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Quelle proposition parmi celles qui suivent décrit le mieux votre scolarité en classe prépa littéraire ?

99 - 42%
14 - 6%
3 - 1%
4 - 2%
18 - 8%
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Total des votes: 238
 
Stered
Doyen

Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par Stered Mar 24 Déc 2013 - 13:26
Prépa à Fénelon, avec des professeurs humains, à une très notable exception près.

C'était dur d'arriver d'un lycée médiocre de banlieue et d'avoir tout à apprendre quand on croit être bon.
C'était passionnant d'avoir - enfin ! - accès à tout ce savoir. J'ai eu l'impression qu'on m'ouvrait enfin les portes de la culture...

J'ai énormément travaillé et mis ma vie sociale entre parenthèses pour un an, mais ça n'a pas été un sacrifice : je me suis sentie, comme Zolienne, complètement écrasée par le niveau de mes camarades, mais je me suis dit que j'allais cravacher et rattraper mon retard.
Bon, je n'ai pas intégré Ulm, mais je m'en suis tirée honorablement et je ne regrette pas une seconde ces deux années.
Lédissé
Lédissé
Empereur

Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par Lédissé Mar 24 Déc 2013 - 13:26
Je réponds d'abord sur la question de la montagne de travail qui devrait figurer dans les propositions "négatives" du sondage...

@John a écrit:
Une étudiante en lettres supérieures s’est donné la mort dans la nuit de vendredi à samedi. La jeune fille de 19 ans s’est jetée du troisième étage de l’internat, aux alentours de minuit.
En début de semaine, un élève de Terminale également scolarisé à Pierre-de-Fermat, avait été découvert sans vie par ses proches, au domicile familial. L’adolescent de 17 ans s’était suicidé par pendaison.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/13/1605119-lycee-fermat-etudiante-19-ans-suicide-internat.html
Là on ne peut pas commenter, rien ne permet de décider si le suicide a vraiment un lien avec la prépa.

Un élève de prépa met de côté son adolescence
http://www.la-croix.com/Famille/Parents-Enfants/Dossiers/Enfants-et-Adolescents/18-a-25-ans/Les-eleves-de-prepa-sont-ils-a-plaindre-_NP_-2005-04-12-508395
Euh, oui, on met de côté son adolescence, si l'on veut... pas de sortie, pas de vie sociale, beaucoup de travail... mais on est libre de partir si ça ne nous convient pas, que ce soit en cours d'année ou au bout d'un an. Le sacrifice me semble quand même douteux.
Sauf si les parents font pression, mais dans ce cas, ce n'est pas la prépa qui est à blâmer.
Au reste, cet article est très mesuré, et est loin de se résumer à la phrase "Un élève de prépa met de côté son adolescence".

"la surcharge de travail et la difficulté des cours sont telles que personne de normalement constitué ne peut en venir à bout"
http://tempsreel.nouvelobs.com/livres-education/20131129.OBS7625/mais-que-fait-on-en-classe-prepa.html
C'est juste faux.
Je l'ai sans doute déjà dit, je re-cite mon professeur d'histoire lorsque j'ai intégré : "ça me fait plaisir aussi pour les autres, parce que ça leur montre qu'on peut y arriver sans être un génie, mais une personne normale qui travaille beaucoup".
D'ailleurs, la suite nuance : "il convient donc d’apprendre à s’organiser, plutôt que d’être absolument exhaustif."
Et : "Cela n’empêche pas les préparationnaires de développer un véritable esprit scientifique, un raisonnement suffisamment élaboré pour leur permettre de se poser les bonnes questions plutôt que de régurgiter des savoirs pré-mâchés. C’est la fameuse "méthode prépa" qui, paraît-il, vous suit toute une vie." (à mettre en opposition avec ce qui est dit sur le "lavage de cerveau" dans un article un peu plus bas)
Raphael Varieras
03/12/01
Je confirme qu'effectivement il y a eu deux suicides l'an dernier, en PREPA
à Hoche. L'un en sup MPSI, l'autre en sup BCPST. L'un était le "bizuth"
d'une amie à moi. Cela ne fait aucun doute qu'ils n'ont pas supporté la
pression qui s'exercait sur eux. Mais bien sûr les professeurs se sont
empressés de dire qu'il s'agissait d'excellents élèves et que leur suicide
n'avait rien avoir avec leur scolarité... En tout cas, les profs ne semblent
pas en avoir retenu de leçon puisqu'il y a encore eu un suicide au début de
cette année, en sup...
Là non plus, on ne peut pas dire si c'est vraiment la pression - ni d'où elle venait. C'est possible, certains diront même probable, que ce soit la pression de la prépa... mais là encore, je me pose la question : pourquoi ne pas tout simplement partir ? (j'espère ne pas manquer de respect à la mémoire de ceux qui se sont suicidés parce qu'ils ne supportaient pas la pression de leur prépa ; mais autant je "comprends" un suicide pour raison sentimentales, familiales... autant, lorsqu'il s'agit d'un environnement institutionnel dont on peut facilement sortir - il suffit de s'inscrire à la fac, même s'il faut éventuellement attendre la fin de l'année -, je ne vois pas ; ou bien c'est la faute de l'entourage qui dit effectivement à l'étudiant qu'il ne vaut rien s'il n'est pas le meilleur de sa classe en prépa...)
WatchDog
03/12/01
Pas étonnant que ça se produise en première année, puisque les gens découvrent
une ambiance souvent à couper au couteau et une charge de travail
incomparable...
Pas étonnant donc, mais tout simplement scandaleux que les responsables du lycée
ne s'en émeuvent pas outre mesure et ne fassent rien pour tenter de trouver des
solutions et de changer peut-être d'attitude.
En tout cas c'est effarant de voir les résultats d'une double pression,
familiale et sociale : familiale car les parents poussent parfois leurs enfants
à poursuivre des études qui ne leur plaisent pas toujours et qui de surcroît
sont extrêmement denses
,
donc ce n'est pas la prépa
sociale ensuite parce qu'on est arrivé à faire croire à
ces jeunes que le seul moyen qu'ils ont de vivre c'est de réussir à sortir par
le haut d'un système d'écrémage féroce et souvent aveugle
, alors qu'ils
pourraient s'épanouir dans une toute autre filière et surtout faire des choses
qui leur plaisent.
Mais qui leur fait croire cela ? jamais je n'ai entendu ça, jamais. La prépa et la fac étant parallèles, personne ne m'a jamais dit que la prépa était la seule voie. Je ne l'ai jamais entendu dire non plus par/à mes camarades.
Effarant de voir comment un système ultra-élitiste en arrive à broyer des vies
humaines, à fabriquer des clones et à ne pas respecter du tout les
particularités de chacun au profit d'un culte du moulage "prépa",
Pardon ? :shock: des clones ? que ce soit en prépa ou à l'ENS, j'ai vu des personnes très différentes... d'une part. D'autre part, la prépa n'est pas une institution visant à développer le génie créatif, c'est clair, mais la couleur est annoncée dès le départ. Pourquoi ne pas aller à la fac si on n'aime pas rentrer dans le "moule" d'une formation scolaire ? Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 3795679266
qui engendre nos dirigeants au sens large du terme, qui ne sont pas tous des foudres de
guerre en matière de réflexion mais qui ont pu passer le cap de deux ans de ce
qu'ils ressentent aujourd'hui comme du bourrage de crâne
, sans doute à raison
s'ils n'ont pas pleinement choisi de suivre de telles études. https://groups.google.com/forum/#!topic/fr.education.superieur/6wm-Y_nU7RU
Euh... non. Au contraire. C'est justement là que j'ai appris à réfléchir. Et appris tout court. L'exact opposé du bourrage de crâne.

Il nous fait ainsi entrer dans les coulisses du Lycée du Parc, à Lyon, où il intègre la classe de maths sup en septembre 1993. Il raconte ses journées qui commencent à 8 h et se terminent à minuit. Il décrit aussi la dure période des concours, "véritable question de vie ou de mort" où certains deviennent "brutalement taciturnes, insomniaques, ou obsessionnels". D’autres présentent "des troubles maniaco-dépressifs". Et d’ajouter que "chaque taupin connaît au moins un cas de suicide ou de tentative de suicide dans sa classe ou son lycée."
http://www.letudiant.fr/etudes/classes-prepa/ouvrages-10356.html
Les journées 8h-minuit, oui (et même plutôt 6h-minuit, entre le lever et le coucher).
Pour la question de vie ou de mort et le reste... là encore, d'où vient la pression ? mes enseignants ne nous l'ont jamais mise.

C'était la fiérter de la famille toujours des bonnes note 18 de moyenne 18,1 au bac mention très bien avec felicitation du jury il a voulu faire une prépa louis le grand en mpsi l'a accepter la bas il est tomber de haut lui qui etait habituer a etre toujours premier est passer dans les derniers il bosse comme un taré et ma mere le critique beaucoup en disant qu'il ne bosse pas (elle crois que la prepa c'est facile) donc c'est note on baisser les gens sont déçus de lui et la compétition est très rude dans sa prépa il n'a carrement plus de vie il prend des anti-dépresseur pour tenir mais il en peu vraiment plus quand il m'a dit qu'il voulais se suicider j'ai compris que c'etait sérieux
je dois faire quoi ??
http://www.jeuxvideo.com/forums/1-50-79945096-1-0-1-0-mon-frere-en-prepa-veut-se-suicider.htm
La réponse est claire, non ?

Dès les premiers cours, les professeurs commencent à vous mettre la pression, vous faisant comprendre (plus ou moins) subtilement, que vous n'êtes que des merdes, et qu'aux concours, quand vous vous en chierez (avez vous déjà vu une merde chier?), vous verrez, alors que vous avez à peine entamé la première question, un type sortir de la salle. « Oh il y arrive pas et préfère s'en aller » vous direz vous pour vous rassurer, mais c'est exactement le contraire! Il a fait les 42 questions en deux temps trois mouvement et il aura 20/20...au moins, alors que vous, vous prierez le seigneur pour espérer dépasser les 5.
Si les professeurs rabaissent les étudiants, en effet, c'est inacceptable.
Mais il ne faut pas s'en formaliser, vous comprenez, vous jouez avec les meilleurs étudiants de votre génération, il faut comprendre que vous ne leur arrivez pas à la cheville, c'est pas grave.
Et alors ? Cela dépend comment c'est dit, bien sûr. Mais quel est le mal, quelle est l'humiliation, à se dire que, si l'on concourt avec les plus brillants de sa génération, on peut s'attendre à récolter 3 ou 4 ? On fait du mieux qu'on peut, c'est tout. On s'enrichit en apprenant, et on ne cherche pas à être le meilleur soi-même, simplement à donner le meilleur de soi-même. Où est le problème ? On dirait un athlète de niveau régional qui pleure parce qu'on lui a dit que c'est normal qu'il n'arrive pas à la cheville d'un athlète de niveau international.
C'est là qu'on en vient à espérer qu'il y ait une justice en ce bas monde, et que ces type n'ai pas de vie sociale, qu'ils aient un cancer généralisé, ou d'autres bonheurs en tout genre, pour compenser le fait d'être supérieurement intelligents... ce qui est loin d'être évident.
Eh bien c'est sympa. Sans commentaire. L'auteur de cet article est juste mesquin. Je n'ai jamais souhaité que ceux qui étaient meilleurs que moi (et certes j'ai fini par intégrer, mais mes premiers mois en prépa m'ont vu récolter de très, très sales notes) aient le moindre malheur.

Bref, après s'être fait rabaisser comme il faut, les cours peuvent commencer.
Encore une fois, s'il s'agit vraiment de rabaisser les élèves, c'est bien évidemment condamnable.
(Mais je ne serais pas étonné que certains prennent comme du "rabaissement" ce qui n'est qu'un avertissement "attention, vous allez en baver, on joue dans la cour des grands".)
Dans les 10h de maths par semaine, 8h de physique, 4h de chimie et de SI... sans compter les cours de français, d'anglais, les contrôles en tout genre et toutes les colles, que je présenterais dans la suite.
Ben oui, c'est la prépa. Sinon, il y a la fac.
Je ne vous ferais pas un compte rendu de tous les cours car ça prendrait trop de temps, mais il en sort une idée principale c'est que c'est « pourtant pas difficile à comprendre » ou que « un éleve de 3ème pourrait faire ça sans problème »... mais alors Monsieur, pourquoi on comprend pas? cette question, on ne la pose pas, car on imagine assez bien la réponse.
Evidemment, un professeur doit donner l'explication.
Ceci dit, je rejoins Iphigénie : j'imagine bien les enseignants de prépa sidérés par des questions où ils se demandent si vraiment l'élève n'a pas compris (ou s'il fait semblant, car il s'agit d'une notion qu'il devrait avoir assimilée depuis longtemps) ou s'il faut refaire le programme de lycée...

A part les cours, les préparateurs (personnes préparant les Prépasiens) ont trouvés d'autres moyens de nous occuper: les éternels contrôles connus depuis le secondaire, même le primaire
Bel état d'esprit.
De nous entraîner ? De nous faire progresser ? De nous préparer aux épreuves ? non ?
Désolée, mais ce genre de phrase décrédibilise tout l'article. Il est évident que l'auteur n'a rien à faire en prépa (et je ne parle pas d'intelligence ni de connaissance, mais d'état d'esprit).
sauf que là le principe n'est plus exactement le même: « vous devez essayer de répondre au moins à une question sans dire n'importe quoi! »,
Propos condamnable... mais il faudrait voir le contexte. En soi, évidemment, si ce n'est qu'à ce genre de remarques que les élèves ont droit, on comprend le découragement et le sentiment d'être rabaissé.
Mais je n'ai jamais entendu cela.
et les colles (ou khôlles dans certains lycée), qui consistent à passer au tableau avec deux camarades, et à faire des exercices, sous l'½il inquisiteur d'un professeur, à l'affut de la moindre erreur; ceci pour voir l'étendue de nos connaissances (ou de notre ignorance) dans la matière examinée.
Où est le problème ?

En prépa, il faut aussi ravaler son orgueil (à part évidement si on est un génie) et accepter d'avoir des notes minables « wahouuuuuuuh! J'ai eu 4! 4 fois plus que toi! Je suis trop foooort! »
Ravaler son orgueil, je ne trouve pas cela mal. J'ai eu 4 aussi, ou moins. Et même les "génies" (les HQI, disons) ne l'étaient pas partout.
D'ailleurs je ne vois pas où il s'agit d'orgueil. Ce n'est pas la personne qui est jugée, sa valeur, mais sa performance à une épreuve, ponctuelle, et décrite dès l'abord comme extrêmement difficile. Déçue comme je l'ai été par mes mauvaises notes, jamais je ne l'ai pris comme un rabaissement. N'est-ce pas le problème de ceux qui croient être jugés en tant que personnes dans leurs devoirs ? ou qui ont, justement, trop d'orgueil ?

Puis rentré chez soi, il n'est pas dans la tradition d'aller se poser et de regarder un film, lire un livre ou de faire la sieste, car je te rappelle que pour demain, tu as un DM de maths (devoir maison dans le jargon), un TD (Travail Dirigé dans le jargon) de SI et un de Chimie, des exercices de physique... ah et si il te reste du temps, tu révisera peut-être le DS (Devoir Surveillé dans le jargon) d'anglais.
Ainsi tu te couches tôt après avoir fini tout ton travail, et le lendemain tu es en super forme, avec de jolies poches sous les yeux...
La vie est dure, hein ?
C'est bizarre, même dans le secondaire, je n'avais pas pour tradition de me poser et de regarder un film après le lycée. Sûrement que sans le savoir j'étais déjà en prépa.
Et le Week-end, il faut éviter de sortir de trop avec tes amis, c'est un grosse perte de temps, et en plus si tu te couches tard tu ne sera pas en forme le lendemain pour travailler l'ami! Pire encore si tu as bu! Ne bois surtout pas d'alcool, sinon tu va perdre une grande partie de tes facultés cognitives et comment fera tu alors pour faire tes DMs, Tds, Exercices, préparer tes DS, et revoir tes centaines de pages de cours (hé oui, si tu ne maitrise pas ton cours de 6ème, bouge toi le derrière et va le revoir, sinon tu n'y arrivera jamais).
Ben oui, on a été prévenu non ? avant de s'inscrire ? Encore une fois, il s'agit juste du contrat de travail. Pas de rabaissement, pas d'ambiance délétère... je ne vois pas ce qui pousse au suicide ni condamne le système des prépas en tant que tel.

Et le pire, c'est qu'il y en a qui aiment ça...
Quels sales vicieux. Il y en a qui aiment ça : ça prouve que le système est mauvais.

Bref, voici un petit portrait de la vie en CPGE. J'oublies surement plein de choses, mais il y a tellement à dire sur cet univers passionnant... C'est beau et ça donne envie!
Et on comprend aussi pourquoi le taux de suicides est plus élevé dans les CPGE que dans les autres filières.
http://fredfercoq.cowblog.fr/la-vie-en-prepa-l-elite-des-suicidaires-2894534.html
Non, on ne comprend pas grâce à cet article. L'auteur ne me semble pas dépressif, d'ailleurs... je vois beaucoup plus de lignes consacrées à "pfffffff on a plein de trucs à faire et je ne peux pas sortir en boîte le w-e" qu'à "nos professeurs nous rabaissent à chaque occasion".

1)Les prépas rendent malade. Il y a un grand article dans le Monde pour le démontrer (Prépas, l'excellence au prix fort Cahier du Monde N°20852, 04/02/2012). La vie infligée aux jeunes dans ces prépas est à rapprocher de la maltraitance (à moins que l’on me démontre que cela a changé), la France va se retrouver un jour avec une assignation de la Cour de Justice Européenne ou quelque chose comme ça que ça ne m’étonnerait pas.
:shock: La maltraitance ? Encore une fois :
- on a le choix
- il y en a que ça rend heureux (même quand ils n'ont pas intégré)
- dans certaines prépas, il va falloir vous lever tôt pour trouver un élève se trouvant maltraité

2)Les prépas créent un sentiment de ratage, en raison des classements : on est toujours le raté de quelque chose : « t’as fait l’X parce que t’as pas pu faire l’ENS, t’as fait Centrale parce que t’as pas pu faire l’X, t’as fait Supélec parce que t’as pas pu faire Centrale, etc.. ; » dans une régression morbide et absurde, propre à la France.  (La situation est très différente dans les pays anglo-saxons, où les concours ne sont pas nationaux, ni alignés sur la même grille et le même programme, etc.) . On pourra rapprocher cette observation du taux de suicide et de la consommation de tranquillisants dans ce pays (les plus élevés au monde).
On parle de la mentalité de qui, là ? Sont-ce les enseignants de prépa, ou bien les familles/amis qui tiennent ces propos ? En quoi le système pose-t-il problème ?
En outre, c'est justement l'alignement de plusieurs écoles qui permet aux étudiants qui n'ont pas LA plus prestigieuse d'être quand même accueillis ailleurs (et bon, je ne vois pas ce que Supélec a d'humiliant Rolling Eyes), sans avoir à refaire des années. Les étudiants en sciences sont d'ailleurs beaucoup mieux lotis que ceux de lettres sur ce point (ce qui me rend particulièrement ricanante vis-à-vis de l'auteur du long article ci-dessus).

3) La prépa crée un sentiment de supériorité : le système français distille dans le cerveau des jeunes un esprit de caste supérieure. Je n’ai pas le temps dans un billet de blog de détailler, mais la phrase prononcée par le Général commandant de promotion à mon arrivée à l’X, en amphi Poincaré a été : « Souvenez-vous que vous êtes supérieurs à vos égaux » (Verbatim). Les diplômés qui viennent d’une grande Université européenne « ordinaire » ne font pas preuve d’un tel sentiment de supériorité.
http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-fleury/120212/coup-de-gueule
Evidemment, phrase lamentable. Mais ponctuelle. Jamais, ni en prépa ni à l'ENS, je n'ai entendu quoi que ce soit qui ressemblait même de loin à ce propos.


Bref, autant je suis d'accord pour dire qu'il faudrait ajouter au sondage "J'ai été écrasé de travail" ou "Mes professeurs m'ont rabaissé" (il y en a, et ce serait intéressant de voir combien, sur Néo, sont concernés), autant ces articles à charge me semblent, dans l'ensemble, peu convaincants.
Tant que, de toute façon, la faculté existera à côté de la prépa, il me semble logiquement impossible d'imputer à cette dernière les maux dont on l'accuse, comme il serait ridicule d'accuser une tartiflette de nous avoir rendu malade alors qu'une salade était proposée à côté.
J'ai passé ma prépa à entendre "faites de votre mieux, mais si vous n'y arrivez pas, ne vous rendez pas malade". Certes, on était enguirlandés (et bien) quand on ne faisait pas le travail (et ça m'est arrivé). Mais jamais rabaissés. Certes, on ne nous cachait pas que les épreuves étaient extrêmement difficiles, qu'on allait en baver, et écoper de tôles au début, et peut-être jusqu'à la fin. Mais jamais sans ajouter que ce qui comptait, c'était ce que l'on pouvait apprendre en cours de route, les progrès de connaissances et de méthodes que nous pouvions faire. Et vu les témoignages ici, ma prépa est loin d'être la seule où l'ambiance était bonne.
Que les harceleurs et les enseignants méprisants soient condamnés, bien sûr. Mais (1) que l'on n'en fasse pas une généralité, par pitié ; (2) que les étudiants ne surinterprètent/mésinterprètent pas non plus les notes et les avertissements qu'on leur fait de la difficulté de la tâche et de la nécessité de se mettre au travail (eh oui, on ne termine pas sa journée de classe en prépa en se vautrant devant la télé ; si c'est rabaisser un étudiant de lui dire qu'il ne décollera pas de 2/20 et continuera d'accumuler les inanités sur ses copies dans ces conditions... mais vu ce qu'on leur demande dans le secondaire, pas étonnant qu'ils tombent des nues en prépa).

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par zolienne Mar 24 Déc 2013 - 13:41
Les premiers mois, comme nous étions trop nombreux pour entrer dans une salle de classe, nous avons eu cours dans une chapelle annexe, sans chauffage. Les professeurs étaient impatients qu'un nombre suffisant abandonne pour qu'on puisse faire cours dans une vraie salle de classe et ne se gênaient pas pour nous le dire. (maltraitance?)

Sinon, voici un petit florilège de remarques que j'ai considérées comme de l'humiliation :
- Le jour de la rentrée, accueil du proviseur "Ah ben vous au moins, vous ne finirez pas caissière en supermarché!" suivi d'un rire bien gras (sympa pour les enfants d'ouvriers et de coiffeuses dans la salle...).
- Première remarque sur ma copie d'histoire "Vous ne réussirez jamais en histoire".
- Première colle en géographie : "Vous avez l'intention de vous présenter au concours? Parce que je vous le dis tout de suite, ça n'est même pas la peine d'y penser!"
etc.

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par Lédissé Mar 24 Déc 2013 - 13:48
Effectivement, ça, c'est lamentable.

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Provence
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par Provence Mar 24 Déc 2013 - 13:50
@Sambre a écrit:
A mon avis tout dépend du profil du bachelier, un très gros bosseur, avec des résultats moyens s'y plaira mieux qu'une personne qui a tendance à se reposer sur ses acquis, comme je l'ai été, et qui sera assez déstabilisée par la somme de travail un peu abrutissant exigé (type apprendre des listes interminables de vocabulaire en langue...)

je ne suis pas tout à fait d'accord sur le profil du bachelier...
Charivari
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Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par Charivari Mar 24 Déc 2013 - 13:52
Zolienne j'en ai eu aussi...  fleurs2 
La couleur annoncée en début d'année "ici, c'est marche ou crève" (sic!), les remarques méprisantes pendant les cours (philo): "Le néant n'existe pas, à part peut-être dans l'esprit de Mlle Charivari", etc...
Malgré tout j'en garde un bon souvenir général, pour moi ça faisait partie du jeu, d'une certaine mise en scène. Mais je comprends que ça puisse marquer, je ne l'ai d'ailleurs pas toujours bien vécu.

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par User17706 Mar 24 Déc 2013 - 14:08
Ah oui, les remarques destinées à terroriser ou inutilement blessantes, c'est complètement idiot, on est bien d'accord.
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Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par zolienne Mar 24 Déc 2013 - 14:33
Je suppose que ça dépend aussi du caractère de chacun. Moi je n'étais pas faite pour encaisser ça, et de toute façon je n'avais pas le niveau suffisant, ce que le tableau de classement affiché à l'avant de la classe me rappelait chaque jour, mon nom dépassant rarement les trois dernières marches du podium.

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par Provence Mar 24 Déc 2013 - 14:47
@zolienne a écrit:Je suppose que ça dépend aussi du caractère de chacun. Moi je n'étais pas faite pour encaisser ça, et de toute façon je n'avais pas le niveau suffisant, ce que le tableau de classement affiché à l'avant de la classe me rappelait chaque jour, mon nom dépassant rarement les trois dernières marches du podium.
 :shock: 
Il n'y a jamais eu ce genre de tableau dans ma prépa. On ne parle visiblement pas de la même chose selon la prépa par laquelle on est passé.
avatar
User17706
Bon génie

Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par User17706 Mar 24 Déc 2013 - 14:49
@Provence a écrit:
@zolienne a écrit:Je suppose que ça dépend aussi du caractère de chacun. Moi je n'étais pas faite pour encaisser ça, et de toute façon je n'avais pas le niveau suffisant, ce que le tableau de classement affiché à l'avant de la classe me rappelait chaque jour, mon nom dépassant rarement les trois dernières marches du podium.
 :shock: 
Il n'y a jamais eu ce genre de tableau dans ma prépa. On ne parle visiblement pas de la même chose selon la prépa par laquelle on est passé.
 :shock:  :shock:  aussi (sauf 2-3 jours après chaque concours blanc, certes).
Ergo
Ergo
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par Ergo Mar 24 Déc 2013 - 14:49
Prépa de province, en ce qui me concerne. Je ne peux pas cocher d'option parce qu'aucune ne me semble correspondre à mon vécu en prépa.
Je suis arrivée en prépa par défaut: je voulais faire archéologie pré-colombienne mais c'était au moment d'une période de transition funeste pour l'archéologie alors je m'étais laissée un an de réflexion en prépa.

On était quatre de ma classe de terminale à aller dans la même prépa - trois qui se sont retrouvées dans la même classe dont une avec laquelle je m'entendais bien qui était à l'internat également mais qui n'a pas fait de 2e année.

J'ai de très bons souvenirs en prépa, c'est là que j'ai rencontré ma meilleure amie (on était dans la même hK, on n'avait pas les mêmes options puisqu'elle était en latin/grec "confirmé" et moi en débutant et au départ, d'ailleurs, on ne se parlait pas beaucoup parce qu'il paraît que j'étais sauvage.  Laughing)

Je n'ai pas de souvenirs de remarques particulièrement humiliantes (un prof qui m'a dit en colle que j'étais nulle mais ça m'avait fait rigoler - d'autant que c'était vrai dans sa matière). Pour l'ambiance, je me suis mise en retrait dès le départ et je le suis restée (les profs avaient dit au conseil de classe que j'étais "insaisissable"  Rolling Eyes, j'étais totalement insensible aux compliments et aux reproches). Je n'ai jamais participé aux groupes de travail et en termes de travail, j'ai pris ce qui m'intéressait et laissé le reste: j'ai rendu toutes les disserts demandées en les faisant la nuit qui précédait le jour où on devait les rendre; j'arrivais en cours en ayant fait le minimum pour conserver mes 9h et quelques de sommeil de l'époque, sauf en cas de dissert donc (en Kh, je finissais mes thèmes et mes versions pendant le cours de philo qui précédait). J'ai donc été dans les 5 derniers des classes depuis le premier jusqu'au dernier jour (sauf en anglais, ce qui agaçait parfois ma prof parce que je n'apprenais pas les chapitres de vocabulaire mais je m'en sortais toujours bien en thème et en version grâce à ce qu'elle appelait ma "connaissance de l'anglais idiomatique" durement acquise par les séries télés, les films et les livres lus en anglais.  Razz)

Ils ont quand même accepté que je passe en 2e année...On n'était même pas 35 en hK et seulement 25 en Kh (les Kh option lettres classiques étaient 15).

J'y ai eu un professeur de latin en hK puis de lettres en Kh qui a beaucoup influencé ma façon de penser, totalement atypique parmi les autres enseignants (pas apprécié non plus, d'ailleurs); c'était le seul avec lequel j'ai pu parler de sujets aussi variés que les études précolombiennes, Tolkien et l'auteur sur lequel je fais ma thèse.

Ca m'a surtout permis de faire une double licence par la suite et trouver que la préparation au capes était familière et plutôt facile, finalement, vu le peu de disserts et de commentaires qu'on a eu à faire.

_________________
At some point you stopped working from home and started living at work. -- Mark Bould, SFS #142, Nov.2020
Olympias
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Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par Olympias Mar 24 Déc 2013 - 14:54
J'y suis restée trois ans et je n'ai pas de mauvais souvenirs...je n'ai jamais été hyperdouée pour les devoirs de philosophie mais j'ai toujours aimé ce que les cours m'ont appris.
lapetitemu
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Expert

Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par lapetitemu Mar 24 Déc 2013 - 15:14
Réponse 1 qui, pour ma part, me correspond totalement. Même l'expression "paradis perdu" n'est pas trop forte.
J'étais dans une prépa de province. Première année, pas de pression particulière : on savait très bien qu'ici, personne n'intégrait l'ENS, donc après, chacun avait d'autres bonnes raisons d'être là, et chacun y faisait sa vie. Deuxième année, un peu différent, car un élève, ô miracle, venait d'intégrer ! Donc, d'un coup, les profs se sont mis à nous tenir à tout bout de champ des discours sur notre future réussite. Bon, personnellement, je n'y ai jamais cru et ce n'était pas mon objectif, donc ça ne m'a pas gênée, j'ai continué à faire mon bout de chemin.
Très bonne ambiance, car très bonne promo. Les gens ne se prenaient pas la tête, c'est rien de le dire. J'ai des souvenirs mémorables de cours comme de soirées.
Des profs que j'adorais, d'autres que je détestais, mais je n'aurais pas la prétention de dire si c'était parce qu'ils étaient mauvais ou juste que ça ne passait pas avec moi.

En comparaison, j'ai détesté la fac, du moins mes années de licence et de M1. Je n'aimais les horaires totalement déconstruits, moi qui étais habituée au rythme régulier des journées de cours en prépa. Je n'aimais pas le fait de ne pas avoir vraiment de "promo" (selon les options, on n'était jamais le même groupe d'étudiants). Je n'aimais pas le fait que certaines matières (linguistique, stylistique pour ne pas les nommer) me semblaient incompréhensibles, ou, plutôt, que j'avais l'impression que leur définition dépendait du prof qui l'enseignait.

En bref, les années prépa, c'était pour moi des années étudiantes très riches, sur tous les plans : intellectuel, amical...
sansara
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par sansara Mar 24 Déc 2013 - 15:27
Je n'ai pas voté (mis à part pour l'intégration ou non d'une grande école), car aucune des propositions ne correspond à mes années de prépa, extrêmement différentes l'une de l'autre.

Prépa parisienne mais d'ambition "modeste", une année d'hypokhâgne extraordinaire, avec des profs exceptionnels, une bonne ambiance, certes des notes plus basses qu'en terminale mais aucune méchanceté de la part des enseignants.

Et puis un an de khâgne, à 62 élèves (aucun abandon). Beaucoup de pression, beaucoup de boulot, je dormais 5h par nuit pour travailler, et lorsque ma prof de français a commenté mon 8 de moyenne (sur une seule note) par "Manque de travail", j'ai craqué. Crises d'angoisses (qui durent encore aujourd'hui, presque 7 ans après), tellement handicapantes que j'ai dû être hospitalisée pendant 2 mois. Je ne pouvais plus ni manger ni dormir, j'étais épuisée physiquement et moralement.

J'ai passé les écrits alors que j'étais encore à l'hôpital, grâce à des permissions de sortie. Je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à être admissible, à passer les oraux (après être retournée en cours) et à intégrer l'ENS. J'ai toujours eu l'impression de ne pas avoir mérité ce concours, étant donné que j'avais complètement arrêté de travailler pendant deux mois. Personne d'autre de ma classe n'a eu le concours cette année-là. Mais je crois avoir été la seule à souffrir autant (dans ma classe, j'entends)...  pale 
liliepingouin
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par liliepingouin Mar 24 Déc 2013 - 15:32
Il manque quand même un juste milieu entre "paradis perdus" et "années pénibles"...
Je ne regrette pas les années que j'ai faites en prépa, loin de là, mais c'était quand même dur et je changerais bien quelques trucs...
Bons souvenirs dans l'ensemble, du fait d'une très bonne ambiance ainsi que de la culture et des méthodes de travail que j'ai acquises là-bas.
Je dois beaucoup à la prépa, mais pas au point non plus de la décrire comme le paradis!

_________________
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par User5899 Mar 24 Déc 2013 - 16:31
@Carabas a écrit:
Cripure a écrit:
@Carabas a écrit:Le sondage oublie les prépas, nombreuses, qui ne sont ni Louis le Grand, Ni Henri IV.
Ah bon ?
Le sondage est un peu tout ou rien : soit très bonne ambiance, soit années pénibles.
Je ne me reconnais nulle part.
OK, mais je ne vois pas le rapport avec les prépas parisiennes mentionnées dans votre première objection.
Sinon, à part année non pénible/année pénible, que faudrait-il prévoir ? Année pénible mais pas trop parce que finalement pas trop pénible même si ?
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User5899
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par User5899 Mar 24 Déc 2013 - 16:33
@Hélips a écrit:Je m'incruste même si je suis en sciences (mais je ne vote pas du coup). Pour moi, la situation était simple : je n'ai pas fait grand chose au lycée, j'aime ne rien faire. Donc la fac, c'était aller dans le mur (enfin au cinéma). La prépa (une petite prépa parisienne), c'est ce qui m'a obligée à travailler, et c'est pour ça que j'avais choisi cette voie. Je n'ai pas intégré d'école derrière (bah oui, les ENS ou rien quand on est nulle en physique, c'est très ambitieux), mais sans prépa, je n'aurai pas eu l'agrégation. Et en plus, je me suis bien éclatée (amitié comme savoir).
C'est exactement ce que j'ai vécu. Sauf qu'en prépa lettres, en plus, j'ai vu le conditionnel passé mdr
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par User5899 Mar 24 Déc 2013 - 16:41
LadyC a écrit:Je réponds d'abord sur la question de la montagne de travail qui devrait figurer dans les propositions "négatives" du sondage...

@John a écrit:
Une étudiante en lettres supérieures s’est donné la mort dans la nuit de vendredi à samedi. La jeune fille de 19 ans s’est jetée du troisième étage de l’internat, aux alentours de minuit.
En début de semaine, un élève de Terminale également scolarisé à Pierre-de-Fermat, avait été découvert sans vie par ses proches, au domicile familial. L’adolescent de 17 ans s’était suicidé par pendaison.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/13/1605119-lycee-fermat-etudiante-19-ans-suicide-internat.html
Là on ne peut pas commenter, rien ne permet de décider si le suicide a vraiment un lien avec la prépa.

Un élève de prépa met de côté son adolescence
http://www.la-croix.com/Famille/Parents-Enfants/Dossiers/Enfants-et-Adolescents/18-a-25-ans/Les-eleves-de-prepa-sont-ils-a-plaindre-_NP_-2005-04-12-508395
Euh, oui, on met de côté son adolescence, si l'on veut... pas de sortie, pas de vie sociale, beaucoup de travail... mais on est libre de partir si ça ne nous convient pas, que ce soit en cours d'année ou au bout d'un an. Le sacrifice me semble quand même douteux.
Sauf si les parents font pression, mais dans ce cas, ce n'est pas la prépa qui est à blâmer.
Au reste, cet article est très mesuré, et est loin de se résumer à la phrase "Un élève de prépa met de côté son adolescence".

"la surcharge de travail et la difficulté des cours sont telles que personne de normalement constitué ne peut en venir à bout"
http://tempsreel.nouvelobs.com/livres-education/20131129.OBS7625/mais-que-fait-on-en-classe-prepa.html
C'est juste faux.
Je l'ai sans doute déjà dit, je re-cite mon professeur d'histoire lorsque j'ai intégré : "ça me fait plaisir aussi pour les autres, parce que ça leur montre qu'on peut y arriver sans être un génie, mais une personne normale qui travaille beaucoup".
D'ailleurs, la suite nuance : "il convient donc d’apprendre à s’organiser, plutôt que d’être absolument exhaustif."
Et : "Cela n’empêche pas les préparationnaires de développer un véritable esprit scientifique, un raisonnement suffisamment élaboré pour leur permettre de se poser les bonnes questions plutôt que de régurgiter des savoirs pré-mâchés. C’est la fameuse "méthode prépa" qui, paraît-il, vous suit toute une vie." (à mettre en opposition avec ce qui est dit sur le "lavage de cerveau" dans un article un peu plus bas)
Raphael Varieras
03/12/01
Je confirme qu'effectivement il y a eu deux suicides l'an dernier, en PREPA
à Hoche. L'un en sup MPSI, l'autre en sup BCPST. L'un était le "bizuth"
d'une amie à moi. Cela ne fait aucun doute qu'ils n'ont pas supporté la
pression qui s'exercait sur eux. Mais bien sûr les professeurs se sont
empressés de dire qu'il s'agissait d'excellents élèves et que leur suicide
n'avait rien avoir avec leur scolarité... En tout cas, les profs ne semblent
pas en avoir retenu de leçon puisqu'il y a encore eu un suicide au début de
cette année, en sup...
Là non plus, on ne peut pas dire si c'est vraiment la pression - ni d'où elle venait. C'est possible, certains diront même probable, que ce soit la pression de la prépa... mais là encore, je me pose la question : pourquoi ne pas tout simplement partir ? (j'espère ne pas manquer de respect à la mémoire de ceux qui se sont suicidés parce qu'ils ne supportaient pas la pression de leur prépa ; mais autant je "comprends" un suicide pour raison sentimentales, familiales... autant, lorsqu'il s'agit d'un environnement institutionnel dont on peut facilement sortir - il suffit de s'inscrire à la fac, même s'il faut éventuellement attendre la fin de l'année -, je ne vois pas ; ou bien c'est la faute de l'entourage qui dit effectivement à l'étudiant qu'il ne vaut rien s'il n'est pas le meilleur de sa classe en prépa...)
WatchDog
03/12/01
Pas étonnant que ça se produise en première année, puisque les gens découvrent
une ambiance souvent à couper au couteau et une charge de travail
incomparable...
Pas étonnant donc, mais tout simplement scandaleux que les responsables du lycée
ne s'en émeuvent pas outre mesure et ne fassent rien pour tenter de trouver des
solutions et de changer peut-être d'attitude.
En tout cas c'est effarant de voir les résultats d'une double pression,
familiale et sociale : familiale car les parents poussent parfois leurs enfants
à poursuivre des études qui ne leur plaisent pas toujours et qui de surcroît
sont extrêmement denses
,
donc ce n'est pas la prépa
sociale ensuite parce qu'on est arrivé à faire croire à
ces jeunes que le seul moyen qu'ils ont de vivre c'est de réussir à sortir par
le haut d'un système d'écrémage féroce et souvent aveugle
, alors qu'ils
pourraient s'épanouir dans une toute autre filière et surtout faire des choses
qui leur plaisent.
Mais qui leur fait croire cela ? jamais je n'ai entendu ça, jamais. La prépa et la fac étant parallèles, personne ne m'a jamais dit que la prépa était la seule voie. Je ne l'ai jamais entendu dire non plus par/à mes camarades.
Effarant de voir comment un système ultra-élitiste en arrive à broyer des vies
humaines, à fabriquer des clones et à ne pas respecter du tout les
particularités de chacun au profit d'un culte du moulage "prépa",
Pardon ? :shock:des clones ? que ce soit en prépa ou à l'ENS, j'ai vu des personnes très différentes... d'une part. D'autre part, la prépa n'est pas une institution visant à développer le génie créatif, c'est clair, mais la couleur est annoncée dès le départ. Pourquoi ne pas aller à la fac si on n'aime pas rentrer dans le "moule" d'une formation scolaire ? Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 3795679266
qui engendre nos dirigeants au sens large du terme, qui ne sont pas tous des foudres de
guerre en matière de réflexion mais qui ont pu passer le cap de deux ans de ce
qu'ils ressentent aujourd'hui comme du bourrage de crâne
, sans doute à raison
s'ils n'ont pas pleinement choisi de suivre de telles études. https://groups.google.com/forum/#!topic/fr.education.superieur/6wm-Y_nU7RU
Euh... non. Au contraire. C'est justement là que j'ai appris à réfléchir. Et appris tout court. L'exact opposé du bourrage de crâne.

Il nous fait ainsi entrer dans les coulisses du Lycée du Parc, à Lyon, où il intègre la classe de maths sup en septembre 1993. Il raconte ses journées qui commencent à 8 h et se terminent à minuit. Il décrit aussi la dure période des concours, "véritable question de vie ou de mort" où certains deviennent "brutalement taciturnes, insomniaques, ou obsessionnels". D’autres présentent "des troubles maniaco-dépressifs". Et d’ajouter que "chaque taupin connaît au moins un cas de suicide ou de tentative de suicide dans sa classe ou son lycée."
http://www.letudiant.fr/etudes/classes-prepa/ouvrages-10356.html
Les journées 8h-minuit, oui (et même plutôt 6h-minuit, entre le lever et le coucher).
Pour la question de vie ou de mort et le reste... là encore, d'où vient la pression ? mes enseignants ne nous l'ont jamais mise.

C'était la fiérter de la famille toujours des bonnes note 18 de moyenne 18,1 au bac mention très bien avec felicitation du jury il a voulu faire une prépa louis le grand en mpsi l'a accepter la bas il est tomber de haut lui qui etait habituer a etre toujours premier est passer dans les derniers il bosse comme un taré et ma mere le critique beaucoup en disant qu'il ne bosse pas (elle crois que la prepa c'est facile) donc c'est note on baisser les gens sont déçus de lui et la compétition est très rude dans sa prépa il n'a carrement plus de vie il prend des anti-dépresseur pour tenir mais il en peu vraiment plus quand il m'a dit qu'il voulais se suicider j'ai compris que c'etait sérieux
je dois faire quoi ??
http://www.jeuxvideo.com/forums/1-50-79945096-1-0-1-0-mon-frere-en-prepa-veut-se-suicider.htm
La réponse est claire, non ?

Dès les premiers cours, les professeurs commencent à vous mettre la pression, vous faisant comprendre (plus ou moins) subtilement, que vous n'êtes que des merdes, et qu'aux concours, quand vous vous en chierez (avez vous déjà vu une merde chier?), vous verrez, alors que vous avez à peine entamé la première question, un type sortir de la salle. « Oh il y arrive pas et préfère s'en aller » vous direz vous pour vous rassurer, mais c'est exactement le contraire! Il a fait les 42 questions en deux temps trois mouvement et il aura 20/20...au moins, alors que vous, vous prierez le seigneur pour espérer dépasser les 5.
Si les professeurs rabaissent les étudiants, en effet, c'est inacceptable.
Mais il ne faut pas s'en formaliser, vous comprenez, vous jouez avec les meilleurs étudiants de votre génération, il faut comprendre que vous ne leur arrivez pas à la cheville, c'est pas grave.
Et alors ? Cela dépend comment c'est dit, bien sûr. Mais quel est le mal, quelle est l'humiliation, à se dire que, si l'on concourt avec les plus brillants de sa génération, on peut s'attendre à récolter 3 ou 4 ? On fait du mieux qu'on peut, c'est tout. On s'enrichit en apprenant, et on ne cherche pas à être le meilleur soi-même, simplement à donner le meilleur de soi-même. Où est le problème ? On dirait un athlète de niveau régional qui pleure parce qu'on lui a dit que c'est normal qu'il n'arrive pas à la cheville d'un athlète de niveau international.
C'est là qu'on en vient à espérer qu'il y ait une justice en ce bas monde, et que ces type n'ai pas de vie sociale, qu'ils aient un cancer généralisé, ou d'autres bonheurs en tout genre, pour compenser le fait d'être supérieurement intelligents... ce qui est loin d'être évident.
Eh bien c'est sympa. Sans commentaire. L'auteur de cet article est juste mesquin. Je n'ai jamais souhaité que ceux qui étaient meilleurs que moi (et certes j'ai fini par intégrer, mais mes premiers mois en prépa m'ont vu récolter de très, très sales notes) aient le moindre malheur.

Bref, après s'être fait rabaisser comme il faut, les cours peuvent commencer.
Encore une fois, s'il s'agit vraiment de rabaisser les élèves, c'est bien évidemment condamnable.
(Mais je ne serais pas étonné que certains prennent comme du "rabaissement" ce qui n'est qu'un avertissement "attention, vous allez en baver, on joue dans la cour des grands".)
Dans les 10h de maths par semaine, 8h de physique, 4h de chimie et de SI... sans compter les cours de français, d'anglais, les contrôles en tout genre et toutes les colles, que je présenterais dans la suite.
Ben oui, c'est la prépa. Sinon, il y a la fac.
Je ne vous ferais pas un compte rendu de tous les cours car ça prendrait trop de temps, mais il en sort une idée principale c'est que c'est « pourtant pas difficile à comprendre » ou que « un éleve de 3ème pourrait faire ça sans problème »... mais alors Monsieur, pourquoi on comprend pas? cette question, on ne la pose pas, car on imagine assez bien la réponse.
Evidemment, un professeur doit donner l'explication.
Ceci dit, je rejoins Iphigénie : j'imagine bien les enseignants de prépa sidérés par des questions où ils se demandent si vraiment l'élève n'a pas compris (ou s'il fait semblant, car il s'agit d'une notion qu'il devrait avoir assimilée depuis longtemps) ou s'il faut refaire le programme de lycée...

