, on se fiche de la morale !

Ton prof de Sciences politiques trop consciencieux devra faire des stages de rééducation de remise à niveau. Razz
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par Laverdure le Sam 19 Jan 2019 - 18:27
Cela me fait penser à une de mes proches qui, enseignante dans un lycée de la région parisienne, m'avait dit y avoir côtoyé un ancien instit devenu prof de maths en taupe.

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par ddalcatel le Sam 19 Jan 2019 - 18:31
@Laverdure a écrit:Cela me fait penser à une de mes proches qui, enseignante dans un lycée de la région parisienne, m'avait dit y avoir côtoyé un ancien instit devenu prof de maths en taupe.

Excellente décision de la part de cet ancien instit. Au moins il a trouvé le moyen de réutiliser ses cours. En simplifiant un peu quand même...

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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Lefteris le Sam 19 Jan 2019 - 18:43
Bolas a écrit:
Je ne suis pas sûr que ce soit exactement ça. Je comprends ton propos pour dire que CAPES c'est bac +3 mais on exige une inscription en bac+4 tout de même qu'il faut valider pour devenir un stagiaire, c'est plus contraignant qu'avant.
Autre exemple : les attachés statisticiens de l'INSEE sont des catégories A mais recrute à Bac +2 (ils ont 2 à 3 ans de formation pour devenir des BAC +4). Les administrateurs de l'INSEE catégories A+ exigent une licence donc BAC+3 (ils ont 2 ans de formation pour devenir des BAC +5) alors que les agrégés doivent être BAC +5.
Les concours pour devenir enseignant de l'EN, sauf cas non portés à ma connaissance, sont les plus exigeants en terme de diplômes.
Pour l'INSEE, je crois  avoir l'explication de cette apparente entorse : la longueur des études internes, désavantageuses, sans système de logement, avec le traitement plancher. Au point que des gens reçus à deux concours préfèrent, comme c'est le cas d'une amie. Paradoxalement, ça permet d'attirer de très bons étudiants  directement après une prépa par exemple,  tandis que d'autres vont se traîner, pour finir en calamiteux master MEEF. Sinon, c'st généralement le niveau exigible en externe qui classe le corps.  Tout en sachant que vu la promotion interne, beaucoupo de fonctionnaires ont évolué en partant de corps moins élevés. Je pourrais citer un paquet de mes connaissances devenu inspecteurs principaux dans telle administration des finances en ayant démarré contrôleur, voire agent. Une de mes relations de sport a commencé inspecteur, et sans changer de métier a terminé directeur de service, au delà de la grille du corps. A voir si ces carrières seront toujours possibles avec la future FP qui va embaucher directement des cadres sous contrat...Sans compter le système de retraites qui pourrait rendre la promotion de moindre attrait.

@Laverdure a écrit:
L'ENM ou l'école des commaissaires de police, celle des officiers de gendarmerie recrutent (pour le concours) à Bac+4 ou 5.
Voilà, comme agrégé.  Mais pas les mêmes carrières...
@Ascagne a écrit:Je trouve que c'est un peu facile de dire que tout dépend des responsables ou d'un organisme, comme si l'opinion était conduite en bateau sans participer elle aussi au phénomène...
OUi, mais l'opinion  ne s'intéresse qu'aux effets d'annonce, qiui fonctionnent comme la pub : c'est nouveau, c'est pour le bien des élèves, donc ça va passer. Voir les réformes collège -lycée, présentées sous un jour fallacieux avec les mots qui plaisent '"choix" "réussite de tous"  "personnalisation") . Et puis après, il y a le réveil, mais c'st trop tard.
comme s'il n'y avait pas aussi des collègues qui (consciemment ou non) portent tort à une vision classique, "humaniste", de l'éducation, différente d'une conception disant que l'essentiel, c'est l'employabilité minimale, avec un minimum de saupoudrage culturel et un taux d'éducation civique variable selon qui on écoute (la réforme du collège a bien cristallisé l'existence de débats très virulents entre enseignants, au sein de l'institution).
Certes mais les  vrais tenants d'une école que l'on pourrait grosso modo classer dans la ligne de pensée d'un Condorcet sont quand même de plus en plus rares.Et de toute manière, la profession est particulièrement veule, donc tout discours inaudible, facilement caricaturé, et les chefs savent donner ls coups de menton qui remettent les enseignants au pas. Des décrets signés le jour d'une manif, par exemple, pourtant suivie pour une fois.

