Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Durruti le 18/06/13, 09:12 pm

Il y a des choses intéressantes dans le point de vue du collègue même si je ne partage pas tout.

Mon expérience au collège me fait penser que ceux qui "réfléchissent" aux épreuves ont pour but de foutre en l'air l'école.

Je m'explique le nouveau brevet est une merde sans nom (désolé pour la vulgarité mais ça me rend dingue). On abaisse les exigences de manière déguisée. Il n'y a plus de paragaphe argumenté mais des développements sur 5 points ou 4 points ce qu'il n'est pas possible de noter correctement. Comme si on espérait que les élèves sachent en faire le moins possible et le plus mal possible. Sachant que cela touchera d'abord et avant tout les collèges où se concentrent les élèves en grandes difficulté. Pour les autres pas d'inquiétude, ils seront formés pour le lycée. Or, le paragraphe argumenté avait au moins le mérite de commencer à apprendre à mettre en forme un raisonnement, une démonstration.  

Je suis effaré du nombre d'élève ne sachant pas faire une phrase en début de 4e ou en 3e et de leurs immenses difficultés à rédiger correctement. Le nouveau brevet prévoit des espaces sur le sujet pour les réponses des élèves, à quand les QCM en HG? (déjà possible en français)

Mais tout cela ne m'étonne guère, car lors d'une inspection, l'inspecteur m'a expliqué que dans quelques années nous ne serions plus que "des chefs d'orchestre aidant les élèves à utiliser les milliers de données contenues dans leur smartphone...". Ce jour-là je ne serai plus prof.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Olympias le 18/06/13, 09:23 pm

@Isis39 a écrit:Et ils réagissent, eux. Rien vu chez la nouvelle alliance APHG-Clionautes.

Je ne savais pas que cela devait déboucher sur des propositions dans les deux jours...

Il y a à l'APHG un travail en cours sur les programmes de terminale pour proposer autre chose en fonction des expériences des collègues. Le travail sur les programmes, les épreuves est une constante à l'APHG depuis des années...mais c'est moins médiatisé, c'est certain..Ceux qui font le plus de bruit et attaquent les autres et ne sont pas forcément ceux qui agissent le plus

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Olympias le 18/06/13, 09:34 pm

@Durruti a écrit:Il y a des choses intéressantes dans le point de vue du collègue même si je ne partage pas tout.

Mon expérience au collège me fait penser que ceux qui "réfléchissent" aux épreuves ont pour but de foutre en l'air l'école.

Je m'explique le nouveau brevet est une merde sans nom (désolé pour la vulgarité mais ça me rend dingue). On abaisse les exigences de manière déguisée. Il n'y a plus de paragaphe argumenté mais des développements sur 5 points ou 4 points ce qu'il n'est pas possible de noter correctement. Comme si on espérait que les élèves sachent en faire le moins possible et le plus mal possible. Sachant que cela touchera d'abord et avant tout les collèges où se concentrent les élèves en grandes difficulté. Pour les autres pas d'inquiétude, ils seront formés pour le lycée. Or, le paragraphe argumenté avait au moins le mérite de commencer à apprendre à mettre en forme un raisonnement, une démonstration.  

Je suis effaré du nombre d'élève ne sachant pas faire une phrase en début de 4e ou en 3e et de leurs immenses difficultés à rédiger correctement. Le nouveau brevet prévoit des espaces sur le sujet pour les réponses des élèves, à quand les QCM en HG? (déjà possible en français)

Mais tout cela ne m'étonne guère, car lors d'une inspection, l'inspecteur m'a expliqué que dans quelques années nous ne serions plus que "des chefs d'orchestre aidant les élèves à utiliser les milliers de données contenues dans leur smartphone...". Ce jour-là je ne serai plus prof.

Ils ne savent pas mieux rédiger en arrivant en seconde...j'ai encore en mémoire cette réunion délirante où un inspecteur voulait que les élèves de 6è élaborent eux-mêmes leur trace écrite, soit le cours dans le cahier !!!!!!!!!!!
Nous sommes assaillis de demandes contradictoires...On peut effectivement se demander où ils veulent en venir. On a réussi dans les années passées à éviter des catastrophes en termes d'horaires, de programmes, d'épreuves...Mais entre 2007 et 2012, ce fut un bras de fer face à une administration qui ne voulait pas céder d'un pouce, avec des réformes politiques, où tout était déjà ficelé à l'avance, où les associations étaient entendues "pour la forme", la réform Chatel ayant produit les progrès que l'on sait...
Après, avoir des milliers de données dans son smartphone ou son pc, ce n'est pas ça qui rend l'élève intelligent...

