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henriette
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Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants - Page 6 Empty Re: Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants

par henriette le Lun 4 Nov 2019 - 7:08
Oui, mais cela paraîtra loin, entre ceux qui pensent "après moi le déluge" et ceux qui diront "d'ici qu'ils soient à la retraite tout aura encore changé, ils auront l'occasion de se battre pour l'améliorer"...
stench
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Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants - Page 6 Empty Re: Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants

par stench le Lun 4 Nov 2019 - 8:26
@henriette a écrit:Oui, mais cela paraîtra loin, entre ceux qui pensent "après moi le déluge" et ceux qui diront "d'ici qu'ils soient à la retraite tout aura encore changé, ils auront l'occasion de se battre pour l'améliorer"...

Je crois que ces derniers auraient raison de dire ça: je suis certain, en regardant l'évolution des 50 dernières années, que d'ici qu'ils soient à la retraite, les choses seront bien pires encore.

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"Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la nature qui se défend." Yannis Youlountas

"Ils veulent dessiner l'apartheid, on dessinera le maquis."
HORA
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par HORA le Lun 4 Nov 2019 - 9:48
@stench a écrit:
@henriette a écrit:Oui, mais cela paraîtra loin, entre ceux qui pensent "après moi le déluge" et ceux qui diront "d'ici qu'ils soient à la retraite tout aura encore changé, ils auront l'occasion de se battre pour l'améliorer"...

Je crois que ces derniers auraient raison de dire ça: je suis certain, en regardant l'évolution des 50 dernières années, que d'ici qu'ils soient à la retraite, les choses seront bien pires encore.

Même avis. Sans même avoir en tête les guerres économiques, le dérèglement climatique, les tensions mondiales qu'on a peine à imaginer dérivant de tous ces facteurs, il y a la vitesse inouïe du déclassement : je suis entrée dans la FP avec une contrainte de 37,5 annuités pour obtenir une pension à taux plein, soit 75% du salaire des six derniers mois en brut, moins de deux décennies plus tard il va falloir aligner 43 annuités pour une pension qui atteindra entre les 2/3 et la moitié de la pension "promise" à l'embauche.
Balthazaard
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par Balthazaard le Lun 4 Nov 2019 - 11:13
@stench a écrit:
@henriette a écrit:Oui, mais cela paraîtra loin, entre ceux qui pensent "après moi le déluge" et ceux qui diront "d'ici qu'ils soient à la retraite tout aura encore changé, ils auront l'occasion de se battre pour l'améliorer"...

Je crois que ces derniers auraient raison de dire ça: je suis certain, en regardant l'évolution des 50 dernières années, que d'ici qu'ils soient à la retraite, les choses seront bien pires encore.

Même sans la retraite "macron" sincèrement, tu conseillerais à quelqu'un de rentrer dans l'EN aujourd'hui?
Seifer
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par Seifer le Lun 4 Nov 2019 - 12:07
Je ne vois toujours pas en quoi c'est malhonnête.

Ce qui est malhonnête, c'est la position du gouvernement qui consiste à dire "celles et ceux en exercice ne seront pas autant touchés que les nouveaux et nouvelles dans le métier". Pour le coup, il n'y a rien de plus malhonnête politiquement parlant.

M'enfin, les responsables sont probablement ceux qui se battent plutôt que ceux qui détruisent. Rolling Eyes

