Lecture cursive de fables

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Lecture cursive de fables

Message par Lonie le Mar 31 Mar 2009 - 20:57

Je termine ma séquence sur "Bestiaire poétique" et je voulais donner qq fables à mes 6èmes : des idées ?
Je n'ai pas encore choisi le support de mon évaluation finale :
- 1 heure = questions de lecture sur la fable
- 1 heure = expression écrite d'une contrefable

Quelle fable serait donc sympa en vue de la deuxième partie du devoir (écrire une contrefable) ?

Sachant que nous avons vu en classe :
- le renard et la cigogne
- le loup et la cigogne
- le loup et l'agneau
- la grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu'un boeuf

Merci !

PS. Je prèfère rester pour l'évaluation finale sur des fables animalières.
MERCIIIII !!!

_________________
"Si j'avais su, j'aurais pas venu"

Lonie
Neoprof expérimenté


Revenir en haut Aller en bas

Re: Lecture cursive de fables

Message par Sylvia le Mer 1 Avr 2009 - 12:32

Peut-être quelques fables d'Esope:

La sauterelle et la fourmi
Un beau matin d’hiver, une fourmi
traînait quelques vivres pour les faire sécher au soleil.
Une sauterelle, mourant de faim,
se trouva à passer et demanda à la fourmi
un peu de nourriture.

– Pourquoi me demandez-vous,
à moi, de vous donner à manger ?
demanda la fourmi.
Qu’avez-vous fait durant l’été ?

– Ma foi, répondit la sauterelle,
j’ai passé l’été à chanter.

– Ah ! bien, dit la fourmi,
vous avez chanté tout l’été,
vous n’avez qu’à danser tout l’hiver.


On ne peut passer son temps à s’amuser.

D'un Chasseur et d'un Loup

Un grand Chasseur revenant un jour de la chasse avec un Daim qu'il avait pris, aperçut un Sanglier qui venait droit à lui. " Bon, dit le Chasseur, cette bête augmentera ma provision. " Il banda son arc aussitôt et décocha sa flèche si adroitement qu'il blessa le Sanglier à mort. Cet animal, se sentant blessé, vint avec tant de furie sur le Chasseur qu'il lui fendit le ventre avec ses défenses, de manière qu'ils tombèrent tous deux sur la place. Dans ce temps-là il passa par cet endroit un Loup affamé qui, voyant tant de viande par terre, en eut une grande joie. " Il ne faut pas, dit-il en lui-même, prodiguer tant de biens, mais je dois, ménageant cette bonne fortune, conserver toutes ces provisions. " Néanmoins, comme il avait faim, il en voulut manger quelque chose. Il commença par la corde de l'arc, qui était de boyau, mais il n'eut pas plus tôt coupé la corde que l'arc, qui était bien bandé, lui donna un si grand coup contre l'estomac qu'il le jeta tout raide mort sur les autres corps. Cette fable fait voir qu'il ne faut point être avare.

D'un Jardinier et d'un Ours.

Il y avait autrefois un Jardinier qui aimait tant les jardinages qu'il s'éloigna de la compagnie des Hommes pour se donner tout entier au soin de cultiver les plantes. Il n'avait ni Femme ni Enfants, et depuis le matin jusqu'au soir il ne faisait que travailler dans son jardin, qu'il rendit aussi beau que le paradis terrestre. À la fin, le bonhomme s'ennuya d'être seul dans sa solitude. Il prit la résolution de sortir de son jardin pour chercher compagnie. En se promenant au pied d'une montagne, il aperçut un Ours dont les regards causaient de l'effroi. Cet animal s'était aussi ennuyé d'être seul et n'était descendu de la montagne que pour voir s'il ne rencontrerait point quelqu'un avec qui il pût faire société. Aussitôt qu'ils se virent, ils sentirent de l'amitié l'un pour l'autre. Le Jardinier aborda l'Ours qui lui fit une profonde révérence. Après quelques civilités, le Jardinier fit signe à l'Ours de le suivre et l'ayant mené dans son jardin, lui donna de fort beaux fruits qu'il avait conservés soigneusement et enfin il se lia entre eux une étroite amitié. Quand le Jardinier était las de travailler, et qu'il voulait se reposer, l'Ours par affection demeurait auprès de lui et chassait les Mouches de peur qu'elles ne l'éveillassent. Un jour que le Jardinier dormait au pied d'un arbre et que l'Ours selon sa coutume écartait les Mouches, il en vint une se poser sur la bouche du Jardinier, et quand l'Ours la chassait d'un côté, elle se remettait de l'autre, ce qui le mit dans une si grande colère qu'il prit une grosse pierre pour la tuer. Il la tua à la vérité, mais en même temps il écrasa la tête du Jardinier. C'est à cause de cela que les gens d'esprit disent qu'il vaut mieux avoir un sage ennemi qu'un ami ignorant.