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Durruti le 18/06/13, 10:00 pm

Je suis totalement d'accord avec toi Olympias.

[modéré]

J'ai entendu le même discours que toi sur la trace écrite. Du grand n'importe quoi.


Dernière édition par holderfar le 18/06/13, 11:38 pm, édité 1 fois (Raison : langage)

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par John le 18/06/13, 10:03 pm

Le Snes non plus n'est pas content :
https://www.snes.edu/Bac-2013-en-histoire-geo-etat-des.html

18 juin 2013


Pour les élèves de série ES et L, la nouvelle session du bac porte sur des programmes inédits et de nouvelles épreuves. Elle a lieu dans un contexte où le malaise est grandissant. Les enseignants d’histoire géo n’ont eu de cesse de dénoncer un programme infaisable. Le nouvel exercice intégré à l’épreuve, la complexité des thèmes à aborder ont été inconciliables avec le nombre de questions à traiter. « Boucler » le programme s’est traduit par un bachotage et un gavage particulièrement indigeste et insensé, faisant de la liberté pédagogique un vœu pieux. Les enseignants sont sans illusion sur ce que peuvent faire une grande majorité de leurs élèves sur les sujets tombés. Au mieux, les plus méritants auront-ils réussi l’exercice de pure mémorisation impressionnant auquel ils ont été soumis. Au pire, il nous sera demandé d’être indulgents sur les copies indigentes. Que faire d’autre alors qu’une partie de l’épreuve, pour laquelle les candidats n’ont pas de choix possible, porte sur le dernier thème du programme, qui bien souvent a été fait au pas de charge, voire à coup de fiches photocopiées ? Qu’un des sujets de composition porte sur une étude de cas réalisée le plus souvent en 2 ou 3 heures de cours ?

De tels sujets conjugué à des épreuves sans choix placent donc les correcteurs (qui sont aussi des enseignants soucieux de la réussite de leurs élèves !) face à un dilemme douloureux : endosser la responsabilité de l’échec de nombreux candidats ou cautionner les programmes actuels comme étant à la portée des élèves.

Or ceux-ci sont d’une ambition déconnectée de la réalité du terrain, provoquant un trouble croissant chez les enseignants quant au sens de leurs discipline, dégoutant bien des élèves de continuer à l’étudier dans le supérieur.

Dans l’attente de programmes réellement pensés et discutés avec les professionnels dans le cadre de la mise en place du futur CSP, il est plus qu’urgent d’alléger de façon sensible ces programmes afin de permettre de redonner de la saveur aux savoirs et de retrouver le sens de cette discipline.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par egomet le 18/06/13, 10:12 pm

@Olympias a écrit:
Lux-Aeterna a écrit:Finalement, il me semble que le programme de 3e et celui de Première => C'est le même combat avec les allers-retours chronologiques permanents.

(et sur la remise en cause des pratiques des enseignants en HG, j'ai parfois le même sentiment que Groyer).
Celui de 3è a été calqué sur celui de 1ère...et il est encore plus difficile à mettre en oeuvre avec des collégiens ! Mais ça, c'est parce que nous ne comprenons pas le programme, que nous ne voulons pas nous adapter.....furieux furieux
La liberté pédagogique est écrite en gros sur le site du MEN....

Le principe de liberté pédagogique

En application de la loi n°2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École, «la liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l'Éducation nationale et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection».

Les programmes sont, en conséquence, la seule référence réglementaire adressée aux professeurs. Les ressources et documents proposés aux enseignants garantissent ce principe, il revient à chaque enseignant de s'approprier les programmes dont il a la charge, d'organiser le travail de ses élèves et de choisir les méthodes qui lui semblent les plus adaptées en fonction des objectifs à atteindre.

Les ressources pour faire la classe proposées par la DGESCO ne sont que des appuis à la libre disposition des professeurs.

