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inviteeM
Niveau 9

La modernité en peinture

par inviteeM le Sam 2 Mai 2015 - 15:07
Bonjour à tous,
Je suis en pleine séquence sur Le Spleen de Paris de Baudelaire (OI, problématique autour de la question de la modernité) avec mes 1LES.
Nous avons déjà étudié "A chacun sa chimère" et "Le Fou et la Vénus".
Pendant les vacances, je leur avais donné des parcours thématiques de lecture pour les guider dans la lecture de l'oeuvre et leur permettre de mieux se l'approprier.
A la rentrée (dès lundi donc), il me reste à travailler "Les Foules" et "Le Joujou du pauvre" (avant d'enchaîner sur la dernière séquence, j'ai donc bien peu de temps).
Je voulais consacrer toutefois un petit temps à la question de la modernité en peinture. J'envisage donc de le faire juste avant l'étude des "Foules" et pensais à un petit travail autour de la représentation de Paris en peinture. Mais pour qu'ils comprennent bien en quoi ce thème nouveau est moderne, il me semble qu'il faut leur donner une petite idée de ce qui précède. A quoi puis-je donc "opposer" ces représentations de Paris par Pissarro, Monet ou Caillebotte, par exemple? Aux paysages romantiques?
Ma question est très naïve, certes, mais elle est surtout induite par ma peur de mal faire...
Merci d'avance pour votre aide!


Dernière édition par maelia le Sam 2 Mai 2015 - 15:12, édité 1 fois
inviteeM
Niveau 9

Re: La modernité en peinture

par inviteeM le Sam 2 Mai 2015 - 15:11
J'avais pensé également à certains paysages impressionnistes, mais ils appartiennent tout de même à une forme de modernité et je ne voudrais pas me montrer approximative.
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JPhMM
Demi-dieu

Re: La modernité en peinture

par JPhMM le Sam 2 Mai 2015 - 15:51
Giuseppe de Nittis ?
versus Nicolas Raguenet ?

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

Je crois que je ne crois en rien. Mais j'ai des doutes. — Jacques Goimard
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pasteque
Niveau 9

Re: La modernité en peinture

par pasteque le Sam 2 Mai 2015 - 16:11
Je pense que pour que ta comparaison soit forte, tu ne peux pas te contenter d'opposer ville et paysage. La modernité vient de la technique employée, de la façon de représenter( la touche), du choix du sujet (la vie de tous les jours!) etc... Peut-etre peux-tu comparer avec le néoclassicisme?
inviteeM
Niveau 9

Re: La modernité en peinture

par inviteeM le Sam 2 Mai 2015 - 16:18
Merci pour votre aide.
Nicolas Raguenet, c'est effectivement très intéressant, merci.
Je connais très, très mal la peinture néoclassique malheureusement...
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Une passante
Neoprof expérimenté

Re: La modernité en peinture

par Une passante le Sam 2 Mai 2015 - 16:37
maelia a écrit:Merci pour votre aide.
Nicolas Raguenet, c'est effectivement très intéressant, merci.
Je connais très, très mal la peinture néoclassique malheureusement...

Voilà ce que cela donne quand on demande aux enseignants de faire ce pour quoi ils n'ont pas été formés...
A chaque fois que je dois faire une séance "d'histoire des arts", je précise à mes élèves que je ne suis en rien spécialiste, que je n'ai jamais été formée à cette discipline qui n'est pas la mienne...
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ysabel
Devin

Re: La modernité en peinture

par ysabel le Sam 2 Mai 2015 - 17:22
@Une passante a écrit:
maelia a écrit:Merci pour votre aide.
Nicolas Raguenet, c'est effectivement très intéressant, merci.
Je connais très, très mal la peinture néoclassique malheureusement...

Voilà ce que cela donne quand on demande aux enseignants de faire ce pour quoi ils n'ont pas été formés...
A chaque fois que je dois faire une séance "d'histoire des arts", je précise à mes élèves que je ne suis en rien spécialiste, que je n'ai jamais été formée à cette discipline qui n'est pas la mienne...

+1

C'est pourquoi je n'en fais jamais. Je n'ai jamais eu la moindre formation, ni même cours du collège à la maîtrise. Les qqfs où j'ai pu essayer, je me sentais vraiment très mal car incapable de pouvoir répondre à des questions pertinentes.
Donc, j'enseigne le seul art que je connais : la littérature.

_________________
« vous qui entrez, laissez toute espérance ». Dante

« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)
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Rabelais
Vénérable

Re: La modernité en peinture

par Rabelais le Sam 2 Mai 2015 - 19:54
@ysabel a écrit:
@Une passante a écrit:
maelia a écrit:Merci pour votre aide.
Nicolas Raguenet, c'est effectivement très intéressant, merci.
Je connais très, très mal la peinture néoclassique malheureusement...

Voilà ce que cela donne quand on demande aux enseignants de faire ce pour quoi ils n'ont pas été formés...
A chaque fois que je dois faire une séance "d'histoire des arts", je précise à mes élèves que je ne suis en rien spécialiste, que je n'ai jamais été formée à cette discipline qui n'est pas la mienne...

