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Framboisine
Niveau 5

Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Framboisine le Dim 7 Mai 2017 - 17:36
Bonjour

En cette fin d'année scolaire j'ai l'impression que les élèves ont du mal à se mettre au travail quand on le leur demande. Est ce le cas aussi dans vos classes? Que faites-vous pour y remédier?
MissWest-Indies
Niveau 6

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par MissWest-Indies le Dim 7 Mai 2017 - 18:25
Bonjour,

C'est le cas partout étant donné que les élèves n'ont plus la menace du redoublement et qu'on nous demande une extrême bienveillance envers eux.

Pour y remédier,ramasser des cahiers au hasard et les noter.
Montrer des séquences de films ou reportages et interroger dessus au cours suivant.

Mais bon,vu que le redoublement n'existe (presque) plus...
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neomath
Neoprof expérimenté

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par neomath le Dim 7 Mai 2017 - 18:30
Le titre choisi laisse à penser que vos élèves finissent, même avec difficulté, par se mettre au boulot. Si c'est le cas vous avez bien de la chance. Pour la grande majorité des miens le moment de travailler ne vient jamais.
Et grâce au passage automatique dans la classe supérieure (pour appeler les choses par leur nom) et l'organisation soviétique du bac (taux de réussite obligatoire de 90% sinon direction la Sibérie) cela est sans conséquence sur le bon déroulement de leur scolarité.

_________________
You cannot reason people out of positions they didn’t reason themselves into.    J. Swift
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roxanne
Devin

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par roxanne le Dim 7 Mai 2017 - 18:35
Je viens de corriger une écriture d'invention donnée pendant les vacances en seconde. 7.5 de moyenne, 3 zéros, des torchons, une honte quoi. En plus, avec tous les ponts, il y aura peu de notes, et ben, ils s'en foutent. Je vais donc proposer pour me "couvrir" en cas de reproches de moyenne trop basse, d'apprendre une récitation. Je l'ai fait au premier trimestre: 4 volontaires.
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Elyas
Guide spirituel

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Elyas le Dim 7 Mai 2017 - 18:37
@MissWest-Indies a écrit:Bonjour,

C'est le cas partout étant donné que les élèves n'ont plus la menace du redoublement et qu'on nous demande une extrême bienveillance envers eux.

Pour y remédier,ramasser des cahiers au hasard et les noter.
Montrer des séquences de films ou reportages et interroger dessus au cours suivant.

Mais bon,vu que le redoublement n'existe (presque) plus...

Ce n'est pas le cas partout ou alors il faudra expliquer à mes élèves qui carburent à fond en ce moment qu'ils n'ont rien compris alors qu'il n'y a plus de redoublement, qu'aucun film n'est passé et que leur professeur, en plus, ne met pas de notes.
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Celadon
Demi-dieu

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Celadon le Dim 7 Mai 2017 - 18:55
Au titre du topic, je pensais qu'il s'agissait d'élèves qui ne se mettent pas au boulot et peuvent rester des heures devant le travail, bouquins et cahiers ouverts, sans rien lire, apprendre, copier ou produire. Je suis une petite qui se trouve dans ce cas et si je ne suis pas à côté d'elle, rien ne se passe. Je suis presque désespérée.
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roxanne
Devin

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par roxanne le Dim 7 Mai 2017 - 18:55
Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?
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neomath
Neoprof expérimenté

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par neomath le Lun 8 Mai 2017 - 9:39
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?
Vous ne le saurez pas.
Cela fait trente ans que j'entends dire qu'il existe des méthodes pédagogiques géniales pour faire bosser les élèves les plus rétifs. Mais , curieusement, dès que l'on gratte un peu on  n'obtient que des réponses évasives. Les enseignants qui les utilisent sont toujours dans un établissement à l'autre bout de l'académie, jamais dans celui d'à côté. Ou alors les mirifiques résultats annoncés ne sont pas publiés, on se demande bien pourquoi. Ou bien c'est un bahut expérimental, donc ... qui sélectionne les élèves.

_________________
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Lilypims
Grand sage

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Lilypims le Lun 8 Mai 2017 - 9:43
@neomath a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?
Vous ne le saurez pas.
Cela fait trente ans que j'entends dire qu'il existe des méthodes pédagogiques géniales pour faire bosser les élèves les plus rétifs. Mais , curieusement, dès que l'on gratte un peu on  n'obtient que des réponses évasives. Les enseignants qui les utilisent sont toujours dans un établissement à l'autre bout de l'académie, jamais dans celui d'à côté. Ou alors les mirifiques résultats annoncés ne sont pas publiés, on se demande bien pourquoi. Ou bien c'est un bahut expérimental, donc ... qui sélectionne les élèves.

