Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

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Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 10:05

Oui , sauf que un directeur du privé peut très bien vous griller sur un diocèse ou académie et ne pas retrouver un poste à côté de chez vous.
Choisir son poste, c'est un luxe pour ceux qui ont, comme vous dîtes un super CV, mais le jeune, dans la même situation est soumis au jeu des entretiens d'embauche où tout un tas de facteurs rentrent en compte, qui parfois, n'a pas grand chose à voir avec le professionnalisme. ( le piston, la tête du client, la discrimination)

jésus
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Message par Pierre-Henri le Dim 2 Oct 2016 - 10:31

La crise de recrutement rend de telles pratiques plus que hasardeuses pour les chefs d'établissements. Ils ne peuvent pas se permettre de choisir à la tête du client. Un CdE qui rejette un jeune n'est pas du tout sûr d'en trouver un autre pour le remplacer. Ce genre de pratiques peuvent arriver, car aucun milieu professionnel n'est parfait, car il y a toujours des injustices, des conflits de personnes, mais si elles se généralisaient, elles seraient suicidaires.

En outre, je regrette que les professeurs, même jeunes, se placent immédiatement en position de quémandeurs, prêts à se soumettre, alors que rien ne justifie qu'ils le fassent. Il faudrait sans doute que ces jeunes diplômés aient plus de perspectives professionnelles, qu'ils aient d'autres choix que l'enseignement, qu'ils soient plus mobiles, afin de ne plus subir ce genre d'injustices.

En maths, la question ne se poserait pas. Si la "tête du client" professeur de maths ne revient pas aux responsables, ledit professeur de maths peut répondre "ciao, je vais me remplir les poches en entreprise". Problème réglé. Et maintenant, débrouillez-vous pour trouver quelqu'un à mettre devant les élèves.

Il faudrait que les professeurs des autres disciplines acquièrent peu à peu le même réflexe : cesser de se considérer en petits pions dévoués et obéissants, et commencer à réagir en professionnels qui monnaient leur capacité de travail.


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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Chamil le Dim 2 Oct 2016 - 10:38

@jésus a écrit:Oui, les moeurs évoluent, mais l'EN reste dans le cadre de la pression sociale "normale" de la société...
Vous êtes en couple, mais pas marié ou pacsé ( le pacs, un truc de rebelle qui ne tient pas la route)
Vous êtes mariés mais sans enfants, mais qu'est-ce que vous attendez?
Vous avez fait le premier ,il y a deux ans, mais qu'est-ce que vous attendez pour le deuxième?
L'EN, c'est votre grand-mère... Enfin, c'est mon impression.
Galère promise à ceux qui veulent juste attendre le bon moment ou se sentir un peu plus libre...

OK, faisons exploser le cadre des mutations/mouvements actuel, soit dit en passant fruit des combats syndicaux et des acquis sociaux dans la fonction publique, et appliquons une logique de "liberté": la mobilité professionnelle définie comme la rencontre de l'offre de service (enseignants) et de la demande (établissements et école). C'est ce qui se passe déjà dans la FPT pour les attachés territoriaux, avec tous les effets que l'on peut imaginer.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par lene75 le Dim 2 Oct 2016 - 10:43

Daphné a raison, dans le public, les profs plebiscités ne sont pas ceux qui font bien leur boulot mais les "moulins à projets". Et ça ne dérange personne de recruter des vacataires à pôle emploi (c'est déjà ce qui se fait pour les remplacements) plutôt que des profs qualifiés, qui coûtent plus cher, puisque, contrairement au privé où il y a une clientèle à satisfaire, on se contrefiche de la qualité de la prestation. Combien de fois je me suis entendu dire par ma CDE qu'elle n'allait pas payer une heure "de prof agrégé" pour ceci ou cela, comme si ça sortait de sa poche.