J'adooooore quand la liberté est simplement définie comme le respect de la loi et de ceux qui sont chargés de la faire appliquer. Puisque les membres des corps d'inspections sont les seuls interprètes de la loi, autant dire qu'il n'y a pas de liberté pédagogique. Vous avez la liberté de faire comme on vous dit.

Pour qu'il y ait liberté pédagogique, il faudrait que l'administration s'interdise d'intervenir. Par exemple, s'interdise de donner des consignes pour le choix des manuels.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par boris vassiliev le 18/06/13, 10:12 pm

Je crois que c'est toujours une faute de ne pas conduire les élèves à élaborer eux-mêmes leur "trace écrite" (surtout pas une "leçon", quelle horreur, ce truc qu'il faut apprendre, peut-être même par coeur, comme avant mai 68 !!!). Alors que la rédaction autonome est bien sûr (je crois que c'est l'argument suprême si on ose prétendre le contraire) la condition sine qua non de la maîtrise de "l'écrit" (méthode dont on peut mesurer toujours mieux l'efficacité professeur).

Plus le temps passe, plus je me dis que les élèves ont besoin de cours toujours plus traditionnels :
- fondés sur du magistral pour l'essentiel pour transmettre clairement un savoir (vocabulaire typé école de la IIIe République utilisé à dessein). Connaissances à partir desquelles on peut ensuite travailler véritablement l'approche critique d'un document (alors que le prélèvement et même la mise en relation d'informations ça va bien un moment, mais après des années à subir ça à chaque heure d'HG (sans parler des autres matières), les élèves n'en peuvent plus et on n'avance guère. 
- structurés en parties et sous-parties bien académiques, avec des transitions, pour apprendre quelque chose de solidement structuré (et donc "apprenable" contrairement à tout ce qui est à base de copié-collé et qu'ils vont trouver sur leur smartphone).
- une leçon écrite avec des phrases rédigées, ces phrases servant également à structurer la mémorisation en mettant en avant les liens logiques entre les connaissances. Des phrases qui servent aussi d'exemple, de la même manière qu'on conseille aux élèves de lire pour améliorer leur maîtrise du français.

 Bon j'arrête, c'était mon plaidoyer réactionnaire du jour, suscité par la discussion et l'écoeurement face au sujet de 1S de ce matin...


Dernière édition par boris vassiliev le 18/06/13, 11:48 pm, édité 1 fois

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par John le 18/06/13, 10:13 pm

il faudrait que l'administration s'interdise d'intervenir. Par exemple, s'interdise de donner des consignes pour le choix des manuels.
heu
Quel genre de consignes as-tu reçues ?

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Olympias le 18/06/13, 10:14 pm

@boris vassiliev a écrit:Je crois que c'est toujours une faute de ne pas les élèves à élaborer eux-mêmes leur "trace écrite" (surtout pas une "leçon", quelle horreur, ce truc qu'il faut apprendre, peut-être même par coeur, comme avant mai 68 !!!). Alors que la rédaction autonome est bien sûr (je crois que c'est l'argument suprême si on ose prétendre le contraire) la condition sine qua non de la maîtrise de "l'écrit" (méthode dont on peut mesurer toujours mieux l'efficacité professeur).

Plus le temps passe, plus je me dis que les élèves ont besoin de cours toujours plus traditionnels :
- fondés sur du magistral pour l'essentiel pour transmettre clairement un savoir (vocabulaire typé école de la IIIe République utilisé à dessein). Connaissances à partir desquelles on peut ensuite travailler véritablement l'approche critique d'un document (alors que le prélèvement et même la mise en relation d'informations ça va bien un moment, mais après des années à subir ça à chaque heure d'HG (sans parler des autres matières), les élèves n'en peuvent plus et on n'avance guère. 
- structurés en parties et sous-parties bien académiques, avec des transitions, pour apprendre quelque chose de solidement structuré (et donc "apprenable" contrairement à tout ce qui est à base de copié-collé et qu'ils vont trouver sur leur smartphone).
- une leçon écrite avec des phrases rédigées, ces phrases servant également à structurer la mémorisation en mettant en avant les liens logiques entre les connaissances. Des phrases qui servent aussi d'exemple, de la même manière qu'on conseille aux élèves de lire pour améliorer leur maîtrise du français.