Je vous trouve injuste. Elyas parle quand même assez souvent et avec suffisamment de précision de son travail pour ne pas mériter ce commentaire.

_________________
...il faut continuer, je ne peux pas continuer, il faut continuer, je vais donc continuer...
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Esméralda
Grand Maître

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Esméralda le Lun 8 Mai 2017 - 10:11
@Celadon a écrit:Au titre du topic, je pensais qu'il s'agissait d'élèves qui ne se mettent pas au boulot et peuvent rester des heures devant le travail, bouquins et cahiers ouverts, sans rien lire, apprendre, copier ou produire. Je suis une petite qui se trouve dans ce cas et si je ne suis pas à côté d'elle, rien ne se passe. Je suis presque désespérée.  

J'en ai quelques uns des comme ça, on en a même dans pas mal de nos classes. Je ne sais pas quoi faire sinon les secouer régulièrement mais c'est usant et c'est du temps en moins pour le reste de la classe ...
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Verdurette
Modérateur

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Verdurette le Lun 8 Mai 2017 - 11:43
Je fais un constat avec mes élèves (plus jeunes, CE2 = 8/9 ans) : certains ne travaillent déjà pas du tout, ils ont une force d'inertie inimaginable.  A leur âge, le plus souvent liée au fait que leurs parents n'accordent aucun intérêt à leurs résultats, et à ce qu'ils font. Ce qui est normal, à cet âge, on travaille encore pour papa et maman.

Mais même ceux qui travaillent ont tendance à "noircir du papier".  Ils ont produit quelque chose, quoi que ce soit, c'est gravé dans le marbre, ce ne sera pas plus, et ce ne sera pas mieux.  L'idée même de reprendre et "cent fois sur le métier remettre son ouvrage" est en perdition.  Je me bats avec ma propre fille, âgée de 16 ans, pour cela ... quand on travaille l'expression, elle me voit barrer, refaire, parfois deux fois, la troisième ou la quatrième fois  elle s'énerve  ... mais c'est bon, là, ça va ...  et je dois insister ... pourtant ce n'est pas une "élève qui ne fait rien" ... mais jamais assez à mon goût, je le reconnais !!

J'ai le souvenir des annales qu'on faisait   entre copines en comparant ... c'était au soleil, au square voisin du lycée, avec une petite glace rhum raisins de temps en temps, ce n'est pas une souvenir de souffrance idem pour les petites fiches de notes issues de lectures personnelles que je glissais entre les pages de mon cahier d'histoire. (Bon, j'aimais ça je dois le reconnaitre.  Je ne le faisais pas pour toutes les matières. )

J'ai aussi une interrogation : Cette manie de faire prétendument "découvrir" les choses en étant perpétuellement "acteur", "en recherche" n'est pas, à mon sens, si encourageante que cela.  L'enseignement que j'ai reçu était certainement purement "frontal" et  "transmissif" (j'étais au lycée entre 1971 et 1978) et serait à ce titre totalement décrié aujourd'hui. Pourtant, j'ai le souvenir d'avoir de cette manière  appris et compris.  et cette sensation de sentir les choses s'éclairer et se compléter, je l'ai éprouvée durant toutes mes études. Et je trouve qu'on l'a retirée aux élèves d'aujourd'hui.  Ma deuxième fille m'a dit avoir "découvert" l'intérêt de la littérature en cours de littérature comparée, à la Sorbonne,  alors que le français avait été pour elle un long pensum au lycée.  

Le modèle dominant n'est pas non plus l'opiniâtreté et l'effort, il faut quand même le dire ! On voit bien à quel point on crie haro sur les tâcherons, les "bouffons" et les "intellos". Et je trouve ça triste. Fut un temps, on les jalousait mais on les admirait ... aujourd'hui on les raille, et ce sont surtout les "stars" et les "pipeuls" qu'on jalouse et qu'on admire. Certains sans nul doute ont bossé, les sportifs, les chanteurs et d'autres, mais il est rare qu'on parle de leurs efforts, et encore moins de la fréquente fugacité de leur situation.   A mon sens, c'est un tort.
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Waterlily
Niveau 6