Les points familiaux, qui ne valent que sur les voeux larges, et de manière discriminante que sur les voeux très larges, servent à regrouper les familles, pas à avoir un poste confortable. Quand on fait un voeu "tout poste fixe dans le département" (seul voeu qui, dans ma discipline en tout cas, assure le regroupement familial), on prend le risque de se retrouver dans le bahut le plus pourri de tout le département. Il faut quand même avoir conscience qu'empêcher le regroupement familial sur un trop long terme, c'est éloigner durablement les mères de famille du travail, parce que dans la durée, ce n'est pas tenable, et que les mères finissent par prendre des dispos.
Je crois que les gens se font beaucoup de films, comme ceux qui pensent qu'il suffit d'adhérer à un syndicat pour avoir des passe-droits : avec 3 enfants dont une reconnue handicapée à plus de 80%, je ne peux pas du tout choisir d'exercer dans l'un des bahuts tout à côté de chez moi (et donc à côté de là où elle reçoit ses soins), encore moins choisir d'exercer dans un bon bahut juste à côté de chez moi, ce qui pourtant me faciliterait grandement la vie pour les rééducations et me permettrait même peut-être de reprendre une activité professionnelle à temps complet, on peut toujours rêver.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Rendash le Dim 2 Oct 2016 - 10:44

@Chamil a écrit:
@jésus a écrit:Oui, les moeurs évoluent, mais l'EN reste dans le cadre de la pression sociale "normale" de la société...
Vous êtes en couple, mais pas marié ou pacsé ( le pacs, un truc de rebelle qui ne tient pas la route)
Vous êtes mariés mais sans enfants, mais qu'est-ce que vous attendez?
Vous avez fait le premier ,il y a deux ans, mais qu'est-ce que vous attendez pour le deuxième?
L'EN, c'est votre grand-mère... Enfin, c'est mon impression.
Galère promise à ceux qui veulent juste attendre le bon moment ou se sentir un peu plus libre...

OK, faisons exploser le cadre des mutations/mouvements actuel, soit dit en passant fruit des combats syndicaux et des acquis sociaux dans la fonction publique, et appliquons une logique de "liberté": la mobilité professionnelle définie comme la rencontre de l'offre de service (enseignants) et de la demande (établissements et école). C'est ce qui se passe déjà dans la FPT pour les attachés territoriaux, avec tous les effets que l'on peut imaginer.

+1.

Si on peut effectivement déplorer la priorité donnée aux couples mariés avec enfants, qui lèse les célibataires, le système actuel présente au moins l'avantage d'être relativement transparent et soumis au contrôle des syndicats, donc des professeurs. Bon, mouvement à un tour, toussah, OK. Mais le recrutement académique, ou, pire, local ? Non, merci. Quant à favoriser les parents, à titre personnel, je trouve ça normal, même si thrasy a raison et que ça ressortit bel et bien à une forme de discrimination.

Plus largement, nous sommes un service public ; à ce titre, nous pouvons forcément nous retrouver dans le trou du pus du monde, parce qu'il y a besoin d'enseignants là-bas tout comme à Paris XVIe ou Lyon VIe. On râle, mais on y va, parce que c'est le revers d'une médaille qui reste sacrément belle en ces temps de crise : la sécurité de l'emploi. Si on ne souhaite pas conclure ce deal, on reste contractuel, avec la précarité que ça implique.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 10:46

Je ne dis pas qu'il faille remettre en cause ce système, je faisais juste le constat que ce système de points pour les mutations induit une forme de norme sociale de la vie conjugale et familiale qui me semble de plus en plus d'un autre temps. Peut-être faudrait-il réviser ce système de points...
Bref, ce système force la main, et ruine ceux qui croient encore à un minimum de romantisme de la vie conjugale...et qu'un "contrat" morale entre deux êtres ne suffit pas à le faire durer. Il faut un tampon de l'administration...

@Pierre-Henri, j'ai déjà l'impression que le suicide est en cours...avec ce genre de procédé appliqué aux contractuels, avec la vie que vivent les stagiaires. La soumission est certes une servitude volontaire, mais elle existe.
Libre à chacun ( encore heureux) de se donner d'autres perspectives que l'enseignement en faisant des formations tant qu'on est encore étudiant ou quand c'est encore possible. C'est ce que j'ai fait. Je travaille hors EN, et si aucune autre perspective intéressante ne se profile , j'y retournerais.
Pour l'heure, l'EN ne m'a pas proposé de postes de contractuels viables depuis deux/trois ans, que du temps partiel, et bien je n'y vais pas, je vais là où il y a des propositions d'emploi plus pérenne. Si je n'avais que mon parcours d'enseignant à vendre, je serais obligé de tout accepter pour vivre...en espérant qu'on me rappelle ou que je réussisse un concours.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Chamil le Dim 2 Oct 2016 - 10:52

@Pierre-Henri a écrit:La crise de recrutement rend de telles pratiques plus que hasardeuses pour les chefs d'établissements. Ils ne peuvent pas se permettre de choisir à la tête du client. Un CdE qui rejette un jeune n'est pas du tout sûr d'en trouver un autre pour le remplacer. Ce genre de pratiques peuvent arriver, car aucun milieu professionnel n'est parfait, car il y a toujours des injustices, des conflits de personnes, mais si elles se généralisaient, elles seraient suicidaires.
.  