 Bon j'arrête, c'était mon plaidoyer réactionnaire du jour, suscité par la discussion et l'écoeurement face au sujet de 1S de ce matin...

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par gauvain31 le 18/06/13, 10:21 pm

@Boris : je me suis fait inspecté récemment : mes cours sont exactement comme ceux que tu  décris...(avec une partie Cours/Exercice/TP/Contrôle) ben mon inspectrice (pourtant très "pédago" ), ne m'a rien dit dessus... peut être qu'elle commence  à comprendre, ou qu'elle ne voulait pas plomber l’ambiance vu que la séance s’était bien déroulée....

Je pense vraiment que certains IPR sont au courant du problème de l'écrit; et que certains pense comme toi Boris.. mais qu'ils ne peuvent le dire ,a lors ils se taisent. Perso je l'ai pris comme çà , pour moi c'était une autorisation de continuer comme çà , et si elle n'est pas contente, ben c'est pareil aussi...

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Durruti le 18/06/13, 10:39 pm

Je te rejoins Boris!!! C'est ce que je fais dans mes cours!

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Zenxya le 18/06/13, 10:45 pm

@egomet a écrit:
@Olympias a écrit:

Le principe de liberté pédagogique

En application de la loi n°2005-380 du 23 avril 2005 d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École, «la liberté pédagogique de l'enseignant s'exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l'Éducation nationale et dans le cadre du projet d'école ou d'établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d'inspection».

Les programmes sont, en conséquence, la seule référence réglementaire adressée aux professeurs. Les ressources et documents proposés aux enseignants garantissent ce principe, il revient à chaque enseignant de s'approprier les programmes dont il a la charge, d'organiser le travail de ses élèves et de choisir les méthodes qui lui semblent les plus adaptées en fonction des objectifs à atteindre.

Les ressources pour faire la classe proposées par la DGESCO ne sont que des appuis à la libre disposition des professeurs.

J'adooooore quand la liberté est simplement définie comme le respect de la loi et de ceux qui sont chargés de la faire appliquer. Puisque les membres des corps d'inspections sont les seuls interprètes de la loi, autant dire qu'il n'y a pas de liberté pédagogique. Vous avez la liberté de faire comme on vous dit.

Pour qu'il y ait liberté pédagogique, il faudrait que l'administration s'interdise d'intervenir. Par exemple, s'interdise de donner des consignes pour le choix des manuels.

Egomet je suis d'accord avec toi. Pour m'être fait "détruire" par l'IPR car je n'appliquais pas assez son dernier dada, à savoir les centres d'intérêt, je suis dubitative.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par egomet le 18/06/13, 10:47 pm

@John a écrit:
il faudrait que l'administration s'interdise d'intervenir. Par exemple, s'interdise de donner des consignes pour le choix des manuels.
heu
Quel genre de consignes as-tu reçues ?

Rien de précis, je suis hors du système. Mon exemple était peut-être mal choisi. Il vaudrait peut-être mieux parler des méthodes, des progressions, et là j'en sais quelque chose... Rolling Eyes Ce que je veux pointer du doigt c'est le fait que la liberté ne peut se définir que par défaut. Elle n'existe que dans les espaces où la loi s'interdit d'aller.

Si je prends par exemple, l'article 11 de la DDHC:
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.
J'ai un problème, parce que tant que je n'aurai pas la loi sous les yeux, je n'aurai aucune idée du contenu réel de cet article. La loi peut fort bien limiter drastiquement ma liberté d'expression.
Alors, certes on m'objectera qu'il faut respecter l'esprit de la déclaration, mais la lettre autorise tout et n'importe quoi. L'esprit, il faut le chercher ailleurs, dans les articles 4 et 5:
Article IV

La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

Article V

La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.


Si je compare au premier amendement de la constitution US, l'impression n'est pas la même:
« Le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui interdise le libre exercice d'une religion, (aucune loi) qui restreigne la liberté d'expression, ni la liberté de la presse, ni le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis »

L'article sur la liberté pédagogique est parfaitement creux, car il ne donne pas de limites à l'action du ministre et de ses représentants, et que son esprit n'est pas défini. Je crois que Frackowiak a fait un article, il y a quelque temps, pour dire justement que la liberté, c'est celle de suivre la pédagogie officielle.

