Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Osmie le Jeu 04 Fév 2016, 18:38

Merci pour ton compte rendu, Anarore, mais je suis toujours atterrée de lire que sous prétexte d’épanouir les élèves, on transforme le collège en lieu où l'on abandonne toutes les exigences. Pauvres élèves, ils n'ont pas mérité d'être ainsi gâchés.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par clairlaure le Jeu 04 Fév 2016, 18:39

Adren, en lisant ton dernier post, je me suis dit "c'est drôle, comme chez nous". Et pour cause, je crois qu'on a les mêmes inspecteurs ;-)

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Adren le Jeu 04 Fév 2016, 18:41

Absolument Smile

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Osmie le Jeu 04 Fév 2016, 18:43

Dommage que nos IPR n'aient pas défendu leur discipline.

Osmie
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Anarore le Jeu 04 Fév 2016, 19:15

On est tous d'accord pour dire que l'oral masque effectivement beaucoup de défaillances de l'écrit... tout le monde a pu le lire entre les lignes. Quant au reste des exigences, cela a été justifié en expliquant qu'on faisait du collège un lieu d'approfondissement de l'école, et que du coup le lycée devenait le lien de développement d'apprentissage et de pré-spécialisation en vue de la fac ou des grandes écoles. J'avoue que je ne sais pas quoi en penser, n'enseignant que depuis peu...

Pour la littérature jeunesse, les IPR de mon académie ont toujours été pour donc ça tombe plutôt bien. Ils classent la littérature jeunesse de Harry Potter, à La Face Cachée de Margo, en passant par Morpugo, Roal Dahl, Cerise l'aventurière, Coeur d'encre et Le Club des cinq. C'est très vaste et je pense qu'il va nous revenir de juger de ce qu'on donne en lecture en classe et en lecture cursive.
Je suis d'accord pour dire qu'il est important de susciter du plaisir chez les élèves pour la lecture. Cela n'empêche pas d'entretenir les classiques, qui contre toute attente (les leurs bien sûr) leur plaisent souvent !

_________________
"En dépit de tout ce qu'on peut vous raconter, les mots et les idées peuvent changer le monde." - Le Cercle des Poètes Disparus

"Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui se veut confirmer, un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille, une communion ayant un goût de fleur, une façon d'un peu se respirer le coeur, et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme!" - Cyrano de Bergerac

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Aphrodissia le Jeu 04 Fév 2016, 19:24

@Anarore a écrit:Bon je sors de formation et c'était, étonamment, pas mal du tout ! Notre IPR avait lu les programmes, travaillé dessus etc. Il a répondu à pas mal de questions et donné beaucoup de documents utiles qui résument les cycles et les nouveautés. Il en ressort les choses suivantes :

- L'oral va être une préoccupation majeure
- La littérature de jeunesse doit entrer dans nos considérations

- Nous avons une grande liberté dans le choix de nos textes, il faut en profiter
- Effectivement les genres sont "comme" gommés. Il nous a traduit ça comme une volonté, d'après des études scientifiques, de laisser le temps aux élèves de s'épanouir. Apparemment, la Lecture Analytique arrive trop tôt. Donc la réforme met l'accent sur la compréhension du texte : il faut d'abord qu'ils en saisissent le sens à la lecture, qu'ils comprennent les tenants et aboutissants de l'action, des personnages. Ensuite on peut s'attaquer à la forme et au genre, mais ce ne doit plus être notre moyen d'entrée dans les textes et ce n'est donc pas capital de leur faire une Histoire Littéraire COMPLETE. Selon ses mots, on passe du lecteur expert au lecteur attentionné : celui qui aura le goût de la lecture, et avec qui on pourra ensuite décortiquer les textes à la fin du cycle 4 puis au lycée.
- Il faut être moderne et utiliser le multimédia (en fonction de nos moyens c'est évident)
- Il faut travailler avec les collègues. En ce qui concerne les PE ils est évident qu'on ne pourra pas tout savoir. Un livret unique va dorénavant suivre l'élève jusqu'à la fin du collège et sera accessible numériquement pour nous aider. Mais selon lui le seul point intelligent est de se consulter pour ne pas faire ressortir toujours les mêmes bouquins.
- Pour la langue, il nous a décrypté les programmes : en cycle 3 il est attendu que les élèves rédigent une page complète de texte maintenant, sachent faire tous les accords (sujet/verbe/complément et les morphologies verbales de base), et qu'ils aient une bonne base de vocabulaire. En cycle 4, on arrive à deux pages, et à un approfondissement de la langue de façon à enrichir la construction de la phrase, du texte et du vocabulaire. Mais il a bien insisté sur le fait que l'on parlait là de la FIN des cycles et qu'il n'y avait plus de recommandation par niveau. A nous donc de nous entendre, ou alors de réagir en fonction des élèves après une évaluation diagnostique en début d'année.
- Les "leçons" de grammaire peuvent exister, de la même façon qu'on peut aussi faire des séances moitié texte, moitié point de grammaire. Selon lui il faut faire comme nous on le sent par rapport à nos savoirs et à nos classes.
- Enfin il a conclu par le fait que tout ça, nous le faisions déjà en grande partie. Qu'il ne s'agissait en fait que de nuancer certaines pratiques et d'essayer de s'adapter au rythme des élèves du point de vue de l'apprentissage (et de la société - ça il ne l'a pas dit mais on l'a tous compris).