C'est un discours libéral qui est respectable et qui peut être réaliste pour des emplois très qualifiés (ex: ingénieurs, médecins) pour lesquels il y a forte demande sur tout le territoire et un certain niveau de rémunération qui amoindrit les conséquences d'une mobilité territoriale.

Pour le système éducatif, votre discours suppose au moins que tous les territoires et tous les établissements soient aussi désirables pour les enseignants (ou candidats enseignants). Or, les chiffres des concours enseignants, des demandes de mutation ou des pénuries de profs montrent qu'il y a bien des endroits où les enseignants veulent aller et d'autres où ils ne veulent pas aller:

http://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid104536/les-donnees-staistiques-des-concours-recrutement-professeurs-des-ecoles-session-2016.html

http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/48/5/2013-071_Difficultes_Recrutement_273485.pdf (cf. p.16-18, assez savoureux)

Un système de recrutement par établissement conduirait tout aussi mécaniquement à ce que les enseignants avec le meilleur parcours, expérimentés et reconnus soient recrutés prioritairement par les établissements les plus prestigieux, et les jeunots dans le métier par les établissements à fort besoin de recrutement. Ce qui se passe déjà aujourd'hui par ailleurs. La question n'est pas la procédure mais la réalité de l'école.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Pierre-Henri le Dim 2 Oct 2016 - 10:55

@Chamil a écrit:C'est ce qui se passe déjà dans la FPT pour les attachés territoriaux, avec tous les effets que l'on peut imaginer.

Le premier effet qu'on n'a pas besoin d'imaginer, mais qui est réel, c'est que les concours de la territoriale contribuent massivement à l'asséchement des  concours de l'éducation nationale. Si les statuts de la FPT sont horribles, et ceux de l'éducation nationale tellement merveilleux, pourquoi les candidats fuient-ils en masse les seconds pour aller se réfugier dans les premiers ?

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Chamil le Dim 2 Oct 2016 - 10:57

@jésus a écrit:Je ne dis pas qu'il faille remettre en cause ce système, je faisais juste le constat que ce système de points pour les mutations induit une forme de norme sociale de la vie conjugale et familiale qui me semble de plus en plus d'un autre temps. Peut-être faudrait-il réviser ce système de points...
Bref, ce système force la main, et ruine ceux qui croient encore à un minimum de romantisme de la vie conjugale...et qu'un "contrat" morale entre deux êtres ne suffit pas à le faire durer. Il faut un tampon de l'administration...
.

Imaginons que l'on fasse du déclaratif (ne serait-ce que pour les couples en union libre, qui effectivement sous discriminés par le barème actuel), il est évident que ce serait la porte ouverte à des abus (ex: fausse déclaration, déclaration opportuniste). Qui seraient dénoncés avec véhémence par les mêmes qui se plaignent aujourd'hui de la rigidité administrative du système de mutation/mouvement.

Tant qu'on aura des déséquilibres territoriaux en matière de profession enseignante, qui n'ont rien de nouveau (cf. la mobilité forcée au XIXe siècle des instituteurs ou professeurs de lycée), on aura toujours des gens qui n'enseignent pas dans l'endroit, l'établissement ou la classe qu'ils souhaitent. La seule question est comment faire en sorte que le système soit le plus égalitaire et transparent.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 11:03

Objectivement, ce n'est pas la panacée, la territoriale. Encore, faut-il trouver un poste. Et il y en a peu.
Les conservateurs territoriaux sont montés au créneau pour rallonger d'un an les listes d'aptitude car ils ne trouvaient pas de poste. Malgré leur formation de 18 mois et tout le monde a eu une rallonge d'un an. ( on n'écoute que les mieux placés)
Et c'est mon, un concours de la territoriale eu il y a 3 ans et pas de poste, pas eu d'entretien avec ce concours depuis un an. Rolling Eyes
Et ce malgré de l'expérience, de la mobilité, des formations etc. Imaginer sans formation Rolling Eyes , déjà sans le "backgroud" on ne passe pas l'oral, car il est finalement assez basé sur l'expérience professionnelle . avec un Cv de prof uniquement, ça ne passe pas, ( je pense)
La faute à la baisse de dotations des collectivités, les réformes territoriales, le non-remplacement de départs à la retraite, la suppression de postes ( dans un musée où j'ai travaillé les postes en B seront remplacés par des services civiques Shocked )