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par Balthazaard le Lun 4 Nov 2019 - 12:40
Pour moi dire à quelqu'un qui va partir dans 6 ans "tu vas perdre 300 euros de retraite" c'est malhonnête, c'est tout, vous pouvez tortiller la chose dans tous les sens que vous voulez c'est faux.
Alors si vous pensez qu'il faut choisir entre  "tout le monde va perdre entre 300 et 500 euros" (version sud et la votre vraisemblablement) ou "ce sera plus juste tout le monde va y gagner "(gouvernement) alors pauvres de nous, parce que pour moi c'est la même imposture intellectuelle.
Si vous ne voyez pas pourquoi, je ne suis pas prêt à vous acheter une voiture, un appartement ou même faire la moindre affaire avec vous!!!
Lefteris
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par Lefteris le Lun 4 Nov 2019 - 13:06
@Balthazaard a écrit:Pour moi dire à quelqu'un qui va partir dans 6 ans "tu vas perdre 300 euros de retraite" c'est malhonnête, c'est tout, vous pouvez tortiller la chose dans tous les sens que vous voulez c'est faux.
Alors si vous pensez qu'il faut choisir entre  "tout le monde va perdre entre 300 et 500 euros" (version sud et la votre vraisemblablement) ou "ce sera plus juste tout le monde va y gagner "(gouvernement) alors pauvres de nous, parce que pour moi c'est la même imposture intellectuelle.
Si vous ne voyez pas pourquoi, je ne suis pas prêt à vous acheter une voiture, un appartement  ou même  faire la moindre affaire avec vous!!!
La perte sera très progressive, relativement faible pour les plus proches de la retraite nés après 1963, mais de plus importante pour les plus jeunes, selon des calculs très compliqués puisqu'il y aura deux régimes très différents. Il y a aussi le paramètre du taux de remplacement des années non cotisées qui est en suspens et sera à coup sûr très désavantageux, lié à des indemnisations forfaitaires puisqu'il n'y aura pas de "points" correspondant à des sommes. Enfin , le système de points sera immanquablement appliqué aux gens déjà en retraite, pour faire varier les pensions en fonction de la conjoncture, et là, attention même si on ne peut pas précisément chiffrer puisque ça n'est pas encore arrivé. Mais dans les pays où c'est en place, comme la Suède, c'est désavantageux.
Enfin, ça signe automatiquement à terme la fin du statut de la FP, , puisque l'évolution de carrière, primordiale aujourd'hui, comptera peu.
Voilà des éléments objectifs, qui analysent les tendances et l'"esprit" de cette réforme, plus que des batailles de chiffres précis qu seront remis en cause à chaque cas particulier.

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, utilisée pour toutes les démolitions, expliquée sans fard par F. Robine.

Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.

Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος.
Lefteris
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par Lefteris le Lun 4 Nov 2019 - 13:17
@henriette a écrit:Oui, mais cela paraîtra loin, entre ceux qui pensent "après moi le déluge" et ceux qui diront "d'ici qu'ils soient à la retraite tout aura encore changé, ils auront l'occasion de se battre pour l'améliorer"...
Ca, c'est un risque en effet. Certains jeunes ont totalement intégré le fait qu'ils n'auraient pas de retraite, ils sont fatalistes, les plus anciens pourraient faire leur calcul à la petite semaine et se dire que l'enjeu ne vaut pas la fatigue de la lutte. D'autres encore pensent que rien ne leur arrivera , mais que les seules victimes seront les "nantis" que la presse leur désigne. Maintenant, quel que soit le point de vue adopté, il faut aussi savoir quel type de société et quels principes on pense laisser après soi. Je fais partie de ceux qui perdront le moins (mais qui ont déjà vu leur temps de cotisation augmenter de 5ans) , et je serai mobilisé le 5. Après , je verrai, selon l'attitude des collègues. Si c'est pour se retrouver saigné pendant que d'autres regardent 10% se démener en attendant de voir comment ça tourne, pour ensuite dire comme d'habitude "Tu vois, les grèves n'ont servi à rien...", je lèverai le pied, ou j'irai manifester en interpro. Les passagers clandestins de l'EN , après m'avoir déçu, ça commence à me fatiguer.