Une seconde formation aura lieu en Mars, et nous travaillerons sur du concret. En mars ou sur Mars?  araignée

C'est du rétropédalage par rapport aux programmes actuels, non?
Jusqu'à aujourd'hui, on n'entendait que "faites-les écrire le plus possible", "faites des lectures analytiques", pas de littérature jeunesse mais des classiques et de l'histoire littéraire.
Etre capable d'écrire deux pages en fin de 3e, quelle ambition!
Et pour finir, je préfèrerai toujours un lecteur attentif à un lecteur attentionné et je ne vois rien de rassurant là-dedans pour l'avenir des élèves.

furieux furieux

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Provence le Jeu 04 Fév 2016, 19:34

@Anarore a écrit:Bon je sors de formation et c'était, étonamment, pas mal du tout ! Notre IPR avait lu les programmes, travaillé dessus etc. Il a répondu à pas mal de questions et donné beaucoup de documents utiles qui résument les cycles et les nouveautés. Il en ressort les choses suivantes :

- L'oral va être une préoccupation majeure
Pour dissimuler le massacre à l'écrit. C'est la politique de la poussière sous le tapis.

- La littérature de jeunesse doit entrer dans nos considérations
Ce qui ne veut pas dire grand chose.  scratch

- Nous avons une grande liberté dans le choix de nos textes, il faut en profiter
Nous l'avions aussi avec les programmes de 2008. Tant mieux pour l'élève dont le professeur aura utilisé sa liberté à faire étudier Maupassant plutôt que Le Club des 5.

- Effectivement les genres sont "comme" gommés. Il nous a traduit ça comme une volonté, d'après des études scientifiques, de laisser le temps aux élèves de s'épanouir. Apparemment, la Lecture Analytique arrive trop tôt. Donc la réforme met l'accent sur la compréhension du texte : il faut d'abord qu'ils en saisissent le sens à la lecture, qu'ils comprennent les tenants et aboutissants de l'action, des personnages. Ensuite on peut s'attaquer à la forme et au genre, mais ce ne doit plus être notre moyen d'entrée dans les textes et ce n'est donc pas capital de leur faire une Histoire Littéraire COMPLETE. Selon ses mots, on passe du lecteur expert au lecteur attentionné : celui qui aura le goût de la lecture, et avec qui on pourra ensuite décortiquer les textes à la fin du cycle 4 puis au lycée.
Le problème, c'est que les textes sont abordés d'un point de vue thématique; ce  véritable fourre-tout risque fort de n'apporter ni culture littéraire, ni goût de la lecture aux élèves. Quant à l'épanouissement des élèves, on semble penser qu'il ne peut se trouver dans la découverte de sujets intéressants, qu'il faut gommer tout ce qui peut paraître un peu exigeant. Malheur à celui qui aime apprendre, qu'il n'oublie pas que l'école ne s'est plus donné comme objectif de l'instruire mais de l'épanouir... Et puis le coup des études scientifiques, ça fait furieusement penser à la publicité pour les crèmes anti-rides (prouvé scien-ti-fi-que-ment dans nos laboratoires par nos experts).

- Il faut être moderne et utiliser le multimédia (en fonction de nos moyens c'est évident)
Pourquoi faut-il être moderne? Pourquoi faut-il utiliser le numérique? En quoi est-il moderne d'utiliser le numérique?