Toute la question est de savoir ce qui devrait rentrer dans la liberté pédagogique de l'enseignant et donc ce sur quoi l’État devrait s'abstenir de donner des instructions. Quelle valeur doivent avoir les "conseils" ou les "consignes" des inspecteurs?

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Condorcet le 18/06/13, 10:53 pm

@Olympias a écrit:
@boris vassiliev a écrit:Je crois que c'est toujours une faute de ne pas les élèves à élaborer eux-mêmes leur "trace écrite" (surtout pas une "leçon", quelle horreur, ce truc qu'il faut apprendre, peut-être même par coeur, comme avant mai 68 !!!). Alors que la rédaction autonome est bien sûr (je crois que c'est l'argument suprême si on ose prétendre le contraire) la condition sine qua non de la maîtrise de "l'écrit" (méthode dont on peut mesurer toujours mieux l'efficacité professeur).

Plus le temps passe, plus je me dis que les élèves ont besoin de cours toujours plus traditionnels :
- fondés sur du magistral pour l'essentiel pour transmettre clairement un savoir (vocabulaire typé école de la IIIe République utilisé à dessein). Connaissances à partir desquelles on peut ensuite travailler véritablement l'approche critique d'un document (alors que le prélèvement et même la mise en relation d'informations ça va bien un moment, mais après des années à subir ça à chaque heure d'HG (sans parler des autres matières), les élèves n'en peuvent plus et on n'avance guère. 
- structurés en parties et sous-parties bien académiques, avec des transitions, pour apprendre quelque chose de solidement structuré (et donc "apprenable" contrairement à tout ce qui est à base de copié-collé et qu'ils vont trouver sur leur smartphone).
- une leçon écrite avec des phrases rédigées, ces phrases servant également à structurer la mémorisation en mettant en avant les liens logiques entre les connaissances. Des phrases qui servent aussi d'exemple, de la même manière qu'on conseille aux élèves de lire pour améliorer leur maîtrise du français.

 Bon j'arrête, c'était mon plaidoyer réactionnaire du jour, suscité par la discussion et l'écoeurement face au sujet de 1S de ce matin...

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Collier de Barbe le 18/06/13, 11:10 pm

Très étonné des petites mesquineries que je lis sur Aggiornamento ici. Dire que ses membres (c'est un collectif informel essentiellement formé de profs du 2ndaire) penseraient essentiellement à leur carrière et à leur devenir universitaire est assez étrange. 

Sur la place de la pédagogie, il y a des débats vifs et pas je crois de doxa. L'idée est surtout de produire des programmes faisables (c'est-à-dire que l'on pourrait vraiment finir et pas juste en balançant des polys) sans tomber dans un conservatisme tétanisant. 

Il y a également un engagement clair: il n'est pas question d'abandonner les discussions sur l'enseignement de l'histoire à des illuminés du type Casalli & ses amis "historiens de garde". 
Or, moi qui suis à la fois syndiqué, à l'APHG & dans aggio, je tombe sur un reportage de TF1 dans lequel je vois des membres de l'APHG témoigner presque comme Casali et consort je sursaute. Et quand notre collègue H. Tison finit par accorder 4p. d'interviews dans le Figaro Magazine, là c'est carrément discutable...
Et pour finir, oui il est important de réagir rapidement à ses sujets tombés aujourd'hui. Il y a d'ailleurs une entrevue syndicat/ DGESCO jeudi je crois.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par egomet le 18/06/13, 11:19 pm

@Collier de Barbe a écrit:

Sur la place de la pédagogie, il y a des débats vifs et pas je crois de doxa. L'idée est surtout de produire des programmes faisables (c'est-à-dire que l'on pourrait vraiment finir et pas juste en balançant des polys) sans tomber dans un conservatisme tétanisant. 

Sur la place de la pédagogie, il y a des débats vifs et des gens qui ont le pouvoir, ou un peu de pouvoir, ou juste ce qu'il faut pour te casser les @^``|[{.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par zina le 18/06/13, 11:31 pm

@kalliste54 a écrit:Tout à fait !!!