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Waterlily le Lun 8 Mai 2017 - 12:00
En effet le bac ne les impressionne plus. Mes Terminales sont rentrés des dernières vacances très détendus en avouant n'avoir pas révisé pendant ces deux semaines. Ils doivent préparer des dossiers pour le bac, toujours pas prêts. Ils ne sont pas particulièrement mauvais ni bons, on va dire qu'ils sont dans la moyenne.
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Esméralda
Grand Maître

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Esméralda le Lun 8 Mai 2017 - 12:12
@Verdurette a écrit:Je fais un constat avec mes élèves (plus jeunes, CE2 = 8/9 ans) : certains ne travaillent déjà pas du tout, ils ont une force d'inertie inimaginable.  A leur âge, le plus souvent liée au fait que leurs parents n'accordent aucun intérêt à leurs résultats, et à ce qu'ils font. Ce qui est normal, à cet âge, on travaille encore pour papa et maman.

Mais même ceux qui travaillent ont tendance à "noircir du papier".  Ils ont produit quelque chose, quoi que ce soit, c'est gravé dans le marbre, ce ne sera pas plus, et ce ne sera pas mieux.  L'idée même de reprendre et "cent fois sur le métier remettre son ouvrage" est en perdition.  Je me bats avec ma propre fille, âgée de 16 ans, pour cela ... quand on travaille l'expression, elle me voit barrer, refaire, parfois deux fois, la troisième ou la quatrième fois  elle s'énerve  ... mais c'est bon, là, ça va ...  et je dois insister ... pourtant ce n'est pas une "élève qui ne fait rien" ... mais jamais assez à mon goût, je le reconnais !!

J'ai le souvenir des annales qu'on faisait   entre copines en comparant ... c'était au soleil, au square voisin du lycée, avec une petite glace rhum raisins de temps en temps, ce n'est pas une souvenir de souffrance idem pour les petites fiches de notes issues de lectures personnelles que je glissais entre les pages de mon cahier d'histoire. (Bon, j'aimais ça je dois le reconnaitre.  Je ne le faisais pas pour toutes les matières. )

J'ai aussi une interrogation : Cette manie de faire prétendument "découvrir" les choses en étant perpétuellement "acteur", "en recherche" n'est pas, à mon sens, si encourageante que cela.  L'enseignement que j'ai reçu était certainement purement "frontal" et  "transmissif" (j'étais au lycée entre 1971 et 1978) et serait à ce titre totalement décrié aujourd'hui. Pourtant, j'ai le souvenir d'avoir de cette manière  appris et compris.  et cette sensation de sentir les choses s'éclairer et se compléter, je l'ai éprouvée durant toutes mes études. Et je trouve qu'on l'a retirée aux élèves d'aujourd'hui.  Ma deuxième fille m'a dit avoir "découvert" l'intérêt de la littérature en cours de littérature comparée, à la Sorbonne,  alors que le français avait été pour elle un long pensum au lycée.  

Le modèle dominant n'est pas non plus l'opiniâtreté et l'effort, il faut quand même le dire ! On voit bien à quel point on crie haro sur les tâcherons, les "bouffons" et les "intellos". Et je trouve ça triste. Fut un temps, on les jalousait mais on les admirait ... aujourd'hui on les raille, et ce sont surtout les "stars" et les "pipeuls" qu'on jalouse et qu'on admire. Certains sans nul doute ont bossé, les sportifs, les chanteurs et d'autres, mais il est rare qu'on parle de leurs efforts, et encore moins de la fréquente fugacité de leur situation.   A mon sens, c'est un tort.

Là on est sur un des noeuds du problème mais c'est vraiment un facteur dont on ne parle jamais pour ainsi dire dans les médias, non ?
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Marcelle Duchamp
Fidèle du forum

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Marcelle Duchamp le Lun 8 Mai 2017 - 12:16
Moi j'avais une astuce pour la fin de l'année qui fonctionnait paq ma chef l'approuvait et mes collègues aussi (elle ne vaut le coup que si on reste pdt des années ds le même établissement): jusqu'au dernier jour de juillet, je mettais des notes et je disais que je les transférais pour l'année suivante. Du coup, ça bossait jusqu'au bout.
Seulement j'avais quasi 22 classes sur les 27 du collège donc pour la répartition des notes, je n'embetais pas trop de collègues...
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Elyas
Guide spirituel

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Elyas le Lun 8 Mai 2017 - 12:19
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?