- Il faut travailler avec les collègues.
Pourquoi le faudrait-il?

Mais il a bien insisté sur le fait que l'on parlait là de la FIN des cycles et qu'il n'y avait plus de recommandation par niveau. A nous donc de nous entendre, ou alors de réagir en fonction des élèves après une évaluation diagnostique en début d'année.
Les nouveaux programmes organisent donc la désorganisation et n'assurent pas aux élèves un minimum de contenu. C'est effrayant.

- Les "leçons" de grammaire peuvent exister, de la même façon qu'on peut aussi faire des séances moitié texte, moitié point de grammaire. Selon lui il faut faire comme nous on le sent par rapport à nos savoirs et à nos classes.
Pourquoi des guillemets à leçon? C'est un gros mot?
Là aussi, c'est effrayant: on massacre complètement l'enseignement du français en faisant de l'étude de la langue, progressive et structurée, une simple possibilité. Pauvres élèves.

- Enfin il a conclu par le fait que tout ça, nous le faisions déjà en grande partie. Qu'il ne s'agissait en fait que de nuancer certaines pratiques et d'essayer de s'adapter au rythme des élèves du point de vue de l'apprentissage (et de la société - ça il ne l'a pas dit mais on l'a tous compris).
On a bien compris tout de même que l'adaptation au rythme de l'élève devait se faire dans le sens de la médiocrité.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Provence le Jeu 04 Fév 2016, 19:41



@Anarore a écrit:On est tous d'accord pour dire que l'oral masque effectivement beaucoup de défaillances de l'écrit... tout le monde a pu le lire entre les lignes. Quant au reste des exigences, cela a été justifié en expliquant qu'on faisait du collège un lieu d'approfondissement de l'école, et que du coup le lycée devenait le lien de développement d'apprentissage et de pré-spécialisation en vue de la fac ou des grandes écoles. J'avoue que je ne sais pas quoi en penser, n'enseignant que depuis peu...
c'est bien beau d'approfondir, mais quand on voit ce que les programmes sont creux, on comprend surtout que pour approfondir quelque chose, il faudrait déjà avoir commencé à l'apprendre. Accessoirement, ce serait pas mal qu'au lieu de braves gens épanouis et souriants, on envoie à la fac des gens sachant lire vraiment et écrire dans une langue convenable.

Pour la littérature jeunesse, les IPR de mon académie ont toujours été pour donc ça tombe plutôt bien.

Qu'est-ce que ça veut dire, être pour? Souhaiter la faire lire? la faire étudier? la faire lire, nous le faisons tous; mais il n'y a rien à faire étudier dans Harry Potter ou Titus Flaminius. Ce sont des lectures divertissantes, rien de plus.


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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Anarore le Jeu 04 Fév 2016, 22:00

Heu, je me permets de rappeler qu'en général on ne flingue pas le messager... Je me contente de faire un compte-rendu de la formation, ce qui peut certes être agaçant, je l'entends bien, mais s'il y a quelqu'un à dégommer, prière de s'adresser plus haut (paraît qu'on est toujours mieux entendu par le Bon Dieu !).

J'ai oublié de le mentionner, mais bien sûr il faut aussi continuer à les faire écrire, quotidiennement, et le plus possible Aphrodissia.

Provence, en regardant mes notes j'essaye de compléter tes interrogations :

- Il faut considérer la littérature jeunesse c'est-à-dire ne pas se l'interdire parce que ce n'est pas écrit par un auteur mort, ou parce que ça fait mauvais genre d'étudier Harry Potter. Il faut juste le faire intelligemment et garder à l'esprit que nous pratiquons du français. Et si on se penche sur Harry Potter par exemple, on peut manifestement le prendre comme un récit d'apprentissage, plein de jeux de mots et d'inspirations mythologiques et philosophiques.

- Être pour la littérature jeunesse veut donc dire laisser tranquille les profs qui veulent l'utiliser (toujours dans la mesure ou c'est bien fait évidemment).

- Qui dit liberté de choix dit que tu peux faire Maupassant à la place si tu le souhaites.