Le sujet tombé cette année  en première S est un scandale pour des élèves ayant pourtant travaillé d'arrache-pied toute l'année !!!

Je confirme, mon fils est très déçu et même frustré, Les élèves ont travaillé avec leur enseignante toutes les cartes au programme et plein de résumés et synthèse de cours d'histoire. Tout ça pour ça.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Olympias le 18/06/13, 11:35 pm

@Collier de Barbe a écrit:Très étonné des petites mesquineries que je lis sur Aggiornamento ici. Dire que ses membres (c'est un collectif informel essentiellement formé de profs du 2ndaire) penseraient essentiellement à leur carrière et à leur devenir universitaire est assez étrange. 

Sur la place de la pédagogie, il y a des débats vifs et pas je crois de doxa. L'idée est surtout de produire des programmes faisables (c'est-à-dire que l'on pourrait vraiment finir et pas juste en balançant des polys) sans tomber dans un conservatisme tétanisant. 

Il y a également un engagement clair: il n'est pas question d'abandonner les discussions sur l'enseignement de l'histoire à des illuminés du type Casalli & ses amis "historiens de garde". 
Or, moi qui suis à la fois syndiqué, à l'APHG & dans aggio, je tombe sur un reportage de TF1 dans lequel je vois des membres de l'APHG témoigner presque comme Casali et consort je sursaute. Et quand notre collègue H. Tison finit par accorder 4p. d'interviews dans le Figaro Magazine, là c'est carrément discutable...
Et pour finir, oui il est important de réagir rapidement à ses sujets tombés aujourd'hui. Il y a d'ailleurs une entrevue syndicat/ DGESCO jeudi je crois.

A quel reportage fais-tu allusion (je ne regarde quasiment jamais les infos sur TF1) ?

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Collier de Barbe le 18/06/13, 11:44 pm

C'était chez Pernault il y a quelques mois

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par cliohist le 19/06/13, 07:48 am

des gens qui pensent davantage à leur carrière universitaire qu'au combat qu'ils mènent sur l'HG dans le secondaire.
Où est l'essentiel ?
dans les rivalités entre adultes pour une carrière ou pour le contrôle des assoc et des syndicats ?
ou
dans le sort réservé à un grand nombre de lycéens,
avec des  épreuves de bac incohérentes venant sanctionner des programmes massivement décriés par les professionnels ?
Cette année encore, les dégâts de la chatelisation se paient au prix fort, en différé.

L'histoire scolaire mérite mieux. La géo aussi.
Le Débat lui a consacré son numéro 175 (le 177 suivra). Les points de vue sont divers (Mara Goyet y figure parmi les profs). Quelques lycéens s'y expriment brièvement : ils étudient à X-Mines, Assas, HEC, l'ENS et Descartes ...
http://clioweb.canalblog.com/tag/ledebat175

.

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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par cliohist le 19/06/13, 02:27 pm

- Un point de vue de lycéen sur un blog du Monde, sur les épreuves de Terminale

« Moi qui ai passé le bac aujourd’hui en terminale ES, je suis aussi étonnée des sujets qui sont tombés.
Je me demande vraiment ce qui est passé par la tête des personnes qui ont fait les sujets car interroger des élèves sur une étude de cas et non du cours qu’on pourrait qualifié de  » concret « , c’est traître ! ( Afrique du Sud ). De plus le sujet sur la mondialisation était tellement vaste qu’on ne sait pas par où commencer.

Je rajouterais que nous avons passé des heures à étudier ( et par la suite à apprendre ) des cartes et à les faire ( croquis schémas ) alors que le programme est déjà très très lourd et compliqué à terminer et nous ne sommes pas interrogés sur ça. Une étude critique de documents c’est ce qu’on nous demande en 3eme. A un moment il faut arrêter de prendre les élèves pour des idiots ».
http://tinyurl.com/kd5nbox
ou
http://baccalaureat.blog.lemonde.fr/2013/06/18/bac-2013-les-sujets-dhistoire-geo-mettent-les-profs-en-colere

-Et le point de vue d’une prof d’HG sur la liste H-Français
http://tinyurl.com/hf-celine-g-term
http://tinyurl.com/hf-celine-g-1s


- Une question (faussement) candide :
les sujets de bac ne seraient-ils plus élaborés par des profs qui enseignent la discipline dans la classe concernée ?

