Et si on enseignait vraiment le numérique

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Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Eckmühl le Mar 3 Avr 2012 - 11:49

Une tribune dans Le Monde qui contribue utilement au débat.

Ils sont nés en 1996. Ils ont aujourd'hui 16 ans. L'ensemble de leur scolarité s'est faite dans l'ombre et la lumière du numérique. A leur naissance, le web est âgé d'à peine 7 ans. John Perry Barlow rédige et publie la "déclaration d'indépendance du cyberespace", un texte qui reste emblématique de l'idéologie des "pionniers" et qui fut structurant pour toute une génération de primo-internautes. On peut notamment y lire ceci : "Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ses convictions, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou contraint de se conformer à une norme. Vos notions juridiques de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de circonstance ne s'appliquent pas à nous. Elles sont fondées sur la matière, et il n'y a pas de matière ici."

16 ans plus tard, pour ces natifs du numérique, il ne reste plus rien de cette déclaration d'indépendance. Bien au contraire la plus grande partie du cyberespace est un monde fermé, propriété, contrôlé par le marketing, régi par un carcan de normes arbitraires, de lois liberticides et de technologies "privatives". Un monde hyperterritorialisé sous le contrôle de quelques multinationales.

Apple, Facebook et Google décident seuls et en fonction de leurs seuls critères ce qui est publiable et ce qui ne l'est pas, invoquant le plus souvent le motif de "nudité" ou de "pornographie", et l'appliquant, par exemple, à la fermeture du compte d'un internbaute ayant osé choisir "l'origine du monde" de Courbet comme photo de profil. Les mêmes refusent aux internautes la possibilité de s'inscrire sous un pseudonyme mais, par le jeu d'un régime d'exception, "tolèrent" que Salman Rushdie reste inscrit sous son nom de plume après avoir dans un premier temps fermé son compte.

La formidable chambre d'écho que Facebook ou Twitter constituèrent à l'occasion du soulèvement des peuples du "printemps arabe" ne doit pas faire oublier la systématisation de politiques qui, pour ces mêmes sites, vont du filtrage à la censure technique, amenant un collectif de chercheurs de l'université d'Harvard à parler de l'entrée, depuis les années 2010, dans une "4ème phase de contrôle du cyberespace".

Combien de collégiens, de lycéens et d'étudiants, combien de ceux qui sont nés en 1996 sont-ils au courant de cette Histoire, de ces pratiques, de cette évolution ? Combien d'entre eux connaissent-ils le fonctionnement - même schématique - des algorithmes qui, dans Facebook ou dans Google, leurs proposent aujourd'hui des réponses avant même qu'ils n'aient formulé leurs questions ? Combien d'entre eux peuvent-ils expliquer pourquoi cette vidéo apparaît toujours classée première sur YouTube ? Combien d'entre eux sont-ils capables de comprendre ce qu'est un DRM lorsqu'ils achètent un livre numérique ? Et combien d'entre eux savent-ils qu'il existe des alternatives moins contraintes et tout aussi respectueuses du droit d'auteur, au travers de formats interopérables ?

Combien d'entre eux sont-ils conscients, en s'inscrivant sur Facebook dès l'âge de 13 ans, que commence alors un long processus d'entrée en documentation de soi, qui ne cessera probablement même pas avec leur décès ? Combien d'entre eux sont aujourd'hui capables de faire la distinction entre la simple rediffusion de contenus déjà plébiscités par d'autres et ce qui relève du partage authentique, c'est à dire d'une appropriation et d'une rediffusion choisie ?

En revanche, tous ont généreusement été exposés au discours stigmatisant et stérilisateur de la "recrudescence du plagiat", de la "mort des autorités et des encyclopédies de référence", et autres billevesées qui rappellent le discours des fabriquants de chandelle réclamant l'interdiction de la lumière du soleil. Mais combien d'entre eux ont-ils déjà participé, sous la conduite d'un enseignant, à l'amélioration de l'encyclopédie Wikipédia, à la compréhension des mécanismes de production et de régulation de cet outil dont même ses plus farouches détracteurs sont aujourd'hui incapables de se passer ?

Face à cet ensemble de bouleversements, l'école, le collège, le lycée et l'université doivent être les garants d'une citoyenneté numérique et dépasser l'ère de la didactique des légos, celle d'une unique approche "par compétence" comme le propose le B2i et autres "certificats informatiques et internet". On n'apprend pas la citoyenneté numérique comme on apprend le code de la route. A tout le moins, l'obtention dudit code de la route ne saurait se dispenser de cours de ... conduite accompagnée.