- Les programmes sont ouverts, donc à nous d'en faire quelque chose... ils ne sont qu'un guide avec des jalons. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il faut travailler en équipe afin de s'épargner du travail épuisant, des redites inutiles, et mettre en place des choses qui permettent à l'élève de voir qu'on peut utiliser un dico ou un microscope ailleurs que dans LE cours de français ou d'svt (en gros lier les savoirs, savoir-faire, savoir-être). A nous donc d'assurer les attendus indispensables : savoir lire, écrire, parler correctement !

- Utiliser le numérique parce que tout simplement les élèves sont du 21e siècle, et que bien utilisé ça peut leur apporter des choses, et qu'en plus on DOIT les éduquer aux médias

- Les guillemets accompagnent la leçon parce que personne n'était d'accord pour définir un cours de grammaire au niveau du terme. Mais ce que les programmes disent en gros c'est qu'on peut de nouveau faire une heure sur un point de grammaire sans excuse d'un texte rencontré soit disant au hasard...

J'ai eu deux impressions en sortant de là : qu'effectivement on adoptait la stratégie du cache-misère pour l'écrit, et que nous n'aurons jamais le temps de faire tout cela de toute manière. Il faudra donc opérer des chois, comme toujours...

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"Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui se veut confirmer, un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille, une communion ayant un goût de fleur, une façon d'un peu se respirer le coeur, et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme!" - Cyrano de Bergerac

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Provence le Jeu 04 Fév 2016, 22:16

@Anarore a écrit:Heu, je me permets de rappeler qu'en général on ne flingue pas le messager... Je me contente de faire un compte-rendu de la formation, ce qui peut certes être agaçant, je l'entends bien, mais s'il y a quelqu'un à dégommer, prière de s'adresser plus haut (paraît qu'on est toujours mieux entendu par le Bon Dieu !).
Je ne crois pas que quiconque ait flingué le messager, Anarore. Je critique les remarques de l'inspecteur que je trouve particulièrement inquiétantes.


- Il faut considérer la littérature jeunesse c'est-à-dire ne pas se l'interdire parce que ce n'est pas écrit par un auteur mort, ou parce que ça fait mauvais genre d'étudier Harry Potter. Il faut juste le faire intelligemment et garder à l'esprit que nous pratiquons du français. Et si on se penche sur Harry Potter par exemple, on peut manifestement le prendre comme un récit d'apprentissage, plein de jeux de mots et d'inspirations mythologiques et philosophiques.
Pratiquer du français, ça ne veut pas dire grand chose. A ce compte, on pratique du français en lisant une recette de cuisine. Harry Potter, c'est une série que j'ai eu plaisir à lire et à conseiller aux élèves, mais avec nos horaires étiques, entre La Fontaine et Harry Potter, le choix est vite fait.

- Être pour la littérature jeunesse veut donc dire laisser tranquille les profs qui veulent l'utiliser (toujours dans la mesure ou c'est bien fait évidemment).
Utiliser ou étudier?

- Qui dit liberté de choix dit que tu peux faire Maupassant à la place si tu le souhaites.
Le problème, c'est que la liberté de choix (restreinte par des thèmes imbéciles...) entraîne une véritable disparité d'un établissement à l'autre.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il faut travailler en équipe afin de s'épargner du travail épuisant, des redites inutiles,
C'est bien ce que j'ai écrit: il faudrait s'imposer un cadre pénible et contraignant (celui du travail en équipe) précisément parce que les programmes sont mal foutus et désorganisent volontairement la répartition des apprentissages.

et mettre en place des choses qui permettent à l'élève de voir qu'on peut utiliser un dico ou un microscope ailleurs que dans LE cours de français ou d'svt (en gros lier les savoirs, savoir-faire, savoir-être).
J'aimerais mieux qu'on me laisse enseigner le français.

A nous donc d'assurer les attendus indispensables : savoir lire, écrire, parler correctement !
Avec des horaires indigents et des programmes désastreux, nous ne ferons pas de miracles.

- Utiliser le numérique parce que tout simplement les élèves sont du 21e siècle,

En quoi cela rend-il le numérique nécessaire?
et que bien utilisé ça peut leur apporter des choses,

Lesquelles?


- Les guillemets accompagnent la leçon parce que personne n'était d'accord pour définir un cours de grammaire au niveau du terme.
Ça aussi, c'est flippant.

