Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

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Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Docteur OX le Sam 19 Nov 2011 - 8:18

http://www.causeur.fr/droite-gauche-zero-pour-tout-le-monde,13319

"Ah que la vie serait simple si chacun jouait sa partition. À droite il y aurait les réacs scrogneugneus, partisans des coups de règles sur les doigts, de la blouse grise et de l’autorité, à gauche les pédagos joyeux, défenseurs d’une école ouverte sur la vie, des profs sympas et des méthodes innovantes. Les uns construiraient des prisons, les autres de chouettes collèges baptisés « Steve Jobs », les uns brandiraient Racine, les autres la théorie du genre. On assisterait à la lutte entre la droite de l’ordre et la gauche de la justice, entre l’école des héritiers et l’université pour tous et nos certitudes à tous seraient bien gardées.

Tout fout le camp, même les idées simples et les clivages rassurants. Je ne sais pas s’il y a une austérité de droite et une rigueur de gauche mais en matière d’éducation, le clivage se résume à « Modernes contre Modernes », selon la formule de Philippe Muray. La destruction de l’Ecole de la République aura été l’œuvre commune de la droite et de la gauche, et en réalité, de la nation tout entière. Le collège unique devait restaurer l’égalité en supprimant des différences entre filières qui avaient une sale tête de distinctions, il n’a fait que creuser les inégalités entre les établissements de centre-ville et ceux des quartiers pudiquement qualifiés de difficiles. Nous voulions, conformément au mot d’ordre de Jean-Pierre Chevènement, amener 80 % des élèves au bac, nous avons aujourd’hui un bac descendu au niveau de 80 % des élèves et des étudiants de premier cycle universitaires incapables d’écrire un français correct. À défaut d’honorer l’exigence du savoir, au moins respecte-t-on leur « droit au diplôme ».

« C’est aux jeunes de former la jeunesse », proclamait il y a quelques années une campagne de recrutement des enseignants. Nous y sommes : les élèves sont désormais des « enfants » ou des « ados ». Quant aux profs, il reste, il est vrai, une petite différence entre la droite qui voudrait en faire des DRH de la petite entreprise appelée « classe » et la gauche qui aimerait les transformer en animateurs socio-culturels chargés de réparer les injustices de la vie et de diffuser les idées nouvelles. Grâce au « livret de compétences », les parents peuvent se rassurer : si leur enfant est ignare en histoire de France ou nul en calcul, il sera formé à la « consommation responsable » et sera capable « d’identifier une situation de discrimination ». De toute façon, l’histoire de France, c’est dangereux et le calcul inutile puisqu’il y a des ordinateurs. Et pour penser, il y a des ordinateurs, aussi ?

Heureusement, l’UMP propose de rétablir le port de la blouse pour effacer les différences entre ceux qui ont « de la marque » et ceux qui n’en ont pas. Ce sera une grande satisfaction pour les profs de se faire agresser par des gamins vêtus de blouse plutôt que de joggings. Et pendant qu’on amuse la galerie avec cette brillante idée, le ministère de l’Education nationale prépare une réforme de l’évaluation des profs. Celle-ci serait confiée au chef d’établissement qui devrait noter son « salarié » selon quatre critères : la capacité à faire progresser chaque élève ; les « compétences dans sa discipline »; la « pratique professionnelle dans l’action collective de l’établissement » ; et la « qualité du cadre de travail ». En clair, on jugera les profs sur leur capacité à « tenir leur classe » et à ne pas faire de vagues. Quant aux « compétences dans la discipline », il faudra expliquer comment le chef d’établissement devenu patron de PME sera à même de les apprécier. Chichis-pompons que tout cela : si nos profs parviennent à faire en sorte que les gamins ne deviennent pas des petits barbares, ils auront mérité de la patrie.

On espère que la gauche montera au créneau dans la foulée des syndicats. De toute façon, François Hollande a trouvé la solution-miracle : demain on recrutera gratis. Comme Hollande est un type sérieux, il promet qu’il trouvera un Pierre à déshabiller pour habiller Paul. Fort bien. Sauf que si le problème tenait aux moyens, ceux qui ont été engloutis dans l’Education nationale auraient dû améliorer les choses. Le PS ne va pas froisser une population qui constitue son cœur de cible en s’interrogeant sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité. Certes, de nombreux profs résistent à la démagogie générale dans des conditions héroïques. En attendant, cette année, près de mille postes ouverts au CAPES n’ont pas été pourvus, ce qui signifie que les jurys n’ont pas trouvé de candidats conformes à leurs exigences – plutôt modérées au demeurant. Mais allez draguer l’électeur avec ça.

J’ignore s’il se trouve encore des sociologues pour affirmer que « le niveau monte » mais la publication par l’Insee du Portrait social 2011 de la France n’a pas fait les gros titres des journaux. On y apprend que depuis une dizaine d’années, la proportion d’élèves en difficulté « face à l’écrit » a augmenté et concerne aujourd’hui « près d’un élève sur cinq en début de 6e ». Pour les élèves les plus faibles, « la maîtrise des mécanismes de base de la lecture est stable, mais les compétences langagières (orthographe, vocabulaire, syntaxe) sont en baisse, ce qui explique l’aggravation des difficultés de compréhension des textes écrits. » Ce constat déprimant devrait résonner comme un appel à la mobilisation générale pour l’ensemble de la classe politique. On repassera. Sur l’école, il n’y a plus ni droite ni gauche, il n’y a plus que le Parti de la jeunesse. C’est-à-dire celui du renoncement. "


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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par ysabel le Sam 19 Nov 2011 - 9:32

Tres juste.

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Ronin le Sam 19 Nov 2011 - 9:37

+ 1 000 000

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Elle aime le Sam 19 Nov 2011 - 9:43

Merci de nous avoir communiqué cette lecture.
Passages qui m'ont particulièrement plu :
"En clair, on jugera les profs sur leur capacité à « tenir leur classe » et à ne pas faire de vagues. Quant aux « compétences dans la discipline », il faudra expliquer comment le chef d’établissement devenu patron de PME sera à même de les apprécier. "
"Grâce au « livret de compétences », les parents peuvent se rassurer :
si leur enfant est ignare en histoire de France ou nul en calcul, il
sera formé à la « consommation responsable » et sera capable « d’identifier une situation de discrimination
». De toute façon, l’histoire de France, c’est dangereux et le calcul
inutile puisqu’il y a des ordinateurs. Et pour penser, il y a des
ordinateurs, aussi ? "
Et les deux dernières phrases : "Sur l’école, il n’y a plus ni droite ni gauche, il n’y a plus que le Parti de la jeunesse. C’est-à-dire celui du renoncement."

_________________
"Moi, je crois que la grammaire, c’est une voie d’accès à la beauté. Quand on parle, quand on lit ou quand on écrit, on sent bien si on a fait une belle phrase ou si on est en train d’en lire une. On est capable de reconnaître une belle tournure ou un beau style. Mais quand on fait de la grammaire, on a accès à une autre dimension de la beauté de la langue. Faire de la grammaire, c’est la décortiquer, regarder comment elle est faite, la voir toute nue, en quelque sorte. Et c’est là que c’est merveilleux : parce qu’on se dit : « Comme c’est bien fait, qu’est-ce que c’est bien fichu ! », « Comme c’est solide, ingénieux, subtil ! ». Moi, rien que savoir qu’il y a plusieurs natures de mots et qu’on doit les connaître pour en conclure à leurs usages et à leurs compatibilités possibles, ça me transporte."

Elle aime
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par kensington le Sam 19 Nov 2011 - 10:13


Ces deux dernières phrases sont terribles. Mais très justes malheureusement.

_________________
"A trop privilégier la langue du quotidien et des faits, à trop vouloir faire parler avant d’avoir fait comprendre, le professeur risque de laisser l’élève en situation de handicap linguistique et cognitif; il risque de faillir dans sa mission d’émancipation du sujet."
A. Lhérété, "Cultiver le plaisir du texte: une compétence presque oubliée en Langue 2", NewStanpoints déc. 2014


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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Thalia de G le Sam 19 Nov 2011 - 10:16

Merci pour l'article.

Thalia de G
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par doublecasquette le Sam 19 Nov 2011 - 10:27

Je n'ai pas lu... Le titre ne me dit rien qui vaille et les extraits cités ont une coloration qui ne sied pas à mon teint.

_________________
Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/

doublecasquette
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Thalia de G le Sam 19 Nov 2011 - 10:32

@doublecasquette a écrit:Je n'ai pas lu... Le titre ne me dit rien qui vaille et les extraits cités ont une coloration qui ne sied pas à mon teint.
Le contenu est plus nuancé que le titre. Allez ose ! Wink

Thalia de G
Modérateur


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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par John le Sam 19 Nov 2011 - 11:31

Le PS ne va pas froisser une population qui constitue son cœur de cible en s’interrogeant sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité.
C'est à ça que vous applaudissez ?
Vous comprenez tout de même bien que ça signifie que les enseignants sont nuls et trop nombreux ?

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Celadon le Sam 19 Nov 2011 - 11:43

Pour que la situation ait une chance d'évoluer favorablement, il faudra sans doute hélas plus d'une crémation publique. Pour l'instant, rien ne fait bouger personne.

Celadon
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Hannibal le Sam 19 Nov 2011 - 16:31

Pour que la situation ait une chance d'évoluer favorablement, il faudra sans doute hélas plus d'une crémation publique.

Je ne savais pas que le temple solaire était devenu un syndicat de l'E.N.



Hannibal
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Condorcet le Sam 19 Nov 2011 - 16:43

@John a écrit:
Le PS ne va pas froisser une population qui constitue son cœur de cible en s’interrogeant sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité.
C'est à ça que vous applaudissez ?
Vous comprenez tout de même bien que ça signifie que les enseignants sont nuls et trop nombreux ?

+ 1000. Encore une attaque en règle contre le principe du concours républicain et la fonction publique.

Condorcet
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Moonchild le Sam 19 Nov 2011 - 17:39

@condorcet a écrit:
@John a écrit:
Le PS ne va pas froisser une population qui constitue son cœur de cible en s’interrogeant sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité.
C'est à ça que vous applaudissez ?
Vous comprenez tout de même bien que ça signifie que les enseignants sont nuls et trop nombreux ?

+ 1000. Encore une attaque en règle contre le principe du concours républicain et la fonction publique.
La phrase est provocatrice, mais si on met de côté quelques instants sa susceptibilité, on doit reconnaître que :
- la question de la "qualité" semble désormais se poser en amont au moment du recrutement si on en croit les jurys qui n'ont pas pourvu tous les postes aux concours ;
- depuis plus de vingt ans, les syndicats ont presque tous toujours présenté leurs revendications sous un angle quantitatif en faisant l'impasse sur certaines questions de fond : en réclamant toujours plus de moyens pour faire plus de soutien et mettre en place plus d'innovations pédagogiques, on finit par oublier de se demander pourquoi on en est arrivé à devoir faire du soutien à tous les niveaux et on se garde bien de réfléchir sur la pertinence de la course à l'innovation...
Sans remettre en question le principe du concours républicain et sans affirmer que les enseignants sont trop nombreux, on peut quand même admettre que poser le problème uniquement en terme de nombre de postes constitue une impasse : à quoi servirait-il d'avoir deux ou trois fois plus de profs si c'est juste pour évaluer des compétences à l'aide de gommettes colorées lors de projets interdisciplinaires dans le cadre du socle unique de compétences pour les études (ou l'entreprise ?) - le SUCE - qui doit être validé par tous les élèves à l'issue du tronc commun de la scolarité obligatoire portée à 18 ans ?

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par John le Sam 19 Nov 2011 - 17:46

Moonchild, la question de Lévy c'est de "s'interroger sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité".

Le reste des conclusions que tu en tires, ce sont les tiennes, pas celles qu'elle exprime dans la phrase citée.

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par td le Sam 19 Nov 2011 - 17:53

@condorcet a écrit:
@John a écrit:
Le PS ne va pas froisser une population qui constitue son cœur de cible en s’interrogeant sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité.
C'est à ça que vous applaudissez ?
Vous comprenez tout de même bien que ça signifie que les enseignants sont nuls et trop nombreux ?

+ 1000. Encore une attaque en règle contre le principe du concours républicain et la fonction publique.

Non, je ne pense pas que ce soit son point de vue.

Par exemple, dans cet article,
http://www.causeur.fr/il-faut-remettre-lecole-entre-les-murs,3807
on trouve en note :
"Par ailleurs, l’application au corps enseignant de la stricte logique RGPPiste n’est certes pas de nature à améliorer les choses. Mais plus que le nombre de profs, c’est de leur formation qu’il faudrait se soucier. Or, tout le braillomètre est au plus haut dès que l’on parle effectifs, mais curieusement silencieux s’agissant de la disparition programmée des concours de recrutement."