Former à Facebook, à Google, à Twitter est certes encore utile mais lorsque ces outils disparaîtront ou seront remplacés par d'autres, à quoi cela aura-t-il servi ? Il existe pourtant une solution simple : il faut enseigner la publication. De sa naissance jusqu'à sa mort, le web fut et demeurera un média de la publication.

Enseigner l'activité de publication et en faire le pivot de l'apprentissage de l'ensemble des savoirs et des connaissances. Avec la même importance et le même soin que l'on prend, dès le cours préparatoire, à enseigner la lecture et l'écriture. Apprendre à renseigner et à documenter l'activité de publication dans son contexte, dans différents environnements. Comprendre enfin que l'impossibilité de maîtriser un "savoir publier", sera demain un obstacle et une inégalité aussi clivante que l'est aujourd'hui celle de la non-maîtrise de la lecture et de l'écriture, un nouvel analphabétisme numérique hélas déjà observable. Cet enjeu est essentiel pour que chaque individu puisse trouver sa place dans le monde mouvant du numérique, mais il concerne également notre devenir collectif, car comme le rappelait Bernard Stiegler : "la démocratie est toujours liée à un processus de publication - c'est à dire de rendu public - qui rend possible un espace public : alphabet, imprimerie, audiovisuel, numérique."

Olivier Ertzscheid est l'auteur de "Identité numérique et e-reputation", IUT de La Roche sur Yon, Octobre 2011.



Eckmühl
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Marie Laetitia le Mar 3 Avr 2012 - 12:07

En revanche, tous ont généreusement été exposés au discours stigmatisant et stérilisateur...

ça commençait bien et patatras, ça se casse la g***... Dommage.

_________________
 
Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)

________________________________________________

Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. (...) Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...

Marie Laetitia
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Aurore le Mar 3 Avr 2012 - 12:13

Encore un de ces illuminés pédagos dans les starting blocks pour mai 2012 (et le "plan numérique" meiriolo-peillonesque) ?

Aurore
Esprit éclairé


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Le grincheux le Mar 3 Avr 2012 - 12:16

Moi, j'adore ça :

La formidable chambre d'écho que Facebook ou Twitter constituèrent à l'occasion du soulèvement des peuples du "printemps arabe" ne doit pas faire oublier la systématisation de politiques qui, pour ces mêmes sites, vont du filtrage à la censure technique, amenant un collectif de chercheurs de l'université d'Harvard à parler de l'entrée, depuis les années 2010, dans une "4ème phase de contrôle du cyberespace".

Comme s'il fallait des sites de (dé)socialisation pour faire une révolution ! Sans oublier naturellement que pour qu'une chambre résonne bien, n'importe quel acousticien pour le dira, il vaut mieux qu'elle soit complètement vide.

_________________
Le carnet du grincheux
Chroniques de misanthropie ordinaire
http://grincheux.de-charybde-en-scylla.fr/
http://loubardes.de-charybde-en-scylla.fr/

Le grincheux
Sage


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par roxanne le Mar 3 Avr 2012 - 13:53

@Eckmühl a écrit:Une tribune dans Le Monde qui contribue utilement au débat.

Ils sont nés en 1996. Ils ont aujourd'hui 16 ans. L'ensemble de leur scolarité s'est faite dans l'ombre et la lumière du numérique. A leur naissance, le web est âgé d'à peine 7 ans. John Perry Barlow rédige et publie la "déclaration d'indépendance du cyberespace", un texte qui reste emblématique de l'idéologie des "pionniers" et qui fut structurant pour toute une génération de primo-internautes. On peut notamment y lire ceci : "Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ses convictions, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou contraint de se conformer à une norme. Vos notions juridiques de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de circonstance ne s'appliquent pas à nous. Elles sont fondées sur la matière, et il n'y a pas de matière ici."

16 ans plus tard, pour ces natifs du numérique, il ne reste plus rien de cette déclaration d'indépendance. Bien au contraire la plus grande partie du cyberespace est un monde fermé, propriété, contrôlé par le marketing, régi par un carcan de normes arbitraires, de lois liberticides et de technologies "privatives". Un monde hyperterritorialisé sous le contrôle de quelques multinationales.

Apple, Facebook et Google décident seuls et en fonction de leurs seuls critères ce qui est publiable et ce qui ne l'est pas, invoquant le plus souvent le motif de "nudité" ou de "pornographie", et l'appliquant, par exemple, à la fermeture du compte d'un internbaute ayant osé choisir "l'origine du monde" de Courbet comme photo de profil. Les mêmes refusent aux internautes la possibilité de s'inscrire sous un pseudonyme mais, par le jeu d'un régime d'exception, "tolèrent" que Salman Rushdie reste inscrit sous son nom de plume après avoir dans un premier temps fermé son compte.