@chamil, je conçois tout cela. Mais , il y a eu des cas de " faux" pacs, de potes qui se pacsent entre eux alors qu'ils ne sont pas en couple. Ceux qui sont en couples depuis des années, vivent ensemble ne sont pas reconnus. Alors que les gens se séparent, divorcent à tour de bras, recomposent des familles, font des enfants hors mariage, change d'orientation sexuelle, adopte en célibataire, font des gpa à l'étranger , ou insémination en espagne etc.


Dernière édition par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 11:08, édité 1 fois

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par lene75 le Dim 2 Oct 2016 - 11:03

@jésus a écrit:Je ne dis pas qu'il faille remettre en cause ce système, je faisais juste le constat que ce système de points pour les mutations induit une forme de norme sociale de la vie conjugale et familiale qui me semble de plus en plus d'un autre temps. Peut-être faudrait-il réviser ce système de points...

Le truc, c'est que tu considères que ça permet de muter où on veut, ce qui n'est pas du tout le cas, sauf peut-être dans les mutations simultanées, que je connais mal. Mais quand le conjoint n'est pas à l'EN, on n'a de points que pour se rapprocher de lui (ce qui bloque aussi beaucoup la carrière du conjoint, parce que s'il bouge, ça complique tout, sachant qu'il y a toujours au minimum un décalage d'une année scolaire pour le regroupement familial). Figure-toi que si je n'avais pas de conjoint, je préférerais aller exercer ailleurs qu'en IDF ! Du coup je ne vois pas trop l'histoire de la norme sociale quand l'EN prend acte a posteriori (c'est-à-dire une fois la situation établie), du fait qu'une famille a des possibilités moindres de mobilité géographique qu'un célibataire. De plus en plus on veut faire semblant de croire à l'égalité, mais le résultat, c'est qu'on retire aux mères de famille de plus en plus d'avantages (bonifications pour la retraite, durée des temps partiels non pénalisants, etc.) alors qu'on constate toujours un clair déséquilibre professionnel entre mères de familles et hommes.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Pierre-Henri le Dim 2 Oct 2016 - 11:08

@Chamil a écrit:
C'est un discours libéral qui est respectable et qui peut être réaliste pour des emplois très qualifiés (ex: ingénieurs, médecins) pour lesquels il y a forte demande sur tout le territoire et un certain niveau de rémunération qui amoindrit les conséquences d'une mobilité territoriale.

Mais je considère le métier de professeur comme très qualifié, cela va sans dire.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Chamil le Dim 2 Oct 2016 - 11:09

@Pierre-Henri a écrit:
@Chamil a écrit:C'est ce qui se passe déjà dans la FPT pour les attachés territoriaux, avec tous les effets que l'on peut imaginer.

Le premier effet qu'on n'a pas besoin d'imaginer, mais qui est réel, c'est que les concours de la territoriale contribuent massivement à l'asséchement des  concours de l'éducation nationale. Si les statuts de la FPT sont horribles, et ceux de l'éducation nationale tellement merveilleux, pourquoi les candidats fuient-ils en masse les seconds pour aller se réfugier dans les premiers ?

Le premier effet qu'un attaché territorial doit faire son "marché" sous trois ans car il est sur une logique d'emploi. Résultat: politisation des recrutements, obligation pour les plus jeunes de choisir des APUL moins attractives, emplois attractifs réservés aux seniors (avec phénomène accru de surpolitisation et dérive des pratiques indemnitaires).

Je vous ai indiqué les liens des statistiques et du rapport IGAENR (parmi d'autres) qui vous montrent que le problème pour la mobilité enseignante n'est pas là: un concours territorialisé comme le CRPE montre par exemple des déséquilibres majeurs qui grèvent mécaniquement les demandes de mobilité ultérieure. Quant au phénomène de vase communicant entre FPE et FPT, je ne connais aucune étude sur ce phénomène qui m'intéresse. En auriez-vous une?