Du côté des parents d'élèves, on ne peut certes pas attaquer la préoccupation de l'employabilité future de leurs enfants, mais on en trouve pas mal qui en restent à une vision très directement utilitariste de l'école (c'est très sensible chez certains par rapport au bac de français, par exemple). On m'a dit en face que le latin, au lycée, ce devait être surtout un divertissement (bref, une option qui délasserait les élèves de S qui daignent la choisir des vrais enseignements qu'ils suivent à côté - et qui rapporte par ailleurs des points) avec un soupçon de culture générale...
Oui,  la société de consommation transportée dans l'instruction. On m'a obligé à faire du latin -à raison- sachant que je serai probablement un littéraire, et pour ne pas être un littéraire au rabais comme ça commençait déjà jadis, avec les seconde A sans latin. Mais pas pour l'employabilité ou être professeur, idée saugrenue qui ne m'est venue que longtemps après. Et entre temps j'ai compris qu'on pouvait aimer la matière pur elle-même, puisque je m'y étais remis.
Je passe sur les autres processus en jeu, mais je trouve important de considérer qu'ils sont précisément multiples et divers. Pour revenir au sujet, en revanche, je suppose en effet que plus on considère l'enseignement comme avant tout porté vers la seule employabilité, avec tout de même (encore heureux) une certaine formation citoyenne et à un minimum d'esprit critique, plus on est en mesure d'accepter que les enseignants soient moins "qualifiés", moins formés dans leurs disciplines (quand elles ne correspondent pas à la doxa des disciplines les plus "utiles") au sens propre (si l'on excepte le volet pédagogique)... d'où des effets sur la (moindre) considération qu'on a pour eux, y compris en termes de salaire.
Tout à fait d'accord, surtout dans la mesure où l'on accepte que tout soit survolé, de seconde qualité. Les enseignants  auront eux-mêmes beaucoup moins de  considérations pour les disciplines, et partant, pour eux-mêmes et leur niveau de qualification.

@Zryblowskowsky a écrit:
Un agrégé de 2018 n'aurait pas eu un niveau suffisant pour devenir instituteur en 1950 (culture générale insuffisante, orthographe calamiteuse....)
Fort possible,  et applicable à bon nombre de professions. Mais tout simplement parce que des tas de gens ont passé le cap jadis difficile du bac (quelque chose comme 5% d'une  tranche d'âge en 1950) sans avoir le niveau général,  alors qu'ils ne l'auraient jamais eu à l'époque et n'auraient pas continué leurs études. Après, il y a aussi des qualités ,et même des optiques différentes, entre les  deux métiers.[/quote]

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, expliquée sans détours par F. Robine.

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Lisak35
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Lisak35 le Sam 19 Jan 2019 - 19:02
A tous : mais puisqu'on vous dit qu'à plaindre les néo-tits' affectés en RP on verse dans le misérabilisme, voyons ! Sinon pour ceux qui se demandent comment font ces jeunes collègues justement en IDF, je le répète inlassablement : ils logent souvent dans du très petit (20 m2 environ) et / ou très éloigné dans la banlieue. Et pourtant bien souvent leur loyer fait pourtant déjà plus que le 1/3 de leur salaire (tous ont des heures sup')
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par Lefteris le Sam 19 Jan 2019 - 19:07
@Lisak35 a écrit:A tous : mais puisqu'on vous dit qu'à plaindre les néo-tits' affectés en RP on verse dans le misérabilisme, voyons ! Sinon pour ceux qui se demandent comment font ces jeunes collègues justement en IDF, je le répète inlassablement : ils logent souvent dans du très petit (20 m2 environ) et / ou très éloigné dans la banlieue. Et pourtant bien souvent leur loyer fait pourtant déjà plus que le 1/3 de leur salaire (tous ont des heures sup')
Il est évident que, selon la stricte loi du sacro-saint marché, le métier a perdu la partie. Les néotits veulent se barrer, et tout simplement les concours sont désertés, et ce n'est que le début. Rien dans le statut et le quotidien ne vient compenser en confort la faiblesse du traitement. On va à grands pas vers la contractualisation de proximité : les gens sans emploi qui feront ça un temps, faut de mieux, tout en cherchant ailleurs.

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par gauvain31 le Sam 19 Jan 2019 - 19:11
@Lefteris a écrit:
@Lisak35 a écrit:A tous : mais puisqu'on vous dit qu'à plaindre les néo-tits' affectés en RP on verse dans le misérabilisme, voyons ! Sinon pour ceux qui se demandent comment font ces jeunes collègues justement en IDF, je le répète inlassablement : ils logent souvent dans du très petit (20 m2 environ) et / ou très éloigné dans la banlieue. Et pourtant bien souvent leur loyer fait pourtant déjà plus que le 1/3 de leur salaire (tous ont des heures sup')
Il est évident que, selon la stricte loi du sacro-saint marché, le métier a perdu la partie. Les néotits veulent se barrer, et tout simplement les concours sont désertés, et ce n'est que le début. Rien dans le statut et le quotidien ne vient compenser en confort la faiblesse du traitement. On va à grands pas vers la contractualisation de proximité : les gens sans emploi qui feront ça un temps, faut de mieux,  tout en cherchant ailleurs.