La formidable chambre d'écho que Facebook ou Twitter constituèrent à l'occasion du soulèvement des peuples du "printemps arabe" ne doit pas faire oublier la systématisation de politiques qui, pour ces mêmes sites, vont du filtrage à la censure technique, amenant un collectif de chercheurs de l'université d'Harvard à parler de l'entrée, depuis les années 2010, dans une "4ème phase de contrôle du cyberespace".

Combien de collégiens, de lycéens et d'étudiants, combien de ceux qui sont nés en 1996 sont-ils au courant de cette Histoire, de ces pratiques, de cette évolution ? Combien d'entre eux connaissent-ils le fonctionnement - même schématique - des algorithmes qui, dans Facebook ou dans Google, leurs proposent aujourd'hui des réponses avant même qu'ils n'aient formulé leurs questions ? Combien d'entre eux peuvent-ils expliquer pourquoi cette vidéo apparaît toujours classée première sur YouTube ? Combien d'entre eux sont-ils capables de comprendre ce qu'est un DRM lorsqu'ils achètent un livre numérique ? Et combien d'entre eux savent-ils qu'il existe des alternatives moins contraintes et tout aussi respectueuses du droit d'auteur, au travers de formats interopérables ?

Combien d'entre eux sont-ils conscients, en s'inscrivant sur Facebook dès l'âge de 13 ans, que commence alors un long processus d'entrée en documentation de soi, qui ne cessera probablement même pas avec leur décès ? Combien d'entre eux sont aujourd'hui capables de faire la distinction entre la simple rediffusion de contenus déjà plébiscités par d'autres et ce qui relève du partage authentique, c'est à dire d'une appropriation et d'une rediffusion choisie ?

En revanche, tous ont généreusement été exposés au discours stigmatisant et stérilisateur de la "recrudescence du plagiat", de la "mort des autorités et des encyclopédies de référence", et autres billevesées qui rappellent le discours des fabriquants de chandelle réclamant l'interdiction de la lumière du soleil. Mais combien d'entre eux ont-ils déjà participé, sous la conduite d'un enseignant, à l'amélioration de l'encyclopédie Wikipédia, à la compréhension des mécanismes de production et de régulation de cet outil dont même ses plus farouches détracteurs sont aujourd'hui incapables de se passer ?

Face à cet ensemble de bouleversements, l'école, le collège, le lycée et l'université doivent être les garants d'une citoyenneté numérique et dépasser l'ère de la didactique des légos, celle d'une unique approche "par compétence" comme le propose le B2i et autres "certificats informatiques et internet". On n'apprend pas la citoyenneté numérique comme on apprend le code de la route. A tout le moins, l'obtention dudit code de la route ne saurait se dispenser de cours de ... conduite accompagnée.

Former à Facebook, à Google, à Twitter est certes encore utile mais lorsque ces outils disparaîtront ou seront remplacés par d'autres, à quoi cela aura-t-il servi ? Il existe pourtant une solution simple : il faut enseigner la publication. De sa naissance jusqu'à sa mort, le web fut et demeurera un média de la publication.

Enseigner l'activité de publication et en faire le pivot de l'apprentissage de l'ensemble des savoirs et des connaissances. Avec la même importance et le même soin que l'on prend, dès le cours préparatoire, à enseigner la lecture et l'écriture. Apprendre à renseigner et à documenter l'activité de publication dans son contexte, dans différents environnements. Comprendre enfin que l'impossibilité de maîtriser un "savoir publier", sera demain un obstacle et une inégalité aussi clivante que l'est aujourd'hui celle de la non-maîtrise de la lecture et de l'écriture, un nouvel analphabétisme numérique hélas déjà observable. Cet enjeu est essentiel pour que chaque individu puisse trouver sa place dans le monde mouvant du numérique, mais il concerne également notre devenir collectif, car comme le rappelait Bernard Stiegler : "la démocratie est toujours liée à un processus de publication - c'est à dire de rendu public - qui rend possible un espace public : alphabet, imprimerie, audiovisuel, numérique."

Olivier Ertzscheid est l'auteur de "Identité numérique et e-reputation", IUT de La Roche sur Yon, Octobre 2011.