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pseudo-intello
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par pseudo-intello le Lun 4 Nov 2019 - 13:22
@Lefteris a écrit:
@henriette a écrit:Oui, mais cela paraîtra loin, entre ceux qui pensent "après moi le déluge" et ceux qui diront "d'ici qu'ils soient à la retraite tout aura encore changé, ils auront l'occasion de se battre pour l'améliorer"...
Ca, c'est un risque en effet. Certains jeunes ont totalement intégré le fait  qu'ils n'auraient pas de retraite, ils sont fatalistes, les plus anciens pourraient faire leur calcul à la petite semaine et se dire que l'enjeu ne vaut pas la fatigue de la lutte. D'autres encore pensent que rien ne leur arrivera , mais que les seules victimes seront les "nantis" que la presse leur désigne. Maintenant, quel que soit le point de vue adopté, il faut aussi savoir quel type de société et quels principes on pense laisser après soi. Je fais partie de ceux qui perdront le moins (mais qui ont déjà vu leur temps de cotisation  augmenter de 5ans) , et je serai mobilisé le 5. Après , je verrai, selon l'attitude des collègues. Si c'est pour se retrouver saigné pendant que d'autres regardent 10% se démener en attendant de voir comment ça tourne, pour ensuite dire  comme d'habitude "Tu vois, les grèves n'ont servi à rien...", je lèverai le pied, ou j'irai manifester en interpro. Les passagers clandestins de l'EN , après m'avoir déçu, ça commence à me fatiguer.
Je n'ai jamais compris comment ils comptent s'en sorti pendant leurs vieux jours, ces gens-là...
Balthazaard
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par Balthazaard le Lun 4 Nov 2019 - 13:30
Le vrai problème est là, c'est plus un enjeu de société, mais définir un projet de société ce n'est (pour moi) pas le rôle des syndicats qui, encore à mon sens doivent rester catégoriels. C'est dévolu à la politique, mais il faut bien reconnaître que l'alternative est moribonde. Comment veux tu lancer comme mot d'ordre "voila la société que nous voulons" alors que tout ceux qui potentiellement peuvent arriver au pouvoir n'y croient pas? Je partage ton argument mais je ne crois pas du tout à sa vertu mobilisatrice. Je suis rabat-joie,mais je pense que le gouvernement craint le mouvement du 5 et ses dérives potentielles. La seules concession que nous pourrions espérer serait la "clause du grand père" étendue à la fonction publique, cela éviterait le pire pour les gens en place, ce qui est loin d'être négligeable, par contre il est clair que cela n’empêchera pas la mort de la fonction publique à terme. Cela dit , soyons honnêtes encore une fois, si on regarde les jeunes, les idées "modernistes" ont déjà pas mal fait leur lit...triste...
Zagara
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Guide spirituel

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par Zagara le Lun 4 Nov 2019 - 13:37
Les retraites ont longtemps été des enjeux catégoriels et non "de société". D'où les différentes caisses pensées comme assurantielles. Dire que la retraite d'untel intéresserait l'opinion de tous les autres membres de la société ne va pas de soi. Ça a été une lente construction discursive portée par la droite pour persuader Jean Grosjean qu'il devait se scandaliser que telle profession disposait d'une caisse autonome mieux pourvue que la sienne (alors que ça ne change rien pour lui).

A mon sens, il serait plus bénéfique de contraindre l’État à ne pas tripatouiller les retraites en procédant à une socialisation sans nationalisation des retraites (ce qu'elles étaient d'ailleurs dans le projet du CNR). Des structures indépendantes des politiques, cogérées par les salariés et les patrons, pour chaque branche (quoi que le projet socialiste d'origine était de ne faire qu'un seul régime général, mais bon ça se discute). Un statut d'inviolabilité pour empêcher la casse : interdiction de les rapatrier dans l’État ou de les bidouiller par la loi.

Un mouvement de fond du macronisme est de rapatrier dans le budget général les structures socialisées qui étaient indépendantes de l'Etat. Il l'a fait pour l'assurance-chômage, il le fait pour les retraites, il l'a aussi renforcé pour la sécu. Le but : une fois que l’État (en fait le parti majoritaire) a la main dessus, pomper les thunes de ces riches institutions pour les briser financièrement (en vue de leur privatisation) et pour financer d'autres parties du budget de l’État (retour à l'équilibre budgétaire). C'est une manœuvre bien rodée dont parlent peu les médias, parce qu'il faut lever le nez du guidon de l'actualité pour la voir.
Celadon
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par Celadon le Lun 4 Nov 2019 - 13:52
C'est la manoeuvre qui nous vaut le nouveau trou de la sécu...
Lefteris
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par Lefteris le Lun 4 Nov 2019 - 14:20
@Balthazaard a écrit:Le vrai problème est là, c'est plus un enjeu de société, mais définir un projet de société ce n'est (pour moi) pas le rôle des syndicats qui, encore à mon sens doivent rester catégoriels. C'est dévolu à la politique, mais il faut bien reconnaître que l'alternative est moribonde. Comment veux tu lancer comme mot d'ordre "voila la société que nous voulons" alors que tout ceux qui potentiellement peuvent arriver au pouvoir n'y croient pas? Je partage ton argument mais je ne crois pas du tout à sa vertu mobilisatrice. Je suis rabat-joie,mais je pense que le gouvernement craint le mouvement du 5 et ses dérives potentielles. La seules concession que nous pourrions espérer serait la "clause du grand père" étendue à la fonction publique, cela éviterait le pire pour les gens en place, ce qui est loin d'être négligeable, par contre il est clair que cela n’empêchera pas la mort de la fonction publique à terme. Cela dit , soyons honnêtes encore une fois, si on regarde les jeunes, les idées "modernistes" ont déjà pas mal fait leur lit...triste...
Mais les enjeux de société et les enjeux catégoriels se rejoignent très vite. Là, c'est un but d’égalisation par le bas, comme dans la fable  où le singe rogne la part des deux parties. Très vite, les droits sociaux de la première des catégories, les salariés, vont se trouver diminués.
Nous sommes un peu dans ce schéma d'ailleurs, car ce qui aide la propagande gouvernementale, c'est l'idée en permanence sous-jacente,  que certains "nantis" (régime spéciaux) vont en prendre plein la tronche, ce qui réjouit d'avance pas mal de gens, par pure jalousie. Lesquels pensent qu'ils ne seront pas vraiment touchés puisque ne faisant pas partie des nantis. C'est là qu'ils se fourrent le doigt dans l'oeil, mais le matraquage actuel a pur but d'occulter la réalité qui sera la leur.