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 11:15

Je n'ai pas dit que les mutations, c'était open bar. Mais force est de constater que les situations que j'ai décrites dans mon post juste au-dessus, ou encore les unions non-officielles n'existent pas aux yeux de l'EN. C'est beaux de faire des avancées sociétales, mais si les milieux professionnels ne le prennent pas en compte, je ne vois pas l'intérêt. Quid des familles monoparentales, des divorcés , père " du dimanche et de la moitié des vacances scolaires" . bref, si on n'est pas dans les clous de la vie familiale, on ne peut même pas espérer jouer au même niveau que les autres à ce jeu des mutations.
bref, à ne pas être dans le tempo de tout cela, on se retrouve dans des situations dramatiques et absurdes à l'origine de ce post...
le " elle avait qu'à faire ceci ou cela" est facile à dire a posteriori.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Chamil le Dim 2 Oct 2016 - 11:17

@Pierre-Henri a écrit:
@Chamil a écrit:
C'est un discours libéral qui est respectable et qui peut être réaliste pour des emplois très qualifiés (ex: ingénieurs, médecins) pour lesquels il y a forte demande sur tout le territoire et un certain niveau de rémunération qui amoindrit les conséquences d'une mobilité territoriale.

Mais je considère le métier de professeur comme très qualifié, cela va sans dire.

Ce n'est pas le sujet, le problème se posait aussi quand les instituteurs étaient recrutés en école normale avant le bac (jusqu'en 1968 de souvenir). Mais pour poursuivre sur ce parallèle, savez-vous combien il est difficile pour les collectivités locales d'attirer des médecins ou des professionnels de santé en zone rurale? Je vous laisse imaginer l'état des écoles ou d'établissements non attractifs avec un système de marché de recrutement et de mutation dérégulé.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Rendash le Dim 2 Oct 2016 - 11:43

@jésus a écrit:@chamil, je conçois tout cela. Mais , il y a eu des cas de " faux" pacs, de potes qui se pacsent entre eux alors qu'ils ne sont pas en couple.

A partir du moment où les personnes concernées jouent le jeu du PACS, il n'y a pas "faux" PACS. On n'exige pas de ceux qui en contractent un qu'ils s'envoient en l'air une fois par semaine, ou alors il faut dissoudre d'office quelques mariages Razz
On peut se pacser avec un pote, vivre en coloc, faire une déclaration commune, dans le seul but d'obtenir des points, sans pour autant que ce soit un "faux" PACS.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 11:47

Là, c'est un vide juridique et ( de plus) quelque chose qui fausse la donne, et ce au détriment des autres.
Un PACS signé juste pour les avantages de celui-ci sans qu'il n'y ait rien derrière, ça ne vaut pas plus qu'un mariage blanc ( qui est puni par la loi). Après, faute au législateur de pondre un truc , qui est d'avance sujet à des bidouillages.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Rendash le Dim 2 Oct 2016 - 11:49

@jésus a écrit:Là, c'est un vide juridique et ( de plus) quelque chose qui fausse la donne, et ce au détriment des autres.
Un PACS signé juste pour les avantages de celui-ci sans qu'il n'y ait rien derrière, ça ne vaut pas plus qu'un mariage blanc ( qui est puni par la loi). Après, faute au législateur de pondre un truc , qui est d'avance sujet à des bidouillages.

Le fait est que le cas de figure que j'évoque respecte scrupuleusement la législation, sans bidouillage aucun Razz

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 11:56

@Rendash a écrit:
@jésus a écrit:Là, c'est un vide juridique et ( de plus) quelque chose qui fausse la donne, et ce au détriment des autres.
Un PACS signé juste pour les avantages de celui-ci sans qu'il n'y ait rien derrière, ça ne vaut pas plus qu'un mariage blanc ( qui est puni par la loi). Après, faute au législateur de pondre un truc , qui est d'avance sujet à des bidouillages.

Le fait est que le cas de figure que j'évoque respecte scrupuleusement la législation, sans bidouillage aucun Razz

Je pense que cette loi est "bancale" et la respecter ne présage pas qu'on l'utilise sciemment à chaque fois comme son but initial l'entendait. Ici, elle est utilisée pour contourner un autre système. Quid de ceux qui ne cherchent pas à le contourner et se retrouve perdant?

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Rendash le Dim 2 Oct 2016 - 12:03

@jésus a écrit:
@Rendash a écrit:
@jésus a écrit:Là, c'est un vide juridique et ( de plus) quelque chose qui fausse la donne, et ce au détriment des autres.
Un PACS signé juste pour les avantages de celui-ci sans qu'il n'y ait rien derrière, ça ne vaut pas plus qu'un mariage blanc ( qui est puni par la loi). Après, faute au législateur de pondre un truc , qui est d'avance sujet à des bidouillages.