Il est content le monsieur, il a employé plein de belles expressions qui en jettent..

roxanne
Enchanteur


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par La Jabotte le Mar 3 Avr 2012 - 14:38

On ne devrait peut-être pas critiquer de façon trop virulente quelqu'un qui fait la part des choses (apparemment) : il ne parle pas de "éduquer aux nouveaux outils" mais de "former à la publication". Il rappelle qu'apprendre à se servir de tel ou tel outil spécifique est vide de sens.
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tout ceci devrait être le rôle de l'école.
Bon, sinon, il dit aussi des conneries, hein :
Enseigner l'activité de publication et en faire le pivot de l'apprentissage de l'ensemble des savoirs et des connaissances.
affraid

La Jabotte
Érudit


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mar 3 Avr 2012 - 17:37

le titre de ce fil est un doublon. (à part l'ajout de marqueur de discours "vraiment" (Cf. Gk. ontos), et le mot "numérique" au lieu de "programmation")

Si, au lieu de belles phrases (notamment sur l'acoustique de la salle / le fil vide Suspect), il y avait des propositions concrètes, je serais preneur:

http://www.neoprofs.org/t45964-et-si-on-voulait-enseigner-la-programmation

fleurs fleurs2

_________________
ok


yphrog
Grand sage


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par User5899 le Mar 3 Avr 2012 - 18:27

@Eckmühl a écrit:Une tribune dans Le Monde qui contribue utilement au débat.

Ils sont nés en 1996. Ils ont aujourd'hui 16 ans. L'ensemble de leur scolarité s'est faite dans l'ombre et la lumière du numérique. A leur naissance, le web est âgé d'à peine 7 ans. John Perry Barlow rédige et publie la "déclaration d'indépendance du cyberespace", un texte qui reste emblématique de l'idéologie des "pionniers" et qui fut structurant pour toute une génération de primo-internautes. On peut notamment y lire ceci : "Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ses convictions, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou contraint de se conformer à une norme."
mdr

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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mar 3 Avr 2012 - 18:39

Cripure a écrit:
@Eckmühl a écrit:On peut notamment y lire ceci : "Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ses convictions, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou contraint de se conformer à une norme."
mdr

Je suis très content de lire que la norme "stricte" de XHTML a été abandonnée, pour revenir à HTML5. Je serai encore plus content d'entrendre "Flash est mort" pour ne plus entendre "Vive Flash!" juste après...

_________________
ok


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par JPhMM le Mar 3 Avr 2012 - 18:56

xphrog a écrit:Je serai encore plus content d'entrendre "Flash est mort"
Is it a grateful dead ?

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mar 3 Avr 2012 - 19:07

@JPhMM a écrit:
xphrog a écrit:Je serai encore plus content d'entendre "Flash est mort"
Is it a grateful dead ?

au cas où:


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par seawet le Mar 3 Avr 2012 - 19:11

Peut-être faudra-t-il persister à passer en Forth ?

seawet
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mar 3 Avr 2012 - 20:09

xP

oui, j'exagère... mais je ne vois nulle utilité à persister à vendre des modèles de sites en flash (e.g. blu pour les photographes: où il y a -- j'avoue -- un certain plaisir de (h)texte), ou que les vidéos sur youtube aient systématiquement un "wrapper" Flash. :colere:

Néanmoins plutôt que jouer avec des petits .gif animés, vaudrait-il peut-être pas mieux...

lecteur

_________________
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Marie Laetitia le Mar 3 Avr 2012 - 21:16

xphrog a écrit:
Cripure a écrit:
@Eckmühl a écrit:On peut notamment y lire ceci : "Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ses convictions, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou contraint de se conformer à une norme."
mdr

Je suis très content de lire que la norme "stricte" de XHTML a été abandonnée, pour revenir à HTML5. Je serai encore plus content d'entrendre "Flash est mort" pour ne plus entendre "Vive Flash!" juste après...
topela

_________________
 
Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)

________________________________________________

Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. (...) Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...

Marie Laetitia
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Dhaiphi le Mar 3 Avr 2012 - 21:39

xphrog a écrit:
oui, j'exagère... mais je ne vois nulle utilité à persister à vendre des modèles de sites en flash (e.g. blu pour les photographes: où il y a -- j'avoue -- un certain plaisir de (h)texte), ou que les vidéos sur youtube aient systématiquement un "wrapper" Flash. :colere:

Néanmoins plutôt que jouer avec des petits .gif animés, vaudrait-il peut-être pas mieux...
Tu nous donnes la traduction ou tu nous laisses nous débrouiller ?