Dernière édition par Lefteris le Lun 4 Nov 2019 - 21:04, édité 1 fois (Raison : balises ponctuation)

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par Seifer le Lun 4 Nov 2019 - 14:39
@Balthazaard a écrit:Pour moi dire à quelqu'un qui va partir dans 6 ans "tu vas perdre 300 euros de retraite" c'est malhonnête, c'est tout, vous pouvez tortiller la chose dans tous les sens que vous voulez c'est faux.
Alors si vous pensez qu'il faut choisir entre  "tout le monde va perdre entre 300 et 500 euros" (version sud et la votre vraisemblablement) ou "ce sera plus juste tout le monde va y gagner "(gouvernement) alors pauvres de nous, parce que pour moi c'est la même imposture intellectuelle.
Si vous ne voyez pas pourquoi, je ne suis pas prêt à vous acheter une voiture, un appartement  ou même  faire la moindre affaire avec vous!!!


Parfait, je ne suis pas promoteur.

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par Condorcet le Lun 4 Nov 2019 - 14:43
@Zagara a écrit:Les retraites ont longtemps été des enjeux catégoriels et non "de société". D'où les différentes caisses pensées comme assurantielles. Dire que la retraite d'untel intéresserait l'opinion de tous les autres membres de la société ne va pas de soi. Ça a été une lente construction discursive portée par la droite pour persuader Jean Grosjean qu'il devait se scandaliser que telle profession disposait d'une caisse autonome mieux pourvue que la sienne (alors que ça ne change rien pour lui).

A mon sens, il serait plus bénéfique de contraindre l’État à ne pas tripatouiller les retraites en procédant à une socialisation sans nationalisation des retraites (ce qu'elles étaient d'ailleurs dans le projet du CNR). Des structures indépendantes des politiques, cogérées par les salariés et les patrons, pour chaque branche (quoi que le projet socialiste d'origine était de ne faire qu'un seul régime général, mais bon ça se discute). Un statut d'inviolabilité pour empêcher la casse : interdiction de les rapatrier dans l’État ou de les bidouiller par la loi.

Un mouvement de fond du macronisme est de rapatrier dans le budget général les structures socialisées qui étaient indépendantes de l'Etat. Il l'a fait pour l'assurance-chômage, il le fait pour les retraites, il l'a aussi renforcé pour la sécu. Le but : une fois que l’État (en fait le parti majoritaire) a la main dessus, pomper les thunes de ces riches institutions pour les briser financièrement (en vue de leur privatisation) et pour financer d'autres parties du budget de l’État (retour à l'équilibre budgétaire). C'est une manœuvre bien rodée dont parlent peu les médias, parce qu'il faut lever le nez du guidon de l'actualité pour la voir.


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par Balthazaard le Lun 4 Nov 2019 - 14:45
@Condorcet a écrit:
@Zagara a écrit:Les retraites ont longtemps été des enjeux catégoriels et non "de société". D'où les différentes caisses pensées comme assurantielles. Dire que la retraite d'untel intéresserait l'opinion de tous les autres membres de la société ne va pas de soi. Ça a été une lente construction discursive portée par la droite pour persuader Jean Grosjean qu'il devait se scandaliser que telle profession disposait d'une caisse autonome mieux pourvue que la sienne (alors que ça ne change rien pour lui).

