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MissWest-Indies
Niveau 6

Re: La vocation ?

par MissWest-Indies le Ven 14 Avr 2017 - 17:48
@slynop a écrit:La vocation, c'est pour les curés.
Prof est un métier comme un autre, ni plus, ni moins.

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cube
Niveau 8

Re: La vocation ?

par cube le Ven 14 Avr 2017 - 18:56
Les métiers "à vocation" (prof, infirmier ...) sont généralement malmenés : sous prétexte qu'on a "la vocation", on devrait tout accepter : "les profs ne font pas ça pour l'argent "(citation plus ou moins de NVB), donc on nous bloque le point d'indice. "Les infirmières sont dévouées", donc on leur colle tant et plus d'heures supplémentaires ...
Je veux bien m'impliquer dans mon travail, me dévouer à l'EN, me donner du mal pour aider la jeunesse à s'élever et tout et tout ... mais un "merci" de temps en temps, et un salaire un peu plus ressemblant à celui des profs allemands (par exemple), ça aiderait. Et même les curés ont parfois des "crises de foi".
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Ignatius Reilly
Neoprof expérimenté

Re: La vocation ?

par Ignatius Reilly le Ven 14 Avr 2017 - 19:09
Pas de vocation pour ma part, et encore moins l'envie de me dévouer à l'EN, l'employeur qui malmène le plus ses agents. Je ne pense pas qu'il y ait d'équivalent : infantilisation, mépris, humiliation, abandon complet en cas de problème. Je n'ai aucune sympathie pour l' institution qui suit les évolutions de la société et ne souhaite plus apprendre aux mômes à vivre dans un monde plus ancien qu'eux.
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slynop
Niveau 10

Re: La vocation ?

par slynop le Ven 14 Avr 2017 - 19:13
C'est pour ça que j'aime ! Hum du cuir et du fouet ! Oh oui, infantilise-moi !!!

😁

_________________
"C'est pas moi qu'explique mal, c'est les autres qui sont cons !", Perceval dans Kaamelot.
MissWest-Indies
Niveau 6

Re: La vocation ?

par MissWest-Indies le Ven 14 Avr 2017 - 19:19
@Ignatius Reilly a écrit:Pas de vocation pour ma part, et encore moins l'envie de me dévouer à l'EN, l'employeur qui malmène le plus ses agents. Je ne pense pas qu'il y ait d'équivalent : infantilisation,  mépris, humiliation, abandon complet en cas de problème. Je n'ai aucune sympathie pour l' institution qui suit les évolutions de la société et ne souhaite plus apprendre aux mômes à vivre dans un monde plus ancien qu'eux.

+ 10000000. Je me demande pourquoi j'ai passé le capes interne cette année.
J'ai échoué mais bizarrement, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Smile
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Pointàlaligne
Niveau 9

Re: La vocation ?

par Pointàlaligne le Ven 14 Avr 2017 - 23:22
@cube a écrit:Les métiers "à vocation" (prof, infirmier ...) sont généralement malmenés : sous prétexte qu'on a "la vocation", on devrait tout accepter : "les profs ne font pas ça pour l'argent "(citation plus ou moins de NVB), donc on nous bloque le point d'indice. "Les infirmières sont dévouées", donc on leur colle tant et plus d'heures supplémentaires ...
Je veux bien m'impliquer dans mon travail, me dévouer à l'EN, me donner du mal pour aider la jeunesse à s'élever et tout et tout ... mais un "merci" de temps en temps, et un salaire un peu plus ressemblant à celui des profs allemands (par exemple), ça aiderait. Et même les curés ont parfois des "crises de foi".

Bien dit !
lamorduedhistoire25
Niveau 5

Re: La vocation ?

par lamorduedhistoire25 le Ven 30 Mar 2018 - 16:22
Je relance ce fil de discussion car je me pose beaucoup de questions sur mes débuts en qualité d'enseignante. Pour ma part, je ne peux pas parler dans l'immédiat de vocation dans le sens où j'avais entamé une reconversion professionnelle non pas pour être enseignante mais parce que j'étais une passionnée voire vraiment mordue d'histoire et d'histoire de l'art. J'avais pour rêve surtout d'occuper un poste de conservateur de musée. Seulement les postes sont de plus en plus rares et inaccessibles et à 43 ans je n'ai plus trop le temps de perdre des années.

J'ai donc choisi de candidater en tant que contractuelle enseignante au départ pour mesurer ma motivation et voir si le métier me convenait. Actuellement je suis en LP Lettres-Histoire. Ce dont je me suis rendue compte c'est qu'il est vraiment difficile de tenir si l'on se tient seulement aux conditions matérielles du métier et aux "avantages" offerts par cette profession d'enseignant. Les conditions sont parfois tellement extrêmes que si nous n'avons pas la foi dans ce que nous faisons et si nous ne trouvons pas de sens à notre mission qui est celle de transmettre des savoirs mais aussi des valeurs ou des principes, ce n'est pas jouable sur le long terme. Je m'en aperçois tous les jours car les résultats ne sont pas forcément immédiats et même dans certains cas on a beau se décarcasser avec certaines classes hélas il n'y en aura pas.

