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Will.T
Prophète

Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par Will.T le Ven 9 Fév 2018 - 7:14
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Le monde a écrit:
Une foule de prétendants et peu d’élus. « Une boucherie » même, selon certains universitaires. A la rentrée 2017, la première année commune des études de santé (Paces) a attiré près de 60 000 étudiants, dont environ 80 % ne poursuivront leurs études ni en médecine, ni en pharmacie, odontologie ou maïeutique. Réussir son année ne suffit pas pour décrocher un ticket d’entrée en deuxième année. C’est le rang de classement aux concours qui décide de l’obtention de l’une des places disponibles dans les différentes spécialités, dont le nombre est fixé chaque année par le gouvernement depuis 1971, le fameux « numerus clausus ».
Peu d’équivalences

Les étudiants qui échouent à la deuxième tentative « perdent », de fait, deux années. Une situation régulièrement dénoncée dans des rapports d’experts sur la filière. Car, contrairement aux classes préparatoires aux grandes écoles, la Paces n’offre pas ou peu d’équivalences.
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numéro6
Niveau 5

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par numéro6 le Sam 10 Fév 2018 - 14:35
@Will.T a écrit:
Les étudiants qui échouent à la deuxième tentative « perdent », de fait, deux années. Une situation régulièrement dénoncée dans des rapports d’experts sur la filière. Car, contrairement aux classes préparatoires aux grandes écoles, la Paces n’offre pas ou peu d’équivalences.

Et ça ne va pas s'arranger avec l'interdiction du doublement de la première année de médecine décidée par les instances dirigeantes des trois fac de médecine parisiennes (Paris V, VI et VII).
wilfried12
Niveau 8

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par wilfried12 le Sam 10 Fév 2018 - 16:56
Sur le point cité ici, cela permet de ne perdre qu'un an et pas deux.
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Lagomorphe
Niveau 5

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par Lagomorphe le Sam 10 Fév 2018 - 16:57
@numéro6 a écrit:
Et ça ne va pas s'arranger avec l'interdiction du doublement de la première année de médecine décidée par les instances dirigeantes des trois fac de médecine parisiennes (Paris V, VI et VII).

Mécaniquement, si, d'un point de vue théorique, ça améliore un peu la situation:
- ceux qui ont échoué au concours ne perdent qu'un an
- les bancs de la fac ne sont occupés que par des primants

Se pose cependant deux graves problèmes:
1) Celui de l'année de transition: les étudiants qui s'inscrive en 2018 seront en concurrence avec des doublants, mais n'auront pas eux-mêmes le droit de redoubler. Même en élargissant un peu le numerus clausus, ou en le répartissant entre primants et doublants, il y aura forcément une année sacrifiée.
2) Par la suite, les étudiants vont devoir concentrer un effort considérable sur une seule année. Réussir le concours nécessite actuellement un bel effort, mais on a deux chances, et on peut réussir sans aide extérieure, j'entends par là les très coûteuses prépas privées. Avec la fin du redoublement, elles vont se régaler, sans parler de l'année "P-zéro" qu'elles proposent mais qui reste peu prisée actuellement: une année de préparation sans s'inscrire à la fac, pour ne pas griller ses cartouches avant d'être fin prêt. Il y aura, pour une seule promo, de vrais primants sortis de terminale, et de faux primants sortant de prépa privée.
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gauvain31
Grand Maître

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par gauvain31 le Sam 10 Fév 2018 - 17:03
@Lagomorphe a écrit:
@numéro6 a écrit:
Et ça ne va pas s'arranger avec l'interdiction du doublement de la première année de médecine décidée par les instances dirigeantes des trois fac de médecine parisiennes (Paris V, VI et VII).