.

cliohist
Habitué du forum


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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par jofromlille le 19/06/13, 02:37 pm

entre la radicalité d'Aggiornamento et la réaction des "historiens de garde", je crois qu'il y a de la marge!
Le dernier n° du Débat n'est absolument pas le Figaro Histoire! Nora n'a rien d'un nationaliste.


Quand aux sujets aussi bien en T es et L qu'en 1ère... comment va-t-on expliquer aux élèves que le travail est la seule condition et une nécessité pour réussir ? Mes élèves de 1ère S ont certainement apprécié l'absence de croquis!


Dernière édition par jofromlille le 19/06/13, 02:54 pm, édité 1 fois

jofromlille
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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Isis39 le 19/06/13, 02:44 pm

@cliohist a écrit:
des gens qui pensent davantage à leur carrière universitaire qu'au combat qu'ils mènent sur l'HG dans le secondaire.
Où est l'essentiel ?
dans les rivalités entre adultes pour une carrière ou pour le contrôle des assoc et des syndicats ?
ou
dans le sort réservé à un grand nombre de lycéens,
avec des  épreuves de bac incohérentes venant sanctionner des programmes massivement décriés par les professionnels ?
Cette année encore, les dégâts de la chatelisation se paient au prix fort, en différé.

L'histoire scolaire mérite mieux. La géo aussi.

+1

Isis39
Empereur


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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par laurence dc le 19/06/13, 03:19 pm

Bonjour,

Je suis Laurence De Cock (désolée je n'utilise pas de pseudos). Je fais un bref passage pour vous dire que nous sommes évidemment informés de tous vos commentaires sur nos activités. S'il était question d'en discuter le fond, je le ferais volontiers.
Mais comme les messages de Mr Krouchtchev consistent, depuis des mois, à systématiquement s'intéresser à mes projets de "carrière" ou mes autres caculs manichéens pour me faire une place au sein de l'institution ; je ne vois guère d'autre objet de "discussion" que de vous faire part, cher monsieur (madame ?) de ma profonde fatigue face à vos procès d'intention et de vous demander de cesser vos remarques acerbes et déplacées sur un forum professionnel.
Pour le reste, nous n'avons pas vocation à faire consensus. Je ne rentrerais pas dans le détail de tout ce que je peux lire comme stupidités sur les "pédagos" ou notre refus de la chronologie ou qsj. Commencez donc par nous lire, et vous aurez ensuite le loisir de discuter avec ceux que vous n'insultez pas à longueur de temps. Vous comprendrez bien que tant que continuera cette mascarade de controverse digne du café de commerce, je resterais, pour ma part, éloignée de toute discussion.

laurence dc
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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Condorcet le 19/06/13, 03:28 pm

Madame,
Ceci est votre premier message sur un forum où il est d'usage de se présenter dans la section idoine : http://www.neoprofs.org/f26-votre-presentation
En histoire, il est de rigueur de citer un extrait des passages incriminés (ou d'indiquer les références précises de ceux-ci) afin d'étayer son argumentation.
En outre, je ne comprends pas votre démarche qui consiste à vous inscrire sur un forum pour annoncer que vous vous en tiendrez éloignée. Pour ma part, historien de métier, je serai heureux de discuter avec vous comme avec les autres membres de ce forum, anonymes ou non, une fois ces civilités accomplies.

Condorcet
Oracle


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Re: Le bac d'histoire-géo en fin de première relève-t-il de "la crapulerie intellectuelle" ?

Message par Marcel Khrouchtchev le 19/06/13, 03:31 pm

Deux remarques en quelques semaines (peut-être même quelques mois), on est loin de la campagne de dénigrement. Désolé si j'étais mal renseigné à votre sujet. Mon but n'était en tout cas pas de dénigrer, si vous lisez un peu mes interventions sur ce forum, vous verrez qu'elles vont un peu au-delà du simple procès d'intention. Mais je suis également conscient que vous avez autre chose à faire.
Donc merci pour cette intéressante mise au point, mais je vous serais reconnaissant de ne pas considérer que deux ou trois de mes messages puissent être considérés comme une attaque en règle.

Marcel Khrouchtchev
Enchanteur


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