D'autres textes, d'autres auteurs:

L'Homme et l'Hirondelle.

Au retour du printemps la volage hirondelle,
A coup de bec et sans truelle,
Spectacle que l'on voit trop indifféremment,
Avec une adresse infinie,
Se âtissait un logement
Chez un bourgeois, dont la manie
Etait aussi le bâtiment.
De cet oiseau, dit-il, j'admire l'industrie ;
Mais à quoi bon bâtir aussi solidement ,
Quand on n'est pas dans fa patrie,
Et que l'on est sujet au déménagement ?
Pauvre animal, hélas ! Tu prens bien de la peine.
Pour rester ici quelques mois :
As-tu donc oublié que la saison prochaine
T'obligera d'aller en des pays moins froids !..
Tu laisseras alors ta demeure déserte ;
Les nids les plus jolis deviendront superflus :
De tes soins et du temps pour épargner la perte ,
Tu devrais camper et rien plus.
Moi-même à mon tour, je t'admire ,
Dit l'hirondelle , au bâtisseur :
Dans ce vaste édifice où ton orgueil se mire ,
Je vois déjà ton successeur,
Qui, subissant la loi suprême,
Le laissera bientôt lui-même
A quelque nouveau possesseur,
Si je fuis folle, ami, tu n'es guère plus sage,
Puisque tu bâtis sans songer
Que l'homme est sur la terre un oiseau de passage,
Qu'on peut à chaque instant faire déménager.
Pesselier , Charles-Etienne .

Le Coq, le Mouton et le Dindon.
Un jeune coq, las de traîner ses jours,
Solitaire et superbe au fond des basses-cours,
Dépouilla son humeur sauvage,
Et se choisit pour compagnon
Certain mouton du voisinage
Qui lui revenait fort d'humeur et de visage.
C'était un excellent mouton,
Honnête et douce créature 1,
Candide, sans malice, et bête outre mesure.
Bête, c'était fâcheux : mais il était si bon !
Il se faut contenter, c'est la loi de la vie.
Bien n'est complet sur terre, et même, esprit, bonté
Vont moins souvent de compagnie,
Que sotise et méchanceté!
Nos deux amis firent donc bon ménage,
Surtout dans le commencement.
Le mouton parlait rarement,
Et n'en pensait pas davantage2;
Mais il savait, point capital,
Écouter aussi bien qu'aucun autre animal.
Il écouta si bien, qu'à bout de patience :
" C'en est trop, dit le coq, je suis las de jaser!
Parler tout seul n'est pas causer3.
Voyez un peu la sotte engeance !
Cherchons un autre compagnon
Qui du ciel ait reçu plus d'esprit eu partage.
" Aussitôt notre coq (on va vite à cet âge)
Jeta son dévolu sur un jeune dindon,
Qui de loin lui semblait charmant de caractère,
De près, ce fut une autre affaire 4 !
C'étaient de sots discours et des airs fanfarons ;
Des extases sur son plumage,
Des mots, des cris, un caquetage,
A troubler tous les environs. Il ennuya de telle sorte,
Qu'il fallut le mettre à la porte ;
Et le chercheur d'amis, comprenant la leçon,
Se dit, en secouant la tête :
" Décidément j'aime mieux une bête,
Et je retourne à mon mouton, "
(Anatole de Ségur XIXè siècle)

Sylvia
Niveau 9


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum