Cécile réveret, lecture et double casquette

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par MS le Dim 27 Déc 2009 - 19:48

Je ne me souviens absolument pas de mon CP, je ne me revois pas en train d'apprendre à lire, j'ai l'impression d'avoir toujours su lire et ce n'est pas à la maison que j'ai appris, mes parents ne m'ont jamais aidée à faire mes devoirs. Je suis sûre néanmoins d'être passée par la bonne vieille méthode syllabique. Et j'ai toujours aimé la lecture, j'ai toujours lu, toute petite, je piquais les Tintin de mon frère.

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par doublecasquette le Dim 27 Déc 2009 - 20:12

Pas bien le temps de répondre ce soir, pour cause de MiniCasquette en vacances chez sa Mémette préférée !

Un "petit" texte pour débuter (c'est du réchauffé posté ailleurs sur le Net) :

Petits souvenirs personnels :

1) J’ai appris à lire pendant l’année scolaire 1962/1963, en GS, avec «Rémi et Colette » (méthode mixte à court départ global). Je ne garde que très peu de souvenirs de cet apprentissage.
Je revois juste un tableau noir sur lequel la maîtresse avait dessiné une dame, un petit garçon et une petite fille (très bien, d’ailleurs, si mes souvenirs sont bons) sous lesquels étaient écrits les trois mots « maman rémi colette ». La maîtresse se tient à côté de ce tableau, elle a une baguette à la main et elle fait lire à chacun des quarante petits bambins l’un ou l’autre de ces trois mots.
Je revois aussi le même petit garçon tenant à la main une tulipe rouge qu’il tend à sa mère. A côté, il y a écrit « rémi a coupé la tulipe rouge » et plus loin, l’un en dessous de l’autre « rémi, tulipe » puis « mi, li » et enfin i, i (en script et en cursive).

Rien d’autre si ce n’est ce souvenir marquant :
En fin d’année, mon institutrice étant absente, j’étais accueillie dans la classe des tout-petits. On m’avait installée au fond de la classe et je feuilletais un livre que l’on m’avait prêté. La femme de service s’est approchée de moi et m’a demandé si je savais lire.
Pour ne pas passer pour une idiote dans cette classe de bébés, j’ai courageusement répondu par l’affirmative, tout en espérant très fort que l’on ne me demanderait pas de prouver ce que je disais.
Ce fut hélas ce qui arriva et, à ma très grande surprise, je me rendis compte qu’en effet, je savais lire !

L’année suivante, je fis quand même un CP, « à cause » du calcul et de l’écriture au porte-plume. La première leçon du manuel de lecture était : « irène a soufflé la bougie. i i i »

J’ai donc bien appris à lire avec une méthode mixte. Mais, me direz-vous, bon milieu… parents attentifs… grands lecteurs eux-mêmes… peut-être y a-t-il eu à la maison d’autres influences. Je ne peux le dire.

2) A cette époque, nous passions toutes nos grandes vacances dans un petit village de la Drôme. Nous vivions tout l’été en compagnie des enfants de ce village et nous les connaissions très bien. Ceux-ci n’allaient pas en maternelle et rentraient à l’école du village (classe unique regroupant sans doute une trentaine d’enfants de cinq à douze ans, peut-être même quatorze en ce début des années 60 ?) l’année de leurs cinq ans.
La maîtresse les inscrivait en « section enfantine » mais, peut-être pour des raisons de commodités, elle les faisait suivre dès le premier jour avec les quelques rares élèves de CP inscrits dans cette classe.
Leur livre de lecture s’intitulait « Poucet et l’écureuil » (méthode mixte à départ global un peu plus long que Rémi et Colette).
La plupart d’entre eux passaient dès la rentrée suivante au CE1, lisant et écrivant couramment, d’où le faible nombre d’élèves de CP de cette classe. Ils continuaient donc leur scolarité avec un an d’avance sur nos petits camarades de ville qui n’avaient pas sauté le CE1 comme nous.
Certains conservaient cette avance jusqu’au collège, pour d’autres, l’institutrice préférait faire redoubler le CM2 avant le départ à la bourgade voisine.

Des enfants de tous milieux (certains étaient ce que l’on appelait alors « des gosses de l’Assistance) apprenaient donc à lire, à cinq ans, avec des méthodes mixtes à départ global.

3) J’ai été embauchée en novembre 1975 et ai débuté par deux semaines de stage dans un CP de ce que nous appellerions aujourd’hui une école de ZEP.
L’institutrice, qui était aussi directrice de l’école, était une dame à quelques années de la retraite, très bien notée par l’IDEN, grand adepte des techniques Freinet.
Elle récupérait dans sa classe des élèves ayant fait une GS « textes libres et imprimerie à l’école ».

Le jour de mon arrivée, elle rassembla ses élèves autour du tableau noir, entouré de nombreuses affiches portant toutes une ou deux phrases, écrites en gros caractères de minuscules scriptes.
Elle me présenta et amena petit à petit les élèves à dire oralement à peu près ceci : « Une dame est venue dans notre classe. Elle va apprendre à être maîtresse. »
Lorsque ceux-ci y réussirent tous, elle leur fit à nouveau prononcer cet énoncé lentement, mot à mot. Pour chacun des mots prononcés, elle traçait au tableau un trait horizontal plus ou moins long.
Les élèves durent ensuite « relire » ces traits en prononçant pour chacun d’entre eux le mot auquel il correspondait.
Déjà, une forêt de doigts se levait. Les enfants appelés venaient alors montrer sur les affiches qui entouraient le tableau les mots qu’ils connaissaient déjà et indiquaient alors à la maîtresse le trait sur lequel chacun devait être recopié.
A la fin de cet exercice, il ne restait plus que trois traits « vides » (notre, apprendre, maîtresse).
Les élèves, très impatients, poussaient ces petits cris de souris si caractéristiques de l’enfant qui sait en levant leur doigt le plus haut possible.
Les réponses fusaient : «nnnnooo, comme dans Jean-Nnnnnoooooël ! », « ttttrrrreee, comme dans contttrrre ! », « mai, comme dans mai-son ! »
Les heureux élus venaient alors au tableau, pointaient les graphèmes correspondants, très lentement, en épelant phonétiquement, sur les affiches et montraient à la maîtresse où elle devait les transcrire.
A la fin, il ne restait plus que le son « esse » de maîtresse, encore totalement inconnu. L’institutrice l’écrivit sous les yeux des élèves en l’épelant phonétiquement au fur et à mesure.

Ensuite, les élèves recopièrent les deux phrases sur un cahier et l’illustrèrent. L’après-midi, le texte recopié sur une affiche fut relu ; on donna aux élèves une bandelette de papier qu’ils relurent aussi puis découpèrent mot par mot.
Leur travail fut de recomposer la phrase, puis d’en extraire l’un ou l’autre des mots, puis enfin « d’écrire » sous la dictée de nouvelles phrases composées de certains de ces mots (une dame va apprendre. elle est venue dans notre classe. la maîtresse est venue. etc.)

Le lendemain, les mêmes exercices furent refaits, cette fois-ci sur l’ardoise en copiant directement au tableau les mots dictés. Pour certains l’exercice était encore difficile et la maîtresse les renvoyait au tableau pointer le mot à recopier puis restait près d’eux pendant la copie et l’accompagnant d’épellation phonétique.
Le soir, les phrases dictées furent données à relire à la maison après avoir été relues encore une fois en classe.
Nous étions au début novembre et, à l’époque, la rentrée avait lieu aux alentours du 15 septembre. Les élèves n’avaient donc qu’un mois et demi de CP derrière eux.
En deux semaines dans cette classe, je n’ai pas vu de « mots-outils » à apprendre à la maison.

4) Cette même année, j’ai été nommée en remplacement dans un CP de ville (zone HLM) pour tout le troisième trimestre. La méthode de lecture employée dans cette classe était « Daniel et Valérie » (méthode mixte à court départ global).
Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de l’utiliser puisque, à mon arrivée, le second manuel était quasiment fini, que tous les élèves de la classe, sauf une, lisaient couramment ou du moins déchiffraient très rapidement.
La seule élève non-lectrice était une enfant dont les trois frères et sœurs étaient inscrits en « classe de perfectionnement » et pour laquelle la famille demandait aussi une inscription dans cette classe.
Une élève avait huit ans, c’était une petite Yougoslave, arrivée au mois de septembre. Elle déchiffrait très facilement mais avaient encore souvent besoin qu’on lui explique le sens de certains mots. Un passage au CE2 était programmé pour la rentrée de septembre car elle s’ennuyait beaucoup en mathématiques dans ce CP « maths modernes » de 1976 !