A part les cours, les préparateurs (personnes préparant les Prépasiens) ont trouvés d'autres moyens de nous occuper: les éternels contrôles connus depuis le secondaire, même le primaire
Bel état d'esprit.
De nous entraîner ? De nous faire progresser ? De nous préparer aux épreuves ? non ?
Désolée, mais ce genre de phrase décrédibilise tout l'article. Il est évident que l'auteur n'a rien à faire en prépa (et je ne parle pas d'intelligence ni de connaissance, mais d'état d'esprit).
sauf que là le principe n'est plus exactement le même: « vous devez essayer de répondre au moins à une question sans dire n'importe quoi! »,
Propos condamnable... mais il faudrait voir le contexte. En soi, évidemment, si ce n'est qu'à ce genre de remarques que les élèves ont droit, on comprend le découragement et le sentiment d'être rabaissé.
Mais je n'ai jamais entendu cela.
et les colles (ou khôlles dans certains lycée), qui consistent à passer au tableau avec deux camarades, et à faire des exercices, sous l'½il inquisiteur d'un professeur, à l'affut de la moindre erreur; ceci pour voir l'étendue de nos connaissances (ou de notre ignorance) dans la matière examinée.
Où est le problème ?

En prépa, il faut aussi ravaler son orgueil (à part évidement si on est un génie) et accepter d'avoir des notes minables « wahouuuuuuuh! J'ai eu 4! 4 fois plus que toi! Je suis trop foooort! »
Ravaler son orgueil, je ne trouve pas cela mal. J'ai eu 4 aussi, ou moins. Et même les "génies" (les HQI, disons) ne l'étaient pas partout.
D'ailleurs je ne vois pas où il s'agit d'orgueil. Ce n'est pas la personne qui est jugée, sa valeur, mais sa performance à une épreuve, ponctuelle, et décrite dès l'abord comme extrêmement difficile. Déçue comme je l'ai été par mes mauvaises notes, jamais je ne l'ai pris comme un rabaissement. N'est-ce pas le problème de ceux qui croient être jugés en tant que personnes dans leurs devoirs ? ou qui ont, justement, trop d'orgueil ?

Puis rentré chez soi, il n'est pas dans la tradition d'aller se poser et de regarder un film, lire un livre ou de faire la sieste, car je te rappelle que pour demain, tu as un DM de maths (devoir maison dans le jargon), un TD (Travail Dirigé dans le jargon) de SI et un de Chimie, des exercices de physique... ah et si il te reste du temps, tu révisera peut-être le DS (Devoir Surveillé dans le jargon) d'anglais.
Ainsi tu te couches tôt après avoir fini tout ton travail, et le lendemain tu es en super forme, avec de jolies poches sous les yeux...
La vie est dure, hein ?
C'est bizarre, même dans le secondaire, je n'avais pas pour tradition de me poser et de regarder un film après le lycée. Sûrement que sans le savoir j'étais déjà en prépa.
Et le Week-end, il faut éviter de sortir de trop avec tes amis, c'est un grosse perte de temps, et en plus si tu te couches tard tu ne sera pas en forme le lendemain pour travailler l'ami! Pire encore si tu as bu! Ne bois surtout pas d'alcool, sinon tu va perdre une grande partie de tes facultés cognitives et comment fera tu alors pour faire tes DMs, Tds, Exercices, préparer tes DS, et revoir tes centaines de pages de cours (hé oui, si tu ne maitrise pas ton cours de 6ème, bouge toi le derrière et va le revoir, sinon tu n'y arrivera jamais).
Ben oui, on a été prévenu non ? avant de s'inscrire ? Encore une fois, il s'agit juste du contrat de travail. Pas de rabaissement, pas d'ambiance délétère... je ne vois pas ce qui pousse au suicide ni condamne le système des prépas en tant que tel.

Et le pire, c'est qu'il y en a qui aiment ça...
Quels sales vicieux. Il y en a qui aiment ça : ça prouve que le système est mauvais.

Bref, voici un petit portrait de la vie en CPGE. J'oublies surement plein de choses, mais il y a tellement à dire sur cet univers passionnant... C'est beau et ça donne envie!
Et on comprend aussi pourquoi le taux de suicides est plus élevé dans les CPGE que dans les autres filières.
http://fredfercoq.cowblog.fr/la-vie-en-prepa-l-elite-des-suicidaires-2894534.html
Non, on ne comprend pas grâce à cet article. L'auteur ne me semble pas dépressif, d'ailleurs... je vois beaucoup plus de lignes consacrées à "pfffffff on a plein de trucs à faire et je ne peux pas sortir en boîte le w-e" qu'à "nos professeurs nous rabaissent à chaque occasion".

1)Les prépas rendent malade. Il y a un grand article dans le Monde pour le démontrer (Prépas, l'excellence au prix fort Cahier du Monde N°20852, 04/02/2012). La vie infligée aux jeunes dans ces prépas est à rapprocher de la maltraitance (à moins que l’on me démontre que cela a changé), la France va se retrouver un jour avec une assignation de la Cour de Justice Européenne ou quelque chose comme ça que ça ne m’étonnerait pas.
:shock: La maltraitance ? Encore une fois :
- on a le choix
- il y en a que ça rend heureux (même quand ils n'ont pas intégré)
- dans certaines prépas, il va falloir vous lever tôt pour trouver un élève se trouvant maltraité

2)Les prépas créent un sentiment de ratage, en raison des classements : on est toujours le raté de quelque chose : « t’as fait l’X parce que t’as pas pu faire l’ENS, t’as fait Centrale parce que t’as pas pu faire l’X, t’as fait Supélec parce que t’as pas pu faire Centrale, etc.. ; » dans une régression morbide et absurde, propre à la France.  (La situation est très différente dans les pays anglo-saxons, où les concours ne sont pas nationaux, ni alignés sur la même grille et le même programme, etc.) . On pourra rapprocher cette observation du taux de suicide et de la consommation de tranquillisants dans ce pays (les plus élevés au monde).
On parle de la mentalité de qui, là ? Sont-ce les enseignants de prépa, ou bien les familles/amis qui tiennent ces propos ? En quoi le système pose-t-il problème ?
En outre, c'est justement l'alignement de plusieurs écoles qui permet aux étudiants qui n'ont pas LA plus prestigieuse d'être quand même accueillis ailleurs (et bon, je ne vois pas ce que Supélec a d'humiliant Rolling Eyes), sans avoir à refaire des années. Les étudiants en sciences sont d'ailleurs beaucoup mieux lotis que ceux de lettres sur ce point (ce qui me rend particulièrement ricanante vis-à-vis de l'auteur du long article ci-dessus).

3) La prépa crée un sentiment de supériorité : le système français distille dans le cerveau des jeunes un esprit de caste supérieure. Je n’ai pas le temps dans un billet de blog de détailler, mais la phrase prononcée par le Général commandant de promotion à mon arrivée à l’X, en amphi Poincaré a été : « Souvenez-vous que vous êtes supérieurs à vos égaux » (Verbatim). Les diplômés qui viennent d’une grande Université européenne « ordinaire » ne font pas preuve d’un tel sentiment de supériorité.
http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-fleury/120212/coup-de-gueule
Evidemment, phrase lamentable. Mais ponctuelle. Jamais, ni en prépa ni à l'ENS, je n'ai entendu quoi que ce soit qui ressemblait même de loin à ce propos.