Mais ce que les programmes disent en gros c'est qu'on peut de nouveau faire une heure sur un point de grammaire sans excuse d'un texte rencontré soit disant au hasard...
Parce que certains se sont battus pour que ne nous soit pas imposée la séquence pédagogique. Mais les programmes de 2008 autorisent explicitement la progression grammaticale indépendante.

J'ai eu deux impressions en sortant de là : qu'effectivement on adoptait la stratégie du cache-misère pour l'écrit, et que nous n'aurons jamais le temps de faire tout cela de toute manière. Il faudra donc opérer des chois, comme toujours...
Oui, c'est vraiment le cache-misère. humhum  Je sais quels choix je ferai.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par V.Marchais le Ven 05 Fév 2016, 08:44

La liberté pédagogique qui consiste à choisir entre Harry Potter et Hésiode est une liberté qui s'exerce aux dépens de l'élève. Perso, je maudis le collègue qui ferait étudier (je dis bien étudier, pas juste lire) Harry Potter à mes enfants plutôt qu'une oeuvre plus substantielle à laquelle ils ne sauraient accéder seuls (alors que Harry Potter, si, justement).
Cette liberté mal placée est simplement le lit d'une éducation à deux vitesses : HP pour les ploucs et des oeuvres de référence pour les autres. Je voudrais bien voir que l'on fît HP dans les grands collèges parisiens... Je préférerais amplement qu'on me laissât enseigner la grammaire comme je l'entends.
La liberté pédagogique doit s'exercer sur les méthodes, non sur les contenus, sinon, elle n'est que le masque de la démagogie.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Osmie le Ven 05 Fév 2016, 10:15

@V.Marchais a écrit:La liberté pédagogique qui consiste à choisir entre Harry Potter et Hésiode est une liberté qui s'exerce aux dépens de l'élève. Perso, je maudis le collègue qui ferait étudier (je dis bien étudier, pas juste lire) Harry Potter à mes enfants plutôt qu'une oeuvre plus substantielle à laquelle ils ne sauraient accéder seuls (alors que Harry Potter, si, justement).
Cette liberté mal placée est simplement le lit d'une éducation à deux vitesses : HP pour les ploucs et des oeuvres de référence pour les autres. Je voudrais bien voir que l'on fît HP dans les grands collèges parisiens... Je préférerais amplement qu'on me laissât enseigner la grammaire comme je l'entends.
La liberté pédagogique doit s'exercer sur les méthodes, non sur les contenus, sinon, elle n'est que le masque de la démagogie.

Merci Véronique ; ton message est à transmettre à nos IPR de lettres.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Presse-purée le Ven 05 Fév 2016, 11:12

@ Ananore:

En lisant les propos de ton IPR, on croirait lire un tract de l'AFEF...

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Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Violet le Ven 05 Fév 2016, 11:17

@V.Marchais a écrit:La liberté pédagogique qui consiste à choisir entre Harry Potter et Hésiode est une liberté qui s'exerce aux dépens de l'élève. Perso, je maudis le collègue qui ferait étudier (je dis bien étudier, pas juste lire) Harry Potter à mes enfants plutôt qu'une oeuvre plus substantielle à laquelle ils ne sauraient accéder seuls (alors que Harry Potter, si, justement).
Cette liberté mal placée est simplement le lit d'une éducation à deux vitesses : HP pour les ploucs et des oeuvres de référence pour les autres. Je voudrais bien voir que l'on fît HP dans les grands collèges parisiens... Je préférerais amplement qu'on me laissât enseigner la grammaire comme je l'entends.
La liberté pédagogique doit s'exercer sur les méthodes, non sur les contenus, sinon, elle n'est que le masque de la démagogie.

D'accord sur ton point de vue sur Hésiode et HP.
Mais je crois que la liberté pédagogique doit s'exercer avec discernement.
Si on est prof de lettres, on doit faire des choix mais pas n'importe quoi.
La littérature de jeunesse est dans les programmes mais à nous de la laisser à sa place : des lectures cursives... et pas n'importe quelle littérature de jeunesse.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Lefteris le Ven 05 Fév 2016, 11:29

L'idéologie qui sous-tend cette réforme est d'une gravité inouïe. Elle sape les bases de l'école républicaine, en disloquant les programmes, c'est-à-dire la culture commune. En revanche, elle fait preuve d'un autoritarisme ans précédent concernant les méthodes, dans un but de gestion managériale calqué sur l'entreprise ( qui à terme a vocation a détruire le statut des professeurs).