A mon sens, il serait plus bénéfique de contraindre l’État à ne pas tripatouiller les retraites en procédant à une socialisation sans nationalisation des retraites (ce qu'elles étaient d'ailleurs dans le projet du CNR). Des structures indépendantes des politiques, cogérées par les salariés et les patrons, pour chaque branche (quoi que le projet socialiste d'origine était de ne faire qu'un seul régime général, mais bon ça se discute). Un statut d'inviolabilité pour empêcher la casse : interdiction de les rapatrier dans l’État ou de les bidouiller par la loi.

Un mouvement de fond du macronisme est de rapatrier dans le budget général les structures socialisées qui étaient indépendantes de l'Etat. Il l'a fait pour l'assurance-chômage, il le fait pour les retraites, il l'a aussi renforcé pour la sécu. Le but : une fois que l’État (en fait le parti majoritaire) a la main dessus, pomper les thunes de ces riches institutions pour les briser financièrement (en vue de leur privatisation) et pour financer d'autres parties du budget de l’État (retour à l'équilibre budgétaire). C'est une manœuvre bien rodée dont parlent peu les médias, parce qu'il faut lever le nez du guidon de l'actualité pour la voir.


Peut-être une faute majeure...il s'en prend aussi au cadres sup..
Zagara
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par Zagara le Lun 4 Nov 2019 - 16:06
@Condorcet a écrit:

Ptain je viens de me rendre compte que ça fait 10 ans que je suis ce que fait Usul.
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nigousse
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Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants - Page 6 Empty Re: Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants

par nigousse le Mar 5 Nov 2019 - 7:40
Les gens se moquent de manger des cailloux si le voisin mange de la m...! Mon mari est dans le privé, jeudi 5 décembre il ne travaille pas mais il descendra avec moi dans la rue car il est évident pour lui comme pour moi qu'il n'y aura AUCUN gagnant dans cette réforme à 2 balles!
Zagara
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par Zagara le Mar 5 Nov 2019 - 7:51
@nigousse a écrit:Les gens se moquent de manger des cailloux si le voisin mange de la m...! Mon mari est dans le privé, jeudi 5 décembre il ne travaille pas mais il descendra avec moi dans la rue car il est évident pour lui comme pour moi qu'il n'y aura AUCUN gagnant dans cette réforme à 2 balles!

Un matin, alors qu'il bêchait son champ, un paysan pauvre et malheureux libéra un lutin enfermé dans la terre.
Le lutin lui offrit pour le récompenser un vœu à la puissance illimitée, mais à la condition que son voisin obtiendrait le double de ce qu'il avait demandé.
Le paysan réfléchit pendant trois jours et trois nuits ; il rêva d'argent, de bétail, de femmes, mais toujours en étant torturé de savoir que son voisin finirait deux fois plus heureux que lui.
Au quatrième jour, il se présenta devant le lutin et lui dit : "crève-moi un œil."
Zybulka
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par Zybulka le Mar 5 Nov 2019 - 8:29
@Balthazaard a écrit:Le vrai problème est là, c'est plus un enjeu de société, mais définir un projet de société ce n'est (pour moi) pas le rôle des syndicats
Et pourtant c'est là le fondement de leur raison d'être, formalisé par la charte d'Amiens, un texte reconnu comme fondateur du syndicalisme depuis plus d'un siècle, qui justement assigne aux syndicats à la fois un but utilitaire immédiat (amélioration des conditions de travail) et un objectif plus ambitieux de transformation sociale.
Charte d'Amiens a écrit:Dans l'œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du syndicalisme : d'une part il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste, et d'autre part, il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale.

Libre à toi de ne pas être d'accord avec ce principe, mais dans ce cas il te reste à trouver (fonder ?) un syndicat encore plus réactionnaire et cogestionnaire que l'UNSA ou la CFDT, car même eux se revendiquent de la charte d'Amiens !