Les plonger dans le travail et l'autonomie dès le premier mois de l'année de 6e, cesser de les aider systématiquement avec des questionnaires/des consignes adaptées mais leur enseigner explicitement les protocoles langagiers et les stratégies de résolutions puis les lâcher devant des travaux à consignes globales pour mettre en œuvre ces protocoles et ces stratégies, multiplier les gestes professionnels de tissage, de pilotage, d'atmosphère et d'étayage (travail de Dominique Bucheton), multiplier les travaux de pratiques langagières en autonomie et bien d'autres. Après, personnellement, je suis parti sur des pratiques alternant coopération et travail individuel avec un système d'évaluation non-noté. C'est un choix, il en existe d'autres.

De nombreuses études démontrent qu'à contenu et dispositif identiques, la différence entre un enseignement efficace et un enseignement qui peine réside dans les gestes professionnels du professeur. Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.

La plupart des témoignages sur le forum autour de cette question du travail des élèves sont défaitistes. C'est comme cela, on n'y peut rien. Or, c'est faux.

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Babarette
Esprit éclairé

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Babarette le Lun 8 Mai 2017 - 12:26
J'ai vu l'an dernier un élève dire, comme une fleur, le jour du brevet "De toutes façons, c'est le français, pas besoin de réviser" et un autre arriver sans convocation et sans carte d'identité deux minutes après le début de l'épreuve. Ils ont fait un scandale parce que j'allais trop vite pour la dictée, et le chef d'établissement a dit qu'il fallait leur faciliter la tâche parce qu'ils étaient "stressés". La blague...

Et j'ai aussi eu droit à "laissez-moi dormir, je suis fatigué, je fais le ramadan".
Quand les élèves n'ont rien fait de l'année, ils ne vont pas se réveiller en mai.

J'ai essayé le coup des notes transférées pour l'année suivante, mais ils ne m'ont pas crue et de toutes façons, ils s'en moquaient d'avoir 0.
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Marcelle Duchamp
Fidèle du forum

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Marcelle Duchamp le Lun 8 Mai 2017 - 12:30
@Elyas a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?


Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.




J'aime bcp cette philosophie que je trouve vraie mais elle ne fonctionne pas a tous les coups... Ds chacune de mes classes, j'ai toujours minimum un élève qui ne se met pas au travail de l'année.
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Elyas
Guide spirituel

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Elyas le Lun 8 Mai 2017 - 12:34
@Marcelle Duchamp a écrit:
@Elyas a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?


Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.




J'aime bcp cette philosophie que je trouve vraie mais elle ne fonctionne pas a tous les coups... Ds chacune de mes classes, j'ai toujours minimum un élève qui ne se met pas au travail de l'année.

Evidemment, mais on est loin du "Les élèves ne travaillent pas/plus" et "il faut noter pour qu'ils bossent !" Souvent, cet élève qui ne bosse pas a aussi tout un arrière-plan scolaire, social et familial qui fait que les apprentissages sont la dernière roue du carrosse de sa vie tellement il a de choses à gérer derrière. Après, il existe des solutions pour les faire travailler mais c'est beaucoup d'énergie pour un travail à toujours renouveler car rien n'est jamais gagné.
Cependant, si tous les autres travaillent, c'est que c'est gagné.
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Caspar
Bon génie

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Caspar le Lun 8 Mai 2017 - 12:34
@Elyas a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?

Les plonger dans le travail et l'autonomie dès le premier mois de l'année de 6e, cesser de les aider systématiquement avec des questionnaires/des consignes adaptées mais leur enseigner explicitement les protocoles langagiers et les stratégies de résolutions puis les lâcher devant des travaux à consignes globales pour mettre en œuvre ces protocoles et ces stratégies, multiplier les gestes professionnels de tissage, de pilotage, d'atmosphère et d'étayage (travail de Dominique Bucheton), multiplier les travaux de pratiques langagières en autonomie et bien d'autres. Après, personnellement, je suis parti sur des pratiques alternant coopération et travail individuel avec un système d'évaluation non-noté. C'est un choix, il en existe d'autres.

De nombreuses études démontrent qu'à contenu et dispositif identiques, la différence entre un enseignement efficace et un enseignement qui peine réside dans les gestes professionnels du professeur. Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.

La plupart des témoignages sur le forum autour de cette question du travail des élèves sont défaitistes. C'est comme cela, on n'y peut rien. Or, c'est faux.