On libéralise donc ce qui devrait être cadré, et l' on cadre ce qui devrait être libéralisé, dans un but de contrôle d'un dogmatisme effrayant (voir les thèmes imposés Sad ).

Les Mânes de Condorcet, qui pensait que l'Etat doit assurer les conditions matérielles de l'enseignement et non refléter les lubies et intérêts des dirigeants du moment, doivent se retourner dans leur tombe. humhum

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par V.Marchais le Ven 05 Fév 2016, 11:31

C'est très exactement ce que j'ai dit, Vio, dans ma parenthèse. Mais ce n'est pas ce vers quoi nous poussent certains IPR. Et ce n'est pas ce que j'entends dans ce que rapporte Anarore. Sinon, il y aurait moyen de dire les choses beaucoup plus clairement - comme dans les programmes actuels, en somme.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Anarore le Ven 05 Fév 2016, 11:45

@Presse Purée : Qu'est-ce que l'AFEF ?

@ V.Marchais : Difficile de dire jusqu'où allait l'IPR concernant la littérature jeunesse... je pense effectivement qu'il y a des choses à faire en littérature jeunesse, mais que comme toujours il faut bien choisir et bien le placer. L'IPR a bien insisté là dessus quand même. Comme je le disais dans cette académie ça ne les a jamais choqué qu'on l'utilise et l'étudie. Mais bon la plupart des collègues utilisent aussi la littérature jeunesse avec parcimonie (livres bien choisis, s'adaptant à une classe etc.) donc ceci explique peut-être cela ! Après on reste à un niveau académique là. Il est vrai que les programmes restent flous à ce sujet donc bon...

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Osmie le Ven 05 Fév 2016, 13:06

@Anarore a écrit:@Presse Purée : Qu'est-ce que l'AFEF ?

@ V.Marchais : Difficile de dire jusqu'où allait l'IPR concernant la littérature jeunesse... je pense effectivement qu'il y a des choses à faire en littérature jeunesse, mais que comme toujours il faut bien choisir et bien le placer. L'IPR a bien insisté là dessus quand même. Comme je le disais dans cette académie ça ne les a jamais choqué qu'on l'utilise et l'étudie. Mais bon la plupart des collègues utilisent aussi la littérature jeunesse avec parcimonie (livres bien choisis, s'adaptant à une classe etc.) donc ceci explique peut-être cela ! Après on reste à un niveau académique là. Il est vrai que les programmes restent flous à ce sujet donc bon...

Les IPR sont bien gentils, mais ils avaient une résistance à mener en amont, et ils ne l'ont pas fait. Qu'ils dispensent maintenant des conseils ne change rien au fait : ils ont permis la réduction de notre discipline à une chose utilitaire.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Presse-purée le Ven 05 Fév 2016, 18:41

@Anarore a écrit:@Presse Purée : Qu'est-ce que l'AFEF ?

L'Association Française des Enseignants de Français. Je ne te ferai pas l'article à leur sujet, je ne serais pas objectif.

Lis donc le premier chapitre de Réapprendre à lire pour avoir une présentation de leur action dans les années 1970. Sinon, il y a un ouvrage qui parle d'eux qui vient de sortir: Des lettres au français, une discipline à l'heure de la démocratisation.

Le titre t'indique déjà ce qu'ils pensent sur l'enseignement de nos disciplines...

Pour être plus clair...:

La littérature est un obstacle à la démocratisation;

Installation dans la didactique du français de l'opposition artificielle et fausse entre mémoire et compréhension, sur laquelle on essaie de revenir, mais qui baigne le discours officiel;
Disqualification de tous les gestes professionnels liés au "par coeur" et à la répétition, de toute la didactique du français (des instituteurs surtout) pré 68;
Guerre aux LC pour légitimer les LM (ce qui a remarquablement bien marché pour le premier terme: aujourd'hui, les LC sont considérés comme des intrus et des nuisibles dans l'enseignement secondaire. Bravo.);
Français comme discipline de communication et non de culture (opposition langue de comm/ langue de culture etc);
Installation de l'idée que les horaires ne sont en rien liés à la performance future (affirmation renouvelée pas plus tard qu'auj dans une itw sur un site).