5) Les années suivantes, comme toute bonne débutante entrée par la « petite porte, je fis un nombre incalculable de remplacements dans des CP ruraux, de ZEP ou équivalent, de centre-ville.
Je n’ai jamais vu à l’époque d’autres méthodes que les éternels «Rémi et Colette », « Daniel et Valérie » et « Poucet et l’écureuil » détrônés de plus en plus par la « méthode naturelle » de Célestin Freinet.
La tâche des remplaçants était pourtant extrêmement simple :
- si nous arrivions au mois de novembre, nous savions que les élèves auraient autour du tableau une dizaine de phrases dont ils sauraient repérer tous les mots et qu’il était temps de décomposer ces mots en syllabes et en lettres, que la plupart y arriverait très rapidement et que nous pourrions commencer à leur faire lire des « mots nouveaux » composés de ces syllabes.
- si nous arrivions en janvier, nous savions que toutes les voyelles et toutes les consonnes « simples » auraient été vues et que notre rôle serait de passer aux « digraphes »
- si nous arrivions début avril, les élèves n’auraient plus à étudier que les petites difficultés du CP : ce, ci, ça, ço, çu ; ge, gi, gea, geo ; gue, gui ; ill, ail, ouil, euil ; oy, ay, uy…
- si nous arrivions fin mai, nous savions que tous les élèves liraient et que nous allions peut-être découvrir un nouveau « premier livre de lecture courante », à moins qu’il ne s’agisse d’un livre déjà connu (« Le livre des bêtes », « le château de Pompon », etc.)

6) Il m’est arrivé aussi d’effectuer des remplacements à l’année dans des écoles rurales avec classe enfantine. Je prenais alors exemple sur Mmes Pays et Cadier, intégrant les élèves de section enfantine au CP, comme la première, et utilisant la méthode naturelle comme la seconde.
En fin d’année, tout le monde lisait et écrivait couramment.

7) Mon premier échec date de l’année scolaire 1992/1993. J’accueillais cette année-là cinq élèves* de CP qui, en novembre, n’avaient toujours pas réalisé qu’il y avait quelque chose de commun dans « llllllla », « lllllle », « Émilllllllllie » ! Ils n’arrivaient d’ailleurs même pas à comprendre pourquoi je m’acharnais à écrire l’un en dessous de l’autre « Émilie » et « Émilien » !
Mauvaise fournée, ai-je pensé dans un premier temps et j’ai fait du « rentre dedans syllabique » jusqu’à qu’ils sachent déchiffrer.
Mais, l’année d’après, même problème avec trois élèves sur six !

Et, en 1994/1995, Borel-Maisonny faisait une entrée fracassante dans ma classe !
Puisque l’espèce humaine avait muté, je me devais d’adapter ma pédagogie à ces nouveaux êtres pour lesquels demain est un autre jour et sur lesquels l’expérience de la veille n’a aucun impact sur le jour présent.

* : ce n’est que bien plus tard que j’ai réalisé que ces cinq enfants étaient les premiers à avoir bénéficié de trois ou quatre années de maternelle entièrement consacrées aux « arts plastiques et aux séances de langage libres » et dont on avait totalement évacué le dessin représentatif, le chant, les comptines, les exercices rythmiques, les rondes et jeux dansés, l’orientation dans l’espace, le graphisme et l’écriture, le comptage et le calcul, l’observation d’objets et de gravures et la lecture magistrale page à page et même parfois mot à mot des grandes œuvres de la littérature enfantine, remplacée par la lecture cursive d’un album-jeunesse, lu une fois et commenté seulement en fin de lecture par les quelques deux ou trois élèves de la classe habitués chez eux à entendre raconter des histoires.

Voilà. C’est tout. Depuis, c’est Borel-Maisonny tous les ans. Aucun échec depuis.
En revanche, depuis que j’utilise la méthode de Thierry, pendant toute la durée des mois de septembre et d’octobre, je commence chaque journée de classe de mes GS/CP par la « découverte » d’un texte écrit au tableau d’une phrase ou deux.
Les élèves des deux sections viennent chacun à leur tour montrer une lettre, une syllabe, un mot qu’ils savent déchiffrer. Je complète parfois en leur disant « i, deux l, ça fait [j] » ou « a, i, n, ça fait (in). » et, vers la fin octobre ou le début novembre, j’arrête car les CP savent tous quasiment tout lire et les GS n’en tireraient plus aucun profit.
Ces derniers reconnaissent globalement à cette époque généralement tous les articles, tous les pronoms personnels sujets et les prépositions « dans », « sur », « avec », cette reconnaissance globale est bien sûr reprise par moi ou par un CP par une épellation phonétique la confirmant, certains commençant de plus à déchiffrer tous les mots simples de deux et parfois même trois syllabes.

Catherine Bonnet-Huby

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Reine Margot le Dim 27 Déc 2009 - 20:17

Dr Housette a écrit:CP en 1984 avec une instit à deux doigts de la retraite. Méthode syllabique sans aucun doute. Je me rappelle des affiches sur les trois murs. J'aurais adoré savoir quel était le livre utilisé. quand je vais chez Emmaüs, je le cherche. La couverture et les dessins me feront avoir le déclic.