_________________
De toutes les écoles que j’ai fréquentées, c’est l’école buissonnière qui m’a paru la meilleure.  
[Anatole France]
J'aime les regretteurs d'hier qui voudraient changer le sens des rivières et retrouver dans la lumière la beauté d'Ava Gardner.
[Alain Souchon]

Dhaiphi
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mar 3 Avr 2012 - 22:53

excuse-moi, c'est un débat qui dépasse honnetement mes compétences, mais voilà les pistes que j'ai donnés (en clair, cette fois):

http://www.youtube.com/html5

http://www.bludomain.com/

les sites blu étaient bien plus "sexy" que les sites wordpress il y a quelques années... (comme scoop.it par rapport à wikindx aujourd'hui)

_________________
ok


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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Dedale le Mar 3 Avr 2012 - 23:40

xphrog a écrit:oui, j'exagère... mais je ne vois nulle utilité à [ce] que les vidéos sur youtube aient systématiquement un "wrapper" Flash. :colere:

Peut être pour permettre aux usagers de firefox de regarder leurs vidéos en h264+aac, plutôt qu'en Vp8+Vorbis? Puisque Mozilla n'a pas intégré le support du h264 en natif dans son navigateur pour des raisons financières vis à vis de la MPEG-LA.

De cette façon YouTube peut offrir une meilleure qualité de diffusion en minimisant l'utilisation de sa bande passante.

Dedale
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par User5899 le Mer 4 Avr 2012 - 0:18

@Dedale a écrit:
xphrog a écrit:oui, j'exagère... mais je ne vois nulle utilité à [ce] que les vidéos sur youtube aient systématiquement un "wrapper" Flash. :colere:

Peut être pour permettre aux usagers de firefox de regarder leurs vidéos en h264+aac, plutôt qu'en Vp8+Vorbis?
Tutafé professeur professeur

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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Mareuil le Mer 4 Avr 2012 - 12:07

@Eckmühl a écrit:Une tribune dans Le Monde qui contribue utilement au débat.

Ils sont nés en 1996. Ils ont aujourd'hui 16 ans. L'ensemble de leur scolarité s'est faite dans l'ombre et la lumière du numérique. A leur naissance, le web est âgé d'à peine 7 ans. John Perry Barlow rédige et publie la "déclaration d'indépendance du cyberespace", un texte qui reste emblématique de l'idéologie des "pionniers" et qui fut structurant pour toute une génération de primo-internautes. On peut notamment y lire ceci : "Nous sommes en train de créer un monde où chacun, où qu'il soit, peut exprimer ses convictions, aussi singulières qu'elles puissent être, sans craindre d'être réduit au silence ou contraint de se conformer à une norme. Vos notions juridiques de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de circonstance ne s'appliquent pas à nous. Elles sont fondées sur la matière, et il n'y a pas de matière ici."

16 ans plus tard, pour ces natifs du numérique, il ne reste plus rien de cette déclaration d'indépendance. Bien au contraire la plus grande partie du cyberespace est un monde fermé, propriété, contrôlé par le marketing, régi par un carcan de normes arbitraires, de lois liberticides et de technologies "privatives". Un monde hyperterritorialisé sous le contrôle de quelques multinationales.

Apple, Facebook et Google décident seuls et en fonction de leurs seuls critères ce qui est publiable et ce qui ne l'est pas, invoquant le plus souvent le motif de "nudité" ou de "pornographie", et l'appliquant, par exemple, à la fermeture du compte d'un internbaute ayant osé choisir "l'origine du monde" de Courbet comme photo de profil. Les mêmes refusent aux internautes la possibilité de s'inscrire sous un pseudonyme mais, par le jeu d'un régime d'exception, "tolèrent" que Salman Rushdie reste inscrit sous son nom de plume après avoir dans un premier temps fermé son compte.

La formidable chambre d'écho que Facebook ou Twitter constituèrent à l'occasion du soulèvement des peuples du "printemps arabe" ne doit pas faire oublier la systématisation de politiques qui, pour ces mêmes sites, vont du filtrage à la censure technique, amenant un collectif de chercheurs de l'université d'Harvard à parler de l'entrée, depuis les années 2010, dans une "4ème phase de contrôle du cyberespace".

Combien de collégiens, de lycéens et d'étudiants, combien de ceux qui sont nés en 1996 sont-ils au courant de cette Histoire, de ces pratiques, de cette évolution ? Combien d'entre eux connaissent-ils le fonctionnement - même schématique - des algorithmes qui, dans Facebook ou dans Google, leurs proposent aujourd'hui des réponses avant même qu'ils n'aient formulé leurs questions ? Combien d'entre eux peuvent-ils expliquer pourquoi cette vidéo apparaît toujours classée première sur YouTube ? Combien d'entre eux sont-ils capables de comprendre ce qu'est un DRM lorsqu'ils achètent un livre numérique ? Et combien d'entre eux savent-ils qu'il existe des alternatives moins contraintes et tout aussi respectueuses du droit d'auteur, au travers de formats interopérables ?