Bref, autant je suis d'accord pour dire qu'il faudrait ajouter au sondage "J'ai été écrasé de travail" ou "Mes professeurs m'ont rabaissé" (il y en a, et ce serait intéressant de voir combien, sur Néo, sont concernés), autant ces articles à charge me semblent, dans l'ensemble, peu convaincants.
Tant que, de toute façon, la faculté existera à côté de la prépa, il me semble logiquement impossible d'imputer à cette dernière les maux dont on l'accuse, comme il serait ridicule d'accuser une tartiflette de nous avoir rendu malade alors qu'une salade était proposée à côté.
J'ai passé ma prépa à entendre "faites de votre mieux, mais si vous n'y arrivez pas, ne vous rendez pas malade". Certes, on était enguirlandés (et bien) quand on ne faisait pas le travail (et ça m'est arrivé). Mais jamais rabaissés. Certes, on ne nous cachait pas que les épreuves étaient extrêmement difficiles, qu'on allait en baver, et écoper de tôles au début, et peut-être jusqu'à la fin. Mais jamais sans ajouter que ce qui comptait, c'était ce que l'on pouvait apprendre en cours de route, les progrès de connaissances et de méthodes que nous pouvions faire. Et vu les témoignages ici, ma prépa est loin d'être la seule où l'ambiance était bonne.
Que les harceleurs et les enseignants méprisants soient condamnés, bien sûr. Mais (1) que l'on n'en fasse pas une généralité, par pitié ; (2) que les étudiants ne surinterprètent/mésinterprètent pas non plus les notes et les avertissements qu'on leur fait de la difficulté de la tâche et de la nécessité de se mettre au travail (eh oui, on ne termine pas sa journée de classe en prépa en se vautrant devant la télé ; si c'est rabaisser un étudiant de lui dire qu'il ne décollera pas de 2/20 et continuera d'accumuler les inanités sur ses copies dans ces conditions... mais vu ce qu'on leur demande dans le secondaire, pas étonnant qu'ils tombent des nues en prépa).
Merci, LadyC, vous êtes une des rares à me faire apparemment crédit de ne pas être un être essentiellement pervers et con qui, face à une remarque d'un autre fil (qui motiva ce sondage) ne prévit pas initialement une proposition sur la difficulté du cursus et qui, s'étant fait limite agresser par le taulier à 2h du mat et lui ayant demandé de rajouter une proposition au sondage (puisque ces derniers ne sont pas éditables par le membre lambda), constata qu'il n'en avait rien fait.
J'ai moi aussi trouvé que cette débauche de liens n'avait aucun rapport avec la choucroute et je réaffirme que c'est un aspect de la question qui, au fond, ne m'intéresse pas. Si on n'est pas capable de bosser pour supporter la prépa, on est toujours libre de partir. En tout cas, c'est ainsi que je l'ai vécu.
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par Carabas Mar 24 Déc 2013 - 16:49
En même temps, je pense que le monde du travail est nettement moins tendre que celui de la prépa. Mais c'est plus la mode d'accuser les prépas de tous les maux...

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par User5899 Mar 24 Déc 2013 - 16:49
@John a écrit:
Un élève de prépa met de côté son adolescence
http://www.la-croix.com/Famille/Parents-Enfants/Dossiers/Enfants-et-Adolescents/18-a-25-ans/Les-eleves-de-prepa-sont-ils-a-plaindre-_NP_-2005-04-12-508395
Je n'avais pas tiqué sur celui-là, mais bon, quand même, parler d'un bachelier de 18 ans comme d'un ado, faudrait voir à ne pas exagérer, quand même ! Moi, à 18 ans, je ne me considérais pas comme un ado !
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par User5899 Mar 24 Déc 2013 - 16:52
Comme je ne peux pas éditer le sondage, peut-on rajouter une proposition en dernier, avant les deux questions sur l'intégration, genre "Abominable tant mes études secondaires ne m'avaient jamais préparé à vraiment travailler" ?
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par Nadejda Mar 24 Déc 2013 - 17:05
Cripure a écrit:Comme je ne peux pas éditer le sondage, peut-on rajouter une proposition en dernier, avant les deux questions sur l'intégration, genre "Abominable tant mes études secondaires ne m'avaient jamais préparé à vraiment travailler" ?

J'ajouterais quelque chose comme : "mitigées : lacunes du secondaire comblées, méthodes très précieuses acquises mais cadre trop rigide / qui ne laisse pas le temps d'approfondir. Malgré tout une excellente propédeutique" (à compléter)
Parce que si on n'a pas tout à fait aimé la prépa on passe un peu pour un incapable (du moins, je le ressens ainsi)...
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Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ? - Page 3 Empty Re: Anciens étudiants en prépas lettres : alors, c'était dur ?

par nuages Mar 24 Déc 2013 - 17:15
Un an de prépa dans un grand lycée parisien: un ennui mortel et des contraintes infantiles qui m'ont ôté tout plaisir d'apprendre . Je suis partie en deuxième année à la Sorbonne équivalence en poche, et là, une vraie renaissance, épanouissement personnel et culturel, le bonheur de s'instruire avec du temps pour lire et de l'indépendance.
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par wanax Mar 24 Déc 2013 - 17:40
Complètement d'accord avec Plotch, les liens proposés ne sont pas significatifs.
Sur le fond :
1/ Le fait que les prépas littéraires soient très féminisées joue-t-il un rôle ?
2/ Je suis frappé par le manque de ténacité de la plupart de mes élèves ( dans un bon lycée, pourtant. )
Ceux qui ne savent pas faire renoncent très vite, ceux qui savent habituellement faire se sentent en échec
dès qu'ils ne répondent plus aux questions du DS de maths à la vitesse de leur plume.

Ce n'est pas très compatible avec la prépa.

Dans mon souvenir, mais cela date de plus de vingt ans, nous étions beaucoup plus durs avec nous-mêmes,
davantage capables de chercher. L'idée de pleurer ou de chercher la faute chez autrui en cas de mauvaise note
était inconcevable.
Peut-être est-ce une impression, est-elle partagée ?
Blan6ine
Blan6ine
Érudit

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par Blan6ine Mar 24 Déc 2013 - 18:00
@wanax a écrit:Ceux qui ne savent pas faire renoncent très vite, ceux qui savent habituellement faire se sentent en échec
Je n'ai pas fait de sondages ni d'études comparatives sur les 30 dernières années pour étayer mon propos. Alors, attention, ce que je vais dire est subjectif.
Je suis tout à fait d'accord avec la phrase citée.
Le goût de l'effort n'est clairement pas une valeur d'actualité, à part peut-être dans le sport, voire la musique, quoique.
Les films, les publicités... diffusent, je crois, l'idée que tout s'acquiert sans effort. Même les films qui retracent la vie de personnes qui se sont distinguées (Le Discours d'un roi, Invictus...), par leur durée (allez, maximum 2h30) donnent l'impression que tout s'obtient rapidement.
Le travail scolaire est bien souvent assimilé à une perte de temps pour nos élèves et on ne doit pas les encourager à progresser mais en premier lieu à se familiariser avec l'idée de travailler.
Ces propos flirtent toutefois avec le hors-sujet dans un fil consacré aux classes prépas.
Mode HS off Wink
zolienne
zolienne
Niveau 9

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par zolienne Mar 24 Déc 2013 - 18:33
@wanax a écrit: Complètement d'accord avec Plotch, les liens proposés ne sont pas significatifs.
Sur le fond :
1/ Le fait que les prépas littéraires soient très féminisées joue-t-il un rôle ?
2/ Je suis frappé par le manque de ténacité de la plupart de mes élèves ( dans un bon lycée, pourtant. )?

J'ai pourtant tenu jusqu'au bout, en ce qui me concerne ce n'était donc pas un manque de ténacité. Je ne suis pas du genre à abandonner. Il n'empêche que je ne m'y suis pas épanouie. J'ai le droit?

@wanax a écrit: Dans mon souvenir, mais cela date de plus de vingt ans, nous étions beaucoup plus durs avec nous-mêmes,
davantage capables de chercher. L'idée de pleurer ou de chercher la faute chez autrui en cas de mauvaise note
était inconcevable.
Peut-être est-ce une impression, est-elle partagée ?

Je ne me plains pas de la charge de travail : j'ai toujours beaucoup bossé, et j'aimais ça. Je dis juste que le traitement infligé, la façon de nous rabaisser, les moqueries, le "diviser pour mieux régner" m'ont laissé un goût amer. Je ne pleure pas et je ne rejette la faute sur personne : j'avais de mauvaises notes parce que j'avais sûrement atteint mes limites intellectuelles.
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