Mécaniquement, si, d'un point de vue théorique, ça améliore un peu la situation:
- ceux qui ont échoué au concours ne perdent qu'un an
- les bancs de la fac ne sont occupés que par des primants

Se pose cependant deux graves problèmes:
1) Celui de l'année de transition: les étudiants qui s'inscrive en 2018 seront en concurrence avec des doublants, mais n'auront pas eux-mêmes le droit de redoubler. Même en élargissant un peu le numerus clausus, ou en le répartissant entre primants et doublants, il y aura forcément une année sacrifiée.
2) Par la suite, les étudiants vont devoir concentrer un effort considérable sur une seule année. Réussir le concours nécessite actuellement un bel effort, mais on a deux chances, et on peut réussir sans aide extérieure, j'entends par là les très coûteuses prépas privées. Avec la fin du redoublement, elles vont se régaler, sans parler de l'année "P-zéro" qu'elles proposent mais qui reste peu prisée actuellement: une année de préparation sans s'inscrire à la fac, pour ne pas griller ses cartouches avant d'être fin prêt. Il y aura, pour une seule promo, de vrais primants sortis de terminale, et de faux primants sortant de prépa privée.

Tout à fait Lagomorphe, c'est pour cela qu'il aurait mieux valu augmenter significativement la note seuil en dessous de laquelle tu ne peux pas redoubler. Cela aurait permis à la fois aux élèves les plus faibles de ne pas retenter le concours et aux élèves justes d'avoir la chance de le repasser tout en assurant à tous les primants fraîchement bacheliers d'intégrer la 1ère année PACES
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RogerMartin
Empereur

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par RogerMartin le Sam 10 Fév 2018 - 19:05
Oui, ou de mettre des points de primants en fonction de l'année d'obtention du bac.

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wanax
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Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par wanax le Sam 10 Fév 2018 - 19:11
Pas de problème, année sabbatique entre première et terminale. Ou rater son bac volontairement la première fois.
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RogerMartin
Empereur

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par RogerMartin le Sam 10 Fév 2018 - 19:17
Bien sûr... Car passer deux ans en terminale, c'est le meilleur moyen de réussir les concours : d'ailleurs les candidats à l'X le font tous Rolling Eyes

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wanax
Fidèle du forum

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par wanax le Sam 10 Fév 2018 - 19:37
Ce n'est pas la même culture, ni les mêmes milieux sociaux, ni les mêmes qualités testées. Il y a bien des gens qui font une année de BCPST en prévision du concours de médecine.
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RogerMartin
Empereur

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par RogerMartin le Sam 10 Fév 2018 - 20:42
Oui. Ils n'auraient pas droit à des points de primants, comme ceux qui viennent d'une année zéro privée, ce qui est très juste vu qu'ils ont bénéficié d'une formation qui va bien les aider -- je pense aux facs parisiennes où le tri se fait beaucoup sur des sujets comme la physique, etc. Alors que là, ils seront primo-inscrits et c'est tout.

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archeboc
Esprit éclairé

Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

par archeboc le Dim 11 Fév 2018 - 23:28

La pseudo-question qui sert de titre à ce fil, et à l'article qui l'a suscité est à replacé dans le cadre d'une nouvelle tentative contre les concours et la tradition républicaine qu'ils incarnent.

C'est, depuis trente ans, la coterie des hiérarques bien placés qui voient leurs progénitures échouer dans le système scolaire qui a fait leur succès : ayant plus investi dans leur propre carrière que dans l'élévation morale, intellectuelle et psychologique de leurs enfants, ils voient les bonnes places revenir à des élèves issues de catégories sociales légèrement inférieures - essentiellement à des enfants d'enseignants.

Les hautes qualités de leurs enfants n'étant pas reconnues à leur juste valeur, ils fantasment un système scolaire qui, sous couvert d'égalité, convertirait les postes qu'ils ont reçus en rente de caste.

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Pour des raisons de commodité nous utilisons dans nos analyses un classement des élèves en « bons », « moyens » et « faibles » qui n'est valable qu'à l'intérieur de chaque classe ou dans des classes de même type. En fait, les élèves que nous appelons « bons » sont plutôt des élèves moyens, les « moyens » des élèves plutôt faibles et les « faibles » des élèves en grande difficulté.
van Zanten Agnès. Le quartier ou l'école ? Déviance et sociabilité adolescente dans un collège de banlieue . In: Déviance et société. 2000 - Vol. 24 - N°4. Les désordres urbains : regards sociologiques. pp. 377-401. note 3


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Re: Concours de médecine : un mode de sélection pertinent ?

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