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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par John le Sam 19 Nov 2011 - 17:57

"Plus que le nombre de profs, c'est de leur formation qu'il faudrait se soucier. Tout le braillomètre est au plus haut dès que l'on parle d'effectifs"
Toujours est-il que soit il y a peu de profs et plein d'heures sup, soit il y a beaucoup de profs et un nombre d'heures raisonnable, c'est tout.

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par barèges le Sam 19 Nov 2011 - 18:02

J'ai entendu parler d'un certifié qui "redouble" son stage parce qu'il n'a pas terminé et validé son M2.
J'entends la question se poser : soit (1) on note dans le M2 selon la "norme concours" et on court le risque que ce genre de cas se produise, soit (2) on note selon l'ancienne norme DEA /master, voire plus gentiment, et la fac, dans sa formation disciplinaire, préfère baisser le niveau d'un cran pour ne pas bloquer les lauréats du concours avec cette validation. Je pense que la majorité des facs font le choix 2.
Donc le jour où le CAPES ne sera plus "disciplinaire" ou le jour où il disparaîtra, le "niveau" garanti par les facs ne sera peut-être pas folichon... Par force. Parce qu'entre l'objectif de 50 pour cent d'une classe d'âge en licence 3 et le choix ci-dessus, je ne vois pas trop où mettre le curseur qui garantirait le niveau disciplinaire des futurs profs... En ce sens l'article a raison (si c'est bien le point de vue défendu).

barèges
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par td le Sam 19 Nov 2011 - 18:03

@John a écrit:
"Plus que le nombre de profs, c'est de leur formation qu'il faudrait se soucier. Tout le braillomètre est au plus haut dès que l'on parle d'effectifs"
Toujours est-il que soit il y a peu de profs et plein d'heures sup, soit il y a beaucoup de profs et un nombre d'heures raisonnable, c'est tout.

Oui, bien sûr.
Mais par ailleurs, elle ne souhaite pas la suppression des concours. Comme ce n'est pas forcément le point de vue de tous les journalistes intervenant sur ce sujet, autant le lui accorder...

td
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par John le Sam 19 Nov 2011 - 18:05

C'est qui, les journalistes qui ont publiquement défendu la suppression des concours ? heu

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Moonchild le Sam 19 Nov 2011 - 18:10

@John a écrit:Moonchild, la question de Lévy c'est de "s'interroger sur la qualité des enseignants plutôt que sur leur quantité".

Le reste des conclusions que tu en tires, ce sont les tiennes, pas celles qu'elle exprime dans la phrase citée.
Alors il ne nous reste plus qu'à lui faire savoir qu'elle a mal posé sa question, sans en faire un drame. Et malgré son erreur, elle a tout de même soulevé un point qui me semble mériter réflexion en évoquant cet effet miroir entre le PS et son électorat enseignant : n'avons-nous pas trop tendance à nous focaliser exclusivement sur la dimension quantitative du problème qui bien qu'elle ne soit pas négligeable ne peut pas non plus constituer l'alpha et l'oméga des revendications ?
J'ajouterai aussi que le discours en apparence bienveillant du type "les professeurs sont formidables mais il faut mieux les former à enseigner à leur nouveau public et à remplir leurs nouvelles missions" (d'ailleurs parfois tenu par certains repésentants syndicaux) n'est dans le fond pas moins (involontairement ?) dévalorisant et délétère que celui d'E. Lévy ; et pourtant il ne provoque en général que peu d'indignation.

Moonchild
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Aurore le Sam 19 Nov 2011 - 18:16

@John a écrit:
"Plus que le nombre de profs, c'est de leur formation qu'il faudrait se soucier. Tout le braillomètre est au plus haut dès que l'on parle d'effectifs"
Toujours est-il que soit il y a peu de profs et plein d'heures sup, soit il y a beaucoup de profs et un nombre d'heures raisonnable, c'est tout.
C'est plus compliqué que cela.
On pourrait aussi envisager un nombre suffisant de profs : je veux dire par là qu'il serait certainement inférieur à celui réclamé par les syndicats pédagos pour qui les "moyens" ne sont qu'un prétexte pour nous faire faire plein de TPE et de "projets" à la ***, mais tout de même convenable pour faire du bon travail dans des conditions correctes. Et dans le même temps que ces profs soient véritablement formés.
Autrement dit, EL a raison de souligner le problème de la qualité de l'enseignement dispensé, et que les moyens ne font pas tout. Il y a des économies à faire, mais qu'on ne les fait jamais là où il faut.