J'avais prévenu que je ne serai pas objectif.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par ysabel le Ven 05 Fév 2016, 19:21

Mais si tu es objectif !

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« Il vaut mieux n’avoir rien promis que promettre sans accomplir » (L’Ecclésiaste)

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par corailc le Ven 05 Fév 2016, 19:29

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Dernière édition par corailc le Ven 05 Fév 2016, 21:59, édité 1 fois

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Anarore le Ven 05 Fév 2016, 20:03

@Presse-purée a écrit:
L'Association Française des Enseignants de Français. Je ne te ferai pas l'article à leur sujet, je ne serais pas objectif.

Lis donc le premier chapitre de Réapprendre à lire pour avoir une présentation de leur action dans les années 1970. Sinon, il y a un ouvrage qui parle d'eux qui vient de sortir: Des lettres au français, une discipline à l'heure de la démocratisation.

Le titre t'indique déjà ce qu'ils pensent sur l'enseignement de nos disciplines...

Pour être plus clair...:

La littérature est un obstacle à la démocratisation;

Installation dans la didactique du français de l'opposition artificielle et fausse entre mémoire et compréhension, sur laquelle on essaie de revenir, mais qui baigne le discours officiel;
Disqualification de tous les gestes professionnels liés au "par coeur" et à la répétition, de toute la didactique du français (des instituteurs surtout) pré 68;
Guerre aux LC pour légitimer les LM (ce qui a remarquablement bien marché pour le premier terme: aujourd'hui, les LC sont considérés comme des intrus et des nuisibles dans l'enseignement secondaire. Bravo.);
Français comme discipline de communication et non de culture (opposition langue de comm/ langue de culture etc);
Installation de l'idée que les horaires ne sont en rien liés à la performance future (affirmation renouvelée pas plus tard qu'auj dans une itw sur un site).

J'avais prévenu que je ne serai pas objectif.

ça fait peur, et ça me rappelle effectivement beaucoup mon compte-rendu... Merci pour l'éclairage, ça me semble objectif rassure-toi. Je pense que je vais faire un petit tour par Réapprendre à lire puisque de toute façon il est aussi dit dans les nouveaux programmes qu'en 6e, si nous avons des élèves qui ne savent pas lire ou écrire, ce sera à nous de le faire. Je n'imagine pas vraiment que ce soit possible (surtout sans formation), mais si jamais j'avais vraiment le temps de faire ça (peut-être en AP ?), ça vaudrait le coup d'éviter toutes les conneries reconnues et recensées ^^""""

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"En dépit de tout ce qu'on peut vous raconter, les mots et les idées peuvent changer le monde." - Le Cercle des Poètes Disparus

"Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise, un aveu qui se veut confirmer, un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille, une communion ayant un goût de fleur, une façon d'un peu se respirer le coeur, et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme!" - Cyrano de Bergerac

Anarore
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par V.Marchais le Ven 05 Fév 2016, 20:13

Là, c'est sûr, côté conneries reconnues et recensées, tu vas être servie...

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visitez le site http://www.reformeducollege.fr/

V.Marchais
Bon génie


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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Presse-purée le Ven 05 Fév 2016, 20:43

@Anarore a écrit:
@Presse-purée a écrit:
L'Association Française des Enseignants de Français. Je ne te ferai pas l'article à leur sujet, je ne serais pas objectif.

Lis donc le premier chapitre de Réapprendre à lire pour avoir une présentation de leur action dans les années 1970. Sinon, il y a un ouvrage qui parle d'eux qui vient de sortir: Des lettres au français, une discipline à l'heure de la démocratisation.

Le titre t'indique déjà ce qu'ils pensent sur l'enseignement de nos disciplines...

Pour être plus clair...:

La littérature est un obstacle à la démocratisation;

Installation dans la didactique du français de l'opposition artificielle et fausse entre mémoire et compréhension, sur laquelle on essaie de revenir, mais qui baigne le discours officiel;
Disqualification de tous les gestes professionnels liés au "par coeur" et à la répétition, de toute la didactique du français (des instituteurs surtout) pré 68;
Guerre aux LC pour légitimer les LM (ce qui a remarquablement bien marché pour le premier terme: aujourd'hui, les LC sont considérés comme des intrus et des nuisibles dans l'enseignement secondaire. Bravo.);
Français comme discipline de communication et non de culture (opposition langue de comm/ langue de culture etc);
Installation de l'idée que les horaires ne sont en rien liés à la performance future (affirmation renouvelée pas plus tard qu'auj dans une itw sur un site).