Le fait est que le cas de figure que j'évoque respecte scrupuleusement la législation, sans bidouillage aucun Razz

Je pense que cette loi est "bancale" et la respecter ne présage pas qu'on l'utilise sciemment à chaque fois comme son but initial l'entendait. Ici, elle est utilisée pour contourner un autre système. Quid de ceux qui ne cherchent pas à le contourner et se retrouve perdant?

"Respecter scrupuleusement" indique, justement, qu'il n'y a pas contournement. Ceux qui contournent, ce sont ceux qui déclarent un PACS mais n'en respectent pas les modalités ; et s'ils se font prendre, ils douillent déjà.

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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Chamil le Dim 2 Oct 2016 - 12:08

@jésus a écrit:
@Rendash a écrit:
@jésus a écrit:Là, c'est un vide juridique et ( de plus) quelque chose qui fausse la donne, et ce au détriment des autres.
Un PACS signé juste pour les avantages de celui-ci sans qu'il n'y ait rien derrière, ça ne vaut pas plus qu'un mariage blanc ( qui est puni par la loi). Après, faute au législateur de pondre un truc , qui est d'avance sujet à des bidouillages.

Le fait est que le cas de figure que j'évoque respecte scrupuleusement la législation, sans bidouillage aucun Razz

Je pense que cette loi est "bancale" et la respecter ne présage pas qu'on l'utilise sciemment à chaque fois comme son but initial l'entendait. Ici, elle est utilisée pour contourner un autre système. Quid de ceux qui ne cherchent pas à le contourner et se retrouve perdant?

Toute règle qui fixe l'accès à un avantage suscite un contournement. Cependant, cela signifie-t-il qu'on doive la supprimer?

C'est comme si l'existence (indéniable) de fraudes aux aides sociales devait entraîner la suppression de celles-ci. Après, on peut tout à fait, comme vous le soulignez justement, modifier les critères pris en compte pour coller à une société où une grande partie des couples et des naissances se fait hors mariage par exemple.

Chamil
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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Balthazaard le Dim 2 Oct 2016 - 12:11

@Chamil a écrit:
@Pierre-Henri a écrit:
@Chamil a écrit:
C'est un discours libéral qui est respectable et qui peut être réaliste pour des emplois très qualifiés (ex: ingénieurs, médecins) pour lesquels il y a forte demande sur tout le territoire et un certain niveau de rémunération qui amoindrit les conséquences d'une mobilité territoriale.

Mais je considère le métier de professeur comme très qualifié, cela va sans dire.

Ce n'est pas le sujet, le problème se posait aussi quand les instituteurs étaient recrutés en école normale avant le bac (jusqu'en 1968 de souvenir). Mais pour poursuivre sur ce parallèle, savez-vous combien il est difficile pour les collectivités locales d'attirer des médecins ou des professionnels de santé en zone rurale? Je vous laisse imaginer l'état des écoles ou d'établissements non attractifs avec un système de marché de recrutement et de mutation dérégulé.

+1

Balthazaard
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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Balthazaard le Dim 2 Oct 2016 - 12:16

@Rendash a écrit:
@Chamil a écrit:
@jésus a écrit:Oui, les moeurs évoluent, mais l'EN reste dans le cadre de la pression sociale "normale" de la société...
Vous êtes en couple, mais pas marié ou pacsé ( le pacs, un truc de rebelle qui ne tient pas la route)
Vous êtes mariés mais sans enfants, mais qu'est-ce que vous attendez?
Vous avez fait le premier ,il y a deux ans, mais qu'est-ce que vous attendez pour le deuxième?
L'EN, c'est votre grand-mère... Enfin, c'est mon impression.
Galère promise à ceux qui veulent juste attendre le bon moment ou se sentir un peu plus libre...

OK, faisons exploser le cadre des mutations/mouvements actuel, soit dit en passant fruit des combats syndicaux et des acquis sociaux dans la fonction publique, et appliquons une logique de "liberté": la mobilité professionnelle définie comme la rencontre de l'offre de service (enseignants) et de la demande (établissements et école). C'est ce qui se passe déjà dans la FPT pour les attachés territoriaux, avec tous les effets que l'on peut imaginer.

+1.