Et par ailleurs, justement à mon sens, c'est parce qu'on oublie souvent dans notre militantisme quel est le réel objectif que l'on en arrive à la situation d'aujourd'hui : à force de négocier à la marge le poids des chaînes (cf les jaunes qui sont en train de faire le jeu du gouvernement en acceptant de négocier vaguement le projet gouvernemental pour en adoucir les contours ou le calendrier d'application, ce qui casse le mouvement social qui semble pourtant prêt à décoller enfin), on trahit l'objectif de transformation sociale que l'on devrait pourtant viser, d'où des reculs majeurs (et notamment comme le souligne Zagara, sur la dépossession des travailleurs et travailleuses des outils qu'ils et elles ont contribué à créer et qui assurent un équilibre social et une forme de contrepouvoir).
Cassius
Cassius
Niveau 7

Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants - Page 6 Empty Re: Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants

par Cassius le Jeu 7 Nov 2019 - 0:56
@nigousse a écrit:Pour Bismarck c'était 65 ans pas 60 ans (l'Allemagne/Prusse n'a jamais eu la retraite à 60 ans). Nous geignons mais nous ne faisons rien, nous acceptons tout sans rechigner voire en devançant les desiderata de nos bourreaux ( quand je vois chez moi la foire d'empoigne pour les heures supp, la course aux "projets paillettes", le déni de la réalité...). Arrêtons de faire vivre la bête, ne votons plus, n'exploitons plus nous aussi les autres ( acheter sur Amazon, voyager en low cost, prendre des Uber, aller en airbmachinchose.... les conditions de travail chez Ryanair sont parmi les plus dégueu qui soient, le système airbn entraine l'expropriation de vieux locataires pour faire du pognon, voir l'exemple connu de Barcelone où des gens ayant occupé le même appart 30 ou 40 ans se font jeter comme des malpropres pour permettre à certains de faire des "citybreaks", même sils ont toujours payé leur loyer rubis sur l'ongle!), soyons massivement dans la rue le 5 décembre. Macron a déjà reculé sur les cheminots ( le nouveau système ne appliquera qu'aux nouveaux entrants), sur les soignants, sur les avocats....mais nous on continue à pleurnicher tout en courbant l'échine, culpabilisation et infantilisation sont les 2 mamelles de l'EN et ça fonctionne furieusement bien pour l'instant....

@Zagara a écrit:
@nigousse a écrit:Les gens se moquent de manger des cailloux si le voisin mange de la m...! Mon mari est dans le privé, jeudi 5 décembre il ne travaille pas mais il descendra avec moi dans la rue car il est évident pour lui comme pour moi qu'il n'y aura AUCUN gagnant dans cette réforme à 2 balles!

Un matin, alors qu'il bêchait son champ, un paysan pauvre et malheureux libéra un lutin enfermé dans la terre.
Le lutin lui offrit pour le récompenser un vœu à la puissance illimitée, mais à la condition que son voisin obtiendrait le double de ce qu'il avait demandé.
Le paysan réfléchit pendant trois jours et trois nuits ; il rêva d'argent, de bétail, de femmes, mais toujours en étant torturé de savoir que son voisin finirait deux fois plus heureux que lui.
Au quatrième jour, il se présenta devant le lutin et lui dit : "crève-moi un œil."

Je suis sûr que le 5 sera le moment d'un gros blocage mais encore une fois les professeurs se feront remarquer par leur discrétion. Puis après plus rien parce que les crédits à payer, les responsabilités, les fêtes qui approchent et qu'on ne peut pas faire gréve pour les autres!
Balthazaard
Balthazaard
Grand sage

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par Balthazaard le Jeu 7 Nov 2019 - 9:08
En tous cas médiatiquement, nous ne pouvons pas dire que nous occupons la scène. Faire grève est sans doute du ressort des membres et on peut difficilement contester que si personne ne bouge, un syndicat est paralysé. Mais si on ressent une certaine tiédeur en haut, cela s'annonce mal. Par tiédeur, je veux dire que quand on parle grève du 5, on pense tout de suite à sncf et ratp. je ne vois pas grand chose dans les journaux nous concernant.
Balthazaard
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Grand sage

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par Balthazaard le Jeu 7 Nov 2019 - 9:09
@Cassius a écrit:les fêtes qui approchent et qu'on ne peut pas faire gréve pour les autres!