Combien d'entre eux sont-ils conscients, en s'inscrivant sur Facebook dès l'âge de 13 ans, que commence alors un long processus d'entrée en documentation de soi, qui ne cessera probablement même pas avec leur décès ? Combien d'entre eux sont aujourd'hui capables de faire la distinction entre la simple rediffusion de contenus déjà plébiscités par d'autres et ce qui relève du partage authentique, c'est à dire d'une appropriation et d'une rediffusion choisie ?

En revanche, tous ont généreusement été exposés au discours stigmatisant et stérilisateur de la "recrudescence du plagiat", de la "mort des autorités et des encyclopédies de référence", et autres billevesées qui rappellent le discours des fabriquants de chandelle réclamant l'interdiction de la lumière du soleil. Mais combien d'entre eux ont-ils déjà participé, sous la conduite d'un enseignant, à l'amélioration de l'encyclopédie Wikipédia, à la compréhension des mécanismes de production et de régulation de cet outil dont même ses plus farouches détracteurs sont aujourd'hui incapables de se passer ?

Face à cet ensemble de bouleversements, l'école, le collège, le lycée et l'université doivent être les garants d'une citoyenneté numérique et dépasser l'ère de la didactique des légos, celle d'une unique approche "par compétence" comme le propose le B2i et autres "certificats informatiques et internet". On n'apprend pas la citoyenneté numérique comme on apprend le code de la route. A tout le moins, l'obtention dudit code de la route ne saurait se dispenser de cours de ... conduite accompagnée.

Former à Facebook, à Google, à Twitter est certes encore utile mais lorsque ces outils disparaîtront ou seront remplacés par d'autres, à quoi cela aura-t-il servi ? Il existe pourtant une solution simple : il faut enseigner la publication. De sa naissance jusqu'à sa mort, le web fut et demeurera un média de la publication.

Enseigner l'activité de publication et en faire le pivot de l'apprentissage de l'ensemble des savoirs et des connaissances. Avec la même importance et le même soin que l'on prend, dès le cours préparatoire, à enseigner la lecture et l'écriture. Apprendre à renseigner et à documenter l'activité de publication dans son contexte, dans différents environnements. Comprendre enfin que l'impossibilité de maîtriser un "savoir publier", sera demain un obstacle et une inégalité aussi clivante que l'est aujourd'hui celle de la non-maîtrise de la lecture et de l'écriture, un nouvel analphabétisme numérique hélas déjà observable. Cet enjeu est essentiel pour que chaque individu puisse trouver sa place dans le monde mouvant du numérique, mais il concerne également notre devenir collectif, car comme le rappelait Bernard Stiegler : "la démocratie est toujours liée à un processus de publication - c'est à dire de rendu public - qui rend possible un espace public : alphabet, imprimerie, audiovisuel, numérique."

Olivier Ertzscheid est l'auteur de "Identité numérique et e-reputation", IUT de La Roche sur Yon, Octobre 2011.



Pour alimenter le débat, un petit texte de Rudolf Bkouche en pièce jointe.
Fichiers joints
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mer 4 Avr 2012 - 14:53

Merci, c'est un article assez intéressant si l'on laisse passer la rhétorique (encore des "poncifs", des "thuriféraires", etc. ça devient lassant à force)

Première réaction: je note que Rudolf Bkouche ne parle pas des calculateurs "reverse Polish" (2, 2, +) à la page 8 de son petit texte.

Deuxième réaction: constat: Le ciel est bleu // Nous avons developpé des prothèses informatiques. Pourquoi?

Mais parce que... ça fait des bulles! (Il ne reste pas moins vrai que le ciel est bleu.)

Je reviendrai une fois que j'aurai tout compris... xP

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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Mer 4 Avr 2012 - 23:05

je reviendrai plus vite si quelqu'un a compris cet article. scratch

en particulier sur ce concept de démonstration et l'exemple "le ciel est bleu"...

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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Mareuil le Mer 4 Avr 2012 - 23:14

xphrog a écrit:je reviendrai plus vite si quelqu'un a compris cet article. scratch

en particulier sur ce concept de démonstration et l'exemple "le ciel est bleu"...

Je n'ai aucun mal à comprendre.

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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Jeu 5 Avr 2012 - 15:38

@Mareuil a écrit:Je n'ai aucun mal à comprendre.