Oui comme aux Etats-Unis. Et nous devrons tous sans exception trouver un 2ème boulot pour vivre décemment. Un peu comme Walter White dans Breaking Bad .....
Miettes
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par Miettes le Sam 19 Jan 2019 - 19:56
@Lisak35 a écrit:A tous : mais puisqu'on vous dit qu'à plaindre les néo-tits' affectés en RP on verse dans le misérabilisme, voyons ! Sinon pour ceux qui se demandent comment font ces jeunes collègues justement en IDF, je le répète inlassablement : ils logent souvent dans du très petit (20 m2 environ) et / ou très éloigné dans la banlieue. Et pourtant bien souvent leur loyer fait pourtant déjà plus que le 1/3 de leur salaire (tous ont des heures sup')

pas les PE... je suis d'accord avec tout le reste. La situation de jeunes professeur·es en RP est indigne.

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2016-2017, lettres au collège : 6e, 5e, 4e + AP 3e
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Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 Empty Re: Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat

par fifi51 le Sam 19 Jan 2019 - 20:15
@Mathador a écrit:
Bolas a écrit:Ce document liste les primes TAI obtenues au Minefi (liées au point d'indice) qui s'ajoutent aux primes classiques des agents du Minefi :

http://archives.solidairesfinancespubliques.fr/agt_adh/gestion/remu/2015/151022_prime_TAI.pdf

Elles sont liées à la réussite d'un examen professionnel (mais tu profites d'un temps de formation (rémunéré à ton salaire normal) pour le préparer. De mémoire c'est 3 mois pour programmeur, 6 mois pour Analyste et 1 mois pour PSE).

Bolas a écrit:Les primes TAI c'est vraiment le bon  plan. Ceci dit, tous les catégories B n'ont pas accès à ce type de postes (c'est à la tronche du client)

Comme le document dont tu as fourni le lien l'indique, il y a des concours spécifiques qui donnent accès au TAI (contrôleur programmeur, inspecteur PSE, ainsi que inspecteur analyste pour la DGFiP uniquement), et un lauréat du concours de contrôleur programmeur occupe obligatoirement un poste de programmeur. Par contre, les B qualifiés PSE le sont forcément par examen professionnel, puisque le concours PSE donne accès à la catégorie A.

De plus, les primes informatiques ne sont pas cumulables avec toutes les primes et sont accordées uniquement si tu es sur un poste à vocation informatique, et l'examen de programmeur ou d'analyste n'est pas vraiment donné.

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par RogerMartin le Sam 19 Jan 2019 - 21:30
@Jenny a écrit:Je pensais par exemple au Marais, au 5e arrondissement, au 14e en fait. Razz
Vraiment inaccessibles...
Oui, le 14e, je confirme. Il y a 20 ans, c'était tout à fait accessible. C'est toujours moins cher que le 6e aujourd'hui, mais les prix sont tout de même invraisemblables, j'ai parfois besoin de me souvenir que les prix affichés au m2 sont en euros et pas en francs Rolling Eyes

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par Lefteris le Sam 19 Jan 2019 - 21:47
@RogerMartin a écrit:
@Jenny a écrit:Je pensais par exemple au Marais, au 5e arrondissement, au 14e en fait. Razz
Vraiment inaccessibles...
Oui, le 14e, je confirme. Il y a 20 ans, c'était tout à fait accessible. C'est toujours moins cher que le 6e aujourd'hui, mais les prix sont tout de même invraisemblables, j'ai parfois besoin de me souvenir que les prix affichés au m2 sont en euros et pas en francs Rolling Eyes
Ce sont en gros les quartiers périphériques qui ont le plus pris, avec la saturation et la demande. Ceux du centre étant déjà hors de prix, il y a eu un tassement, si l'on peut dire. Il y avait naguère des différences de 1 à 10 et cette époque est bien révolue.