Aurore
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Condorcet le Sam 19 Nov 2011 - 18:20

@barèges a écrit:J'ai entendu parler d'un certifié qui "redouble" son stage parce qu'il n'a pas terminé et validé son M2.
J'entends la question se poser : soit (1) on note dans le M2 selon la "norme concours" et on court le risque que ce genre de cas se produise, soit (2) on note selon l'ancienne norme DEA /master, voire plus gentiment, et la fac, dans sa formation disciplinaire, préfère baisser le niveau d'un cran pour ne pas bloquer les lauréats du concours avec cette validation. Je pense que la majorité des facs font le choix 2.
Donc le jour où le CAPES ne sera plus "disciplinaire" ou le jour où il disparaîtra, le "niveau" garanti par les facs ne sera peut-être pas folichon... Par force. Parce qu'entre l'objectif de 50 pour cent d'une classe d'âge en licence 3 et le choix ci-dessus, je ne vois pas trop où mettre le curseur qui garantirait le niveau disciplinaire des futurs profs... En ce sens l'article a raison (si c'est bien le point de vue défendu).

Pour préparer un DEA, il fallait avoir eu la mention très bien à la maîtrise.
Sinon, je souscris à ton analyse.

Condorcet
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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Docteur OX le Sam 19 Nov 2011 - 18:24

@condorcet a écrit:
@barèges a écrit:J'ai entendu parler d'un certifié qui "redouble" son stage parce qu'il n'a pas terminé et validé son M2.
J'entends la question se poser : soit (1) on note dans le M2 selon la "norme concours" et on court le risque que ce genre de cas se produise, soit (2) on note selon l'ancienne norme DEA /master, voire plus gentiment, et la fac, dans sa formation disciplinaire, préfère baisser le niveau d'un cran pour ne pas bloquer les lauréats du concours avec cette validation. Je pense que la majorité des facs font le choix 2.
Donc le jour où le CAPES ne sera plus "disciplinaire" ou le jour où il disparaîtra, le "niveau" garanti par les facs ne sera peut-être pas folichon... Par force. Parce qu'entre l'objectif de 50 pour cent d'une classe d'âge en licence 3 et le choix ci-dessus, je ne vois pas trop où mettre le curseur qui garantirait le niveau disciplinaire des futurs profs... En ce sens l'article a raison (si c'est bien le point de vue défendu).

Pour préparer un DEA, il fallait avoir eu la mention très bien à la maîtrise.
Sinon, je souscris à ton analyse.

pas très compliqué dans pas mal de matières (enfin, "de mon temps" comme dirait l'ancien)

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Condorcet le Sam 19 Nov 2011 - 18:31

@Docteur OX a écrit:
@condorcet a écrit:
@barèges a écrit:J'ai entendu parler d'un certifié qui "redouble" son stage parce qu'il n'a pas terminé et validé son M2.
J'entends la question se poser : soit (1) on note dans le M2 selon la "norme concours" et on court le risque que ce genre de cas se produise, soit (2) on note selon l'ancienne norme DEA /master, voire plus gentiment, et la fac, dans sa formation disciplinaire, préfère baisser le niveau d'un cran pour ne pas bloquer les lauréats du concours avec cette validation. Je pense que la majorité des facs font le choix 2.
Donc le jour où le CAPES ne sera plus "disciplinaire" ou le jour où il disparaîtra, le "niveau" garanti par les facs ne sera peut-être pas folichon... Par force. Parce qu'entre l'objectif de 50 pour cent d'une classe d'âge en licence 3 et le choix ci-dessus, je ne vois pas trop où mettre le curseur qui garantirait le niveau disciplinaire des futurs profs... En ce sens l'article a raison (si c'est bien le point de vue défendu).

Pour préparer un DEA, il fallait avoir eu la mention très bien à la maîtrise.
Sinon, je souscris à ton analyse.

pas très compliqué dans pas mal de matières (enfin, "de mon temps" comme dirait l'ancien)

Pas en histoire en tout cas (ou pas dans cette université).

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Re: Ecole: Droite, gauche : zéro pour tout le monde par Elisabeth Lévy

Message par Invité le Sam 19 Nov 2011 - 18:36

@condorcet a écrit:

Pour préparer un DEA, il fallait avoir eu la mention très bien à la maîtrise.

Ah bon?
En physique, il n'y aurait pas beaucoup de doctorants, dans ce cas.

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