Oui effectivement, c'est à toi que je devrais poser mes questions, puisque c'est toi qui a proposé cet article. Si tu devais resumer les deux points les plus importants pour toi, qu'est-ce que tu mettrais en avant? Ce qui me pose le plus problème, c'est le métalangage: pour autant que les mathématiques sont nécessairement "universelles", le metalangage qu'on utilise pour en parler est spécifique à chaque langue (j'étais plutôt matheux jusqu'à 18 ans, mais me sens perdu dans la terminologie française, d'une part en raison du fait que je n'ai plus 18 ans, d'autre part car la langue et l'approche sont assez différentes). Les archaismes dans le texte sont sans doute là pour ajouter un peu de piquant, mais j'avoue que je ne vois pas forcément l'intérêt:

Mais il ne suffit pas de critiquer un usage qui prend de plus en plus de place dans l'enseignement au nom de l'adaptation d'icelui au monde moderne ; il faut comprendre les raisons qui
ont conduit à inventer l'informatique pédagogique, raisons qui s'inscrivent dans ce que l'on appelle l'informatisation de la société.

(1 -- on observe que la société a été informatisée, on observe que cette informatisation a rendu la manipulation de données beaucoup plus performante, dépassant les compétences d'une personne qui calcule dans son coin, très utiles -- par exemple -- pour determiner les trajectoires des obus d'exploration (Sputnik, Apollo, Hubble, etc.), mais aussi pour les SCUDs les drones, etc.)

Second point, une fois un phénomène observé, on le considère comme vrai et par conséquent il n'y a aucune raison de chercher à le démontrer. "Je regarde le ciel, j'observe qu'il est bleu,
cela me suffit pour dire que le ciel est bleu, point n'est besoin de le démontrer". La question se transforme si on demande : pourquoi le ciel est bleu ? mais cette question dépasse le cadre
de la seule observation.
Troisième point. Si, observant un phénomène, on se pose la question du "pourquoi", on aborde un nouveau problème. C'est donc la question du pourquoi qui importe et cette question s'inscrit dans un cadre qui dépasse la seule observation, laquelle, isolée, ne donne pas en général les clés du pourquoi.

Si j'ai bien compris l'argumentation ci-dessus critique la procédure "observation, conjecture, demonstration", ce qui ne me pose aucun problème.

Revenant vers l'addition: 2+2=4, dont il est question à la page 8. Une observation qu'on pourrait faire: il y a plusieurs façons de traiter cette opération simple avec une calculatrice. La procédure la plus répondue consiste à entrer 2+2=. Sur un HP des années 70, on entrait plutot 2, 2, + (opérand, opérand, opération) (dit notation polonaise inverse). Le plupart de langues de programmation utilise + (2,2) (fonction, opérand, opérand) (dit notation polonaise). Il me semble intéressant de se demander pourquoi, et de continuer l'observation en voyant les consequences sur l'expression d'associativité et (en ajoutant des polynômes, la distributivité... mais là j'avoue que l'argument dépasse mes compétences, d'où ma demande de l'aide des mathématiciens pour comprendre l'article heu ). Là on n'est plus du tout dans le meme cas de figure que l'auteur donne en parlant des observations -- son exemple d'élèves qui mésurent les angles intérieurs de triangles avec leur rapporteurs (protractors, en anglais).

Je pense que la conclusion de l'article se trouve à la page 11:

Les nouveaux programmes de seconde ont introduit l'algorithmique. Cette introduction peut être intéressante si on sait le rôle qu'ont joué les algorithmes dans le développement des mathématiques. Ce qui pose problème cependant c'est moins cette introduction que la façon dont elle s'inscrit dans les programmes.

Amis mathématiciens, ai-je tort de lire cet article ainsi?


Dernière édition par xphrog le Jeu 5 Avr 2012 - 18:47, édité 4 fois

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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par Mareuil le Jeu 5 Avr 2012 - 15:50

xphrog a écrit:
@Mareuil a écrit:Je n'ai aucun mal à comprendre.