Oui, je trouve qu'il y a vraiment de tout parmi les élèves: des bosseurs, des glandeurs...et la plupart sont quand même soucieux de leurs résultats et ont envie de réussir, même si parfois ils en rajoutent dans le côté "je m'en fous, je n'ai rien foutu pendant les vacances"...J'ai des élèves de 1ère STMG par exemple, pas très forts et assez bavards en classe mais ils font leur boulot et ils ont envie d'avoir de bonnes notes.
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Herrelis
Doyen

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Herrelis le Lun 8 Mai 2017 - 12:46
Ça dépend vraiment des classes. J'ai une classe de 4ème qui est notoirement connue pour l'absence de travail et d'implication de sa grande majorité. Tout a été essayé, ils ne sont même pas concernés par leur orientation. Bon ben tant pis hein, on aura essayé, ils ne veulent pas... mes autres classes sont tout à fait normales de ce point de vue. Ils bossent, parfois certains regardent voler les papillons, mais bon, rien de méchant ou de massif. Pire... j'ai même des classes qui travaillent dans le silence.

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Babarette
Esprit éclairé

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Babarette le Lun 8 Mai 2017 - 13:38
Le "il faut noter pour qu'ils bossent" fonctionne sur des élèves qui attachent de l'importance au résultat.
Certains sont tellement embourbés dans le "c'est trop dur, j'y arriverai pas" que c'est impossible de les mettre au travail. En partie parce que c'est insurmontable pour eux.

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elephantrose lecteur
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Finrod
Expert spécialisé

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Finrod le Lun 8 Mai 2017 - 13:55
@Elyas a écrit:
@Marcelle Duchamp a écrit:
@Elyas a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?
Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.

J'aime bcp cette philosophie que je trouve vraie mais elle ne fonctionne pas a tous les coups... Ds chacune de mes classes, j'ai toujours minimum un élève qui ne se met pas au travail de l'année.

Evidemment, mais on est loin du "Les élèves ne travaillent pas/plus" et "il faut noter pour qu'ils bossent !" Souvent, cet élève qui ne bosse pas a aussi tout un arrière-plan scolaire, social et familial qui fait que les apprentissages sont la dernière roue du carrosse de sa vie tellement il a de choses à gérer derrière. Après, il existe des solutions pour les faire travailler mais c'est beaucoup d'énergie pour un travail à toujours renouveler car rien n'est jamais gagné.
Cependant, si tous les autres travaillent, c'est que c'est gagné.

L'explication sociale n'explique qu'une part.

Certains n'ont juste pas envie, certains font un travail trop superficiel.  

Mon fils, si on ne le met pas au travail, ne fait absolument rien.  Il ne regarde même pas son cahier de texte et si on lui pose la question, réponds qu'il ne sait pas s'il a des choses à faire et ...  ne cherche pas à vérifier tant qu'on ne lui a pas explicitement demandé de le faire, en insistant. Pourtant, il est sérieux et très sage...

Bien entendu, après qu'il se soit mis au travail,  ils'arrête au bout de 15 minutes... il a terminé le premier travail  (il en a souvent 5 le we).  IL ne prévoit en aucun cas d'y revenir plus tard.  C'est nous qui le remettons au boulot pour qu'il fasse les 4 autres...

Si les parents ne sont pas derrière...
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Rabelais
Vénérable

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Rabelais le Lun 8 Mai 2017 - 14:03
@Elyas a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?

Les plonger dans le travail et l'autonomie dès le premier mois de l'année de 6e, cesser de les aider systématiquement avec des questionnaires/des consignes adaptées mais leur enseigner explicitement les protocoles langagiers et les stratégies de résolutions puis les lâcher devant des travaux à consignes globales pour mettre en œuvre ces protocoles et ces stratégies, multiplier les gestes professionnels de tissage, de pilotage, d'atmosphère et d'étayage (travail de Dominique Bucheton), multiplier les travaux de pratiques langagières en autonomie et bien d'autres. Après, personnellement, je suis parti sur des pratiques alternant coopération et travail individuel avec un système d'évaluation non-noté. C'est un choix, il en existe d'autres.

De nombreuses études démontrent qu'à contenu et dispositif identiques, la différence entre un enseignement efficace et un enseignement qui peine réside dans les gestes professionnels du professeur. Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.

La plupart des témoignages sur le forum autour de cette question du travail des élèves sont défaitistes. C'est comme cela, on n'y peut rien. Or, c'est faux.


Je suis toujours ravie quand une demarche pédagogiste fonctionne. Tant mieux pour tes élèves.
Attention toutefois à ne pas tomber dans l'immonde :" si les eleves ne travaillent pas, c'est la faute du professeur ."
La prudence s'impose, il y a de multiples facteurs qui interviennent, dans , et au dehors de la salle de classe.