C'était avec Caroline (je crois) et Lola la Tortue (ça c'est sûr).

j'ai eu le même, il y avait aussi Nicolas et Boule le chat. Sinon méthode au moins semi-globale pour moi, avec des mots sur des étiquettes qu'il fallait repèrer globalement et assembler pour faire des phrases. j'ai appris à lire malgré tout, seule. je crois que pas mal d'enfants précoces, comme j'ai été, ont appris à déchiffrer seuls, je me souviens que je continuais à lire le bouquin de CP jusqu'à la fin alors que les autres en étaient au début, au 1er trimestre.

_________________
"décidément les temps et les oeufs sont durs, et la bêtise n'a plus de limites" Ken le Survivant.

car ton espoir n'est pas si désespéré, à condition d'analyser que l'absolu ne doit pas être annihilé par l'illusoire précarité de nos amours destituées, et vice et versa.

Reine Margot
Demi-Dieu


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par mymoune le Dim 27 Déc 2009 - 20:19

MS a écrit:Je ne me souviens absolument pas de mon CP, je ne me revois pas en train d'apprendre à lire, j'ai l'impression d'avoir toujours su lire et ce n'est pas à la maison que j'ai appris, mes parents ne m'ont jamais aidée à faire mes devoirs. Je suis sûre néanmoins d'être passée par la bonne vieille méthode syllabique. Et j'ai toujours aimé la lecture, j'ai toujours lu, toute petite, je piquais les Tintin de mon frère.

Idem, l'impression que tout cela a été inné !

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par doublecasquette le Dim 27 Déc 2009 - 20:27

Répertoire des méthodes (Minicasquette est au bain avec sa maman) :

Bigoudi et compagnie : méthode mixte à départ global court

Milène, Capi, Bruno (Mico, mon petit ours) : méthode "syllabique" à départ analytique

Caroline et Lola la tortue (A l'aube de l'école) : méthode mixte à court départ global (à mi-chemin entre "Bigoudi" et "Mico")

Celle du train sur fond bleu et blanc : je ne vois absolument pas. Je suis très vexée d'ailleurs. lol!

doublecasquette
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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Cath le Dim 27 Déc 2009 - 20:38

Moi aussi "Daniel et Valérie"!!!!
Avec les inoubliables "Daniel et Valérie jouent dans le pré. Bobi trotte. Trotte Bobi!"
Pas de souvenir de l'apprentissage lui-même, je me revois juste lisant à haute voix dans la classe de façon très fluide.

Cath
Guide spirituel


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par lulucastagnette le Dim 27 Déc 2009 - 20:44

Merci doublecasquette !
Je viens de retrouver l'illustration de couverture de "Mico mon petit ours", que de souvenirs...

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par sand le Dim 27 Déc 2009 - 21:42

Je me souviens d'avoir appris à lire avec Daniel et Valérie, une méthode syllabique. Daniel allait pêcher avec papa pendant que valérie aidait maman à faire la vaisselle (je suis devenue une bonne épouse d'ailleurs). Mon frère, qui a "bénéficié" d'une méthode globale, en a bien bavé : longtemps il a fait des tonnes de fautes ! Mes parents, instits, lui ont fait bouffer du bled tous les mercredis, pauvre petit, mais ça l'a sauvé.

sand
Empereur


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Adri le Dim 27 Déc 2009 - 22:18

J'ai appris pendant l'été précédant mon entrée au CP (avec une méthode syllabique et l'aide de ma Maman, sur les conseils de mon instit de maternelle).
Au CP - en 1980 -, mes petits camarades ont appris avec une méthode où il y avait une dénommée Béatrice, moi je passais mon temps à bouquiner au fond de la classe où à écouter les cours de CE1... J'ai refusé de passer directement en CE1 (on n'y donnait plus de bons points !).

Adri
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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par doublecasquette le Dim 27 Déc 2009 - 22:40

Adri a écrit:J'ai appris pendant l'été précédant mon entrée au CP (avec une méthode syllabique et l'aide de ma Maman, sur les conseils de mon instit de maternelle).
Au CP - en 1980 -, mes petits camarades ont appris avec une méthode où il y avait une dénommée Béatrice, moi je passais mon temps à bouquiner au fond de la classe où à écouter les cours de CE1... J'ai refusé de passer directement en CE1 (on n'y donnait plus de bons points !).

Béatrice, c'était dans une méthode intitulée "Au fil des mots" (chez les "vieux instits" de l'époque, la grosse vanne, c'était de l'appeler "Aux mille défauts") : une des premières méthodes qui utilisaient l'API et faisait étudier les lettres en les regroupant par phonèmes (lors de la leçon sur le son [o], on faisait des tableaux avec les mots appris globalement depuis le début de l'année et on répertoriait "o", "au", "eau").
C'était aussi l'une des premières méthodes à introduire un nombre relativement important de "mots nouveaux" à chaque nouveau texte (depuis, on a vu bien pire).
Dernière chose, c'était une des premières méthodes à dissocier dans le temps analyse et synthèse et à faire confiance aux élèves pour opérer cette synthèse relativement seuls (depuis, on a vu bien, bien, bien pire).


Dernière édition par doublecasquette le Lun 28 Déc 2009 - 0:26, édité 1 fois

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Adri le Dim 27 Déc 2009 - 22:46

J'en déduis que mon instit de maternelle faisait partie des "vieux instits", elle avait conseillé à ma mère la méthode Boscher, effrayée par ce qui se faisait au CP !

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Amaliah le Dim 27 Déc 2009 - 23:13

Moi j'étais au CP en 1985 et j'ai eu aussi Daniel et Valérie! Est-ce que c'est dans ce manuel qu'un petit Gabonais arrive et suscite la curiosité de tous?

Amaliah
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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Invité23 le Dim 27 Déc 2009 - 23:47

CP en 1985-86 et apprentissage de la lecture... L'été précédent, par ma mère, dans la Méthode Boscher (qu'elle appelait et appelle encore, je ne sais pourquoi, Le Livre de Pip(e ?)). Je me suis donc ennuyée ferme au CP, mais je me rappelle de la méthode, syllabique : un soleil était dessiné au tableau, avec au centre, le son consonne. Chaque rayon était un voyelle. La maîtresse épelait "p et a... PA" et nous devions répéter.
Quant aux lectures suivies, elles étaient, je pense, de son invention : tous les jours, nous avions une page polycopiée sur rouleau encreur, à l'encre violette, qui sentait rudement bon l'alcool Wink Ses textes racontaient l'histoire de Luti le lutin.

EDIT : après recherche sur le net, Luti le lutin était bien un manuel. L'instit' devait en copier des morceaux choisis et nous les polycopier.

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Cécile R. le Lun 28 Déc 2009 - 3:44

Patate a écrit:Bonjour tout le monde et Joyeux Noël!

Le père Noël m'a bien gâtée cette année et m'a apporté entre autre le livre de Cécile Réveret, La Sagesse du professeur de français. Je l'ai lu en une soirée.

4) Je me demande si les filles de C.Réveret ont appris à lire à l'école, ou avec C.Réveret. Je me demande aussi ce que vous faites avec vos enfants (apprentissage en CP avec méthode semi-globale, ou apprentissage avant s'il est demandeur).

Bonsoir Patate
Eh bien, voici la réponse en direct.
Tout d’abord, je suis ravie que mon livre vous ait plu.

Quant à mes filles, elles ont sans doute à peu près votre âge. À l’époque, j'étais moins avertie sur la question de l’apprentissage de la lecture mais j’étais tout de même inquiète. Le débat était déjà présent dans les médias et dans les écoles maternelles. C’était la loterie ! Tout dépendait de la maîtresse sur laquelle on tombait. On espérait tomber sur la maîtresse la plus vieille possible ! Celle qui avait commencé sa carrière avec la méthode alphabétique.

Je les ai donc vaguement initiées pendant l’été avec la méthode Jolly ( du pur alphabétique). ça devait être plutôt bricolé. Par exemple, je ne les ai pas fait assez écrire, alors que j’ai appris, depuis, que c’était très important. J’avais fabriqué des petits cartons sur lesquels j’avais écrit les lettres ( une lettre par carton ; une face en caractères d’imprimerie, l’autre face en cursive, d’une autre couleur, et je les manipulais pour former des syllabes.) Ma fille aînée se souvient très bien qu’elle a compris comment «ça marchait » devant un pot de sa.vo.ra ( Est-ce que ça existe encore, cette … savoureuse et très particulière moutarde ? ) Ces trois syllabes étaient l’une en-dessous de l’autre sur l’étiquette et ça a fait tilt dans sa tête. En tout cas, c’était avant le CP.
Elle ne savait pas lire pour autant. Mais à la rentrée, le hasard et la chance ont fait qu’elle a eu LA maîtresse qu’il fallait ( pas vieille du tout d’ailleurs et charmante …) très informée et surtout qui démarrait avec la syllabe.
Ma fille cadette, dans une autre école, a eu aussi une maîtresse pro-alphabétique. Elle avait le manuel Daniel et Valérie, considéré comme une « bonne » méthode mixte car à départ global très court.
Pour l’une comme pour l’autre, je me souviens que j’étais très attentive le soir à les faire déchiffrer syllabe par syllabe. J’avais tellement peur du par cœur !