Oui effectivement, c'est à toi que je devrais poser mes questions, puisque c'est toi qui a proposé cet article. Si tu devais resumer les deux points les plus importants pour toi, qu'est-ce que tu mettrais en avance? Ce qui me pose le plus problème, c'est le métalangage: pour autant que les mathématiques sont nécessairement "universelles", le metalangage qu'on utilise pour en parler est spécifique à chaque langue (j'étais plutôt matheux jusqu'à 18 ans, mais me sens perdu dans la terminologie française, d'une part en raison du fait que je n'ai plus 18 ans, d'autre part car la langue et l'approche sont assez différentes). Les archaismes dans le texte sont sans doute là pour ajouter un peu de piquant, mais j'avoue que je ne vois pas forcément l'intérêt:

Mais il ne suffit pas de critiquer un usage qui prend de plus en plus de place dans l'enseignement au nom de l'adaptation d'icelui au monde moderne ; il faut comprendre les raisons qui
ont conduit à inventer l'informatique pédagogique, raisons qui s'inscrivent dans ce que l'on appelle l'informatisation de la société.

(1 -- on observe que la société a été informatisé, on observe que cette informatisation a rendu la manipulation de données beaucoup plus performant, dépassant les compétences d'une personne qui calcule, très utiles par exemple pour determiner les trajectoires des obus d'exploration par exemple (Sputnik, Apollo, Hubble, etc.), mais aussi pour les SCUDs les drones, etc.)

Second point, une fois un phénomène observé, on le considère comme vrai et par conséquent il n'y a aucune raison de chercher à le démontrer. "Je regarde le ciel, j'observe qu'il est bleu,
cela me suffit pour dire que le ciel est bleu, point n'est besoin de le démontrer". La question se transforme si on demande : pourquoi le ciel est bleu ? mais cette question dépasse le cadre
de la seule observation.
Troisième point. Si, observant un phénomène, on se pose la question du "pourquoi", on aborde un nouveau problème. C'est donc la question du pourquoi qui importe et cette question s'inscrit dans un cadre qui dépasse la seule observation, laquelle, isolée, ne donne pas en général les clés du pourquoi.

Si j'ai bien compris l'argumentation ci-dessus critique la procédure "observation, conjecture, demonstration", ce qui ne me pose aucun problème.

Revenant vers l'addition: 2+2=4, dont il est question à la page 8. Une observation qu'on pourrait faire: il y a plusieurs façons de traiter cette opération simple avec une calculatrice. La procédure la plus répondue consiste à entrer 2+2=. Sur un HP des années 70, on entrait plutot 2, 2, + (opérand, opérand, opération) (dit notation polonaise inverse). Le plupart de langues de programmation utilise + (2,2) (fonction, opérand, opérand) (dit notation polonaise). Il me semble intéressant de se demander pourquoi, et de continuer l'observation en voyant les consequences sur l'expression d'associativité et (en ajoutant des polynômes, la distributivité... mais là j'avoue que l'argument dépasse mes compétences, du ma demande de l'aide des mathématiciens pour comprendre l'article heu ).

Je pense que la conclusion de l'article se trouve à la page 11:

Les nouveaux programmes de seconde ont introduit l'algorithmique. Cette introduction peut être intéressante si on sait le rôle qu'ont joué les algorithmes dans le développement des mathématiques. Ce qui pose problème cependant c'est moins cette introduction que la façon dont elle s'inscrit dans les programmes.

Amis mathématiciens, ai-je tort de lire cet article ainsi?

J'ai demandé à Rudolf de s'inscrire pour donner les explications souhaitées sur son article. Attendons.
Maintenant pour moi, qui fut dans un passé reculé élève de section M, j'ignore tout des notations polonaises ou autres. Mais l'article me semble clair en ce qu'il rappelle les conditions nécessaires à l'apprentissage des maths et montre que l'outil informatique tel qu'il est utilisé à l'école ne permet pas cet apprentissage.

Mareuil
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Re: Et si on enseignait vraiment le numérique

Message par yphrog le Jeu 5 Avr 2012 - 16:05

@Mareuil a écrit:
J'ai demandé à Rudolf de s'inscrire pour donner les explications souhaitées sur son article. Attendons.
Maintenant pour moi, qui fut dans un passé reculé élève de section M, j'ignore tout des notations polonaises ou autres. Mais l'article me semble clair en ce qu'il rappelle les conditions nécessaires à l'apprentissage des maths et montre que l'outil informatique tel qu'il est utilisé à l'école ne permet pas cet apprentissage.

Merci! fleurs

Pour éviter des liées à mon pauvre usage de la langue, j'aimerais mieux qu'on déchire mon texte (qui a évolué) plutôt que la citation de mon texte (parole gelée). frigo

L'attente n'empeche pas d'autres à intervenir entre temps, s'ils ont le temps et l'inclination. fleurs2

pour ajouter un peu de piquant par rapport aux obus d'exploration et drones et de M. d Cheney qui se fait remplacer le coeur:



pourquoi, on me demande? car, quelque part je suis furieux je l'avoue

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