Ps: mes eleves travaillent aussi, peut-être plus qu'en février et je n'applique pas les memes méthodes pédagogiques qu'Elyas. Des notes, pas de compétences, des savoirs disciplinaIres, des leçons et des exercices individuels ou collectifs ( toute la classe, pas des ilôts). Le tout en classe.
En fait, c'est affreux, ils travaillent parce que j'ai dit qu'ils devaient travailler , je suis un monstre, mais étant donné le niveau de départ, le bilan annuel est positif.
Après, je ne suis pas pour la reconquête du mois de juillet, je vais relâcher la pression à partir de juin où nous ferons des révisons ludiques une fois finis les programmes de littérature et de grammaire : dictées, apprentissage des regles, application et travaux d'écriture, que du ludique.

_________________
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est c., on est c.
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Elyas
Guide spirituel

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par Elyas le Lun 8 Mai 2017 - 15:32
@Rabelais a écrit:
@Elyas a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?

Les plonger dans le travail et l'autonomie dès le premier mois de l'année de 6e, cesser de les aider systématiquement avec des questionnaires/des consignes adaptées mais leur enseigner explicitement les protocoles langagiers et les stratégies de résolutions puis les lâcher devant des travaux à consignes globales pour mettre en œuvre ces protocoles et ces stratégies, multiplier les gestes professionnels de tissage, de pilotage, d'atmosphère et d'étayage (travail de Dominique Bucheton), multiplier les travaux de pratiques langagières en autonomie et bien d'autres. Après, personnellement, je suis parti sur des pratiques alternant coopération et travail individuel avec un système d'évaluation non-noté. C'est un choix, il en existe d'autres.

De nombreuses études démontrent qu'à contenu et dispositif identiques, la différence entre un enseignement efficace et un enseignement qui peine réside dans les gestes professionnels du professeur. Ne pas considérer ses élèves comme des paresseux mais avoir confiance en eux aide souvent à obtenir le travail demandé.

La plupart des témoignages sur le forum autour de cette question du travail des élèves sont défaitistes. C'est comme cela, on n'y peut rien. Or, c'est faux.


Je suis toujours ravie quand une demarche pédagogiste  fonctionne. Tant mieux pour tes élèves.
Attention toutefois à ne pas tomber dans l'immonde :" si les eleves ne travaillent pas, c'est la faute du professeur ."
La prudence s'impose, il y a de multiples facteurs qui interviennent, dans , et au dehors de la salle de classe.

Ps: mes eleves travaillent aussi, peut-être plus qu'en février et je n'applique pas les memes méthodes pédagogiques  qu'Elyas. Des notes, pas de compétences, des savoirs disciplinaIres, des leçons et des exercices individuels ou collectifs ( toute la classe, pas des ilôts). Le tout en classe.
En fait, c'est affreux, ils travaillent parce que j'ai dit qu'ils devaient travailler , je suis un monstre, mais étant donné le niveau de départ, le bilan annuel est positif.
Après, je ne suis pas pour la reconquête du mois de juillet, je vais relâcher la pression à partir de juin où nous ferons des révisons ludiques une fois finis les programmes de littérature et de grammaire : dictées, apprentissage des regles, application et travaux d'écriture, que du ludique.

Je crois sincèrement que tu as une vision assez déplacée de ce que je fais. Le "une démarche pédagogiste" m'a assez fait rire mais passons
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DesolationRow
Vénérable

Re: Elèves qui ont du mal à se mettre au travail

par DesolationRow le Lun 8 Mai 2017 - 15:41
@neomath a écrit:
@roxanne a écrit:Et? C'est quoi alors qui les fait bosser?
Vous ne le saurez pas.
Cela fait trente ans que j'entends dire qu'il existe des méthodes pédagogiques géniales pour faire bosser les élèves les plus rétifs. Mais , curieusement, dès que l'on gratte un peu on  n'obtient que des réponses évasives. Les enseignants qui les utilisent sont toujours dans un établissement à l'autre bout de l'académie, jamais dans celui d'à côté. Ou alors les mirifiques résultats annoncés ne sont pas publiés, on se demande bien pourquoi. Ou bien c'est un bahut expérimental, donc ... qui sélectionne les élèves.

Je pense que vous ne différenciez pas assez, et que vous faites collaborer vos élèves, précisément là où ils devraient coopérer.
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