+1

C'est pourquoi je n'en fais jamais. Je n'ai jamais eu la moindre formation, ni même cours du collège à la maîtrise. Les qqfs où j'ai pu essayer, je me sentais vraiment très mal car incapable de pouvoir répondre à des questions pertinentes.
Donc, j'enseigne le seul art que je connais : la littérature.
Même le jury du capes rénové se sentait gêné de nous interroger sur une œuvre ( épreuve obligatoire en même temps que l'explication de texte)....J'ai beau tenter de me former, seule et à l'espe (  ), je ne réussis pas à assimiler que ça peut faire partie de mes attributions.
Les éveiller à l'esthétisme d'une œuvre littéraire, mais l'analyse de tableaux ou l'histoire des arts en général, ce n'est pas ma matière, je n'en ai pas envie.( sinon, j'aurais fait histoire des arts).
Mais bon, l'analyse filmique vient de nous être échue, aussi je m'interroge vraiment sur ce qu'est un professeur de français, aujourd'hui. La littérature paraît -elle en haut lieu si inutile et accessoire?
Qui sera prof de lettres dans le futur, quel cursus auront les lauréats? Diplômés en histoire du cinéma, des arts, informaticiens,licenciés en audio visuel? Et les textes, nos auteurs chéris, dépassés, oubliés ?
inviteeM
Niveau 9

Re: La modernité en peinture

par inviteeM le Sam 2 Mai 2015 - 20:15
Je suis d'accord avec vous, bien sûr, et je précise aussi toujours aux élèves que je ne suis pas spécialiste, seulement amatrice (et me voilà de leur expliquer l'étymologie du terme Wink )
Finalement, vos remarques m'ont bien aiguillée. Je ne vais pas comparer à partir du thème, mais vraiment opposer des tableaux qui appartiennent à l'académisme aux tableaux dits modernes. Cela devrait me permettre à la fois d'esquisser une définition de la modernité en art et de leur faire prendre conscience de l'importance des nouveaux thèmes à l'oeuvre dans celle-ci.
Le cinéma, par contre, je ne fais pas: pour le coup, je suis totalement incompétente.
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Marcelle Duchamp
Fidèle du forum

Re: La modernité en peinture

par Marcelle Duchamp le Sam 2 Mai 2015 - 21:54
La Modernité en peinture touche essentiellement une période où se rencontrent plusieurs mouvements et à mon sens, mais c'est peut être personnel, l'Impressionnisme n'est pas "moderne"... J'y mettrai plutôt le Fauvisme, le Cubisme, l'Art Abstrait, le Surréalisme, Dada etc...
Je segmente dans mon esprit la modernité aux alentours du début du 20ème jusqu'à 1950 à peu près (sachant que certains Historiens d'art étendent la modernité jusqu'à 1970... et après c'est l'art contemporain).
Après, le Romantisme peut être aussi représenté par un paysage de ville...
A vrai dire, je ne comprends pas trop ce que tu veux faire avec ta classe... Donne moi plus d'indice et je peux (peut être) t'aiguiller.
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InvitéeEv
Niveau 5

Re: La modernité en peinture

par InvitéeEv le Mar 5 Mai 2015 - 7:31
Bonjour,

pour ma part, quand je fais les "Tableaux parisiens", avec mes élèves de 1ère, 
je fais un parallèle avec l'évolution de la peinture… de la femme (avec ce que j'en sais… je ne suis pas spécialiste non plus).
Je fais cela à propos de "À une mendiante rousse".

On peut comparer "La Source" d'Ingres, la "Naissance de Vénus" de Cabanel et l'"Olympia" de Manet.

  • Dans les 2 1ers cas, on a une attention particulière portée à la ligne, à la justesse du dessin ; on a des couleurs très rosées posées avec minutie (l'obsession du zéro marque de fabrication, qui plaît au bourgeois, toujours prêt à fréquenter le Salon armé d'une loupe), une femme objet, au corps idéalisé (photoshoppé avant l'heure : courbes parfaites, teint de porcelaine + absence de fente entre les jambes chez Ingres) dont le regard fuit le spectateur et que le spectateur peut regarder à loisir… et tout cela avec un prétexte mythologique. Rolling Eyes
  • Chez Manet, une attention particulière portée à la couleur, à la matière, sans souci de perfection technique : les spectateurs croient qu'on se moque d'eux parce que la toile n'est pas entièrement peinte (le blanc du drap n'est pas produit par de la peinture mais par la toile) ; les couleurs de la femme sont moins joliment rosées, mais plus réalistes (elles sont même jaunâtres, voire verdâtre…) ; la femme, peinte telle qu'elle est, n'est pas seulement offerte aux regards, elle dirige son regard vers le spectateur… comme un sujet à part entière. (On a souvent dit qu'elle était une prostituée, qui regardait le spectateur comme un client, alors que sa servante lui apporte des fleurs envoyées par on ne sait qui, peut-être le spectateur lui-même… C'est peut-être extrapolé, mais ça peut être mentionné).  Et la ligne est moins soignée que chez Ingres, surtout, Manet fait reparaître les contours de la femme alors que depuis Vinci on avait estompé ces contours, qui n'ont pas d'existence réelle (technique du sfumato, apprise par tous les élèves peintres, y compris, bien sûr Manet, qui ici rejette cet héritage). En cause, peut-être, entre autres l'apparition de la photographie, qui reproduit les lignes mieux qu'aucun peintre, sans ajout de contour, mais ne rend pas les couleurs…

Baudelaire ne déteste pas Ingres (il reconnaît ses qualités, il dit quelque chose comme "chez Ingres, il y a tout"), mais il abhorre tout à fait les peintres académiques qui suivent ses pas (et notamment Cabanel, J-L Gérôme et ses jeunes Grecs, tous ces peintres qu'on a appelés "pompiers") et qui plaisent au bourgeois. Il pense au contraire que Manet est un précurseur qui a senti où il fallait mener la peinture.
Je tire cela d'une visite guidée du Musée d'Orsay, dont le prospectus d'accompagnement figure ici mais ne mentionne pas ces détails.

Ça peut peut-être te donner des pistes…
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Re: La modernité en peinture

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