J'avais prévenu que je ne serai pas objectif.

ça fait peur, et ça me rappelle effectivement beaucoup mon compte-rendu... Merci pour l'éclairage, ça me semble objectif rassure-toi. Je pense que je vais faire un petit tour par Réapprendre à lire puisque de toute façon il est aussi dit dans les nouveaux programmes qu'en 6e, si nous avons des élèves qui ne savent pas lire ou écrire, ce sera à nous de le faire. Je n'imagine pas vraiment que ce soit possible (surtout sans formation), mais si jamais j'avais vraiment le temps de faire ça (peut-être en AP ?), ça vaudrait le coup d'éviter toutes les conneries reconnues et recensées ^^""""

Il n'y a pas à avoir peur. Il faut connaître la genèse de tout cela, les débats de l'époque, pour comprendre comment on en est arrivé à ces discours.
C'est difficile à admettre, mais une partie de l'identité professionnelle des LM s'est construite dans le combat contre les LC et leur destruction. Point. Il n'y a pas de "responsable", juste des données historiques (Nouvelle critique, structuralisme, linguistique vue comme moyen de ne pas passer par les langues anciennes pour enseigner le français, influence de Bourdieu... des débats que l'on retrouve encore aujourd'hui; cela couplé à l'attitude LC de l'époque). Et quand on casse un truc, il y a toujours des dommages collatéraux.


Dernière édition par Presse-purée le Sam 06 Fév 2016, 09:03, édité 1 fois (Raison : accord)

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Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par MUTIS le Sam 06 Fév 2016, 08:43

Merci pour ces précisions Presse Purée.
L'AFEF a été une des premières à se féliciter des nouveaux programmes dans leur version initiale catastrophiquement nulle.
Tous les poncifs de l'idéologie individualiste-néo constructiviste et néo libérale sont véhiculés dans ces discours qui se prétendent révolutionnaires et égalitaristes.
J'ai eu une formatrice de cet acabit l'an passé qui vantait une prof avec un BLOG faisant lire deux livres (dont Matin Brun...) à ses élèves de 3ème dans l'année. C'était génial, parce qu'ils utilisaient un blog et écrivaient quelques lignes sans être notés ! Twisted Evil
En revanche quand j'ai expliqué que mes élèves lisaient 8 livres minimum en lecture cursive (et 16 pour les volontaires, soit 30% environ) et que je leur faisais un contrôle écrit chaque fois avec une note... Elle m'a regardé comme le diable !
Autant dire que la confrontation a été assez épique. Et qu'elle n'a pas été déçue du stage Twisted Evil
Mais c'est ce genre de personne qu'on trouve dans les ESPE puisqu'elle en venait tout droit... Et c'est ce genre de connerie que propose l'AFEF...

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"Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière" (Audiard)
"Ce n'est pas l'excès d'autorité qui est dangereux, c'est l'excès d'obéissance" (Primo Levi)
"La littérature, quelque passion que nous mettions à le nier, permet de sauver de l'oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l'indifférence absolue" (Enrique Vila-Matas)

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Anarore le Sam 06 Fév 2016, 09:10

Je n'ai pas rencontré de personnes aussi radicales heureusement. A l'ESPE pour le moment on nous a dit à propos de la lecture qu'il était capital de les faire lire, aussi bien des classiques que de la littérature jeunesse (en LC) et qu'il fallait varier la façon de contrôler les lectures histoire de ne pas toujours faire un questionnaire. Ex : un QCM, une réalisation plastique (4e de couverture), un résumé, une présentation à l'oral d'un objet lié à sa lecture en expliquant le lien, une comparaison avec un extrait d'une réécriture, une étude d'image etc.
De ce point de vue-là, je trouve ça intéressant. Vous le faites vous ou  est-ce systématiquement un questionnaire classique ?

Deux livres c'est un peu léger non ? A terme, je pense que mes élèves auront au moins 7 ou 8 livres à leur actifs tout confondu (livres classe et lecture cursive)

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C'est un secret qui prend la bouche pour oreille, un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille, une communion ayant un goût de fleur, une façon d'un peu se respirer le coeur, et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme!" - Cyrano de Bergerac

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