Tout récemment, j’ai pris en charge beaucoup plus sérieusement une petite voisine de ma fille, dont la maman était très inquiète. J’ai aussi utilisé la méthode Jolly ( son nom est tout un programme : EN RIANT la lecture sans larmes !). On démarre avec toto, titi, toto a ri, puis lili a lu, puis toto va vite etc. Nous avons commencé en mars de sa dernière année de maternelle, à raison de séances de 35 minutes environ, 3 fois par semaine à peu près. Je l’ai lâchée fin juin, très contrariée de n’avoir pas vu les oi, les oin, le z, le x et d’autres trucs compliqués. Son CP s’est très bien passé. Elle lit très très bien et adore lire. Dès le CE1, elle passait son temps à bouquiner au point que sa mère a dû l’inscrire à la bibliothèque. Elle ne pouvait plus fournir financièrement les achats de tous les livres que la petite dévorait.
Avant de me lancer – c’était une grosse responsabilité et je ne voulais pas faire d’erreurs -, j’ai demandé des conseils à Rachel Boutonnet qui a insisté sur l’écriture.

Voilà, chère jeune collègue, j’espère avoir satisfait votre curiosité.
Bien cordialement
Cécile Revéret

Cécile R.
Niveau 1


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Patate le Lun 28 Déc 2009 - 23:41

Bonsoir tout le monde,
Merci pour toutes vos réponses, et merci tout particulièrement à Cécile Réveret. Je n'espèrais pas de réponses aussi précises si rapidement; ce forum m'étonne tous les jours!

Pour information, la moutarde Savora existe toujours Wink
Je retiens vos conseils: en maternelle il faut veiller non seulement à l'apprentissage des lettres, mais aussi tenir compte de toutes les activités graphiques, écriture motricité etc.

Puis-je me permettre une autre question?
Votre livre, Mme Réveret, est intéressant, rassurant aussi sur la légitimité de mes pensées... mais il est aussi déprimant! Car finalement, les dernières pages du livre montrent bien qu'il ne vous restait que 2 mois à faire, et que vous avez compté les jours.

Quel(s) conseil(s) pourriez-vous nous donner? Je suis un jeune professeur en collège rural. J'étais pleine d'enthousiasme au début: "Oui, les élèves sont faibles, mais tant pis, je recommence tout à la base, et j'apprends aux sixièmes à reconnaître un nom, un verbe...". Et puis, cette année, ma cinquième année, il y a un je ne sais quoi qui s'est installé. Je connais le fameux mot "rassasié" devant lequel je laisse l'élève se dépatouiller juste pour voir jusqu'où ça peut aller. J'apprends aux 6èmes à reconnaître un nom propre, un nom commun, et cette année j'ai même fait en soutien des lignes d'écriture, tout simplement parce que certains ne maîtrisent pas les majuscules cursives et confondent les C et les T. Mais... j'apprends aussi aux 5èmes à reconnaître... un nom commun, un verbe etc. Même avec les 5èmes je reprends tout à la base. Même les élèves de 5ème butent sur la lecture. Quant aux explications de texte, je me heurte aux mêmes difficultés que les vôtres: j'ai dû leur expliquer ce qu'est un "bois", et même ce qu'est une "forêt", quand j'ai compris qu'ils croyaient que le square de leur village était une forêt.
Jusqu'ici, je reprenais tout à la base, et je me disais que ce n'était de toute façon pas perdu. Mais cette année, je ne sais pas, je m'essouffle. Parce qu'après tout, c'est vrai, apprendre à des ados de 14 ans comment reconnaître un verbe me lasse. Mon "combat" pour leur apprendre qu'un nom nomme, qu'un complément complète etc me semble dérisoire maintenant. Dans votre livre vous citez vos collègues de langue, qui viennent vous solliciter pour que vous voyiez tel ou telo point de grammaire. Moi, ma collègue d'allemand ne fait plus étudier les cas et pratique essentiellement l'oral, avec des déclinaisons approximatives, "parce que ce n'est pas ça le plus important". Mon collègue d'histoire fait des contrôles à trous, où il ne faut que compléter par un mot. Et surtout, surtout, les dispositifs pour élèves particuliers se multiplient et pour de plus en plus d'élèves, mes supérieurs me demandent de ne plus compter l'orthographe, ni la propreté, ni la rédaction en phrases complètes, ni la récitation, et on me demande aussi de ne plus les faire lire à l'oral ("pour ne pas les déstabiliser"). Ce sont peut-être tous ces dispositifs qui ont provoqué mon agacement (et c'est peu dire) de cette année.