C'est parfois un argument qu'on ne peut balayer d'un revers de main. Par contre, ici, celui qui croit cela est complètement à côté de la plaque!!
Balthazaard
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Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants - Page 6 Empty Re: Salaires, retraite : le jour où Macron a enterré les espoirs enseignants

par Balthazaard le Jeu 7 Nov 2019 - 9:13
@Zybulka a écrit:
@Balthazaard a écrit:Le vrai problème est là, c'est plus un enjeu de société, mais définir un projet de société ce n'est (pour moi) pas le rôle des syndicats
Et pourtant c'est là le fondement de leur raison d'être, formalisé par la charte d'Amiens, un texte reconnu comme fondateur du syndicalisme depuis plus d'un siècle, qui justement assigne aux syndicats à la fois un but utilitaire immédiat (amélioration des conditions de travail) et un objectif plus ambitieux de transformation sociale.
Charte d'Amiens a écrit:Dans l'œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du syndicalisme : d'une part il prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste, et d'autre part, il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale.

Libre à toi de ne pas être d'accord avec ce principe, mais dans ce cas il te reste à trouver (fonder ?) un syndicat encore plus réactionnaire et cogestionnaire que l'UNSA ou la CFDT, car même eux se revendiquent de la charte d'Amiens !

Et par ailleurs, justement à mon sens, c'est parce qu'on oublie souvent dans notre militantisme quel est le réel objectif que l'on en arrive à la situation d'aujourd'hui : à force de négocier à la marge le poids des chaînes (cf les jaunes qui sont en train de faire le jeu du gouvernement en acceptant de négocier vaguement le projet gouvernemental pour en adoucir les contours ou le calendrier d'application, ce qui casse le mouvement social qui semble pourtant prêt à décoller enfin), on trahit l'objectif de transformation sociale que l'on devrait pourtant viser, d'où des reculs majeurs (et notamment comme le souligne Zagara, sur la dépossession des travailleurs et travailleuses des outils qu'ils et elles ont contribué à créer et qui assurent un équilibre social et une forme de contrepouvoir).
Polémiquer sur la charte d'Amiens qui date de 1900, c'est pour moi comme entendre Hollande se réclamer de Jaurès. Je laisse cela aux historiens du mouvement syndical...quelques événements mineurs se sont produits depuis le début du siècle dernier. Par exemple, et sans chercher bien loin La cgt (que je soutiens d'ailleurs au passage) à fait quelques déçus de la "charte"...en 14...en 39..en 68 entre autre...
Cassius
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par Cassius le Ven 8 Nov 2019 - 3:52
@Balthazaard a écrit:
@Cassius a écrit:...les fêtes qui approchent et qu'on ne peut pas faire gréve pour les autres!

C'est parfois un argument qu'on ne peut balayer d'un revers de main. Par contre, ici, celui qui croit cela est complètement à côté de la plaque!!

Sur le principe, nous sommes tous d'accord après explication et le message semble vraiment passer: on y perdra tous avec cette réforme. Mais on revient vite aux questions précédentes: combien de trentièmes va t'on me retirer, je ne travaille pas vendredi, va t'on me le retirer quand même? Et puis il y a la vie quotidienne, les obligations etc ... Tout le monde aura repris le lundi suivant. Que l'EN repose en paix.
William Foster
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par William Foster le Ven 8 Nov 2019 - 10:29
@Balthazaard a écrit:En tous cas médiatiquement, nous ne pouvons pas dire que nous occupons la scène. Faire grève est sans doute du ressort des membres et on peut difficilement contester que si personne ne bouge, un syndicat est paralysé. Mais si on ressent une certaine tiédeur en haut, cela s'annonce mal. Par tiédeur, je veux dire que quand on parle grève du 5, on pense tout de suite à sncf et ratp. je ne vois pas grand chose dans les journaux nous concernant.

Nous arrivons (encore une fois) face à un rapport de forces dans lequel seul compte le pouvoir de nuisance. Et le corps enseignant n'a aucun pouvoir de nuisance.
A la SNCF, 500 gars dans un service peuvent paralyser la moitié du pays.
Nous on est des centaines de milliers et personne n'osera bloquer un rond-point. On n'est pas dans le même monde.
Je te trouve très gentil quand tu parles de "tiédeur".

M'en vais relire La Boétie, tiens. En écoutant les derniers vers de l'Hexagone de Renaud.
Pis je vais rentrer du bois aussi.
Proverbe indien a écrit:Quand homme blanc rentrer du bois, hiver s'annoncer très rude.

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Vérificateur de miroir est un métier que je me verrais bien faire, un jour.
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