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par Lefteris le Sam 19 Jan 2019 - 21:52
@gauvain31 a écrit:

Oui comme aux Etats-Unis. Et nous devrons tous sans exception trouver un 2ème boulot pour vivre décemment. Un peu comme Walter White dans Breaking Bad .....
J'ai pas vu le film, mais j'imagine. Mon frère qui a fait plusieurs pays me décrit des systèmes pas folichons, notamment l'Australie...Un métier vraiment de seconde zone, qu'on fait comme on ferait pompiste ou serveur. Et l'on est traité comme tel : assignation à horaires, à procédures, (dire où l'on va au prof en chef, remplacer les enseignants absents au pied levé même dans d'autres disciplines, avec des supports tout prêts)emploi du temps au choix du chef qui peut dépasser les horaires, salaire ne permettant pas de se loger seul etc. rares sont ceux qui atteignent 5 ans dans ce "job".

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, expliquée sans détours par F. Robine.

« Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule, le genre humain restera partagé en deux classes : celle des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».Condorcet
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par Kagome le Dim 20 Jan 2019 - 1:01
@Lefteris a écrit:J'ai pas vu le film, mais j'imagine. Mon frère qui a fait plusieurs pays me décrit des systèmes pas folichons, notamment l'Australie...Un métier vraiment de seconde zone, qu'on fait comme on ferait pompiste ou serveur. Et l'on est traité comme tel : assignation à horaires, à procédures,  (dire où l'on va au prof en chef, remplacer les enseignants absents au pied levé même dans d'autres disciplines, avec des supports tout prêts)emploi du temps au choix du chef qui peut dépasser les horaires, salaire ne permettant pas de se loger seul  etc. rares sont ceux qui atteignent 5 ans dans ce "job".
Je me permets de nuancer pour l'Australie : je vais régulièrement à Melbourne dans notre école partenaire, dans une banlieue moyenne. Il y a 10 ans : pénurie de prof avec effectivement ce que tu décris. Solution : exiger bac +5 et augmentation nette des salaires pour attirer plus de candidats et de meilleurs. Les conditions de travail varient ensuite bcp selon les écoles et selon les Etats mais globalement, ils ont de bons salaires (une collègue débutante est par exp capable de se loger en plein centre de Melbourne et de bcp sortir, une autre collègue avec 15 ans d'expérience touche le double ...). Globalement aussi, ils sont bien considérés. Par contre oui, on est dans une gestion d'entreprise, l'école est un business, les parents des clients d'où la grosse variabilité de condition de travail selon école publique / privée / confessio etc.

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par doubledecker le Dim 20 Jan 2019 - 11:28
Même dans Challenges il est question de cette baisse de pouvoir d'achat.  Le chapeau de l'article est renversant, ce n'est pourtant pas une publication connue pour ses prises de position gauchistes!
Extrait de Challenges

Et ça continue avec le tout premier paragraphe

Challenges a écrit:En choisissant de devenir profs, ils ont toujours su qu'ils ne gagneraient pas des mille et des cents. Mais ils pensaient avoir gagné l'assurance de finir les mois sans angoisse. Depuis bien des années déjà, beaucoup d'enseignants ont pourtant l'impression d'avoir sombré dans la catégorie "survie", celle de l'euro près et de l'imprévu qui vient casser des mois de gestion rigoureuse.

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par CarmenLR le Ven 5 Avr 2019 - 22:41
@celitian a écrit:Ouais enfin honnêtement elles n'ont peut être pas eu le courage de préparer les concours et d'être obligées de partir loin de chez elles pour des conditions de travail et un salaire pas top.
On fait tous des choix plus ou moins bons sur le long terme, je regrette d'avoir passer le concours parce que je m'ennuyais dans mon boulot.

Ah ? Je ne comprends pas bien. Tu t'es reconverti dans l'enseignement et tu le regrettes ?
celitian
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par celitian le Sam 6 Avr 2019 - 9:48
La faute horrible Enseignants : les vingt dernières années de perte de pouvoir d'achat - Page 13 2995080671
Deux stages de plusieurs mois durant mes études, ensuite j'ai commencé à travailler dans le privé.
J'étais jeune et dynamique.... et je trouvais les journées longues et ennuyeuses, dans mon dernier poste j'avais le temps de faire 2 fois les tâches les plus importantes (je ne fumais pas, buvais pas de café, avais un bureau et nouvelle, je discutais peu avec les autres).
Maintenant que je ne suis plus jeune et dynamique..., je regrette ce choix pour la carrière possible, l'évolution du salaire, les conditions de travail.
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par CarmenLR le Lun 8 Avr 2019 - 22:27
Merci, Celitian, pour ce témoignage.
L'ennui est quelque chose de terrible. Ton choix (celui de la passion ?) a donc eu beaucoup de sens, me semble-t-il. Non ?
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