Que faire alors (car moi, il doit me rester des centaines et des centaines de mois à faire)? Je continue mes progressions grammaticales qui reprennent tout à la base mais qui me donnent l'impression d'avancer comme un escargot? Ou tant pis? Je m'incline devant mes supérieurs et condamne certains élèves à ne jamais pouvoir écrire correctement une lettre de motivation? Ou j'embête ces élèves et les malmène parce que je suis persuadée de les faire progresser?
Est-ce que j'ai tort de m'énerver intérieurement contre des collègues qui ne cessent de se lamenter du niveau d'orthographe, mais qui multiplient les contrôles à trous et qui font des combats de Wii avec les élèves?

Mon mari dit que les temps changent, ainsi que les connaissances des élèves, et qu'il faut s'y faire.

Patate
Fidèle du forum


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par V.Marchais le Mar 29 Déc 2009 - 0:22

Les temps changent, par définition, mais ce qui ne change pas, c'est que les élèves ont besoin de maîtriser leur langue maternelle pour penser avec finesse et traduire correctement cette pensée. Ce qui ne change pas, c'est qu'un élève qui ne maîtrise pas sa langue maternelle aura toujours du mal à comprendre et à s'exprimer. Ce qui ne change pas non plus, c'est que le cours de grammaire est le seul moment où l'on aborde cette langue du point de vue conceptuel. c'est essentiel à la fois pour saisir véritablement son fonctionnement et pour former au raisonnement. Ce n'est pas pour rien que les grecs faisaient de la grammaire une propédeutique à la philosophie.

Bref, ne lâchez pas. Cécile témoigne sans cesse de la joie des élèves qui se sentent enfin reprendre pied en grammaire, qui trouvent des repères dans un système dont ils perçoivent enfin la cohérence, qui se font même un jeu des exercices. C'est cela qui compte, alors tant pis pour le collègue d'histoire, le chef et la Wii (dites, c'est une blague ?) C'est vrai que c'est dur, d'enseigner la grammaire à peu près seul contre tous, que c'est décourageant d'avoir formé des élèves et de se dire, à la fin de l'année, que tout ce qu'on a mis en route va s'arrêter et- disparaître si on ne les retrouve pas l'année suivante. Mais ça vaut la peine. Il y a de plus en plus de collègues, ici même, qui remettent en cause le travail en séquence, s'attellent à de vraies progressions de grammaire, s'efforcent d'améliorer leurs cours. Si l'on se sent parfois bien seul et dinosauresque, dans son établissement, on se rend compte, sur ce forum, que seul, on ne l'est pas. Alors serrons-nous les coudes, mutualisons la réflexions, les ressources : cela en vaut la peine.

Tenez bon, Patate ! Je suis avec vousi - et Cécile aussi, j'en suis sûre !

V.Marchais
Empereur


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par doublecasquette le Mar 29 Déc 2009 - 0:28

Et moi, dans la mesure de mes modestes moyens, j'œuvre auprès de mes collègues de maternelle et d'élémentaire pour qu'il vous arrive de moins en moins d'élèves mauvais lecteurs et ne sachant pas distinguer un verbe d'un nom commun !
Tenez bon !

doublecasquette
Prophète


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par kensington le Mar 29 Déc 2009 - 0:43

Un message pour compléter la réponse de Patate et dire à Cécile Réveret combien j'ai apprécié son livre tout en étant aussi très sensible au désenchantement qui s'y exprime.

En tant que professeur d'anglais (qui fait aussi de la grammaire et ne passe pas son temps à faire communiquer les élèves!), je constate moi aussi très régulièrement et parfois avec découragement les difficultés de mes élèves en ce qui concerne leur propre langue et les conséquences dramatiques sur leur scolarité (et je ne suis pas dans un collège de ZEP ou du même genre). Les dégâts touchent maintenant tous les publics à quelques exceptions près.

kensington
Expert spécialisé


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Cécile R. le Mar 29 Déc 2009 - 1:49

Ouf, votre message, Patate ! Quel coup sur le moral tout d’abord ! Mais aussi quelle émotion de voir en vous mon reflet, mon double, tout ce que vous voulez, bref ce que j’étais il y a vingt ans …

Véronique a raison : il faut tenir bon. Pour vous tout d’abord : vous serez gagnante de toutes façons. Et pour les élèves aussi, évidemment.
Vous semblez être dans un collège particulièrement gratiné. La démission généralisée. Mes jeunes collègues des dernières années – pas tous - étaient conscients et ne capitulaient pas ainsi en rase campagne. J’avais même l’impression que l’espoir allait venir d’eux, des jeunes, qu’ils se mobilisaient pour acquérir ce qu’on ne leur avait pas appris et offrir un bon travail aux élèves.