Si on peut effectivement déplorer la priorité donnée aux couples mariés avec enfants, qui lèse les célibataires, le système actuel présente au moins l'avantage d'être relativement transparent et soumis au contrôle des syndicats, donc des professeurs. Bon, mouvement à un tour, toussah, OK. Mais le recrutement académique, ou, pire, local ? Non, merci. Quant à favoriser les parents, à titre personnel, je trouve ça normal, même si thrasy a raison et que ça ressortit bel et bien à une forme de discrimination.

Plus largement, nous sommes un service public ; à ce titre, nous pouvons forcément nous retrouver dans le trou du pus du monde, parce qu'il y a besoin d'enseignants là-bas tout comme à Paris XVIe ou Lyon VIe. On râle, mais on y va, parce que c'est le revers d'une médaille qui reste sacrément belle en ces temps de crise : la sécurité de l'emploi. Si on ne souhaite pas conclure ce deal, on reste contractuel, avec la précarité que ça implique.

je suis tout à fait d'accord avec toi, il faut se battre pour que l'administration respecte les règles , la contrepartie est que nous aussi acceptions les devoirs qu'implique la fonction, combler les "trous" en fait partie.

Balthazaard
Érudit


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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par mafalda16 le Dim 2 Oct 2016 - 12:20

D'accord également avec les dernières interventions. Célibataire sans enfant, académie de Créteil, je râle mais j'accepte. TZR, je râle mais j'accepte le principe. Une question qui continue de me rendre désagréable: pourquoi la bonification de 20 points par année de TZR (youhou le cadeau du siècle) a disparu pour l'inter?? Franchement le "cadeau" était si démesuré pour les TZR face aux centaines de points attribués pour les rapprochements de conjoints et enfants?

mafalda16
Grand sage


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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par Rendash le Dim 2 Oct 2016 - 12:31

@mafalda16 a écrit: Une question qui continue de me rendre désagréable: pourquoi la bonification de 20 points par année de TZR (youhou le cadeau du siècle) a disparu pour l'inter?? Franchement le "cadeau" était si démesuré pour les TZR face aux centaines de points attribués pour les rapprochements de conjoints et enfants?

Je dis peut-être une ânerie, mais ces bonifications-là varient selon les académies, non ? Ce qui expliquerait peut-être qu'elles ne soient pas prises en compte à l'inter ?
Il y a d'ailleurs là un vrai scandale, cette différence de traitement d'une académie à l'autre n'a pas lieu d'être.

_________________

Rendash
Empereur


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Re: Mutations des enseignants : le cri d’alarme d’une professeure des écoles

Message par jésus le Dim 2 Oct 2016 - 12:35

@Chamil a écrit:
@jésus a écrit:
@Rendash a écrit:
@jésus a écrit:Là, c'est un vide juridique et ( de plus) quelque chose qui fausse la donne, et ce au détriment des autres.
Un PACS signé juste pour les avantages de celui-ci sans qu'il n'y ait rien derrière, ça ne vaut pas plus qu'un mariage blanc ( qui est puni par la loi). Après, faute au législateur de pondre un truc , qui est d'avance sujet à des bidouillages.

Le fait est que le cas de figure que j'évoque respecte scrupuleusement la législation, sans bidouillage aucun Razz

Je pense que cette loi est "bancale" et la respecter ne présage pas qu'on l'utilise sciemment à chaque fois comme son but initial l'entendait. Ici, elle est utilisée pour contourner un autre système. Quid de ceux qui ne cherchent pas à le contourner et se retrouve perdant?

Toute règle qui fixe l'accès à un avantage suscite un contournement. Cependant, cela signifie-t-il qu'on doive la supprimer?

C'est comme si l'existence (indéniable) de fraudes aux aides sociales devait entraîner la suppression de celles-ci. Après, on peut tout à fait, comme vous le soulignez justement, modifier les critères pris en compte pour coller à une société où une grande partie des couples et des naissances se fait hors mariage par exemple.

Certes, admettons que 200 personnes concluent des pacs de façade pour éviter de partir de leur région, par peur de mutations arbitraires, empêchent pendant ce temps-là 200 personnes d'avoir une affectation qui respecte leur situation familiale.
Oui, il serait temps de comprendre qu'on peut avoir des enfants hors mariage, être toute sa vie avec quelqu'un sans être marié, élever des enfants sans qu'on ait de lien de parenté, etc.

jésus
Niveau 10


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