Oui la petite maison dans la prairie c'est terminé depuis longtemps. Mais j'ose le dire dans le métier d'enseignant il y a aussi une part de sacré malgré tout avec pour celui qui embrasse cette profession, des valeurs spirituelles et morales chevillées au corps (qui n'ont pas forcément quelque chose à voir avec la religion d'ailleurs) et qui permettent à ce professeur de croire en ce qu'il fait tous les jours malgré tous les obstacles et les difficultés qui se présentent à lui au quotidien. D'ailleurs je me demande souvent comment font mes collègues quand ils sont à bout, découragés et vraiment désemparés pour certains, pour rester en dépit de leurs souffrances et de poursuivre encore et encore leur mission. Comment trouver la force de continuer quand la foi ou l'envie disparaît ?? Parce qu'être prof, c'est aussi se sentir très souvent désabusé. J'ai déjà le sentiment très pernicieux de n'être qu'un pion pour cette machine complexe de l'Education Nationale et qui en plus fait absolument tout pour transformer nos élèves en travailleurs ignorants, corvéables à merci et voués à la seule société de consommation. Sincèrement ce n'est pas ce pour quoi chacun des enseignants se destine au départ.

Compte tenu de l'investissement et de la charge nerveuse que la fonction requiert, j'ai quand même le sentiment qu'on devient enseignant, par nécessité de vivre sans doute (c'est même évident) mais aussi par goût pour la discipline (passion pour moi d'ailleurs) avec la volonté de partager notre enthousiasme et par désir de transmettre. Mais il y a aussi dans tout cela et je le dis ouvertement quelque chose de sacré et qui nous dépasse pour certains d'entre nous. Un peu comme si nous "entrions en religion". C'est loin d'être un sacerdoce pour tout le monde, mais je connais des collègues, qui eux, n'échangeraient pour rien au monde leur place alors qu'ils sont enseignants depuis 30 ans et continuent inlassablement en dépit de la dégradation manifeste de nos conditions d'aimer leur métier avec passion et abnégation et d'être certains de l'utilité de leur rôle.

La semaine dernière, j'étais tellement à bout que je pleurais à chaudes larmes tous les jours et franchement j'étais déterminée à rendre mon tablier à la fin de mon contrat. Et pourtant, le jour des portes ouvertes de mon lycée, une élève de terminale pâtisserie me disait combien elle était heureuse de me revoir tant elle avait eu peur de ne plus me revoir, connaissant mes difficiles conditions de travail. J'avais été en arrêt en février pour une grippe mais les terminales pâtisserie avaient déjà pensé que j'avais démissionné. Cette remarque, ô combien anodine mais tellement énorme compte tenu des difficultés rencontrées dans la semaine m'a redonnée la force de tenir et de poursuivre malgré tout. J'étais repartie sur le front comme en 14 !! ^^ Le mardi de la semaine suivante, avait lieu une inspection avec l'une de mes classes les plus terribles. J'étais pétrifiée de stress tant j'avais peur que cette évaluation soit catastrophique en raison de la conduite des élèves. Finalement ils se sont montrés sages comme des images, j'avais changé ma façon de faire cours et trouvé finalement le sujet qui permettait de les intéresser et de les motiver, et la dynamique était repartie.

Aujourd'hui, il est toujours difficile de les canaliser, mais l'atmosphère de la classe a totalement changé et j'ai retrouvé un peu plus de plaisir à faire cours. Ce qui m'a le plus touchée, c'est que l'un des caïds qui m'a le plus cassé les pieds, m'avait soudain demandé s'il pouvait "me faire un câlin" (mdrr) au lendemain de l'inspection lorsque j'avais remercié la classe pour leur comportement. J'étais estomaquée et un peu gênée voire carrément gauche mais quand je suis arrivée à son niveau en circulant dans les allées il m'a prise dans ses bras et là je ne savais vraiment plus comment réagir, tant sa réaction m'a fait perdre mon latin !!!! Ceci dit, je me suis dit que finalement même les plus teigneux peuvent aussi par moment être terriblement attachants.

Quoiqu'il en soit, il est évident que les prochaines vacances seront l'occasion d'une profonde remise en question, d'autant plus que je dois formuler mes voeux pour l'année prochaine. Et je me rends compte que le métier d'enseignant nous oblige aussi à rester éminemment humble et à devoir sans arrêt tester des choses, et à nous adapter sans cesse à la pâte humaine qui se trouve devant nous. Je voulais surtout retrouver de l'humain dans ma nouvelle profession, je crois que là il est difficile de faire mieux. En tout cas, je compte déjà reprendre du service l'an prochain !
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alanne
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Re: La vocation ?

par alanne le Ven 30 Mar 2018 - 16:44
La mordudhistoire :Qu'as tu changé dans ta façon d'enseigner quand tu écris " j'avais changé ma façon de faire cours" ?

et bravo pour ton inspection !

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lamorduedhistoire25
Niveau 5

Re: La vocation ?

par lamorduedhistoire25 le Ven 30 Mar 2018 - 17:08
En lycée professionnel, il est très compliqué de faire des cours magistraux. J'ai donc plus opté pour des cours où il est possible d'interagir plus souvent avec les élèves, de ne pas seulement utiliser des textes mais aussi des vidéos, etc. Je le faisais déjà avant, mais je choisis pour les mêmes thèmes des éléments plus ludiques qui leur permettent toutefois d'apprendre des choses aussi. En fait, je dis la même chose mais sous des formes moins scolaires... J'aurais voulu faire le contraire mais dans cette classe c'est impossible, je suis dons obligée de faire avec... J'essaye aussi de trouver sur des thèmes précis, des sujets qui soient en rapport avec leurs préoccupations ou avec ce qu'ils aiment.

Dans d'autres classes, en revanche je fais du magistral et ça marche mais ce sont des anciens élèves du lycée général et ça ne les choque pas plus que ça.
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alanne
Fidèle du forum

Re: La vocation ?

par alanne le Ven 30 Mar 2018 - 17:12
MErci !

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Re: La vocation ?

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