Vous me posez des questions sur la fin de mon bouquin. Le découragement de ma dernière année était relativement ponctuel et dû à de « mauvaises conjonctures » : en l’espace de deux mois, le collège a complètement changé de visage. De nouveaux responsables ont signifié aux élèves, au début de l'année, que, quoi qu’ils fissent, ils seraient excusés ; qu’on comprenait leur mal-être etc. Même les braves gosses se sont tous engouffrés dans la brèche et c’est vite devenu très difficile pour tout le monde.

Mais revenons à votre propre découragement.
OUI, vous allez tous les ans redémarrer du début, faire, quel que soit le niveau, les mêmes cours, qui seront tous une INITIATION à la grammaire et vous serez en colère contre ceux qui ne vous ont pas déblayé le terrain. Mais vous le ferez quand même car même ça, ça vaut le coup. Un an de grammaire bien faite, et le bénéfice est déjà énorme. (Tant pis pour le collègue d’allemand qui ne se rendra pas compte qu’il aurait pu, à la suite de votre travail, leur parler sérieusement des cas. Celui-là, vous n’arriverez pas à le convaincre …)
Si vous tombez sur une classe sympa, vous pouvez les garder deux ans. Le travail est déjà fait. ( sauf pour les nouveaux qui vont immanquablement se greffer dans l’effectif …)
Ce que j’aimais bien faire, c’était prendre des 6è, bien les former à ma sauce, et les reprendre en 4è. Ça fonctionnait toujours très bien. Je vous le conseille.

Vous ramez toute seule. Mais vos élèves vous seront reconnaissants de ce que vous leur aurez apporté en faisant ce travail de fond. Je peux en témoigner …

Bon courage
Bien cordialement,
Cécile Revéret
P.S. Merci à Kensington !

Cécile R.
Niveau 1


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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Mimicracra le Mar 29 Déc 2009 - 11:59

sand a écrit:Je me souviens d'avoir appris à lire avec Daniel et Valérie, une méthode syllabique. Daniel allait pêcher avec papa pendant que valérie aidait maman à faire la vaisselle (je suis devenue une bonne épouse d'ailleurs). Mon frère, qui a "bénéficié" d'une méthode globale, en a bien bavé : longtemps il a fait des tonnes de fautes ! Mes parents, instits, lui ont fait bouffer du bled tous les mercredis, pauvre petit, mais ça l'a sauvé.

Tout pareil que Sand :
- moi, CP en 83, je savais lire parfaitement à paques avec la méthode syllabique Daniel et Valérie et une instit qui partait à la retraite à la fin de l'année scolaire. Les parents d'élèves se sont d'ailleurs cotisés et lui ont offert une bicyclette en juin...
- mon frère, CP en 87 avec la méthode globale Benoit-chien. Il a eu d'énormes difficultés à lire jusqu'en CM2. Il confondait les mots / syllabes et ne comprenait rien à ce qu'il lisait!

Je ne jure que par l'apprentissage syllabique : B et A = BA. C et A = CA, etc etc
Mes élèves font du bled et des exercices de grammaire à fond les ballons et ma fille fera la même chose...


Dernière édition par Mimicracra le Mar 29 Déc 2009 - 13:34, édité 1 fois

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Re: Cécile réveret, lecture et double casquette

Message par Adri le Mar 29 Déc 2009 - 12:47

Comme toi kensington, je fais aussi de la grammaire, je me dis que s'ils ne progressent guère en allemand - ils n'apprennent que rarement le vocabulaire malgré les interrogations - au moins j'aurai contribué à éclaircir quelques points de grammaire française ...
Un exemple : la distinction nom / verbe en allemand, un jeu d'enfant : les noms (tous) prennent une majuscule...

Bon évidemment, j'entends : "C'est nul, l'an dernier on faisait des exposés (en français !) et j'avais 15 de moyenne (contre 7/8 cette année)".
Je me bats moi aussi pour que mes élèves fassent une phrase avec une majuscule, un point, reconnaissent le sujet du verbe et j'en passe !
Je ne bondis pas au plafond à chaque erreur de déclinaison quand on fait de l'oral, mais les choses sont reprises dans le détail avec des exercices systématiques, qui sont loin de leur déplaire quand au final ils comprennent !
Je fais du vocabulaire aussi, quand je dois leur expliquer un mot français qu'ils ont pris - avec un peu de mauvaise foi quand même - pour un mot allemand parce qu'ils ne le comprennent pas...

Là où le bât blesse, c'est quand il faut mémoriser ...

Je fais donc aussi un peu de français dans mes cours d'allemand et sans mauvaise conscience, car j'ai l'impression de faire quelque chose dont ils ont vraiment besoin.

Tout ceci un peu en vrac. Patate, tu n'es pas seule !

Adri
Monarque


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